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DÉLIMITATIONS AVEC LE PORTUGAL

Traité du 30 décembre 1886.

D'après l'article 1er de ce traité, la frontière nord suit la rivière Kunene depuis son embouchure jusqu'à la chute formée par la Serra Canna.

La frontière suit ensuite le parallèle de latitude jusqu'à la rivière Okawango, qui forme alors la limite jusqu'au point nommé Andara, situé en territoire allemand. De ce point la frontière gagne en droite ligne les rapides de Katima sur le Zambèze.

CAMEROUN

A la fin du quinzième siècle, les Portugais découvrirent le Cameroun. Les Anglais commencèrent à y commercer vers 1840, lorsque l'Angleterre eut conclu un traité avec les rois

Hcll et Aqua, par lequel ceux-ci renonçaient au commerce des esclaves moyennant une indemnité. En 1858, une mission protestante britannique s'établit à Victoria. Dix ans plus tard, le commerce allemand avait pris au Cameroun une extension suffisante pour que la maison Woermann, de Hambourg, établît sur le fleuve Cameroun une station qui subsista jusqu'en 1874. En 1875, Johannes Thormiihlen, directeur de cet établissement, s'associa avec M. Jantzen, de Hambourg. A partir de ce moment, l'influence des Allemands eut un développement de plus en plus rapide. Dès 1883, une forte moitié du commerce de l'Afrique occidentale était entre leurs mains. M. Woermann établit alors, pour faire concurrence aux lignes anglaises, une ligne allemande de navigation à départs réguliers entre Hambourg et l'Afrique occidentale. Déjà en 1874, la maison Woermann avait demandé au ministère des affaires étrangères la nomination d'un consul allemand au Cameroun. Aucune suite ne fut donnée à cette demande, mais elle eut pour résultat d'attirer l'attention des milieux gouvernementaux sur l'importance des intérêts allemands sur la côte occidentale de l'Afrique.

Le trafic au Cameroun et dans la baie de Biafra était d'ailleurs particulièrement difficile : les indigènes de la côte, ayant remarqué les profits qu'ils pouvaient s'assurer en servant d'intermédiaires entre les blancs et les habitants de l'intérieur, s'ingénièrentà empêcher la pénétration des Européens afin de se rendre indispensables. Il en résulta une série de conflits. Gomme l'Angleterre était la seule puissance qui exerçât une sorte de surveillance sur ce pays, les Européens se montrèrent disposés à établir sous son égide une Court of equity, en y introduisant des membres de toutes les nationalités. Cette institution, n'étant pas soutenue par une force effective, ne put remplir sa tâche.

Enfin, certains négociants jaloux des progrès du commerce allemand incitèrent, en 1882, plusieurs chefs indigènes à demander le protectorat britannique. Le gouvernement de Londres les laissa pendant un an et demi sans réponse et les

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commerçants allemands profitèrent de cette inertie pour conseiller aux solliciteurs de réclamer le protectorat de l'empire allemand.

Sur ces entrefaites la Chambre de commerce de Hambourg, à la demande du Sénat de cette ville, venait de présenter ses desiderata relatifs au commerce sur la côte de l'Afrique occidentale ; des huit articles qui formulaient ces vœux, les trois derniers s'appliquaient au Cameroun. Ils demandaient le stationnement d'un vaisseau de guerre pour assurer la protection des Allemands contre les indigènes, la fondation d'une station maritime à Fernando-Po, l'acquisition d'un territoire côtier pour l'établissement d'une colonie à Biafra bay. Le 22 décembre 1883, le ministère des affaires étrangères répondit qu'il enverrait un navire de guerre avec un commissaire chargé de conclure des traités, mais il réclama des renseignements plus précis sur la situation du Cameroun. La maison Jantzen et Thormahlen, consultée à ce sujet par la Chambre de commerce de Hambourg, envoya les noms des principaux roitelets avec lesquels il y avait lieu de traiter. En outre, M. Adolf Woermann, reçu en audience par le prince de Bismarck, lui adressa ensuite par écrit, le 30 avril 1884, un mémoire résumant les instructions qu'à son avis il faudrait remettre au commissaire de l'empire qu'on enverrait au Cameroun. Ces instructions, ayant été approuvées, furent adressées le 19 mai 1884 au consul général, le Dr Nachtigal, qui fut en même temps autorisé à conclure des traités et à proclamer le protectorat allemand sur la côte du Cameroun et de la baie de Biafra.

Allemands et Anglais rivalisèrent alors d'activité pour conquérir à leur influence les princes de la région côtière du Cameroun. Les Anglais affirmèrent que l'Allemagne était un tout petit pays sans importance ; les Allemands de leur côté dénigraient l'Angleterre et attendaient anxieusement la venue de la canonnière Môwe qui devait amener le consul général, le Dr Nachtigal. Ils furent profondément déçus de voir arriver la première la canonnière anglaise Goshawk sous le com-

mandement du lieutenant Moore. Celui-ci offrit aux chefs la protection anglaise au nom du gouvernement de la Côte d'Or. Mais les roitelets indigènes refusèrent de s'engager. Ils avaient autrefois demandé la protection de l'Angleterre, qui ne leur avait pas même répondu ; maintenant ils préféraient attendre l'arrivée de la canonnière allemande. Le lieutenant Moore se retira en menaçant de brûler les villages et de déposer les chefs s'ils signaient un traité avec l'Allemagne. Aussitôt les rois Bell, Aqua et quelques autres chefs se précipitèrent chez le représentant de la maison Woermann, pour réclamer son appui contre les menaces britanniques. Les Allemands tinrent conseil et décidèrent de hisser eux-mêmes leur pavillon national si la canonnière Môwe se faisait attendre.

Pendant que ces pourparlers avaient lieu au Cameroun, le consul Schulze, M. Schmidt et un des frères Woermann concluaient à Bimbia un traité avec les chefs indigènes, qui cédaient leur territoire à la maison Woermann.

Le 1 1 juillet au soir, revenant sur leur vapeur côtier Mpongive, ils rencontrèrent à la barre la Môwe; ils mirent le Dr ISachtigal au courant des événements et allèrent au Cameroun annoncer la bonne nouvelle. Le 12 juillet au matin, la Môwe s'arrêta à la hauteur de Belltown et d'Aquatown. Dans l'après-midi un grand palabre eut lieu où les rois Bell et Aqua signèrent un traité par lequel ils abandonnaient tous leurs droits de souveraineté à MM. Woermann, Jantzen et Thormahlen. On convint que les droits des tiers seraient respectés et que les traités antérieurement signés seraient considérés comme valables.

Le 14 juillet, les maisons Woermann, Jantzen et Thormahlen firent la remise officielle de leurs droits au commissaire impérial. Le drapeau allemand fut aussitôt hissé sur les bords du fleuve Cameroun, à Belltown, à Aquatown et à Didotown. Le D1 Buchner fut chargé de l'exercice des fonctions judiciaires en qualité de consul et de représentant du commissaire impérial. Le 18 juillet 1884, une grande assemblée fut tenue, à laquelle assistèrent les Anglais de la colonie.

Le Dr Nachtigal proposa de maintenir la Court of equity et de la faire présider par un chairmari (président) au courant de la situation, mais le représentant du commissaire impérial assisterait aux séances et sanctionnerait les sentences.

Le 19 juillet, la canonnière anglaise Flirt arriva avec le consul Hewett. Il était trop tard. Après une tentative infructueuse auprès du roi Bell, l'agent britannique rendit visite le 20 au Dr Nachtigal et protesta verbalement contre la prise de possession allemande. Le Dr Nachtigal transmit ces protestations à son gouvernement et consentit à maintenir la Court of equity telle qu elle existait auparavant, mais en stipulant la présence du représentant impérial à qui revenait le droit de sanctionner ses décisions.

A Bimbia, les Anglais avaient également tenté de devancer les Allemands. Le 19 juillet, la corvette anglaise Opal mouilla devant la principale localité, King Williamtown, et débarqua une section; mais, apprenant que par contrat du 12, le pays avait été cédé à M. Woermann et voyant ses avances repoussées par les indigènes, le capitaine se rembarqua. Le 21 juillet 1884, le drapeau allemand était hissé à King Williamtown.

Le 22 juillet la Môwe se dirigea vers Malimba, où le roi Jambé avait cédé au représentant de la maison Woermann un vaste territoire s'étendant entre les fleuves Cameroun et Lotte.

Le 23 juillet, la canonnière allemande arriva à Klein- Batanga, où le représentant de la maison Woermann avait acquis, par traité signé le 18 juillet, les pays situés entre les fleuves Lotte et Lokindja, ainsi que quelques territoire* situés plus au sud (Plantation et Griby). Le Dr Nachtigal hissa le drapeau de l'empire dans ces différents endroits les 23 et 24 juillet.

Poursuivant son voyage, le Dr Nachtigal hissa encore le 1er août le pavillon allemand sur les deux rives du fleuve Benito, où la maison Woermann avait acquis une bande de terrain de 4 milles de largeur, et le 6 août dans le district de Bapuko, où la même maison avait encore conclu des traités.

Afin de régler les questions fort embrouillées relatives au sud du Batanga, le Dr Nachtigal alla en outre au Gabon pour y conférer directement avec le gouverneur français. Après un échange de vues fort amical, le drapeau allemand fut amené des rives du Benito, la France ayant sur les rives de ce fleuve des droits incontestables, et l'on convint de rechercher une frontière assurant les droits des deux colonies.

Pendant qu'en Allemagne on ne savait encore rien de tous ces événements, l'Angleterre faisait parvenir dès le 29 août, au ministère des affaires étrangères à Berlin, une note déclarant que, dès 1879 et de nouveau en 1883, les rois Aqua et Bell avaient demandé la protection de la Grande-Bretagne, qu'il en était de même des chefs du Bimbia et qu'en 1883 le consul anglais avait accepté sous certaines conditions la cession du Cameroun et du territoire de la baie d'Ambas.

Gomme cette note contenait une protestation fort douce, il est vrai, contre les tentatives de colonisation allemande, la presse de l'empire se fit l'écho de deux courants très différents de l'opinion publique. Une partie de ces journaux, s'appuyant sur des rapports mensongers, s'emporta contre l'œuvre accomplie au Cameroun; le reste de la presse, au contraire, manifesta la plus grande sympathie à l'égard de la nouvelle acquisition. Mais les plus sérieux ennemis de l'Allemagne étaient toujours les Anglais établis dans la nouvelle colonie. Soutenus par le consul Hewett, ils excitèrent contre les Allemands les noirs et les missionnaires et fomentèrent le mécontentement des indigènes contre leur chef, le roi Bell.

Même un Polonais, Scholz-Rogozinski, soutenu par la mission anglaise de Victoria, pénétra dans les montagnes de Cameroun, conclut des traités au nom de l'Angleterre et, avec l'appui du consul anglais Buchan, souleva si bien les indigènes contre les Allemands qu'à la fin de 1884 il fallut envoyer une escadre pour rétablir l'ordre et la sécurité.

On arriva néanmoins à une entente avec l'Angleterre, entente qui résulta des notes des 29 avril, 7 mai, 16 mai,

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2 juin 1885, échangées entre le ministère des affaires étrangères anglais et l'ambassadeur allemand à Londres. Restait à délimiter le territoire ainsi constitué.

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