RÉPARTITION DE LA POPULATION BLANCHE DANS LES DISTRICTS
District de Duala 241
District d'Eclea 35
District de Victoria 238
District de Kribi 156
Total 670
ORGANISATION ADMINISTRATIVE 1. DIVISIONS ADMINISTRATIVES, ADMINISTRATION GÉNÉRALE
a) Le gouverneur .
Ce fonctionnaire, qui a le titre de gouverneur du Cameroun, est en même temps haut commissaire du Togo, le fonctionnaire qui est à la tête de cette dernière colonie, et qui aie titre de commissaire, lui étant subordonné. En outre, le gouverneur du Cameroun a le titre et les fonctions de consul général pour les colonies et pays non allemands du golfe de Guinée et pour l'État du Congo.
b) Division administrative de la colonie. — Personnel.
Le Cameroun est divisé en quatre districts, Duala, Edea, Victoria et Kribi.
Chaque district est pourvu d'un chef de district (Bezirksamtmann) avec un office de district Bezirksamt). Ce personnel n'est d'ailleurs pas rigoureusement complet; en 1902, il y avait trois chefs de district et un chef de station.
Le personnel de la colonie comprend encore un juge, placé à la tête du service judiciaire, un chef du service financier ou trésorier (Kassenvor stand) , un chef du service de la douane [Zollv or stand) et un directeur de bureau de poste.
Il y a en outre quelques fonctionnaires à attributions techniques, médecins du gouvernement, ingénieurs, directeurs et fonctionnaires du Jardin botanique colonial, etc.
c) Administration générale. — Ordre et salubrité.
Parmi les ordonnances, arrêtés, circulaires et avis émanant de l'autorité supérieure ou du gouverneur, et concernant spé-
cialement le Cameroun, les plus importants sont les suivants :
Police générale. Sûreté. — Arrêté du gouverneur, du 4 février 1891, sur l'obligation pour les non-indigènes de prévenir l'administration de leurs déplacements.
Arrêté du 16 mars 1893, complété par deux arrêtés des 30 septembre 1897 et 18 avril 1898, limitant l'introduction des armes à feu et des munitions et fixant les conditions de cette introduction.
Circulaire du gouverneur du 13 août 1898, concernant l'obligation pour les indigènes de prévenir l'administration de leurs déplacements (soit à leur arrivée dans la colonie, soit à leur départ, soit lorsqu'ils quittent définitivement la colonie], ainsi que des naissances et des décès survenant parmi eux.
Police sanitaire. — Arrêté du gouverneur du 23 novembre 1890, concernant le contrôle sanitaire des navires accostant dans les ports du Cameroun.
Avis et instruction du 15 mars 1892 sur le même objet.
Police de la navigation. — Arrêté dugouverneur du 20 juillet 1885, imposant aux capitaines et patrons de navires l'obligation de produire les papiers de leur bord.
Arrêté du même, du 10 février 1890, concernant les taxes à acquitter par les navires dans les ports du Cameroun.
Police du commerce et de V industrie. — Arrêté du gouverneur du 3 mai 1894, interdisant la falsification des produits originaires du Cameroun.
Police de la chasse et de la pêche. — Arrêté du gouverneur du 29 novembre 1892, concernant la chasse des éléphants et des hippopotames. D'après cet arrêté, celui qui veut chasser l'éléphant ou l'hippopotame dans un but commercial doit préalablement se pourvoir d'un permis, délivré contre le versement d'un droit de 2.000 à 5.000 marks. En outre, celui qui veut entreprendre cette chasse, sans être au service du gouvernement de la colonie ou au service de l'Empire, ou encore au service d'une maison de commerce ou d'une mission établie dans la colonie, versera, pour l'obtention du permis, un droit allant de 200 à 5.000 marks. Les contra-
ventions seront punies d une amende pouvant s'élever à 5.000 marks, et, en cas d'indigence du délinquant, de l'emprisonnement jusqu'à trois mois.
Arrêté du gouverneur du 15 février 1900, qui interdit sous peine de sanction la chasse des éléphants par battue, c'est-àdire en les cernant par l'incendie.
Arrêté du gouverneur du 12 février 1900, qui interdit sous peine de sanction la chasse à l'arme à feu ou à l'aide de pièges ou appareils, dans la contrée limitée au nord par la Sanaga, à l'ouest par la côte, au sud par le Nyong, à l'est par une ligne parallèle à la côte à une distance de 25 kilomètres.
Police des forêts. — Une ordonnance impériale du 4 avril 1900 autorise le gouverneur du Cameroun, en vue de protéger les forêts, à obliger les personnes ayant abattu du bois sans se conformer aux prescriptions des règlements à remettre en état les surfaces défrichées. Au cas où, dans un délai convenu, ces personnes ne se seraient pas conformées à l'ordre de reboisement, le gouverneur pourra faire procéder d'office à ce reboisement, aux frais du délinquant, qu'il pourra poursuivre à cet effet. Le gouverneur décidera des mesures à prendre en vue de ces poursuites.
Agriculture. — Arrêté du gouverneur du 1er juillet 1894, interdisant la fabrication du vin de palme.
Émigration des indigènes. — Arrêté du gouverneur, du 6 juin-7 octobre 1887, interdisant sous peine de sanction l'embauchage des indigènes pour servir hors de la colonie, et imposant aux vapeurs et voiliers faisant des traversées d'outremer (exception étant faite pour les navires caboteurs de la colonie) l'obligation de solliciter une autorisation pour pouvoir embaucher des indigènes en vue de ces traversées.
Arrêté du gouverneur du 11 décembre 1892, interdisant aux indigènes de sortir de la colonie sans l'autorisation du gouverneur.
Dans l'année 1902-1903 (1er avril-31 mars) le gouverneur n'a pris que deux arrêtés :
L'un, en date du 1er mars 1903, qui est un règlement de police concernant la banlieue de la localité de Duala.
L'autre, en date du 23 mars 1903, étendant l'arrêté sur la protection de l'installation téléphonique Victoria-Buea (du 10 décembre 1901) aux installations téléphoniques et télégraphiques Duala-Buea, ainsi qu'à toutes les installations analogues qui dans l'avenir seraient faites dans la colonie du Cameroun.