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veines irrégulières ou ségrégations composées d’orthose rouge clair et de quartz translucide incolore.
“ Du côté criental de la rivière on rencontre une roche d’un caractère semblable, mais on voit aussi une masse interstratifiée de gneiss rouge hornblendique, dont le feldspath est de J’orthcse. La largeur de la masse est de 200 verges, et elle est marquée de bandes plus foncées que dans d'autres endroits, cela étant dû à la présence d’une plus grande quantité de hornblende ; on observe dans la roche de la pyrite de fer et du molybderie,
“ A l'ouest de cette masse de gneiss orthose des bandes plus petites, d’une nature semblable, semblent alterner avec celles qui contiennent un feldspath triclinique, indiquant un passage entre l’anorthosite et le gneiss orthose. Des lits de quartzite sont aussi interstratifiés, et quelques uns de ceuxci sont tellement remplis de petits grenats qu’ils forment une roche grenatique.”
Les bois sont variés à St-Jérôme: chêne, "hêtre, orme, érable, épinette, pruche, sapin; mais les terres à bois sont déjà rares. La plupart de celles qui avaient été conservées ont été dépouillées lors de l'ouverture du chemin de fer à cet endroit, et aujourd’hui les bois descendent pour la plupart des paroisses environnantes,
Aussi la chasse y est-elle rare. Il n'existe plus que des rats musqués, quelques visons voleurs, des belettes meurtrières. La perdrix même s'éloigne, traquée qu’elle est par les chasseurs de la ville,
I n’y a même plus de ces tourtes, si abondantes autrefois. Il y a quelque quarante ans, elles étaient tellement abondantes qu’elles infestaient le pays. Par milliers et milliers elles passaient du sud au nord où elles se rendaient au printemps pour faire leur ponte. Qui les conduisait là ? Qui les en a retirées? Alors on les tuait par quantité désastreuse ; on en mangeait, on en vendait et on en gaspillait. On chassait le matin et le soir, tous les jours de la semaine et même le dimanche. On en prenait à la geôle
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en quantité prodigieuse que l’on emmenait vivantes sur les marchés, Il est de croyance que les abus ont été la cause de leur retraite, Plusieurs prétendent qu'elles ont été conjurées, Quoi qu'il en soit c'était une grande ressource aujourd’hui tarie, Tout p«ysan avait alors la tou:te au pot, et nulle fille de ce temps ne se mariait sans apporter en dot un lit de plume et des oreillers aussi, ce beau temps n’est plus, mais... on se marie toujours.
On me permettra de parler de St-Jérôme en détail, à moi, enfant de la paroisse. En revoyant le lieu où je suis né, où j'ai passé mes plus jeunes années, que de souvenirs il évoque ! je revois encore la maison paternelle perchée sur un coteeu au pied duquel coule un ruisseau que nous appelions, nous, “la petite rivière.” Au printemps, elle inonde le ravin. Elle se jette dans la rivière du Nord que nous appelions “la grande rivière.” C'est au bord de cette petite rivière que s’est établie la première potasserie du Nord. Qui le dirait ? quarante ans plus tard, les cendres accumulées du résidu de la potasse et conservées en tas, servaient à fertiliser les terres de la succession Montigny. Les prairies engraissées par ce procédé s’en ressentaient dix ans après, tant est énergique cet amendement,
Que de courses n’ai-je pas faites à travers les champs de la Côte St-Antoine que traverse le faible tributaire de la rivière du Nord? J’y vois encore la petite pointe où je m’asseyais pour pêcher la carpe ronde; le bassin où j'attrapais le mulet; la talle d’aulnes où je capturais le crapet, Comme ils répandaient un fumet appétissant, ces petits poissons quand, roulés dans la farine, ils rôtissaient dans le beurre! Il fallait nous voir arriver à la maison avec une brochée de poissons, les préparer et les faire frire !
Et puis l'appétit avec lequel nous savourions cette pêche nous faisait quelquefois avaler sans scrupule les pièces qui n'avaient pas été écaillées ou même nettoyées. Dieu nous
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pardonne cette gourmandise, car nous ne pensions pas faire mal.
Je vois encore, là-bas, cette petite baie où je tendais mes pièges aux rats musqués, dont la chair convertie en ragoût, a l'avantage de pouvoir s'offrir le vendredi. Rien de succulent comme la chair de la femelle du rat d’eau bien accommodée, au printemps, quand elle sort d’hivernement et qu’eile est dans toute sa graisse, Et puis la fourrure n’est pas à dédaigner, surtout depuis qu’on en fait des imitations de loup marin.
Mais à cette petite rivière St-Antoine se rattache un souvenir bien triste. J'étais encore enfant quand on vintavertir mon père, qui était magistrat, qu'une femme avait été trouvée morte dans une source près de la rivière, C'était Julienne Filion, femme d’un nommé Martin. La position qu'elle avait dans ce bassin, les marques de violence qu’elle portait, tout dénotait qu’elle avait été assassinée, Ces événements passent presqu’inapercus dans une ville, où l’on voit tant d’horreurs ; mais à la campagne, ils laissent dans le cœur une émotion profonde qui ne s’efface jamais. Pendant des années on venait de 20 lieues à la ronde pour voir ce lieu d’exécration où un crime avait été commis, Les passants, en voyant de loin le tronc d'arbre creux qui servait d’entourage à la source lorsque la victime y a été précipitée, sentaient un frémissement parcourir leurs membres. Les présomptions dirigèrent la main de la justice vers le mari de cette infortunée femme. Les jurés ont acquitté l’accusé Martin. Puisse le ciel l'avoir aussi acquitté. Quoi qu'il en soit, ce meurtre, car c'en était un, est resté dans ma mémoire comme un souvenir ineffacable, (Cette Julienne Filion avait été pendant plusieurs années au service de mon père ; c'était un ange de femme ; et, après cinquante ans, je la vois encore se dépensant au service de mes parents avec un dévouement comme en avaient les domestiques d'alors,
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Elle est au ciel, et son mari est um bon chrétien. Qui a mis fin à l’existence de cette femme? Secret de Dieu, déposé depuis dans le sein d’un prêtre qui l’a emporté dans la tombe,
Mais sortons de ces sombres réminiscences et courons les bois et les prés.
Là-bas est la savane où, avec mes frères, j'allais tendre des collets aux lièvres dont les civets étaient si parfumés. Les perdrix étaient abondante: alors dans nos grandes savanes et elles ont bien souvent servi de point de mire à mon mauvais fusil qui m'a fait manquer tant de bons coups. Nous faisions les hommes et surtout les commerçants, Nous nous fabriquions de petites voitures auxquelles s’attelait l’un de nous, et nous allions, l'hiver, au bois chercher notre gibier et, l'été, glaner dans la pra.ie. Nous érigions un comptoir et, chacun à notre tour, nous faisions le marchand, c’est d'instinct, Nous fabriquions impunément même de la monraie pour payer une charge d'herbe d'une botte de grosseur, une peau de lièvre, un quartier d’écureuil, A quarante ans de distance je me raprelle l'odeur des foins et le goût des fruits sauvages qui hordaient les haies. Que de papillons n’ai-je pas empoignés dans ces champs où se fait entendre aujourd’hui le sifllet de la manufacture Rolland! Combien d'oiseaux n’ai-je pas emprisonnés pour leur prodiguer mes soins dont ils sont souvent morts! Je m'en suis même confessé, tant ma mère m'en faisait des reproches. Ah! ma mère! A chaque pas, j'entends sa voix, je sens sa main qui me soutient. Je la vois nous conduisant, le soir, au pied de ia grande croix de bois qui s'élevait à la fourche des trois chemins, et devant laquelle s’arrêtaient les convois funèbres pour réciter le De projondis. Tout: me. parle d’elle : et le chemin par où elle me conduisait à l’église, et la salle où elle déposait les roses doubles Gu jardin, et le
. salon où nous récitions la prière en famille, et la chambre
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où je la vis rendre sou âme à Dieu qu’elle nous avait appris à aimer, .. Aujourd’hui cette maison est vide, Mo père, qui à arrosé le champ de ses sucurs, après avoir quitté le commerce, y est mort ; mes sœurs s’en étaient alors éloignées pour se marier; mes frères, comme 1uoi, ont leurs affaires ailleurs. Pourquoi ne garde-t-on pas le bien paternel où l’on puisse de temps à autre aller se nouirir des souvenirs si doux aux gens de cœur! Hélas, maintenant pour sentir la présence de ceux que nous avons aimés, il faut nous rendre au cimetière, C’est là que dorment à l'ombre de la c19ix et ma grand'mère et mon père, et ma mère et un frère et deux sœurs et tant d’autres qui nous furent dévoués. Ils sont là toujours, et quand l'herbe pousse sur leurs tombes, et quand la neige les couvre de son linceul, et quani le soleil réchauffe leur tertre, et quand l'étoile scintille aux cieux. Pensent-ils ? Entendent-ils ? Reconzaissent-ils ? J'ai marché souvent près des saules de leur mausolée, je me suis agenouillé sur la dalle qui recouvre leurs pieds ; j'ai versé des larmes qui jaillissaient de mon cœur pressuré par la douleur. J'ai écouté. .. Rien n’a répondu, ni un soupir, ni une plainte, ni un frémissement, ni un frôlement d’aile, On m'avait raconté bien souvent que les âmes apparaissent quand la nuït brunit la nature et que les oiseaux se taisent. J’ai regardé dans la feuillée qui s’agite, dans l’herbe penchée, dans l'air qui murmure, dans le firmament qui étincelle... Rien de la voix de ceux qui sont là, sous l’herbe, le front aux étoiles depuis cinquante ans, quarante ans, trente ans, vingt ans, dix ans, six mois. Rien... que la voix de la nature qui chante la toute puissance d’un créateu:. Rien que la plante qui renaît au printemps par un miracle aussi grand que celui de la résurrection de la chair, et qui me dit: Espère, Et je me suis relevé. Et j'ai aperçu la croix qui me raconte les bontés de mon Sauveur et qui me persuade que tant de sacrifices, tant de douleurs, tant d'amour ne peuvent pas
être à jamais ensevelis dans cette lugubre fosse, Non, non, ces fleurs parfumées, ces astres harmonieux, n'assisteraient pas à un tel anéantissement, Je crois, et cette croyance sèche mes larmes,
J'aurais aimé à revoir au village la maison d'école où un maître m'a appris les grosses lettres et le petit catéchisme, J'y aurais peut-être reconnu la table marquée de la pointe de mon canif et le martinet du père Mathieu. Tout ça s’est effacé au souffle du progrès. Je vois bien le site où existait la maison d'école, la côte où nous déchirions uos pantalons, la rivière où nous trébuchions sur nos patins, mais l’école n’y est plus, C’est à peine si quelques citoyens d'alors restent pour me dire que je ne suis pas trop vieux. La plupart sont partis, ceux qui vivent encore sont courbés vers la tombe. Et la génération qui pcusse ne me connaît que de loin, Pourtant l’église où j'ai fait ma nremière communion existe encore, c’est la même ; la sacristie où j'ai souvent servi la messe est la même, rajeunie toutefois par une boiserie nouvelle; le presbytère où ont vécu, et le révérend M. Blythe, qui m’a baptisé, et le révérend M. Thibault, qui m'a fait faire ma première communion, et le révérend M. Brunet qui a enterré ma mère, et le révérend M. Groulx, qui a marié mon frère, et le révérend M. Graton qui a enterré mon père, et le révérend curé Labelle qui a baptisé plusieurs de mes enfants, C'est à l’église, autour de l’église, au presbytère que se concentre la vie du passé, Que ne peuvent-ils toujours exister, ces monuments pieux qui rappellent à l’âge mûr tant de douces émotions, et à la vieillesse tant de fêtes du passé. Aussi les paroissiens devraient-ils s’efforcer d'adopter des plans de monuments qu’ils peuvent agrandir, sans jamais les détruire. C’est d’ailleurs le symbole de la religion implantée dans le sol qui répète à nos arrières petits enfants que nous étions catholiques, et qui leur recommande de l'être; c’est l'arbre