‹ La colonisation [microforme]Chapitre 17 sur 48 · OÙ · texte numérisé non relu

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Le village de St-Sauveur, à 13 milles de celui de St- Jérôme, n'était pas alors sur la route postale qui passait au pied de la côte où il est perché. Là, sous le nom de Pied- Mont s'était formé un petit village qui a longtemps lutté contre celui né autour de l’église, Les grosses maisons de commerce étaient là ainsi que l’hôtel, le médecin, le notaire. Mais l’église attira les colons, et ce centre ombragé par le clocher, l'emporte aujourd’hui sur l’autre, tant il est vrai que l'église est le meilleur agent colonisateur, Aussi estce en bâtissant une chapelle, qui servait de logement au curé, et autour de laquelle se groupaient les premiers colons, les gens de métier et de profession, que l'on a fait faire, ces années dernières, un immense pas à l’œuvre de la colonisation du Nord,

Voici ce que m’écrivait dernièrement le curé du li: u, ia Rév. M. St-Pierre, qui a succédé à M. Jodoin : “ La par. isse de St-Sauveur me fait l'effet d’un malade qui peu à peu recouvre la santé. La diminution de la population et des revenus d'autrefois me disent que St-Sauveur a traversé un laps de temps qui lui a été funeste. Mais aujourd'hui St- Sauveur semble reprendre son ancienne vigueur, A quoi attribuer cela? Aux avantages sans doute qui le favorisent, Deux voies ferrées la traversent sur le long et le large; l'agriculture est en honneur là comme partout ailleurs et fait de grands progrès tous les ans. Cette année, au concours, cinq de mes paroissions «mt été diplômés, deux ont été couronnés aux cercles agmmoles, demt les membres donnent l'exemple et excitent les autres à ssarcher sur leurs traces. Tout semble prospérer ici, Nous avons ici un cercle agricole qui, peu nombreux au début, s'accroît de jour en jour; trois beurreries prospèrent ; trois marchands qui semblent faire de bonnes affaires ; plusieurs-autres petits magasins qui suffisent à la vie de leurs maîtres; deux magnifiques hôtels bien tenus; deux médecins qui y gagnent honorablement leur

vie ; tou les métiers qui se rencontrent à la campagne sont bien encouragés, et sauf un terblantier, nous avons tout le reste,

“Quant aux moyens à prendre pour faire progresser la paroisse plus rapidement, étant à peine depuis un an dans la paroisse, je ne saurais les indiquer tous, mais la pauvreté qui existait ici, vu les difficultés du commencement, est un grand obstacle, et puis les chemins font défaut. On voit des gens qui, à une lieue du village, sont obligés d'en faire trois sinon quatre pour y arriver. Il faudrait aussi dans certains coins de la paroisse, où l’on est trop loin des beurreries, et trop nombreux, encourager la fromagerie moins dispendieuse à bâtir, et qui rapporte davantage.”

Je me plais à faire connaître les noms de ceux dont parle M. ie curé, qui ont obtenu des marques de distinction au dernier concours, ce sont MM. Elie Desrochers, Casimir Latour, Lambert Bélanger, Joseph Plouffe, Adélard Forget, et J. Bte Goyer. Honneur à eux!

Je dois dire ail y a à St-Sauveur, surtout sur le versant des montagnes qui font face au chemin de fer et dont le pied est baigné par la rivière du Nord, des sites ravissants et que devront se disputer ceux qui désirent une résidence de campagne saine, commode et vraiment superbe. Aux propriétaires de ces magnifiques lots de ne pas les sacrifier aux amateurs qui en feraient ensuite une spéculation.

Le village de St-Sauveur est assez pittoresquement bâti sur une élévation, et il ne manque pas de montagnes pour accidenter le terrain et faire écho à la cloche de l’église. Plusieurs lacs poissonneux se trouvent dans la paroisse. Quelques montagnes recèlent certainement des mines qui se traduisent à la surface par des minerais significatifs. Une mine de plombagine, qui gît non loin du village, paraît remarquablement abondante.

La paroisse a été érigée canoniquement par décret du 6

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