‹ La colonisation [microforme]Chapitre 16 sur 48 · BR 7 HP · texte numérisé non relu

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pourvues d’un abri convenable. Je faisais provision, dans mes bâtiments, d'assez de terre sèche, plâtre et autres absorbants pour servir c'e litières aux bestiaux ; je voyais à l'avance s'ils avaient une provision suflisante de grain, de son, de tourteaux, de graines de lin, pour que je pusse nourrir ces animaux convenablement pendant toute la durée de leur hivernement et en retirer par ce moyen double bénéfice en lait, beurre, viande et riche engrais. Après cela, je mettais une somme de côté pour que, lors des semailles et à l’époque de la moisson, je pusse faire tous les travaux en temps convenable, sachant par expérience qu'une chose faite à propos valait mieux que mille autres faites hors de saison, trop tôt ou trop tard. Rarement, après cet examen, je me trouvais assez d'argent jour le déposer dans une caisse d'économie,

Comme ce jeune homme paraissait s'intéresser à ces utiles renseignements, le vieux cultivateur voulant renseigner davantage ce jeune débutant en agriculture, reprit :

— Crois-moi, mon jeune ami, la meilleure banque que tu puisses avoir, c'est un fonds de terre, ce sont des bestiaux, de riches prairies venant en rotation avec les plantesracines et les céréales ; confie-lui ton travail et tes économies et tu seras certain d’en retirer tôt ou tard de forts intérêts. Ne suis pas l'exemple donné par quelques cultivateurs qui, à force de lésiner, réalisent quelques profits sur leurs terres, mais au détriment de ces dernières qui s’épuisent au grand désavantage des bestiaux dont le revenu, que le cultivateur devrait en retirer, diminue chaque année, en même temps que les bâtiments de la ferme menacent ruine. Les cultivateurs propriétaires de fermes semblables économisent une piastre pour en perdre dix. Crois-moi, tu y gagneras à mettre en pratique les enseignements que j viens de te donner,

Il y a aujourd’hui au Pont Shaw une station du chemin de fer M. & O, Cette localité possède un voitnrier, un forgeron. (C’est un petit centre de protestants, où ils ont ane chapelle, qui me rappelle qu’un jour un ministre me fit de grands compliments. Et savez-vous pourquoi ? Parce que, étant magistrat de district, j'avais recommandé

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au shérif de lui permettre de visiter les prisonniers sauvages de Oka que j'avais fait emprisonner sous accusation d'avoir incendié l’église, Ce bou miniswe s'était imaginé qu'il était lui-même en danger de venir ainsi visiter les prisonuiers, Ce que c'est que les préjugés! Il y avait à St- Canut un brave protestant qui y était établi depuis vingt 4 ans et qui n’osait s ‘“lu'zner de sa maison pur crainte d’être pi attaqué par les cathuliques.

: Après avoir traversé la rivière iu N ord on entre dans une gorge que forme une chaîne de moutagnes pour la plupart arides, mais d’une imposante majesté, et qui constatent par leurs cailloux entassés qu'il y a eu autrefois des bouleversements terribles. Est-ce dû aux tremblements de terre qui ont eu lieu dans les dix ans qui s’écoulèrent à partir de

1730? Sont-ce d'autres jeux de la natu:e en ébullition ? Y Tout ce qu’il y a de sûr c’est que ces rochers entassés, ces Rév veines qui les sillonnent, ces minerais qui s’y croisent, ces de S

lacs qui y ont surgi dénotent des convulsions effrayantes,

reco

Et j'aime autant y croire tout de suite que de désirer voir ces reve

épouvantables crises du globe en travail. Je ne sais si c’est laps

l'aspect de ces montagnes qui a donné l’idée de nommer la Sau

paroisse dont nous approchons, St-Sauveur ; mais plusieurs : attr

if d'entre elles nous font penser au Calvaire. De fait, je me De ti suis dit, et j'en ai fait la réflexion à mon compagnon de lag fie voyage, comme il serait beau de voir sur le sommet de la fait FR plus haute de ces montagnes s’éiever une croix gigantesque ain 14 qui protégerait de son symbole cette partie du pays! ron A St-Sauveur, à l'entrée de cette gorge où passent tous l'ex

les colons, ce serait bien l'endroit convenable pour ériger une To:

de ces croix. Qu'est-ce que ça coûterait ? Presque rien. Tous col

les habitants pourraient y contribuer, et, sous la direction tro

de leur curé, ils élèveraient ainsi à la religion un des plus fai:

touchants monuments destinés à consoler leurs-enfants dans sui

les rudes travaux des champs,

Le

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