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son pays, ou en sera la honte et la désola.ion ; ce sera un ange ou un démon, selon qu'il aura été élevé ou... abaissé,
“ A la mère, dit Marchal, appartient le souci d'élever son “ enfant, et, de tous les enfantements, celui-là n'est ni le “ moins long ni le moins douloureux, A elle est échue a “ mission d'éveiller cette jeune âme aux visions de la foi, “et de lui apprendre à mêler à son nom si doux, les noms “ bénis de Jésus et de Marie, A elle à l’assouplir de bonne “ heure aux joyeux effets de la vertu, d'ombrager cette “ jeune fleur du regard vigilant de sa tendresse et de la “ garantir contre tous les souffles qui pourraien: la flétrir.”
Mais que fait-on pour préparer cet apôtre à la mission sublime de former une race forte, une race de saints ?
Nos grand'mères n'étaient guère lettrées, encore moins artistes, et elles brillaient beaucoup plus par les qualités du cœur que par la culture de l'esprit, toujours suffisant et aimable quand il est guidé par le cœur.
Elles apprenaient à travailler et travaillaient beaucoup, tant pour donner à leurs enfants l'exemple des vertus, que pour porter leur part du fardeau de former une famille:
Elles prenaient rarement de servantes, et tout se faisait par elles-mêmes avec ordre et économie,
Elles étaient orgueilleuses de tenir elles-mêmes leur ménage, et se seraient crues humiliées de laisser aux autres le soin d'élever leurs enfants,
Aussi quels caractères n'ont-elles pas formés ! Et il n’est pas étonnant que la génération qui nous a précédés ait accompli de si grandes choses, et que dans les combats militaires, politiques ou scientifiques elle ait vaillamment soutenu l'honneur national et gagné de si fructueuses victoires.
Les couvents qui formaient ces héroïnes étaient alors bien modestes, et le programme en était bien simple : le catéchisme, la grammaire, la géographie, l'histoire, On les exerçait à la couture, à faire de la cuisine bourgeoise et à laver,
Avec ces connaissances, elles figuraient partout. Et Dieu sait si la société d'autrefois n’était pas plus distinguée que celle d'aujourd'hui. On n'a qu'à jeter les yeux sur les vestiges qui en restent pour apprécier cette délicatesse de manieres qu'on retrouve difficilement à nutre époque,
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Quoi qu'il en soit, elles sortaient des couvents prêtes pour la plupart à tenir un ménage, Aussi se mariaientelles fort jeunes, sans demander à ceux auxquels elles unissaient leur sort quelle était leur fortune, C'était un époux que chacune désirait et non un fournisseur ou un pourvoyeur, Nos grand’mamans n’épousaient pas pour se faire entretenir, msis pour être les compagnes, les aides de ceux qu'elles prenaient,
Les hommes n'attendaient pas alors qu'ils eussent de la fortune pour prendre femme; un petit avoir suffisait, et la plupart du temps on n’avait pour mise que l’espérance,
L'accord régnait, car c’étaient des mariages d’amour. D'ailleurs la femme restait dans son rôle, et elle n'avait pas encore songé à devenir avocat, médecin ou politicien. Elle ne s'était jamais crue faite pour dominer, et elle laissait à son mari le sceptre du commandement,
“ Ah! dans la part du monde, vous avez la plus belle ! “ L'homme dans cette vie s’agite et remue tout ce qui lui “ est extérieur, Il fait de la science, il érige des monu- “ ments, il cueille des lauriers, il devient un héros, un “ grand homme. Qu'est-ce que cela vaut au seuil du “ tombeau pour cet être qui ne vit qu’un jour ? Tandis qu'il “ usait son bras et son intelligence dans sa lutte à grand “ fracas contre les hommes et les événements, vous autres, “ dans le silence de la vie intime, comme mères, comme “ épouses, vous lui faisiez un trésor de croyances, d’amours, “ d'affections, les seules choses qu’il garde au moment où “ Dieu l’appelle. Ce qu'il a fait de méritoire, il le retrouve “ dans ses souvenirs qu’il a de vous, dans les sentiments “ que mères vous avez mêlés à votre lait, qu’épouses vous “avez revis'fiés dans vos tendresses.” (Lelouino. — La Femme.
Elles connaïssaïent cette part qui leur était échue, nos grand'mères. Aussi en restant dans leur rôle elles ne froissaient pas leur mari par leurs prétentions ridicules, et ne les irritaient pas par des dépenses folles en toilettes ou en frais de domesticité.
On parvenait alors à amasser un héritage qu’on léguait aux enfants, et des fortu .es puissantes se sont élevées sur ces bases solides quoique modestes,
Aujourd'hui que fait-on? Qu'on me pardonne la fran-
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chise de mon langage qui exprime tout haut ce que le mvonde chuchotte,
L'éducation qu'on donne aux filles ne convient pas aux quatre cinquièmes d’entre elles. Passe encore pour celles qui, par naissance ou par fortune, sont destinées à figurer dans des sphères exceptionnelles, Passe encore pour certains talents transcendants qui peuvent se servir de ce qu’elles apprennent dans nos couvents pour se faire une position.
Mais la presque totalité des ouvriers, des industriels et même des commerçants et des professionnels exigent qu’on donne à leurs filles une éducation qui ne peut que leur être nuisible, Oui, par exigence des parents on donne aux arts d'agrément et aux sciences une part bien trop large. Qu'ont à faire les sciences dans la plupart des intelligences de jeunes filles qui ne peuvent que les effleurer ?
Et qu'ont à faire les beaux arts dans la plupart des familles où l’on a à peine le nécessaire, presque rien pour le lendemain et absolument rien pour l'avenir ?
Aujourd'hui on enseigne dans beaucoup de couvents, outre le catéchisme, la grammaire, la géographie et l’histoire, la littérature, la chimie, la physique, la logique, la théologie, la broderie, le dessin, la musique, prou... et même la danse, Il n’y a presque plus de filles du peuple qui ne touchent un instrument de musique et qui ne parlent science et beaux arts.
Mais de la couture, de la cuisine, du lavage, peu ou point,
C'est ce qui faisait dire à Mgr Laflèche, visitant un couvent : “Je vois beaucoup de pianos que j'aimerais mieux voir remplacer par des rouets.”
On se demande pourquoi tant de braves pères de famille qui se morfondent pour gagner le pain quotidien, dépensent des sommes exagérées pour donner à leurs filles un bagage de futilités qui les rend incapables de tricoter un bas, de raccommoder un pantalon, de confectionner une robe, de faire une bonne soupe ou de laver un mouchoir,
Abh : par exemple, elles savent dessiner, jouer une polka, faire des broderies et les porter, lire des romans et rêver. |
Mais est-ce bien l'affaire d’un ouvrier qui arrive de la boutique avec la livrée du travail... et qui & faim ?