‹ La colonisation [microforme]Chapitre 35 sur 48 · EE A AU EE · texte numérisé non relu

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agréable à boire et on peut le consommer de suite ou le conserver,

Le BoULEAU est une espèce de bois qui rend de grands services, Le bouleau à papier devient très gros. Son écorce sert à faire des canots d’une telle légèreté qu'ils peuvent porter la charge de moyens bateaux; un homme suffit pour les enlever sur ses épaules ; cn en fabrique aussi des Vases, des étuis, etc., qu’on orne de broderies, et des cassots qui servent à l'exploitation du sucre d'érable. Son vois fournit un excellent combustible.’ On l'emploie aussi dans l’ébénisterie avec avantage. On en fait des rouleaux pour le fil.

Le bouleau est un des bois les plus utiles. Il est recherché des boulangers parce qu’il donne beaucoup de flamme et chauffe également le four. Il sert à faire des perches, des sabots, On en fait des vases. (On peut manger l'écorce du bouleau quand elle est en sève. Cette écorce sert à faire du papier, des sandales, et produit une ‘couleur qui donne à la toile un roux jaunâtre, à la laine une teinte d’un assez beau jaune, On en retire aussi une huile employée en Russie et qui donne aux cuirs provenant de ce pays leur odeur particulière et une partie de leurs qualités, Son écorce est fébrifuge. Les jeunes branches du bouleau servent à faire des balais, et leurs feuilles sont excellentes pour les animaux, surtout les moutons. On hache ces feuilles et on les mélange avec d’autres aliments pour nourrir les oïes et les canards,

Le charbon du bouleau est estimé pour la fabrication de a poudre.

Le merisier rouge, qui est une espèce de bouleau, devient très gros. Son bois est à grains très fins et très serrés, susceptible de preudre un beau poli. Aussi est-il très employé dans l’ébénisterie, la menuiserie, la meublerie, etc, La sève est dépurative.

“ Le merisier, dit l'abbé Provancher, est très abondant en sève; des individus de forte taille peuvent en donner au printemps jusqu'à dix gallons et même davantage dans une seule journée. Cette sève, qui est acide et d’une saveur assez agréable, passe pour être vulnéraire, détersive, bonne contre le scorbut, la pierre, la jaunisse, pour enlever les taches qui affectent le derme du visage. En Suède on en fabrique une boisson qui est très estimée, De toutes les substances végétales cette sève est la plus propre à imiter le vin de champagne ; on en retire aussi du vinaigre par la fermentation et par l’évaporation, du sirop et du sucre réputés contre le rhume.”

La PLEINE (acer) ressemble beaucoup à l'érable et rend les mêmes services, quoiqu’à un degré moindre. La pleine ondée équivaut à l’érable piqué. On en fait des fonds de violon, des coffrets,

L'ÉPINETTE noire est un bois léger, fort et élastique, très employé dans les constructions. Les planches d'épinette sont considérées les meilleures pour les barouches, C’est avec les jeunes pousses de cette espèce que l’on fabrique la petite bière d'épinette.

L'épinette rouge ou melèse est un bois pesant, fort et durable, très estimé dans les constructions navales, surtout pour les courbes. C’est un bon bois de chauffage. Il est estimé pour les constructions souterraines. Il produit une gomme dont les effets sont excellents. Le sirop de gomme des Sœurs de la Providence en est composé.

L'épinette blanche est beaucoup plus commune au Nord. Son bois quoique moins fort est cependant d’un teint plus clair et moins sujet à se fendiller et à se tordre, aussi l'émploie-t-on de préférence dans la menuiserie, Elle sert aussi mêlée au sapin à la fabrication de pulpe à papier.

La PRUCHE, qui parvient à une hauteur considérable, est un bois mou, élastique, pesant, d’une contexture grossière

et lâche, de per de valeur comme bois de commerce ; cependant il 4 la propriété de résister longtemps sans se détériorer lorsqu'il est sous le sol, On en fabrique des traverses pour les chemins de fer, des lattes, ete. Son écorce est presque ”. exclusivement employée dans ce pays pour le tannage des f

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cuirs, Aussi est-elle une ressource pour les colons voisins d’une tannerie. Le Nord a fourni pendant plusieurs années

une quantité considérable de cette écorce aux tanneries de & MM. Leduc & Valois, à Sainte-Scholastique, Les terres | de la seigneurie de Terrebonne ont été exploitées grandement é pour fournir de l’écorce aux tanneries de New-Glasgow. | J'ai parlé de l'utilité de quelques-unes des essences qui t somposent nos forêts du Nord, non avec la prétention | ] d’avoir fait une flore, mais pour donner aux étrangers un aperçu des services que nos bois peuvent rendre à l’industrie, À Peut-être quelques Canadiens pourraient aussi tirer profit 1

de cette petite étude, ne fût-ce qu’en acquérant le désir d'étudier les centaines d’autres arbres que je n'ai pu mentionner, ,

J'ai dit que le colon, loin des communications propres à écouler le bois, était obligé de le brûler, Encore devrait-il le faire avec intelligence. J’ai fait voir qu’il ne devrait pas brûler les érablières qui peuvent lui rapporter un si beau profit. Il ne devrait pas défricher non plus les montagnes inaccessibles ou les endroits impropres à la culture. Mais enfin quand il est obligé de brûler des monceaux de bois il devrait se choisir un endroït spécial, et voici pourquoi. D'abord il est bien connu que des brasiers trop ardents brûlent le meilleur de la terre, cet humus si fertile qui fait que la terre neuve est bonne pour plusieurs années, sans recevoir d’autres engrais ; il est vrai que cet humus, résidu de végétaux qui y pourrissent depuis des siècles, renferme de l'acidité qu’il est nécessaire de neutraliser par la cendre, mais Ja cendre causée par l'incendie des feuilles, des

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I y a plus, la cendre devrait être recueillie, tout comme on la ramassait quand on en faisait de la potasse, pour en faire des engrais. Mais direz-vous, qu'avons-nous besoin d'engrais sur des terres neuves? C’est vrai, mais pourquoi ne pas la vendre à ceux dont les terres sont épuisées? Je sis certain qu’un jour on paiera cher un quintal de cendre et on l’importera de bien loin pour remettre aux terres épuisées ce qu’elles ont perdu.

Un rapport fait à la société royale d'agriculture d’Angleterre constate que la cendre est le plus puissant engrais que l’on puisse trouver.

En effet les cendres de bois contiennent en général des sels de pctasse et de soude, de la chaux, de la magnésie, de la soude ou oxyde de fer, du phosphore, du souffre, de la silice, du chlore et divers acides. Plus les cendres contiennent de potasse et de soude, de chaux et de phosphore, mieux elles valent,

Je reférerai le lecteur à un dictionnaire d'agriculture et surtout de Joigneaux et Moreau, pour connaître la quantité J’élément que chaque espèce contient,

M, Landry, dans son excellent traité populaire d’agriculture théorique et pratique, a un bon article sur les cendres, p. 115 et suivantes.

Je donne avis que dans quelques années on exploitera cette mine.

Au point de vue agricole le bassin de la rivière Rouge est des plus avantageux. Il offre une immense vallée de terre d’alluvion qui pousse avec une vigueur étonnante. Les explorations avaient révélé, il y a déjà longtemps, l’excellente qualité de ce sol. M. Bouchette écrivait en 1859, dans son rapport sur les terres de la Couronne : “ Les vallées de la rivière Rouge et de la Lièvre présentent une grande

étendue de terres qui sout d’une qualité supérieure et ne sont surpassées par aucune autre du Haut ou du Bas- Canada.”

“ Ceux-là même, dit la brochure “ Au Nord,” publiée sous les auspices des sociétés de colonisation, qui avaient apporté des vieilles paroisses des préjugés contre cette terre jaune, la préfèrent maintenant à toute autre, (C'est que, disent-ils, elle est propre à toute espèce de grain, plus facile à égoutter et prête à être ensemencée de meilleure heure au printemps; elle 2st aussi plus facile à engraisser et à cultiver et souffre moins pendant l'été de l'abondance des pluies, et supporte plus aisément les grandes sécheresses,

Ajoutons que ce terrain pousse admirableraent l'herbe et le foin et fournit de magnifiques pâturages, ce qui est dû non seulement à la qualité du sol, mais à l’eau si limpide des sources et des ruisseaux qui abondent partout dans ce pays ondulé,

Il se rencontre, il est vrai, des lots ou des parties de lot qui sont impropres à la culture. Ces terrains doivent être laissés en bois pour les besoins du chauffage et des constructions ; et avec le temps ils peuvent acquérir une valeur considérable, (Combien de terres dans les vieilles paroisses, vaudraient le double de leur prix actuel, si elles n'avaient pas été complètement déboisées,

Tous les habitants de cette vallée de la Rouge, depuis St- Jovite jusqu’à Labelle, sont dans une ère de prospérité étonnante. Les bâtisses, les instruments agricoles, les animaux, la tenue de leurs terres, tout fait voir qu'ils ont recu une bonne direction et qu’ils ont été payés de leurs sacrifices. Aujourd'hui, et pour quelques années, Labelle est un terminus du chemin de fer; il y a une activité brûlante et une affluence d'hommes d’affaires et de touristes.

Cette vallée de la Rouge serpente tantôt rétrécie par les montagnes sut le flanc desquelles on chemine, tantôt en prenant ses ébats sur le dos des collines qui se penchent,

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Combien de richesses n'a-t-elle pas portées, cette Rouge! ! Des millions en billots ont coulé sur ses eaux. (Ü'est la réflexion qu’on se fait en traversant les forêts qui ombragent ses bords, On y voit encore les souches énormes qui s'y tiennent enracinées, comme pour nous faire comprendre que c'est en s’implantant dans le sol qu'on peut résister aux tempêtes de l'existence. Cette leçon est d'autant plus significative que ce sont des étrangers aussi qui sont venus dépouiller notre sol de leurs précieuses richesses, Mais malgré leur dévastation ils n'ont pu faire disparaître la trace des plantes indigènes, pas plus qu'ils n’ont pu faire disparaître les traces des premiers habitants du pays qui redisent encore, par leurs racines et par leurs rejetons, ce qu'était la vigueur de cette race attachée au sol,

A cette pensée s'échappe de nos lèvres ce fier couplet d’un enfant de la France :

Vous avez pris l’Alsace et la Lorraine, Mois malgré vous nous resterons français ; Vous avez pu germaniser la plaine,

Mais notre cœur, vous ne l’aurez jamais,

Singulière destinée de toute chose! Les corps de ces arbres dont ies pieds sont ici, où sont-ils? Ils ont été dépouillés de leurs branches confondues aujourd’hui avecle sol qui en alimente d’autres poussées au même endroit, Ils ont été tratnés à la rivière, en y noyant quelquefois ceux qui les y jetaient. Ils ont flotté, sauté les rapides; ils se sont heurtés contre les écueils, ils sont arrivés meurtris à une scierie qui les a taillés en lambeaux. Et ces lambeaux ont été dispersés de par le monde ; quelques-uns placés à la

orniche d’un palais, quelques autres couchés sous les murs d’un château ; plusieurs ont servi à construire des chaumières, vlusieurs aussi à orner les appartements du riche, Quelques-uns ont même été employés à envelopper les dépouilles de ceux qui leur avaient enlevé la vie

Quel est le touriste anglais ou américain qui, passant par nos grands bois, pourrait dire à ces pieds séculaires, qu'il n’a pas vu leure têtes à Londres ou à Washington ? Tel le voyageur, visitant les cimetières du N'ouveau-Monde, pourrait dire à ces tombeaux muets: j'ai vu sur le vieux continent les souches de vos familles enfoncées sous les mausolées, Nous connaissons, nous chrétiens, un langage propre à entretenir ces restes inanimés de leurs parents reposant ailleurs, Mais pour ces squelettes végétaux le vent qui murmure dans leurs rameaux, là pluie qui arrose leurs racines, le soleil qui fait monter la vie dans leur tige, ne redisent-ils pas à ces spectres de la forêt des mots qu'ils comprennent ?

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SOMMAIRE : — L'IMMACULÉE CoNog8pTION. — CANTON CLYDS, — LA FERME V ALIQUENTE, — L'ÉLEVAGK DU MOUTON. — LE PIN, — Les ÉCUREUILS, — LA CHUTE AUX IROQUOIS AUJOURD'HUI ‘‘ LA. BELLE,” — L'AVENIR DE LAZSELLE.— SES NOTABLES. — LA MESSE. — Discours DE M. BEAUBIEN, — LES MARIAGES D'AUJOURD'HUI. — NOS RAOES SANADIENNES, — LES SAUVAGES DU LIEU.—LA PRE- MIÈRE MESSE DU CURÉ LABEL:E EN OHS PARAGES.

C'est dans cette vallée admirable de la Rouge qu'est la paroisse de l’Immaculée Conception.

L'église dè la Conception est bâtie sur la rive ouest de la Rouge, qui se relie à la rive opposée par un pont de 284 pieds, bâti en 1882,et pour lequel le gouvernement a donné

En 1884, la population de la paroisse comptait environ 400 âmes. Cette paroisse, qui est maintenant desservie par le Rév. M. Deslauriers, successeur du Rév. M. Boisseau, deviendra très riche et sera certainement le grenier du Nord. Le canton de Clyde, où elle est située, a 14,827 acres arpentés et en vente.

Nous nous dirigeons ensuite vers la Chute aux L:oquois, en longeant presque toujours la Rouge, nous suivons le côté ouest que nous atteignons au moyen d’une traverse, la ferme Hamilton que possède aujourd’hui un M. Valiquette, natif de St-Jérême. Je ne puis faire de compliments de sa traverse, qui n’a de mérite que celui de nous rappeler le temps, cet heureux temps où, à l’Abord-à-Plouffe comme au Saultau-Récollet, ou à Ste-Rose, on traversait en chaland, avant la construction des ponts Lachapelle, Jean Veau ou Bélair.

Quoi qu'il en soit, cette ferme de M. Valiquette est de toute beauté, et comme elle a jeté mon ami Beaubien dans le ravissement, il faut en parler un peu en détail.

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