‹ La colonisation pratique et comparée: Colonies françaises, colonisationChapitre 2 sur 24 · PREMIERE LEÇON · texte numérisé non relu

PREMIERE LEÇON

9 Décembre 1901

PROGRAMME INAUGURAL. — DIFFÉRENTS MODES DE COLONISA- TION. — DOMINATION DIRECTE, MIXTE OU DE PROTECTORAT. — ■ LES PEUPLES COLONISATEURS AVEC OU SANS COLONIES. LA GRANDE-BRETAGNE SEULE NATION COLONISATRICE AU CEN- TRE DE l'EUROPE : ILES NORMANDES, ILE DE CHYPRE, GI- BRALTAR, MALTE ET AUTREFOIS HÉLIGOLAND CÉDÉE A L' AL- LEMAGNE EN 1S90.

Mesdames, Messieurs,

Ceux d'entre vous qui ont assisté à mon cours de l'année dernière doivent se souvenir que ce cours a été consacré intégralement au Colonies Françaises. Cette étude vous a été présentée sous deux formes. La première partie de mes leçons portait sur ce que je pourrais appeler la science coloniale même, les grands principes primordiaux de la colonisation, restant sur le terrain pratique et l'application immédiate de cette science coloniale. La seconde partie du cours avait été consacrée à la démonstration même de ces principes, appliqués suivant les différents climats, les circonstances, et surtout suivant les altitudes de chacune de nos colonies.

Cette année, le cours, qui sera composé de vingt leçons, également, ne s'occupera que des colonies jétrangêres. En restant toujours sur le terrain de la colonisaiion pratique, c'est-à-dire en n'éloignant jamais de la réalité des faits, de l'utilité des choses, cteux qui font de la colonisation, il est presque naturel de dire que ce cours, fatalement ne sera

plus exclusivement un cours de colonisation pratique, "ans une certaine limité, pour être clair et pi-écis, a un cours de colonisation comparée. Il le sera sure la plus restreinte, la plus terre à terre poale suis imposé la tâche de ne pas m'éloigner de n 'pratique et immédiate des grands principes Je ne suis pas ici pour faire de la science doctrilitique, pas plue qu'en parlant des colonies je )us en rappeller l'historique depuis les F'héniiW nos jours. Non, je me propose un but plus ^elui de cherchera vous faire comprendre comintéressant, utile, nécessaire, de l'aire de la coà l'heure présente, et quels sont les moyens ■ pour faire de la bonne colonisation, i n'ont pas suivi mon cours de l'année dernière , dans celui de cette année, certaines lacunes, que j'ai dit au point de vue général de la coloatique, ne pourra être redit, au fur et à mesure ;ontances provoqueront des explications sur ces l'hygiène, d'acclimatation, de main-d'œuvre, les que nous avons longuement étudiées.

e que le cours de Tannée dernière a été presque ent divisé en deux parties distinctes, dont la it consacrée à l'exposition, je ne dis pas doctriue je ne dépasse pas le domaine pratique des à l'exposition très simple de ces faits mêmes, a seconde partie appelait l'examen .rapide icipes appliqués à nos colonies françaises, de je, cette année nous nous trouvons forcés, pour nOme résultat, de procéder de la même ma-

ière partie de ce cours, par la nécessité des faits , par l'aniplcur, par l'envergure, si je puis

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m'exprimer ainsi, de sa colonisation, l'Angleterre en fei-a le sujet : nous nous en occuperons pendant les premières leçons à cause de son rôle imporlant à travers le monde colonial.

Je serais désolé que vous puissiez en inférer que les autres colonisations européennes sont moins intéressantes. 11 ne faudrait pas en déduire une préférence pour la colonisation anglaise, au détriment par exemple de celle de la Hollande aux Indes Transgangé tiques qu'on a toujours citée comme un modèle de colonisation appliquée et pratique. Il ne faudrait pas non plus oublier qu<: la colonisation portufçaise se réveille à l'heure présente ; que l'élément européen augmente aux Etats-Unis, et surtout que l'Allemagne coloniale d'hier ne peut être comparée à celle d'aujourd'hui et de demain.

Non, je ne veux pas dire que les nations européennes soient complètement inférieures à l'Angleterre sur le terrain colonial ; mais quand nous examinons le rôle de la Grande Bretagne dans la colonisation universelle, nous ne pouvons nier qu'elle a l'avantage de couvrir le monde, de se répandre partout, et qu'elle pratique un système qui, révèle, en dehors de l'impulsion mercantile de l'anglais qui va coloniser surtout pour son intérêt personnel, l'opinion politique de la nation tout entière, qui se caractérise par son esprit pratique. Nous aurons avec l'Angleterre un vaste champ d'expérimentation et de démonstration. Quand nous aurons passé en revue toutes les colonies anglaises, examiné les sources de leur prospérité, nous serons arrivés à comprendre comment avec l'esprit de suite, de volonté, de ténacité, d'énergie constante, on peut toujoiiis tirer parti d'un pays, si pauvre soît-il en apparence. On peut faire partout, dans n'importe quelles clrconslances. delà colonisation rémunératrice, peut-être terre à terre, mais

jue et intéressante, telle que les Anglais l'ont imprise en sachant demander au sol ce qu'il r et produire. C'est ce que nous avons mis plus siècle à comprendre en Algérie, en nous obsti- Onsidérer comme une contrée à chaleur réguet justement parce que l'Angleterre coloniale ira tous ces éléments d'observations, il est inténécessaire de commencer par établir qu'il y a e de modes de colonisation. Il y a trois modes itiop par rapport a l'Etat, et enfin différents îolonisalion par rapport à l'individu, c'est-à-dire i-même.

ar une rapide énumération de ces différents moe mieux comprendre de vous. Nous avons, par ans notre France coloniale,' ce qu'on dénomme colonies. Nous retrouvons aussi ce fait en ; ces possessions qui relèvent depuis longtemps ■pôle, dont le transit commercial dépend de cette en grande partie, forment ce qu'on appelle la 1 directe.

une assimilation plus ou molnsgrandeàla métroint de vue administratif ; ces colonies se régise intégralement par le mode civil de la mère patrie sments autochtones ont plus ou moins disparus, ii s'est produit en Guyane, à la Martinique, à la il à côté du gouverneur et de toute l'armée de ires qui se groupent autour de ce gouverneur, is notre mode législatif représenté par les dépuénateurs coloniaux. On retrouve ce mode pardan» les colonies anglaises sous d'autres noms mais semblable au fond.

Qsuite, avec une forme très différente, avec un

moduê Vivendi gui varie presque suivant chaque colonie, ilyadis-je, ce que l'on appelle le mode de colonisation mixte, qui représente en même temps une certaine autonomie laissée à la colonie. Je ne vois pan d'exemple à vous citer dans notre France coloniale.

Il y a ce quel'on pourrait appeller l'assimilation complètement directe, ce que nous retrou vons.avec l'Algérie, ce qui est en somme plutôt une fiction qu'une réalité, qu'un vrai prolongement de la métropole ; les trois départements de l'Algérie foQt partie de nos départements français d'.une façon plutôt officielle que réelle. Cette sorte d'annexion directe se retrouve aussi dans la Russie asiatique, prolongement naturel de la Russie Européenne.

Enfin, le dernier mode de colonisation qui se répand de plus en plus, que les nations européennes ont adoptées depuis la deuxième partie du XIX* siècle, c'est la politique coloniale de protectorat. Jusqu'à preuve du contraire, et à mon point de vue personnel, ce mode parnît plus juste, plus équitable et à la fois plus économique, toutes les fois que l'on se trouve en face d'un pays possédant déjà an degré de civilisation relative, qui jouit d'une langue nationale, de traditions religieuses ancestrales, de mœurs personnelles, d'un certain passé historique. Bien que tous ces éléments puissent diff"érer de notre civilisation européenne, nous ne pourrions pas les anéantir brusquement et totalement, et pour des raisons aussi simples que JQstes, il nous est interdit de provoquer une assimilation immédiate, sous peine de soulever des révoltes, des insurrections, de froisser le sentiment national ; la raison économique est là aussi qui nous avertit qu'une colonisation directe peut nous infliger des charges budgétaires énormes, alors que le protectorat ne nous réserve qu'un certain bénéfice. Les nations européennes semblent

avoir compris les ditficultés d'assimilation et de colonisaet l'on a souvent cité comme exemple, comme ivre, le mode du protectorat, e, nou3 trouvons ce mode appliqué à l'une de , où jamais nous n'avons eu à discuter à prostions du code pénal, ou des régimes religieux veux citer, la Tunisie.

jour oii elle s'est trouvée soumise au pi'otecis, nous avons évité toute espèce de conflits, s pas. été tracassés par des questions politiques es, nous avons réalisé des économies consi- : cette forme de gouvernement qui nous évite :x personnel de fonctionnaires. Et pourtant, )de, qui laisse au peuple conquis sa liberté us avons su nous attacher des populations qui reconnaissantes de l'ordre, de la paix, de la nisation dont elles jouissent, grâce à notre pro- ;c l'établissement des chemins de fer, avec les lions rapides entre la métropole et cette conîivons apporté aux habitants, aux colons une plus avancée, plus pratique, plus éclairée. Il >vès eus avantages que le protectorat soit soutes les fois que cela est possible, le dernier olonisiilion pratique de l'avenir, formes très différentes, c'est là le mode préféré iterre, celui qui lui semlile avoir produit les 5sultats. Il parait découler de ceci que dans un ou nioins éloigné, tous les pays qui sont relaivilisOs et qui cependant se soumettent, sont ne pas accepter d'autre gouvernement des ■opéennes que le protectorat, mme, cherchant à me faire bien comprendre, en /ous ne pouvez pas établir de protectorat sans

an élément de civilisation ; par exemple dans toute cette partie africaine de la Nifçritie, au Congo, au Gabon, il est évident que vous ne pouvez agir que par la domination directe- Le protectorat suppose une organisation, une civilisation déjà partie uHèreniKnt avancée, des pays que l'Europe no trouve pas dans un état de barbarie, mais où elle est appelée, par une foule d'événements et de circonstances, à planter son drapeau. Lorsque vous êtes en face de la vieille civilisation chinoise, de cette civilisation orientale rivale de la nôtre, il est certain que vous ne pourriez vous établir sans le protectorat qui s'impose.

Ces nuances bien observées, nous allons, au point de vue de l'organisation générale dans les colonies, reconnaître, dans une certaine limite, aux états colonisateurs, lorsqu'ils se sont emparés d'un pays, le droit de le gouverner comme ils l'entendent.

Je n'bntrerai pas ici dans les détails de cette organisation purement politique, dans l'examen des senatus-consultes qui régissent la matière. Ce serait de la politique administrative, et je n'ai point à m'en occuper ici ; je n'aurai qu'à vous renvoyer consulter les ouvrages administratifs coloniaux. Mais je puis vous dire que le but des trois modes de colonisation que je vous énumère est le résultat de la nécessité inéluctable où les Etats européens se trouvent en s'emparant des colonies, d'y apporter un embryon de civilisation quelle qu'elle soit, à condition qu'elle soit comme un reflet et un décalque de leur propre civilisation. Alors qu'ils ne le feraient pas, ce ne seraient plus des Etats colonisateurs.

Maintenant, examinons la colonisation par rapport à l'individu, au colon lui-même.

rouvons en face de deux grandes divisions sioDS diflférentes sans être contradictoires, irconstances et des pays dans lesquels on

t la colonisation intertropicale et la coloni- 3 pays tempérés ou froids. Où la vieille le coloniser d'une façon générale ? Il nous e que le^^ neuf dixièmes de la colonisation s'exercent qu'en pays intertropicaux, excepl'Asie ou l'Amérique du Nord, où l'Europe er qu'une colonisation temporaire. La plu- , qu'il s'agisse de l'Amérique centrale, de taie ou de cet immense continent noir que ge depuis le fameux traité de Berlin qui 15, les colonies européennes sont intertro-

îuvons que des exceptions grandioses et c l'Angleterre. L'Europe n'a parmi les res froides que le Labrador, Terre-Neuve, lande, le Groeland et nous Saint-Pierre et irchipei des Kerguelen.

générale, en principe, la colonisation interojde est-elle interdite au colon européen?

du monde. La colonisation intertropicale ux Européens qui se livrent à des excès, ïonstîtué pour s'habituer à toutes les temn dans sa personne au moins dans sa desis en voyons un frappant exemple dans ce s qui, descendant des Hollandais, a su s'ha- Afrique australe, au climat si différent de latal. L'homme est donc fait pour supportures les plus extrêmes. On peut dono dire ! de l'histoire de la colonisation, qu'il n'y a

pas, pour ie colon européen, d'empêchement de température quand il veut s'expatrier. II peut plus ou moins souffrir des fièvres, sa santé peut se ressentir de.i climats plus ou moins sains, mais aucun de ces pays intertropicaux ne lui offre de difficulté insurmontable. Ce n'est là qu'une question d'organisation pour la nation colonisatrice et de précaution pour le colon lui-même. (1)

Ceci dit, reste l'autre division qui n'a en général aucun rapport avec cette première partie de la question. Cela parait presque paradoxal, cependant, il en est ainsi. Presque toujours on est obligé d'examiner cbaque colonie pour arriver à savoir ce que l'on doit faire ou ne pas faire. Donc la deuxième partie de la question concernant l'individu est de savoir, avant de choisir une colonie, si cette possession est une colonie de peuplement ou une colonie commerciale.

J'insiste sur ces distinctions, qui sont comme l'A B C de la colonisation, parce qu'il est extrêmement important, pour vous tous, jeunes gens qui auriez l'intention de faire de la colonisation, de savoir entrer dans l'esprit pratique des choses, d'avoir des idées très précises sur ces questions difïérentes.

Cette seconde division n'a aucun rapport avec la première. Il y a des colonies qu'il faut absolument peupler, d'autres où il manquu des commerçants. En général une grosse erreur circule dans le public qui croit qu'il y a concomitance entre le climat et la colonie de peuplement. Qui dit colonie de peuplement semble penser ausssitôt :

(I) Depuis cos dernièrvs années les nieneillcuscs dt'couvcrtcs de la médecine au point de vue îles maladies intertrapicales, et de li-ur, prophylaxie, rt-ndent toutes les colonies de plus en plus facilement habitables, avec do risques, plus faibles chaque jour.

, et colonie commerciale : climat équatoria }t absolument faux puisque je vien?" de ait coloniser sur n'importe quel point du g nent distinclion entre la colonie de peuple lerce à cause de l'état de civilisation du pi 9 que vous allez habiter. Je vais vous démo elle division par quelques exemples, nor dans de longs détails, puisque nous ai le les reprendre au fur et à mesure que dans l'examen de chaque colonie européf iplement vous faire toucher du doigt la i lie que je vous avance, avec celte 'nou [oniale.

!z coloniser d'une façon très possible u ne gi plateaux du centre de l'Afrique, le pli Madagascar. Les Anglais ont, de leur colonisent tous les jours les immenses con nt australien que l'on avait cru en pi 1 s'est trouvé en Afrique en face de ter it libres, de territoires dont les Euro] s'emparer, d'une population de 80 millioi on qui forme un chiffre respectable mai lUffisant pour couvrir fo;it le territoire, ré s précieuse comme main-d'œuvre quand 1 ! par des colons européens.

3US allons sur le plateau de l'Emyrne, à ]V LIS nous trouvons en face d'une popul sur de vastes territoires que nous pou 'aleur. Il faut donc amener là l'élément i sperser, le propager dans le pajs. Ce ion de température à part, des colonie , c'est-à-dire que le colon ira là pour s'y de la culture, défricher la terre et metti

valeur la colonie. Les colonies ie commerce, à de rares exce[>tions près, sont les possessions européennes en Asie, la Russie asiatique exceptée, puisqu'elle comprend les plus mauvais territoires au Nord, et les moins peuplés, territoires allant au-delfi de TAmour, qu'elle pourra peupler dans une certaine limite, j'appuie sur ce mot. Il ne faut pas oublier que le continent asiatique, au point de vue de la mise en valeur, n'est guère plus grand que le continent européen. Lorsque vous avez retiré toutes les parties inhabitables au-delà d'un certain degré isotherme, les hauts plateaux du Pamir, où seuls les bergers peuvent aller faire ronger l'herbe rare à leurs troupeaux, pendant quelques mois d'été ; lorsqu'en fin vous avez retiré les déserts de la Perse, comparables, disait Strabon, à une peau de léopard, vous vous trouverez en face d'un territnÎT-o nr-cni-a h la mise en valeur qui sera loin d'être l'inique nous présentent les cartes géogra-

rtic nord de la Sibérie qui sera plus ou 'Opéenne, qui l'est déjà dans une certaine Détroles et ses mines, et nous verrons antes Indes Anglaises, jusqu'à nos pos- Q, d'Annam, du Cambodge, du Tonkin, ;, que là existent des colonies uniquement ;pendaiit je connais quelques exceptions, rai ; des colons qui sont ailés planter du trées et qui y ont réussi. Ce ne peutêtre euplement puisque nous y trouvons une i«nt dense, tellement civilisée, économe, nos paysans français auraient de la peine ns indigènes qui, pour eux, ont l'avantage le riialiitudc.

k'ouve l)icn au milieu de ses rizières qui

'sjîent malsjiities ; il sait, avec un salaire de huit 1 par jour, vivre H faire vivre une famille, puis i (ond la culture des produits du pays. Toutes les Insistance de celte popiilatton interdisent aux i d'allery faire de la colonisation de peuplement. 1; donc qim des colonies commerciales. Est-ce à is colonies purement commerciales ne sont pas essantcs que les colonies de peuplement? Pour te personnel, je ne le crois pas. En dtihors du uplement, il est intéressant de se raôler à un lui faire connaître et partager nos mœurs, de Ire à parler notre langue chez lui, d'apporter un itional au milieu de son élément propre. Il reste Lielque chose de nous, nous en avons un exemple adiensqui,.auboutdecent vingt ans, sont restés LUS leur nature et leurs usages. Il y a dans ces )mme une extension de la mère patrie qui veut les mœurs, sa langue, sa race nationale toute i veut grandir, ne point périr, ne point s'amoin- ;rands résultats, il est certain que vous ne les amais entiers dans une colonie purement com- )mme l'Indo-Clune, par exemple, mais celle-ci Métropole des services de deux sortes, sur les- 1 inutile d'insister longuement. Je veux parler e vue de l'Importation et de l'Exportation. Si lis de l'importation, vous savez que nos colonies -Orient pourraient nous fournir entièrement de is pourrions nous en approvisionner sans aller en L l'étranger, ce que nous ne faisons pas encore sèment ; vous savez que là aussi nous avons une 'exportation dans laquelle nous nous sommes isser : je nomme les sous-produits de lahouille. ;, au point de vue du développement de l'indus-

trie nationale une nécessité absolue, un intérêt presque égal à posséder des colonies de commerce, aussi bien que de peuplement. Ce sont des voies sans cesse ouvertes pour nous servir de plus en plus intégralement de débouchés au commerce national, à mesure que nous avons à lutter contre la concurrence étrangère sur les autres marchés du monde. Et ceci n'a aucun rapport avec les questions de latitude et de température ; ce sont des divisions distinctes, différentes qu'il ne faut jamais confondre.

Maintenant si nous étudions les peuples européens au point de vue de la colonisation, noua verrons qu'une division nouvelle se présente à nous. Il y a les peuples colonisateurs et ceux qui ne le sont pas. Quels sont les peuples non colonisateurs? J'avoue que je serais très embarrassé pour vous en citer d'autres que les infiniment petits, comme la Grèce ou la Suisse, et je me demande si l'on peut trouver en Europe une nation qui n'ait pas, sous la force des événements modernes, étendu sa domination hors de ses frontières.

Nous pouvons donc établir en principe que, en dehors des peuples européens à peu près disparus de la circulation historique, si j'ose m'exprimer ainsi, toutes les nations de notre vieille Europe sont, à dès degrés plus ou moins grands, des colonisatrices et qu'elles sont appelées à le devenir de plus en plus ; il n'y a pas de distinctions à établir, sinon une qui va vous sembler paradoxale. Nous aurons à constater que les peuples les plus colonisateurs ne sont pas toujours ceux qui ont le plus de colonies.

Pourquoi et comment s'est produit cet événement très bizarre, très singulier. Nous devons en chercher les causes chez les peuples eux-mêmes et, dans cette étude, nous observerons que ce sont les peuples à très grande natalité qui, en même tem])s, sous une forme plus ou moins précise,

— sait être des peiiples'pauvres et arrivent à devenir coIoni<-ateiirs. Etablie de la sorte, la question jas encore véritaMement juste. En effet, l'Italie, jtre Io3 colonies de la Mer Rouge, pas de coioprement parler, envoie pourtant parfois près de idividus par an, en Tunisie et en Algérie, au la République Argentine, aux Etats-Unis et ela résulte de sa misère et de sa grande natalité, côté de cela, si nous passons aux Etatsis constatons le même degré de puissance co- ; la part d'un peuplé qui n'avait pas eu de }n propre jusqu'à hier ; je veux parler de l'Alle- Ixaminez la situation sans parti-pris, et vous urquoi et comment le peuple allemand est 1 peuple colonisateur, comment il a peuplé les ^ et a réussi à s'y maintenir. Si le mouvement pris naissance, alors qu'une très grande natalité e populaire l'y forçaient, nous pouvons dire qu'aul'AlIemagne a cessé d'être une nation pauvre, ;e sur tous les terrains commerciaux avec avanje sa prospérité fleurit tous les jours. Aujourment, ce n'est plus un peuple colonisateur sans )ans l'Afrique, l'Allemagne possêdedeux grandes ai sont appelées à devenir des colonies orgavilisées, sans compter ses petits archipels océa-

lisation est lo résultat des événements politiomiqiies et sociaux de l'intérieur aussi bien que ;ur. Voilà ce qu'il ne faut pas perdre de vue. neut qui va en augmenlaiit tous les jours, valer? Toute la question est là, mais quand nous s, nous nous trouvon:- en face des phénomènes rieu.v.

Regardons un autre peuple qui, bien que très petit, a 3U faire non pas de la colonisation agricole, mais marclianrle. J'ai nommé le psuplo-suisse, qui a su apporter en cette colonisation toutes ses qualités nationales. Un autre encore qui a lait de la colonisation avec enthousiasme, c'est le peuple belge. Avec son Congo, il pratique une politique colonlale'nouvelie, très intéressante. A côté des deiLX peuples, vieux colonisateurs, la France et l'Angleterre, nous sommes obligés de nous souvenir que iongtemp.s, pendant tout le moyen fige, le Portugal a occupe Ja première place. Il s'était endormi, il ne faisait plus de colonisation, il isemblait qu'il était destiné à disparaître de la carte du Monde, mais nous constatons aujourd'hui qu'il se réveille. On pensait que par le traité de 1804 l'Angleterre en avait fait un peuple soumis à la puissance protectrice de sa domination commerciale. Eh ! bien non, puisque aujourd'hui cette modeste puissance coloniale se réveille et nous aurons à examiner le rôle très intéressant, très nouveau, du Portugal au Mozambique et dans ses autres possessions. Il en a été de même de l'Espagne avant sa décadence finale provoquée par la domination monacale qui lui a fait perdre ses colonies.

Tout à l'heure je -vous disais que les deux vieux peuples colonisateurs européens étaient la France et l'Angleterre. Nous avons longuement approfondi, l'année dernière, le rôle de la colonisation française, nous n'y reviendrons pas, et si vous le voulez bien, nous commencerons aujourd'hui l'étude de la colonisation anglaise.

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