‹ La colonisation pratique et comparée: Colonies françaises, colonisationChapitre 3 sur 24 · COLONISATION ANGLAISE · texte numérisé non relu

COLONISATION ANGLAISE

Je VOUS disais, au commencement de ce cours, que l'Angleterre avait tous les modes de colonisation. En effet, dans l'étude de ses colonies nous constaterons que les unes

sont de peuplement, les autres absolument marchandes

et commerciales.

is les Indes, nous avons un exemple frappant de cette ne catégorie. Nous nous trouvons en face du peuple ( marchand, le pIu'* mercantile et à la iois le plus ^enf ; cependant lii, nulle trace de colonisation agri- L'Angleterreaseiiti l'inutilité de peupler ce territoire «fermait déjà près de 200 milliohs d'habitants. Et ■ègle clic l'a observée dans toute sa coloni^-'ation. is allons aujourd'hui, pour commencer cette étude, n mot de la Grande lîrfetagne au sujet de sa coloûitrés particulière, si l'on peut appeler cela une colo- )n, au centre de l'Europe. Vous me direz peut-être Rspagne et le Portugal sont à peu près logés à la enseigne. C'est une très grosse erreur. L'Espagne ortugal ont des îles adjacentes qui sont en réalité des ices directes de la mère patrie, mais l'on serait mal de considérer les Açores et les iles du Cap Vert e des colonies. Il en est de même de Héligoland cédée )0 à l'Allemagne , on ne sait trop pourquoi, et qu'on it pas comprendre dans les colonies européennes, us l'Islande par rapport au Danemark, ngleterre, au contraire, possède bien des colonies jennes dans le sens exact du mot. Ce sont des colo- ;ommerçantes et des points d appui militaire tout à s, non pas parce que l'on y fasse énormément nsit, mais parce que ce sont comme des sentinelles ■es, des barrières qui protègent son commerce. Ce es points de stratégie non exclusivement militaire incore et surtout de stratégie commerciale.

ngleterre a un inlérét capital à conserver sa supréà travers le monde, el-le doit donc pour cela, non lent se créer des dépôts de charbon, maîsdes points

avancés destinés à protéger son immense flotte commerciale. Cette politique coloniale a été observée par elle depuis les temps les plus reculés, depuis le traité d'Utrecht en 1713 et depuis elle s'est réservi'-e avec un soin jaloux ses points de stratégie, commerciale ot militaire à la la fois. C'est ce qui lui a permis de coloniser sur une vaste "éclielle, de répandre sa langue, ses mœurs, son industrie nationale à travers le globe ; c'est ce qui lui a permis aussi, grâce à cette politique coloniale, de se croire invincil)le, et d'exercer un prestige merveilleux dans le monde maritime et commercial.

Quelles sont ces diverses colonies militaires européennes où se trouvent ses dépôts de charbon ?

Nous allons rapidement les énumérer et vous verrez quels avantages ils présentent.

Nous voyons d'abord les îles normandes. Jersey — ancienne Césarie — se trouve situé ;\ 120 Icilomélres de l'Angleterre et à 48 kilomètres seulement de Granville. Vous voyez que cette colonie anglaise résidu dans les eaux françaises. A Jersey, de même que dans les autres îles de Guernesey, d'Aurigny et de Serk on jrîiiit d'un climat tout particulièrement doux. L'exportation est assez intéressante ; elle consiste principalement en morues, car il ne faut pas oublier qu'on pèche de la morue sur tous les points du globe, mêmes dans les eaux africaines ; puis des sardines, des raisins, des fruits, des pommes de terre, enlin de la terre de faïence. On remarque dans ces ilcs, comme dans toutes les autr<.s colonies européennes que l'Angleterre, tout en recherchant des points stratégiques, n'a rien négligé pour tirer parti du moindre territoire. Partout se reconnaît cette puissance d'organisation, d'adaptation merveilleuse. Au cours de l'examen de toutes les colonies anglaises, je crois que vous serez frappés de cette esprit pratique

de l'Angleterre qui tire d'une chose, d'une contrée, tout ce qu'aile peut peut donner et produire.

Nous l'observons particulièrement à Gibraltar, mesurant (Jeux mille carrés, avec une population de 26.000 habitants et une énorme garnison de 6.000 hommes. Gibraltar semble, au sud de l'Espagne, une zone neutre presque impraticable. Et pourtant là, on a enfermé, dans une espèce d'ilot une forteresse antique et moderne tout ensemble, perchée sur un rocher comme un nid d'hirondelles chinois, dont chaque ouverture présente une gueule de canon. C'est un point de stratégie de premier ordre, commercial et militaire. La forme de gouvernement y est purement militaire, le gouverneur reste Ubre d'y faire ce qu'il veut, et remarquons en passant que c'est à peu près le seul exemple de colonisation purement militaire dans les colonies anglaises.

Les droits de ports et de douanes sur les vins et spiritueux suffisent à payer les frais de cette énorme machine, de cette imposante citadelle. On compte 63.271 i, de recettes alors qu'on ne dépense environ que 60.348 %. Nous en déduisons que les 6.000 hommes de troupe consomment énormément de spiritueux, puisqu'ils arrivent à réaliser un bénéfice de 3.000 livres par an.

A Malte, nous nous trouvons en face de 176.000 habitants, et de 10.000 hommes de troupe. Là, nous constaterons la forme de gouvernement mixte, comprenant un conseil exécutif et un conseil législatif. Cedernier est composé de six fonctionnaires et de quatorze membres élus par le suffrage restreint. Je connais des grands peuples qui, très ambitieux et très économes, voudraient bien n'avoir que ces vingt membres pour les diriger. Comme chiffres, nous enregistrons 313.680 % de revenus à opposer à 308.902 t de dépenses.

Nous avons donc à Malte à chiffrer un boni de 5000 livres par an, que l'Angleterre recueille grâce à son -commerce de vins, d'oranges, de figues, et d'olives. Sur ce rocher pour ainsi dire inculte, on a fait ce qui se pratique sur lestords du Rhindepuisdes siècles. Ou ataillédes parties, construit des muraillcs.duhaut en bas des collines dans les parties creusées on a mis du roc concassé, dans lequel étaient semés ou plantés des orangers, des figuiers, de la vigne, des oliviers.

C'est ainsi que peut se faire un commerce actif de vins, de spiritueux qui, pourlesAnglais, rapporte un beau chiffre annuel. Ces détails n'ont l'air de rien, ils sont pourtant très intéressants, puisqu'ils prouvent que l'on peut faire de la colonisation pratique et rémunératrice n'importe où, quel que soit le terrain, même sur les roches, là où semblait impossible et irréalisable l'idée de cultiver des arbres fruitiers.

Malte est habitée par un peuple très commerçant qui fait, à travers la Méditerrannée, un transit important.

Chypre ne compte que quelques milliers d'habitants. Ici, nous avons à examiner une organisation coloniale très singulière, où le génie anglais nous apparaît toujours avec sa souplesse incomparable.

Comme Chypre appartient encore théoriquement à l'Empire Ottoman, de même que l'Egypte, les Anglais, qui sont li depuis vingt ans seulement, ont su tourner la difficulté diplomatique; ils y ont installé une commission anglaise, avec un conseil législatif composé de dix-huit membres, dont six fonctionnaires et douze élus par la population elle-même.

Tout à l'heure à Malte nous avions vingt membres, mais comme à Chypre nous nous trouvons en face d'un pays qui n'est pas entièrement soumis à la domination anglaise.

18 à inscrire douze membres élus par la populatement, pour sauver la face, comme disent les De plus, chaque année, nous constaterons que ent anglais et la Chambre des communes de Lonnt une subvention de 46.000 £ en faveur de

'enus, obtenus par les impôts en majeure partie, 188.658 a et les dépenses ne montent qu'à ivres, ce qui démontre que l'on n'a pas besoin de n.

vingt ans, sous l'Administration anglaise, le reil a été de 593.841 ■ fe, en tenant compte des

et de la subvention votée par le Parlement Bi l'île n'avait pas eu à payer un tribut à la Turuiplus réel du revenu se serait élevé à 1.125.107

jt an 3 d'occupation, dans une île si petite, ce sont iffres merveilleux ; je crois qu'il y a là un exemmt, de ce que l'on peut faire avec de la volonté, ;onstance. Et ce n'est pas le seul avantage qu'en .ngteterre, puisque son but a été surtout de se dépôt de charbon pour sa marine marchande.

ies île?, qu'il s'agisse de Malte, de Chypre ou la politique anglaise consiste surtout à équilibrer et et air.si elle arrive à faire de la colonisation nte, praiique et économique.

;e du tribut payé à la Porte, le déficit annuel' loyennc de 30.000 £, soit 500.0C0 livres que e a coûté en vingt ans, à la Métropole, mais le e fait avec celle-ci s'élève déjà à 120.000 J| enne la Métropole retrouve encore son compte, car rentre dans les charges générales, comme cela hez elle-même.

Ces chiffres m'ont été rournis par M. Clicvillianl dans son remarquable ouvrage sur les colonios anglaises. Quand on parle de l'occupation anglaise vieille de vingt ans, et de la domination nominale de la Turquie qui remonte à 1570, à plus de trois siècles, je me rappelle qu'on se trouve en face do cette vieille race normande, avant tout rusée et commerçante, qui ne s'embarrasse d'aucune dilTiculté, qui fait ses affaires au jour le jour, sachant tirer parti de tuut. Je rapproche cette situation de Chypre d'une vieille coutumejudiciaire, qui existe toujours en Normandie. Lorsque l'on occupe une prairie, l'année écoulée, la juridiction change, du possessoirfe elle passe au pelitoire, et l'occupant bénélicie du champ pendant que le jugement va de tribunaux en tribunaux, discutant sur la réintégrante et la complainte jusqu'à la cour de cassation.

sion de Chypre, les Anglais se monnormands avec la Turquie. Que leur tire ou le petitoire ! Quels tribunaux entre ces deux termes, ou quels juges ux ! Le tribunal de l'opinion publique bien endormi, et bien banal et on ne opinion européenne, restant forcément 3onséquent une quantité négligeable.

ne pas perdre de vue toutes ces grant comme la base même de toute espèce l'avenir.

laineJeçon, nous examinerons ce que aux Indes.

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