POSTFACE
Au coura de la préface du présent volumo, j'ai eu l'occasion de rappeler les nobles paroles d'Ernest Renan qui prouvent bien qu'il n'a travaillé que pour le triomphe (le l idée, qu'il n'a jamais fait que poursuivre la recherche de la véiité, dans la haute espérance d'atteindre un idéal supérieur.
Chose touchante et digne de remarque, tout à la fois, cette pensée se retrouve toujours sons la plume des hommes, qui ont vraiment aimé leur pays et l'ont vraiment servi utilement, avec désintéressement.
Lisez cette lettre de Garabetta — la dernière écrite à sa famille pendant cette longue période de 1848 à 1882 et portant la date du 6 juillet 188!^ — et vous serez frappé tout à la fois de l'élévation et de la simplicité avec Icsquellos les sentiments sont exprimés :
a Mon cher père,
« J'ai reçu tes bonnes lettres, je t'en remercie, et si je ne t'écris pas plus souvent, c'est le temps gui me manque ; je n'ai jamais, même au pouvoir, été plus accablé de besognes de toute espèce.
* J'espère d'ici quelques ucmaiues pouvoir te faire passer une petite somme ; je travaille dans ce but ; mais les temps sont devenus très durs pour moi. Quand maman sera ici, je fâche-rai de lui mettre aussi quelque chose dans l'escarcelle ; la bonne volonté ne ni'a jamais manqué, mais je n'ai jamais su compter, et j'ai beaucoup sacrifié aux exigences, aux milles contributions de ma vie publique ; j'en ai toujours été récompensé par l'ingratitude ou la trahison. N'importe, je ne regrette rien, n'ayantjamais agi que dans l'intérêt supérieur de mou paiti ; le jour de la justice viendra tôt ou tard ; s'il ne se lève qn après ma mort, je n'en aurai nulle rancune, nul dépit J'ai confiance
dans l'histoire, et quand c'est d'elle qu'on attend le jugement suprême, les diffamations, les calomnies passent sans vous effleurer ; et puis, il y a pour ta conscience d'un honnête homme un «i haut plaisir dans le mépris des hommes, que cela suffît pour tout supporter sàna laiblir, pourvu que le but soit atteint.
Je t'embrasse en fils dévoué. « Léon Ga.hbbtta., s
Consultez tons les grands esprits ; tous sont d'accord pour mépriser les incidents de la vie et pour proclamer qu'elfe ne mérite pas d'être vécue, si l'on ne poursuit pas un idéal supérieur dans l'intérêt même de rhumanité. J en pourrais citer des quantités d'exemples.
Lisez ces lignes d'Ernest Hœckel :
< La nature-une, est une créature d'une merveilleuse diversité... Ainsi les quatre mille formes que j'ai décrites dérivent toutes d'un globule, d'une cellule sphérique... L'intérêt scientifique s'allie à l'intérêt artistique. On ne doit pas séparer l'art de la science...
€ Le premier en Allemagne j'ai repris les théories de LamarcK qu'on avait trop oubliées à la suite de la faveur officielle dont jouissaient celles de Cuvier... C'était un grand génie novateur... Il m'a mis sur la trace de bien 'ies découvertes... Pendant ma longue carrière d'études, j'ai écrit plus de cinquante volumes et publié plus de trois mille planches... Mes ouvrages ont eu des succès divers qui n'étaient pas toujours corres'pondants à leur valeur propre, .le m'efforce de tout mon pouvoir de les vulgariser, car à l'inverse de beaucoup de mes confrères, bien plus savants (Mie moi-même, je ne crois pas que la science doive rester le privilège de quelques hommes, mais je suis certain qu'elle doit être donnée à tous, comme le pain et la lumière... J'ai étéenchanté qu'une édition populaire, à un mark, rirs t Enigmes de l'Univers », ait été répandue àcent quarante mille exemplaires... Le véritable rôle du savant est de découvrir et de vulgariser... Mais si le savant découvre, il faut qu'il soit artiste pour vulgariser, afin de bien écrire et d'être compris du peuple... A la suite de la publicntion de mes ouvrages, j'ai reçu cinq mille lettres de lotis li'S pays du monde, et elles m'ont donné lieu de remarquer ([lie les cerveaux fonctionnent de la même manière. Ces Kltres qui m'élaient adressées pour me demander dos
éclaircissements sur des points de mes travaux, contenaient presque toutes les mêmes questions... J'ai d'abord essayé d'y répondre, une à une, mais j'ai dùy renoncer... Pendant la retraite que je fis à Rapallay, au moment où j'ai fui la publicité d'un jubilé, j'ai composé en quatre mois, les « Merveillea de la vie », qui résoudront les questions qui m'avaient été posées. Les € Enigmes » traitaient de la vie générale cosmplogigue, les « Merveilles ■ ne s'occupent que de la vie biologique... Ce sera mon dernier ouvrage de théorie.,.
l'uis cette déclaration si vivante de Georges Clemenceau:
a Dans ma jeunesse, je ne croyais pas aux dangers du mensonge parce que j'étais sans expérience d© la vie. Cette sainte ignorance m'a laissé engager quelquefois en certains défilés où je trouvais des canons de fusil à bout portant. Devenu vieux, il se trouve qu'ayant survécu aux fusillades croisées, je n'y attache plus aucune importance. Je sais que la vie ne vaut la peine d'être vécue que si on lui assigne pour but une œuvre d'intérêt général assez haute pour que nous nous puissions grandir aux proportions, sinon de nos actes, au moins de nos espérances. Et quand on a senti passer l'annonce de la fin, comme un voyageur pressé qui s'eflForce d'accumuler le |)lus de sensations des nommes et des choses dans les dernières heures qui précèdent le départ, il vous vient une hâte de rattraper ce qui se peut des jours perdus, par un meilleur emploi des heures indétermmées qui vous sont encore imparties. Qui connaît bien les hommes ne redoute rien d'eux, car ils sont sans puissance sur celui qui, uyant pesé leurs jugements au juste poids, s'abandonne aux mobiles supérieurs capables de le lancer et de le soutenir à travers tout dans la lutte pour les nobles causes, source éternelle de la beauté de la vie. B
Lors de son installation comme directeur de l'Ecole Normale, M- Ernest Lavisse a prononcé cette éloguçnte péroraison qui rentre précisément bien dans mon sujet :
« Vous pouvez compter sur moi, comme j'espère en vous. Vous ne m'en devrez aucune reconnaissance. On parle souvent de la reconnaissance que les élèves doivent
à leurs maîtres, mais je gais fort bien qu'un maître est l'obligé des générations de jeunes gens qui se succèdt^nt devant lui, s il prend la peine de les regarder, de les écouter, et s'il se donne la joie de les aimer. Depuis trente ans, chaque novembre m'apporte un renouveau.'Je le vois arriver avec plaisir, parce qu'en effet il me renouvelle.
a J'ai reçu bien des confidences de jeunes esprits. J ai souri à des paradoxes, à des dédains, à des enthousiasmes. J'ai vu se dépeupler mon ciel, Victor Hugo tomber au rebut des vieilles lunes, et des étoiles monter qui. depuis, filèrent. J'ai vu se mouvoir les idées sur la politique, «ur la société, sur la patrie. J'aitoujourset à tous dit mon sentiment sur toute chose, sans jamais m'effaroucher de rien. Je sais trop quelles résistances la vie oppose à l'idéal, et qu'elle s'arrêterait dans la décrépitude si on ne lui demandait beaucoup de nouveau pour en obtenir un peu. Et, en même temps que je me sentais remis à flot par la grande marée d'automne, je me fortifiais dans une inrinclble confiance en l'avenir ; car je trouvais chez la plupart des jeunes, de l'intelligence, de !a sincérité et la vertu d'espérance.
« Je suis donc préparé à ma tâche si difficile, et j'espère qu'ensemble, maîtres et élàvos, par la collaboration de notre expérience et de votre jeunesse, moins par l'enseignement et par le précepte que par la pénétration des bons vouloirs, par la a communication de l'intime », comme a dit un .\llemand, par « l'amitié», comme a dit Michelet, nous arriverons à trouver l'esprit de l'éducation nationale, attendu par la démocratie républicaine dont nous sommes les serviteurs, a
Mais ce n'est pas tout et je ne ferai pas comprendre toute ma pensée, si je ne citais pas encore ces deux admirables lettres de Berthelot ; la première a été envoyée à Home à la fin de septembre 1904 ; la voici :
■ Je salue le Coogrès de la Libre-Pensée, réuni à Rome, et j'envoie à ses membres mes souhaits pour leur œuvre et pour leurs personnes.
La réunion du Congrès delà Libre-Pensée à Rome est un signe des temps ; car Rome a été lé centre de l'oppression de la science et de la pensée pendant plus de quinze cents ans. C'était bien là le puits de l'abîme, annoncé par l'Apocalypse, d'où sortaient les vapeurs empestées de la
superstition, du fanatisme et de l'inquisition, soulevées par la théocratie. Appuyée sur ses milices monacales et con-
fréganistes, elle prétendait maintenir éternellement les ommes sous la domination du double glaive spirituel et temporel. Do nos jours même, nous avons entendu à Paris un dominicain réclamer l'intervention du bras séculier, du haut de la chaire de notre métropole.
L'Italie a soullert des prétL'nlit>ns de l'Eglise plus peutêtre qu'aucune autre nation au moyen-âge, et davantage encore dans les lerap^ modernes, alors que les libres développements de la pensée et de la science, à l'époque de la Renaissance, ont é!é étouffés dans son sein par la papauté. Le bûcher de Giordano Bruno fume encore; et le procès de Galilée ne saurait jamais être oublié, car ce fut la condamnation solennelle de la science elle-même au nom du dogme et de l' Ecriture-Sainte.
Ici même, à Rome, l'oppression cléricale n'a cessé de s'exeroLT que le jour où l'Italie a pris possession de .««a capitale temporelle.
C'est donc une entreprise juste et digne, salutaire pour le genre humain qui nous réunît ici, pour bien marquel'évolution de l'esprit moderne et le triomphe de la sociét nouvelle, qui tire son autorité de l'indépendance absolu* des opinions et des constatations irrésistibles de la science
Voilà le drapeau que nous élevons en face du Vatican, siège de la révélation divine et de l'iniaillibilité papale.
Cependant, conservons toujours la sérénité bieuTeilIante qui convient à notre amour sincère de la justice et de la vérité.
La voii de la science n'est ni une voix de violenta, ni une voix de doctrinaires absolus. Quels qu'aient été les crimes de la tbéocratie, nous ne saurions méconnaître les bienfaits que la culture chrétienne a répandus autrefois sur le monde. Elle a représenté une phase de la civilisation, un stade, aujourd'hui dépassé, au cours de l'évolution progressive de l'humanité. Il serait contraire k nos principes d'opprimer à notre tour nos anciens oppresseurs, s'ils se bornent à demeurer fidèles à leurs opinions d'autrefois, sans prétendre les imposer. Ce que nous voulons fermement, ce que nous avons le droit et le devoir de faire, c'est d'enlever & l'esprit clérical et rétrograde la direction officielle des Etats et surtout la direction obligatoire des
consciences, celle dQ l'éducation populaire et des œuvres de solidarité sociale.
Cerlea, nous n'avons pas les prétentions du prophète descendu du Sinai pour exterminer ses ennemis et promulguer un nouveau dccalogue.
La science que nous proclamons procède d'un esprit nouveau de tolérance, fondé, je le répèîe, sur la liberté de la pensée et sur la connaissance exacte des lois naturelles.
Ne confondons pas cette méthode avec celle de lafa'Jsse science théologique, qui déduit a /rioi-i ses conclusions de dogmes imaginaires révélés par l'inspiration divine, pure 8Colasti(|ue vide de toute réalité et vouée sans relâche aux affirmalions absurdes et aux hérésies.
La science que nous représentons impose ses directions dans tous les ordres, industriel, politique, militaire, éducateur et surtout moral, en s'appuyant exclusivement sur les lois naturelles, conslatées a posteriori par les observations et les expérimentations des savants de tout genre : physiciens et mécaniciens, aussi bien qu'historiens et économistes, chimistes, médecins et naturalistes, aussi bien que psychologues et sociologues.
Nous établirons ainsi dans le monde le règne d'une raison affranchie des anciens préjugés et systèmes dogmatiques, c'eit-à-dire un idéal supérieur, une morale plus haute et plus assurée que celle des temps passés, parce qu'elle est basée sur la connaissance de la nature humaine et qu'elle proclame et démontre la solidarité intellectuelle et morale des homr.ies et des nations !
Marcellin Bsuthelot.
Oui, la voix de la science n'est ni une voix de violents, ni une voix de doctrinaires absolus et l'éminent savant, le grand penseur revient sur sa pensée dans cettte lettre éloquente qu'il adressait un mois ou deux plus] tard h M. Gaston Martin :
Monsieur,
Vous avez mon adhésion à votre double entreprise delà Revue philosophique des croyances et de l'APSOciatlon rationaliste des Libres-Penseurs.
Je vous la donne d'autant plus volontiers qu'elle ne s'applique pas à la fondation d'une doctrine absolue, d'une
religion nouvelle, sortie par évolution ou hért religions antérieures et prétendant imposer, au mê qu'elles, des dogmes et des pratiques nouvelles.
A tout époque de l'histoire, au-dessus des présentes, au dessus de leurs connaissances et c sentiments, de leurs craintes et de leurs espéraii hommes ont élevé des fantômes représentatifs, le et les religions, et, par une illusion singulière, ils imaginé que ces fantômes créaient les réalités d'après lesquelles le rêve humain les avait constru
Aujourd'hui, nous entrons dans une ère nouvel!' sont plus seulement les individus les plus intelligen les peuples civilisés eux-mêmes qui commencent prendre le véritable caractère de ces fantômes. C veulent, ce que nous voulons avec eux, c'est le t pacifique de la science moderne et de la raison.
Appuyée sur la constatation des faits par Fobs et par l'expérimentation, la science et la raison soi capables de servir de fondements définitifs à la sance de la vérité et K la poursuite de ses applicatit
EHes font chaque jour leurs preuves.
Leurs méthodes font évanouir de plus en fantômes d'autrefois, parce qu'elles transforment.le sans doute au gré de nos désirs, mais sûrement, 1 matériel et le monde moral, pour le honheurdes i et des nations.
Voilà pourquoi tant d'hommes éclairés, tant de dévoués et désintéressés travaillent aujourd'hui de parmi les peuples civilisés, en Europe et aux Etat voiià pourquoi ils s'associent pour affranchir Véi lOpulaire des anciens préjugés et pour fonder l'orga les Sociétés sur des bases nouvelles.
Vous êtes les ouvriers" de cette grande œuvre e l'un de vous.
Agréez, cher monsieur, l'assurance de toute ma thie. ■ M. Berth[
Après ces nobles paroles je devrais n'avoir p à ajouter et cependant lorsqu en consacrant un an mémoire du pemtre Fissaro, M . Le Blond s'exprime termes amers que voici, je trouve qu'il a tort, car l'hc lettres, pas plus que l'artiste, ne doit chercher le
ai
ges de ses cootemporains, non pas par orgueil, mais aimplemenl parce que sa conscience et 1« gentiment des devoirs accomplis doivent lui suffire amplement:
< En visitant, hier, 1' [exposition des œuvres de Camille Pisgaro, je n'ai pu m'interdire de penser à la petite escorte d'amis fidèles qui suivait, il y a six mois, son convoi mortuaire, aux nécrologies étrangement succinctes des journaux, à l'indifférence enfm — à la stupide et honteuse inditîérence du public français, devant la tombe toute fraîche oii s'endormit cet immortel vieillard. J'entendais les ebuchotements admiratifs des visiteurs, leurs monosyllabes émus, leurs murmures discret» d'ettase, proférés devant ces deux cents toiles ; j'étais pris par la même ferveur et 1» mèine recueillement, mais à ce sentiment se mêlait l'âpre frisson, l'irritante torture que provoque en nous la conscience d'une injustice. Etait-ce possible ? Avaii-il donc fallu attendre cette manifestaiion posthume pour poutoir saluer unanimement, en Camille Pissaro, l'un des plus prodigieux poètes de la glèbe, l'un des plus pénétrants notateurs de notre terroir et de notre sol?»
Oui, il est inutile, naïf et superflu de s'indigner, parce qu'il faut toujours compter avec les contingences du moment, les passions ambiantes et les petites jalousies aussi bien qu'avec les calculs mesquins de vos contemporains.
Vers le 15 avril dernier, si j'ai bonne mémoire, les journaux publiaient la modeste information suivante:
a A la célèbre Université suédoise d'Upsal, qui comptait jadis Linné parmi ses professeurs on vient de créer une chaire de géographie physique.
« Il fallait V nommer un titulaire.
« Parmi les candidats se trouvait le célèbre explorateur Otto Nordenekjold qui croyait y avoir quelques titres non seulement pour être allé au Pôle Sud, mais aussi pour avoir fait gratuitement, comme « lecteur.», le cours de géographie à cette même Université.
« Or le conseil académique n'a pas été de cet avis et il i décidé d'exclure du concours « le nommé Nordenskjold » comme n'ayant pas « dequalification scientifique suffisante » .
A quoi bon s'indigner? J'ai connu autrefois le grand explorateur et je suis persuadé qu'il a été le premier à rire de l'aventure.
Mais vraiment, si les places étaient toujours ( mérite et les situations occupées par des homm tenta, que deviendraient les fauteuils des Insti quel mara?me tomberaient les féodalités sacro-f pipos, des ponts, des professeurs, etc., et les fi vêques n'en seraient-ils pas réduits eux-mêrr sainte horreur — àdevenii' lie simples surnuii supposer qu'ils puissent lucok; occuper utilemei
Mais, Dieu me pardonno, ci' ïcrait l'abomin désolation et le Clergé, la Magistrature et l'Eta porteraient un deuil éternel !
C'est aiiisi que le premier avril dernier, jour i sesmystilicaiions, je recevaislailépêclie siiiv.inti l'étershourg :
Le ministre de la justice, M. Mouravipt. ib clupion de :s{>n rapport au tsar sur les iJébatH t vénézuélienne di'vant le tribunal arbiti'al du la } ainsi :
« J'ai acquis la conviction que cette cour iiite est adaptée à la solution de toutes les questions dans lesquelles prédominent de pure éléments > qui ne touchent pas à di s questions ilf la vie f nationale des Etats et de;! puii[ilos. La grande ( dée par IVmpereur Nicolas a encore besoin d't nue par la sollicitude bienveillante des Etats qn cupent de faire avancer le développement pa l'humanilé sur la base du droit et de l'équi autres raisons qui permettent d'envisager le si cour arbitrale de La Haye, il faut citer la co sympathie et l'intérêt qu'ont évoqués partout les la cour dans l'affaire vénézuélienne. •»
Un ami qui a fait plusieurs fois le tour du nr estviouï Gl p.'ir cuiiséqiK.'iit ploin d'iui doux soef qui lisait par dessus mju épaule, s'esclaffait de i
— Après le martyre de la Pologne et de la l'expulsion de Bockonors, les massacres en i juifs i, Kitchineffet dans toute la Russie, t'anéai de quatre cent mille Arméniens — tout un pe suppression des républiques du Transvaal et de etc., etc., la bonne blague du tribunal arbitral ( méfait toujours tordre de rire ! Du re^le c'e moyen que j'ai encore trouvé de ne point m'indi
Si au moins i'on vous écoutait, si l'on civi]if<ait le monJe p.ir la colonisation pacifique et purement commerciale...
— Pardon, arrêtez, arrêtez, mon pauvre ami, je vous cro\'ais en vérité plus philosophe que cela. Mais, malheureux, s'il en était aini>i, que deviendraient tous ceux qui ont un vif intérêt .1 maintenir le giahuge, c'est-à-dire la guerre et la destruction des humains par eujf-mftmes ?
Que deviendrai.'ut les Etats-majors déjà nommés, les diplomates, les gouvernants et tous les saltimbanques du patriotisme dont l'unique métier est de prêcher plaies et nosses, car ils savent bien que ce n'est qu'en eau trouble — pardon, dans le sang de leurs semblables — qu'ils pourront faire leurs petites aftaires.
Vous avez Irop circulé sur la terre pour l'ignorer.
— Ilélas 1
Et pour en revenir plus spécialement au rôle du professeur, Aulard le disait tort justement dernièrement : le véritable état de grâce, pour un homme moderne, c'est l'état d'esprit critique.
Et, après avoir cité un passage du discours ne Condorcet à la tribune de la Législative en 17112, il dit :
Et il ajoutait cette phrase, qu'on devrait graver sur la porte de nos écoles :
« Tant qu'il y aura des hommes qui n'obéiront pas à leur raison seule, qui recevront leurs opinions ^'une raison étrangère, en vain toutes les chaînes auraient été brisées, en vain ces opinions de commande seraient d'utiles vérités : le genre humain n'en resterait pas moins partagé en deux classes, celle des hommes qui raisonnent et celle des hommes qui croient, celle des maîtres et celle des esclaves. »
C'est bien la même idée qu'exprimait M. Buisson dans le Badical du 3 janvier de cette année même de 1905, si je ne mabuse, sous cette forme saisissante :
La méthode de l'Eglise est de tout subordonner à la foi, de tout expliquer eu dernière analyse par le surnaturel; la méthode de 1 enseignement laïque c'est de fout soumettre à la raison et de tout expliquer par des causes naturelles. Celle-ci exerce forcément l'esprit critique oblige, À raisonner, requiert enfin le libre examen sans autres limites que celles des facultés de l'esprit humain. L'autre interdit de douter de certaines vérités prétendues révélées. Con-
dorcet iivait déji tracù le ligne de dt'marcation humain se partageant entre les gens qui raisonn gens qui croient, n
Et tandis que nous sommes ici une poignée à ces vérités, on supprime nos cours, et par une ami au même moment arrive ce télégramme d'Angl
L'Université d'Oxford vient d'accepter les pr< suivantes, qui lui ont été adressées par M. Alfre suis surpris d'apprendre, écrivait M. Beit au vie lier de i Université, qu'il n'existe pas à Oxfort un ment spécial relatif a l'histoire de notre empirt mer ; il est étrange aussi que ce sujet ne figure une rubrique propre dans les cours d'histoire Désireux d'encourager ces. connaissances parmi diants de l'Université, et surtout parmi ceux qui à Oxfort, de toutes les parties de l'Empire, ai des libéralités de feu Cecil Rhodes, je vous pri mettre au Conseil universitaire l'offre d'un don 1.310 Uvres {3"2. 750 francs), pendant sept ans, pourvoir : t« au traitement d un professeur tituh toire coloniales et des conférenciers auxiliaires lecturers] ; 2' à la fondation d'un prix annuel de (1.250 francs), pour un concours sur les avai; « droit de cité impériale » et le paiment des ii du jury ; 3* à l'achat de livres sur le sujet indi^ une somme qui ne dépassera pas 50 livres par ar
M. Beit ajoutait qu'il a l'intention, si la font jugée utile, d'apporter à l'Université au hout ans, le capital nécessaire pour rendre cette i perpétuelle. Il spécifie aussi que l'Inde n'est pas dans le programme de sa fondation.
Nous pouvons en conclure que tandis que les nos voisms, sont des patriotes pratiques et sa continuons toujours à être les pantins inconscie congrégation qui, ayant sa patrie à Rome, ne ve cours de colonisation qui pourraient mettre ei nos richesses d'outre-mer et servir utilement la N.
L'éteignoir des Jésuites a toujours peur de h de la science moderne et il faut tuer ou tout fermer la bouche à ceux qui en sont les déposi simplement les vilgarisateurs.
Et de ce qui précède j'en conclus encore une
fnut non pas se retirer lâchement dans la fameuse tnur d'ivoire, mais combattre bien au contraire pour le triomphe de ses idées, pour ce que l'on croit être la vérité, le droit et la justice, à la condition d& n'avoir pour juge que sa conscience et posséder la profonde conviction que 1 on sert utilement son pays.
Toutautre sentiment serait tout à la fois une naïveté impardonnable et une duperie morale.
Pour mon compte, j'ai toujours aimé passionnément nos colonies, j'ai toujours cru t-n leur avenir et c'est pourquoi je me suis efforcé pendant ma carrière déjà longue, de les faire connaître de mes contemporains et de les faire aimer aussi.
Arrivé au bout de cette pesante tâche, c'est au lecteur a décider si j'y ai réussi, car cette assurance, surtout de la part de nos instituteurs, serait la plus douce des récompenses et le plus précieux des encouragements — quoique peut-être je n'ai pas besoin do ces derniers — pour poursuivre avec ténacité et opiniâtreté l'idéal rêvé de jusiice, de liberté, d'émancipation et de solidarité humaine, dans la voie^ que je me suis tracée et qui pour moi est la plus noble, puisqu'elle a pour but de servir utilement la France et la République !
Paul VIBERT.
Ouvrages de Théodore Vibert
POÉSIES Les Girondins, poème national en 12 chants, il* édition.
Les Uuatre Morts, poème, 7* édiiioa
Bimes d'un vrai libre-penseur, poésies diverses .
Martura, poème ..."
Les Quarante, sonaets
Le Peuple, poème : .
Bimes plébéiennes, poés-ies diverses