‹ La colonisation pratique et comparée: Colonies françaises, colonisationChapitre 20 sur 24 · UN PORT FRANC A NAPLES · texte numérisé non relu

UN PORT FRANC A NAPLES

a Tandis que nous discutons, nos voisins agissent. Les maisons de commerce de Naples sont sur le point d'obtenir la création d'un port franc dans cette ville.

Dix millions sulfîraient aux agraDdissements et à l'établissement de la zone franche. On a calculé que cette somme serait bientôt compensée par une large augmentation de Irafic, et surtout par le prochain essor du commerce de l'Italie avec les Etats-Unis. Il est à désirer que cette leçon ne soit pas perdue pour notre colonie alricaine et qu'on sorte des discussions théoriques sur le port franc réclamé par Alger pour ne pas se liisser tlistaticer par nos voisins d'Italie. ■

Ceci soulève :out simplement un monde de faits économiques nouveaux.

Quand vous allez eu Italie & l'heure présente, vous constatez surnos réseaux français, dans tous les hôtels, à tous les arrêts, la présence d'un grand nombre d'Anglais , et d'Américains, qui débarqués au Havre ou à Calais, traversent la France, séjournent quelque temps à Paris, visitent notre midi et notre centre, avant de se rendre en Italie. Ce sont en général des touristes, des gens riches qui dépensent sans compter, et qui font la fortune d'une partie de nos commerçants et de nos compagnies de chemins de fer.

La création d'un port franc àNaples, leur permettant de faire le trajet en paquebot directement, va nous être très préjudiciable. Je n'exagère pas en disant qu'elle va nous faire perdre d'un côté ce vieux monopole des émigrants italiens et d'un autre, celui plus important encore des riches Toyageurs d'outre-Manche ou d'outre -Atlantique. Gênes a déjà une activité importante ; Naples, en dehors du côté pittoresque, va devenir un port d'attache de première importance, relié directement avec Gênes, et d'autre part avec l'Angleterre et les Etats-Unis. C'est pour nous un coup droit, attaquant notre force économique, ce qui est à regretter, il ce faut pas se le dissimuler, et contre lequel

nou3 ne pouvons rien, chaque peuple cberchaot tout naturellement son intérêt personnel.

Il y a-t-il un mojen pour la France de regagner du terrain ? Au point de vue de ce double transit voyageur, je ue le crois pas. Au point de vue du commerce, ily a uu moyen toutindiqué ; malheureusement, quand on indique un moyen pratique en France, on s'eipose toujoura k ne pas être compris. On vient de voter un projet de loi absorbant près de 800 millions de francs, sinon un milliard, qui doivent être consacriîs à tout une série de petits travau.T à travers la France ; on n'a pas hésité, parce qu'il s'agissait de tous les départements qui nomment nos députés ; soit des travaux électoraux ! J'aurais trouvé plus raisonnable de consacrer cette somme à la transformation du port de Marseille, qui demande un capital de peut-être 3(t0 mitlions afin de pouvoir lutter contre Barcelonne et contre Gènes et Naples maintenant. Il aurait fallu s'occuper activement delà Joliette et de l'étang de Barre. Ceci dit, tout en redoutant et en déplorant la concurrence qui nous sera faite par Naples et Gênes, je trouve tout naturel que l'Italie cherche à se relever par tous les moyens ; rien n'est plus légitime et plus sage de sa part. Maintenant quant à conclure que l'émigration italienne s'arrêtera, nous n'en sommes pas là, bien au contraire. Ce sont des mots de diplomate naïf ; qoe l'émigration soit clandestine ou non, que l'on puisse traverser la frontière ou s'embarquer dans un port quelconque, le résultat est toujours identique. Lorsque j'étais k Rome, je fus attaqué assez fortement par un journal réactionnaire — ce qui était un graodhonoeur pourmoi — écrit dans un français bizarre, parce que j'avais émis une opinion très favorable pourcetteémigrationitaliennedansl' Amérique du Sud. Jem'en vais vous expliquer quelle était la pensée qui me guidait, et ce sera la conclusion naturelle de cette leçon.

S'iroagine-t-on un peuple qui émigré dans la proporti 200.0t)0 habitants par an ? Pour lui, disent les gens à c vue, c'est un malheur. Mais comme je le pense, il iau les choses de beaucoup plus haut, et alors on arrive . ciiler quelles seront les conséquences carieuses et intérêt capital qui peuvent dériver de cette émigratio lienne; d'autant plus que je suis convaincu qu'il y s jours heureuse émulation entre les races latines etj: concurrence meurtrière, comme cela peut arriver av nations d'autres races qui ont souvent des intcrÉts nomiques diamétralement opposés aux nôtres.

D'abord la France' n'a pas à se montrer jalout déçue si l'Italie cherche à échapper à sa domination ; en ferions tout autant dans la même situation. D'un côté il faut constater que l'Italie recherche le» occa de renouer des relations plus intimes et plus ami avec nous. Une partie du pactole français a pris — da: but intéressé, il faut l'avouer, mais bien naïf — le cl de la Russie qui, avec l'Angleterre et l'Allemagne, for les trois grandes nations, comme l'Espagne et 1'] la France représente les trois nations latine de si ordre en Europe. Eh bien ! un jour viendra ou les p seront mangéee, absorbées par les grosses ; où l'élé latin disparaîtra en Europe, englouti sous le triple élé saxon, germain et slave.

Que deviendra cette race latine qui fut si belle, si n ■ dont l'histoire est glorieuse et dont le sentiment artis ne saurait se sentir comparé À la lourdeur des autres r: Les 140 millions de slaves, unis aux 120 millions de sa aux 60 millions de germains et aussi aux 90 millions r sentes par les Etats-Unis, finiront-ils par chasser t rement de la terre les vestiges de la race latine î L' magne et l'Angleterre sauront virtuellement separtaj

continent Africain si nous n'y prenons garde ; le continent du nord américain est aux Etats-Unis dans l'avenir.

Que restera-t-il àla France, à l'Espagne, à l'Italie, l'Asie étant le partage de la Russie ? La dernière planche de salut pour la race latine, c'est peut-être l'Italie qui la tient dans son émigration colossale vers l'Amérique du Sud. L'honneur de sauver la race latine reviendra certainement à l'Italie, si elle continue à créer dcK colonies spontanées qui deviendront le centre où seperpetùrontr.os mœurs latines, nna belles langues latines. Etc'estpounjiioijedis que parun sentiment profond dcnotrunationalité commune, de notre commune origine, par une sorte de patriotisme latin, nous ne devons pas nous arrêter à de mesquines questions de port franc, de passeport ; mais que nous devons tendre une main fraternelle & nos nations sœurs. Le réveil de la race latine, la prospérité des nations gui la représentent est le seul moyen de la sauver de l'invasion des races du nord. Avec joie nous devons saluer toute espérance, avec bonheur nous devons employer tous les moyens qui nous conserveront les traditions et la VitaUté latine, qui nous garderont à jamais l'honneur de rester cette race de latins qui fut maîtresse du monde depuis le berceau même de 1& Rome antique !

iz^d^yGooglc

VINGTIEME LEÇON 9 Juin 1902

Colonies espagnoles en Afrique ; Ile de Fernando-p

LES ILES d'AnNOHEN, DBCoBISCO KT d'ElOBEY. — COLONI

DES Etats-Unis en Amérioue, aux Antilles : Cud

POHTO-RlOO, EN OCÊANIÏ : LES ILES PHILIPPINES. — COL NISATION D*H1BR ET DE DEMAIN, COMPARAISON POSSIBI

AUX Antilles.

Mesdames, Messieurs,

Pour clôturer le cours de colonisation comparée qi VOUS m'avez fait Thonneur de venir écouter cette anné nous allons nous occuper des colonies espagnoles, et < celles que les Etats-Uuis possèdent en Aoiérique, c'estdire, que par un contraste frappant, nous allons voir, ré nis dans une même leçon, un peuple qui disparait > point de vue colonial, et un peuple nouveau, naissant poi ainsi dire à la colonisation universelle.

A l'heure présente, de leur immense empire col niai qui fut l'un des plus beaux, il no reste plus aux Espi gnols que leurs possessions en Afrique d'une superfic d'environ 2.000 icilométroa carrés, avec une population i 30.000 habitants.

L'ile de Fernando-Po, au fond du golfe de Guinée e très fertile, comme l'île de San-Thomé appartenant ai Portugais, et dont nous avons parlé dans une de nos de nières leçons. La situation même de l'île de Ffernando-I lui donne uno grande importance militaire et commercial

Elle a une population d'environ SO.OOO habitants dont la majeure partie se trouve à Sainte-Isabelle, le chef-lieu. Quant à nie d'Annoben, elle est située h l'ouest du Congo Français et au sud de PemaulctPo. Elle ne possède que 700 habitants, virant en partie dit produit de la pèche, car il n'y aucune industrie locale.

L'Ile de Corisco, au sud de Fernando-Po, près de la côte du Congo français, a une population plus forte, bien qu'elle n'atteigne qae 3,000 habitants. Elle est admirablemfint située à l'embouchure du Mouni.

Cette île pourrait devenir et aurait dû déjà devenir le centre d'un commerce actif, ce qui prouve que la colonisation espagnole, n'importe oii elle s'est exercée, a toujours fait preuve de norcbalance, et a été mauvaise, tant an point de vue du colon, qu'au point de vue économique, c'est-à-dire fiscal.

L'fle d'Elobey, située également sur la côte du Congo français, au nord de l'estuaire de LibreviUle, compte 300 habitants. Il se fait un service régulier de bateaux i vapeur pour Annohen, Corisco, et Fernando-Po qui détermine, grâce & certaines grandes factoreries établies dans ces !les, une activité assez importante de transport et de transit.

L'Espagne, qui était établie plus ou moins v^^emeut sur la côte, au-dessous du Maroc, le long des frontières du Sahara, semble, on ne sait trop pourquoi, abandonner elle-même ses anciens droits sur ces territoires. C'est par conséquent l'acte de faire-part d'une grande politique coloniale qui s'éteint que je vous communique aujourd'hui, eu vous disant qu'elle ne possède plus que ces quatre petites iles bien peu connues.

Qu'est-ce qui a amené l'Espagne i ce résultat? il est presque impossible de le dire dans un cours do colonisation pratique et comparée, car vraiment on sevoitentra!-

né & faire de la politique pure, tout au moios de Thistoire, et ce n'est pas le but de mes cours. Capendant il est nécessaire de dire d'une façon générale, que si l'on remonte de deux ou trois siècles enarrière, on remarquebienviteque c'est d'abord la découverte de l'or qui a perdu l'Espagne.

Le mal n'a pas été aussi grand qu'en Australie et en Californie au début ; mais nous pouvons dire que dans les possessions espagnoles, la fièvre de l'or a tué absolument tout espèce d'initiative. Cependant sans remonter si loin en arrière, nous pouvons constater comment l'Espagne a agi, il n'y a pas longtemps, dans la dernière partie du XIX* siècle ; il est inutile de relater tout au long des faits connus de tout le monde et gui ont amené laperte, pour l'Espagne, de ses dernières possessions américaines. Il est bon cependant de regarder une situation politique, que pour mon compte personnel j'ai étudiée de très près dans les Antilles espagnoles. Tout espèce de questions politiques et religieuses à part, les Espagnols n'avaient, jusqu'en 1892 et 1893, qu'une préoccupation, capitale, unique, et qui dictait leur conduite, c'était de tirer un bénéfice impwtant de leurs colonies, non plus grâce aux mines d'or, mais par de forts impôts, sous quelque forme que ce soit.

Cuba et Porto-Rico ne pouvaient s'approvisionner qu'en Espaj^ne, et les fonctionnaires étaient pour ainsi dire chargés de dépouiller le paya. Souvent on a dit qu'il est nécess«re. d'avoir des colonies pour faire un commerce d'exportation et d'importation, pour aller chez elles chercher des matières premières nécessitées par l'industrie nationale et qui sont retournées aux colonies sous forme d'objets manufacturés. Pour l'Espagne, elle ne faisait qu'un commerce ii'cxpfoiiation avec ses colonies. C'est un bon principe colonialde vouloir travailler avec ses colonies, mais il en est un autre non moins vrai, c'est que lorsque les posses-

d.ïGooglc

sions européennes se trouvent dans le voisinage d'un grand Ktat producteur, comme il en est, je vous l'ai mainteii fois répété, de la Cochincbine et des Antilles, il est facile k comprendre qu'elles se fourniront tout près de chez elles, et ne viendront pas s'approvisionner en Europe, qui est r. lativement très éloignée. L'Espagne ne pouvait guère empêcher, à moins d s tarifs veiatoires et prohibitifs, un c immerce suivi entre les Antilles et les Etats-Unis. Eh lion elle établit un régime qu'on peut appeler le régime d'i dépouillement colonial, elle prescrivit des tarifs vexatoires, et pendant de longues années elle suivit ce système voulu. Il n'est pas étonnant que l'on dise par le monde que rCspagne a mérité ce qui lui est arrivé avec ses Antilles. J'iii cherché h, bien établir un parallèle entre la colonisation d'hier et celle d'aujourd'hui. Si nous allons aux Philippines, alors c'est autre chose, et les griefs que l'on peut formuler contre 'la politique espagnole sont plus graves encore. J'entends parler du gouvernement espagnol et non du peuple espagnol qui est un peuple travailleur, aux qualités morales très prononcées, attirant les sympathies. Le ' gouvernement rappellait non-seulement lepayslégendaireda l'inquisition, deces cours dont lesmaitres étaient des tyrans, de toutes CCS vieilles fourberies sanglantes du moyen-âge, m. lis, dans nos temps modernes, on le voyait pressurer les Pliilippines d'une façon terrible. Ces malheureuses îles se voyaient obligées de se fournir ou chez elles-mêmes, ou clii'z les Hollandais, et l'on préfendait leur en refuser le droit. Toutes ces îles étaient sous la domination absolue et complète de trois congrégations religieuses Lorsque l'on s'adressait au ministre des affaires étrangères, à Madrid ou dans une des capitales de la CQlonïe, on ne voyait devantsoi dans les antichambres que le grand chuf de l'un ou de l'autre de ces ordres ; et ces trois chefs

venaient dans la Métropole,non pas pour recevoir des ordn mais pour donner les leurs aux ministres, au gouveri: ment.

Dans des conditions semblables, ce malheureux pays pouvait marcher qu'à sa ruine et à l'insurrection. Vo avez tous présents à l'esprit l'histoire de ce jeune docte au talent de premier ordre, qui fut martyrisé pour avi parlé un peu trop haut de ce système politique. C'était i jeu de supprimer dans les supplices atroces toute perse nalité s'élevant contre l'autorité absolue de ces congrég tions. Aussi exaspérés par ce régime arbitraire et cruel, I Philippins se révoltèrentet cherchèrent iy échapper par to les moyens. Cette politique monacale a étetrèspréjudici ble àl'Espagne etl'a privée de ses colonies; elle nous fore* faire des constatations qui sont malheureuseset humiliant pour la race lapine, qui ressent le contre-coup de ces faui coloniales; de ce grand peuplecolonisateur qu'était l'Esp gne dans le 15' et le 16* siècle, elle a fait un peuple qui, poi ainsi dire, ne possède plus aucune colonie.

Après avoir constaté la mort coloniale de l'Espagne, si, puis m' exprimer ainsi, nous n'avons plus aucune colonis tion européenne à étudier. Mais avant de clôturer ces cou je vous demanderai le permission de m'entretenir quelqui instants avec vous au sujet de la colonisation naissan des Etats-Unis. Nous touchons là à un phénomène col niai bien curieux. Qu'est-ce que la colonisation des Etati Unis ? Ici se pose un grand point d'interrogation. Noi ne savons pas encore ce qu'elle est, encore moins ce qu'el sera demain.

Avec les Etats-Unis, nous nous trouvons en face d'u peuple de race anglo-saxonne, qui possède des qualités à prudence et de sang-froid, quia donné des preuves d'ini tiative privée et politique, qui est doué d'une ténacité e

d'un goût des affaires vraiment surprenants ; cette race anglo-saionne estsurtout patiente et perse vérante, ainsique viennent de nous le démontrer les Anglais, qui après trois ans de latte, ne se sont arrêtés qu'en signant un traité très honorable avec les Boers.

Les Etat-Unis ont eu un parti d'impérialistes, — ce mot n'est pas pria dans le sens européen, — mais il veut dire un parti de gens qui veulent étendre la doctrine de Monroë, non seulement à la domination de tout le nord des Etats- Unis, mais encore k la domination de la patrie toujours plus grande, telle que les Anglais Tontconçue. C'est pourquoi les Etats-Unis, devenus très maîtres chezeux, ont donné l'exemple d'une politique curieuse à suivre, depuis le premier jour oùilsontf&itlaguerreit'Espagnejusqu'àaajourd'hui.Nous allons tâcher de faire un peu de lumière sur cette conduite des Etats-Unis, essayant de comprendre à quelle série de causes supérieures ils ont obéi.

D'abord voyons ce que sont leurs nouvelles colonies ou protectorats arrachés à l'Espagne.

Cuba est l'Ile la plus grande et la plus occidentale des Antilles. Elle aune superficie de 118.933 kilomètres carrés avec une population de 1.650.000 habitants. La température moyenne est de + 25*. et je vous ai dit à propos de toutes les Antilles que cette température était très supportable. Suivant notre théorie des altitudes, si les cdtes sont malsaines, nous constatons que l'intérieur est salubre. Vous avez tous la configuration de Cuba dans la tète, c'est une très longue ile, et dans le sens propre du mot, il n'existe pas de plateau supérieur.

Comme dans toutes les Antilles, on se trouve en présence d'une très grande lertilité ; les productions sont le café, la canne à sucre, le tabac, le gingembre, le mais, le piment, le manioc, l'anis, le cacao, les ananas, etc, il y a

beaucoup de bois précieux dans les forêts, cèdre, acajou, grenadier, ébénier, etc. On y fait l'élevage de bêtes à cornes et de chevaux, chèvres, porcs. Les chevaux, de petite taille, «ont'bien résistants, ils ont des qualités de premier ordre, non pas comme élégance, différent en cela des chevaux arabes, mais iîs sont sobres et durs au travail.

Il existe des carrières de marbre, des mines de fer, diamants, cristal de roche, houillères, etc. On y remarque des sources de bitume liquide, donnant de beaux bénéfices, des sources d'eaux minérales et de nombreux marais salants inépuisables.

L'exportation représente en sucres bruts plus de 100 millions de kilos (I), elle comporte aussi beaucoup de tabacs, cigares et cigarettes, cafés, minéraux, rhum, et eau de vie decannes, — tafîa —bois, fruits, ananas, bananes, cocos, cir4„ miel, etc.

Les exportations vont forcément augmenter i Cuba par suite du protectorat américain. Les Etats-Unis auront tout intérêt à se fournir dans una colonie si rapprochée, déplus il est à peu près certain qu'ils se livreront à la Ubrication dos conserves, et qu'ils sauront avoir des bâtiments à marche rapide pour les exporter sur une grande échelle.

Les importations consistent en farines, riz, épiceries, grains, salaisons, charbons, vins et eaux-de-vie, machines et instruments d'agriculture.

Dans cette nomenclature, k part les vins eteaux-de-vie, tout va devenir fatalement le monopole des Etats-Unis. J'en reviens à redire ce que je constatais avec vous k propos du Danemark, ces colonies représenteront pour les

(1) Cliiffre dépassé île beaucoup aujourd'hui, pour ne pas dire doublo. depuis que les Etats-l'nis y ont insiall-S les plus vastes usines du inonde pour la production du sucre.

d.ïGoogIt'"

Etats-Unis un très gros chîSre de commerce exportateur et importateur au détriment de l'Europe.

La capitale, la Havane, est une grande et superbe ville, ajant un excellent port ; la population se chiffre par 300.000 habitants. La plus grande activité commerciale y est fournie par le tabac. L«a cigares de la Vaelta-Abajo sont renommés dans le monde entier. Du temps des Espagnols on consommait i la Havane, dans la ville même pour 95 millions de francs de tabacs par ans, le chiffre le plus élevé qui existe au monde. Ces fameux tabacs sont très bons, mais il faut l'avouer, très chers. Sur place, un cigare ordinaire se paie de sept à huit sous. Du temps des Espagnols, il y avait à la Havane et en général à Cuba, des fièvres typhoïdes, la fièvrepaludéenneetla fièvre jaune endémiques parce que tous les égouts et toutes les orduresétaient jetés et déversés dans le port. Mais les Américains ont fait disfaraître tout cela.

En parlant de cette ville si belle, il faut bien que je vous entretienne un peu de son fameux théâtre Tacon. qui passe pour un des plus beaux et un des plus grands théâtres du monde. La population havanaise, surtout la population féminine, est en général très paresseuse ; elles se reposent, les jolies havanaises, quand elles ne se fatiguent pas à danser ta valse nationale, la meringue ; elles se livrent à toutes les dépenses nécessitées par un luxe extravagant, portant des robes des plus grandes couturières de Londres et de Paris. Il y a quarante à cinquante ans il y avait à la Havane un brigand célèbre qui n'était pas précisément na gentilhomme de lettres, mais qui faisait fortune en pratiquant en grand, le long des côtes, la contrebande. C'était, dit-on, une entreprise colossale, parfaitement organisée et malgré toutes les précautions prises, les pièges tendus, on ne peuvait pas s'emparer de ce fameux Tacon qui, peu à peu.

était devenu la terreur de U police et des douaniers espagnols.

Le gouvernement voyait en lui une grosse perte d'argent chaque année; il était devenu légendaire dans le pays. Le gouverneur constatant qu'aucun moyen ne réussissait pour réduire Tacon, songea a se l'attacher, il lui fit promettre l'impunité pour ses vols et se l'attacha comme chef de police. Depuis lors Tacon le chef des brigands, se conduisit honnêtement et devint un important fonctionnaire, et un jour il fit construire plus ou moins à ses frais, le premier théâtre du monde, disent les Cubains, ce qui affermit encore la renommée de cet homme déjà légendaire à la Havane. Cette ville possède aussi des établissements scientifiques et littéraires. II se fait dans son port un très grand mouvement commercial. On remarque encore que de même qu'à Buenos-Ayres et dans la République du Paraguay, la jeunesse y est positiviste ; elle ne s'est pas laissée entraîner par les principes réactionnaires, et beaucoup de cléricaux se sont brusquement convertis aux idées positivistes ; il s'est fondé des revues, organisé des comités et elle a été, cette jeunesse, un des facteurs de la guerre do l'Indépendance. En France nous sommes peu au courant d^ cette politique espagnole et américaine.

San-Carlos de Matanzas, ta seconde ville, est un bon port et possède une belle rade ; la population y est de 55.000 habitants ; il s'y fait un très grand commerce avec les Etats-Unis.

On compte quî dans cette ville il s'exporte annuellement pour 70 millions de sucre, café, mélasse, rhum, tabacs. On y trouve quatre lignes de chemins de fer reliant la ville de Matanzas à la Havane et à Cardenas.

Santiago de Cuba, qui a une population de 45.000 habitants, est l'une des plus anciennes villes de l'Amérique. Elle

est située à 1.313 kilomètres de la Havane ; elle possède un cbemÏD de fer, des moulins k sucre très renommés ; c'est uu des plus beaux ports de l'Amérique, il est très sur et situé sur la côte méridionale.

On voit ensuite un certain nombre de villes de 25 ^ 30.000 habitants, comme Santa-Clara, Trinidad do Cuba, etc., qui, toutes sont reliées entre elles par des chemins de fer. Cuba e^i donc un noyau commercial, très avancé dans ta civilisation, avec un« jeunesse très intelligente, curieuse de s'instruire, positiviste.

Après avoir compris l'importance de Cuba qui augmentera de jour en jour sous l'influence des Etats-Unis, passons à Porto-Rico, située à lest d'Halii. C'est la plus petite des quatre grandes Antilles ; elle a une superficie de 9.315 kilomètres carrés avecune population de 800.000 habitants. Le sol est très fertile et boisé , il s'y fait un grand commerce de bétail avec les Antilles. La production principale est le café, et ensuite viennent comme toujours le sucre et le tabac. On y trouve aussi des chc\Mu\. reiisiimés et très endurants à la fatigue. It$e fait un commerce extérieur très important avec l'Europe, les Etats-Unis et l'île de Cuba. On trouve là plus de 1200 kilomètres de fils télégraphiques ; i orto-Rîco possède à l'heure présente 300 kilomètres de voie forrée en exploitation, devant faire à peu près le tour de l'ile, comme à la Réunion.

La capitale est San-Juan-Bautîsta de Puerto-Rico, dont la population se chiffre par 30.000 habitants. Cette ville possède un port nùr, vaste, mai? peu profond. Il est surtout fréquenté par les navires espagnols, américains, anglais et français. C'est une coquette ville, ravissante, merveilleuse, le joyau de Porto-Rico. Après Saint-Jean, nous voyons Mayaguez. le port le plus rrc.iuentc par les

navires français. Commerce de sucre, de café, autour de celte ville on peut voir des plantations superbes et très riches. La population y est de 30.000 habitants ; sa distance de San-Juan est évaluée à 165 kilomètres.

Ponce, à 129 kilomètres de Puerto-Rico, estunportirès riche ; population de 45.000 habitants C'est un véritable paradis terrestre, une ville toute bâtie en marbre et en pierres ; devant chaque maison on remarque de merveilleux jardins ; c'est une ville faite pour l'enchantement des yeux. Vièques est le chef-lieu de l'île de ce nom, située à 15 kilomètresde l'île de Porto-Rico ; on y compte une population de 6. 100 habitants. Séjour de plusieurs con^ul^, dont un de France.

Comme vous le voyez, de même qu'avec Cuba, nous nous trouvons, en étudiant Porto-Rico, en face d'une possessions de grand avenir.

A côté du calé et de la canne à sucre, dans l'intérieur de ce pays, ce que l'on fait surtout, c'est l'élevage en grand des bêtes & cornes et des chevaux, ce qui va, comme les cultures vivrières, avoir un débouché énorme aux Etats- Unis. Savez-vous quels sont les hommes qui ont contribué i la mise en valeur de Porto-Rico ? Ce sont de nos nationaux. Plus de 30.000 Corses se sont établis dans cette He, en qualité de patrons ou d'ouvriers, qui jouissent pour la plupart d'une grande prospérité ; ils ont procédé comme toujours cela se fait : quelques-uns seulement sont partis, et se trouvant heureux, ont écrit à leur famille, à leurs amis de venir les rejoindre. Nous devons donc conserver de bonnes relations avec Porto-Rico et ce sera d'autant plus facile, que nous y avons, tout installés, de nombreux compatriotes.

Maintenant nous sommes amenés à parler dea Philippines, cet archipel malais, qui comprend environ 1200 îles

.ïGoogl,^'*

dans la mer âes Indes. Les principales sont Luçon au nord «t Mindanao au sud. Lapopalation atteints millions d'habitants en chifires ronds, sans compter les indigènes insoumis qui vivent dans les montagnes de l'intérieur. On peut dire qu'il y a environ 20.000 européens en dehors de Manille et près de 50.000 chinois. Le reste se compose de la race des hommes de couleur du pays nommé Tagals ou Javanais. Cène sontpaspour dire vrai des sauvages, ils jouissent d'une civilisation qui, dans certaines parties, est relativement très avancée.

Leur superficie est de 396.182 kilomètres carrés. Les produclioi:s consistent en tabacs, sucres, chanvre, coton, indigo, huile de coco, riz, café, cire, écaille, nacre de perle, or, ciiivrj, buffles, bois de teinture, de construction et d'ébéniïterie, rhum, vin de coco, etc.

Un arbre qui ressemble & l'arbre de Judée et qui, au printemps est couvert de fleurs rouges, produit un parfum très recherché de nos coquettes parisiennes ; c'est le Ilang- Ilaing ou Canang odorant.

Il y a de bons ports ouverts au commerce étranger, ce sont ceux de Manille, de Suai, de Ilo-Ilo, Zamboanga, et Cébu. Notre commerce avec les Philippines l'élève i 10 millions 1/3 de francs, dont les 10 millions pour tes importations en France et 500.000 francs seulement pour les exportations de France ; c'est toujours parce que nous n'envoyons pas nos représentants de commerce à l'étranger que nous sommes obligé de faire une constatation si défavorable & notre commerce exportateur.

On importe en France des amandes de coco et du coprah, des végétaux filamenteux, des huiles volatiles, des produits résineux, etc.

La France exporte des tissus de coton, de soie et de laine ; des ouvrages en métaux, de la tabletterîe et de la

bimbeloterie, de l'horlogerie et de la bijouterie, des vins, des fîls et des bourres de soie, des machines et mécaniques, des papiers, etc.

Manille, dans l'île de Luçon, en est lé principal porK Luçon est elle-même la plus grande des îles de l'archipel. Manille possède un chemin de fer qui la relie à toutes Us Tilles voisines. Sa population s'élève à 300.000 habitants ; cette capitale qui, dansles Indes transgangé tiques, vienttout de suite après Batavia, renferme environ 50.000 européens. C'est un centre de commerce en pleine activité. Il s'y fait une circulation considérable de marchandises, particulièrement l'exf ortation du chanvre, sucre, tabac, cigares qui, inférieurs à ceux de la Havane, n'en sont pas moins très renommés, café, indigo, etc.

On fait surtout des importation d'étoffes. A Manille, il existe un vaste chantier s'occupant de la réparation des navires. Il y a un chemin de fer de Manille à Dagupan. Manille n'est pas seulement un port important, c'est un centre, une capitale, qui possède une banque et des succursales des grandes maisons européennes. Elle est la résidence de grosoommissionnairetï. Là se trouvent aussi les consulats de tous les grands pays. Il ne faut pas oublier que la population n'est pas exclusivement composée de travailleurs chinois ; les chinois ne sont pas là comme dans d'autres possessions européennes, des blanchisseurs ou des jardiniers. Au contraire, pour la plupart.ce sont degrands exportateurs, des commerçantsayant une fortune colossale. On peut aussi constater la présenced'une classe aristocratique ; de même qu'à Batavia, on remarque des fortunes énormes, auprès desquelles celle de nos millionnaires français semblent peu de chose.

Les îles adjacentes principales sont celles de Balabae, Batanes, Burias, Calamipnes, Masbate et Ticao, Mindore et Paragua. Puis viennent les îles Visayas au sud de

LuçOD, l'Ile Mindanao au sud de l'archipel et enfin le sultanat de Jolo qui est formé d'un arshipel au sud-ouest de Mindauao.

Le sidtonal de Jolo, est un gouvernement séparé des Philippines depuis ISTTetqni Tormetaitet indépendant. On y trouve des productions de café, cannes k sucre, c«cao, etc.

Aux Philippines, nous ne nous trouvons pas en face d'une possession européenne aussi avancée que celte des Hollandais qui, dans ces mêmes parages, oot su des habitants de Java se faire de véritables collaborateurs ; qui, à Batavia et dans toutes les possessions, ont ouvert des écoles bilingues et ont pu, avec quelques centaines de soldats seulement maintenir un ordre parfait dans leur belle et riche colonie.

Les Philippines sont dans un état bien inférieur, à cause de ce gouvernement rétrograde et cruel des trois congrégations dont je vous ai entretenus tout à l'heure.

Après avoir fait un eiposé rapide et nécessaire de l'état de ces colonies qui, appartenant & l'Espagne, lui ont échappé par sa faute au profit des Etats-Unis, après avoir donné un aperçu des motifs généraux qui ont occasionné cette perte, il est intéressant de nous rendre compte rapidement de ce qu'en vont faire les Etats-Unis. Nous pouvons dire dès maintenant que ces deux groupes de colonies sont appelées k se placer parmi les plus importantes du monde. Eh bien ! dès l'heure présente tout porte à croire qu'ils ne vont pas coloniser dans toute l'étendue étroite de ce mot ; tout fait présumer qu'ils vont, d'un bond, éclairés parles dernières expériences et par les dernières constatations coloniales et historiques de ces cinquante dernières années, après avoir bien réfléchi, sans s'être laissés entraîner par toutes les doctrines impérialistes ou autres de leur pays, aller aux demie-

Tes limites, non pas du protectorat, mais de la colonisation même la plus libérable.

Us leur accorderont, & ces pcasessions, ce que les Anglais n'accordent qu'aprùa ^naiaara sifed» de cdonta»tion : ils feront d'eux-mêmes ce que les Anglais viennent de faire vis à vis du Traasvaal, poussés par la force même des choses et qui ont: gardé k toutes ces petites républiques leurquasi-autonomie.amenésqu'ils étaient àsaurerleur face, c'est-i-dire à sauvegarder leur amour-propre. Eh bien, les Etats-Unis viennent de faire ou vont faire la même chose. Dans nos temps modernes iln'est plus possible de supprimer un peuple, si petit soit-il et si puissante soit la nation qui l'a aous sa domination.

Les Américains, comme les Anglais s'en sont rendu compte, mais sans être forcés de le faire ; et c'est pourquoi il faut rendre hommage à la haute moralité de leur politique qui sait conserver à Cuba et aux Philippines leur autonomie, touten y sauvegardant ses propres intérêts. A la minute décisive où Us allaient entrer dans la lutte finale, ils viennent d'accorder l'autonomie pleine et entière à Cuba. On a bien dit que certains cubains n'étaient pas contents, parce qu'il y avait des points d'occupation militaire. Avant de se décider pour ou contre, il faut voir les choses comme elles sont. Les Etats-Unis ont fait un traité d'une justice et d'une ampleur irréprochables. Quant il s'agit de peuples noirs pas très avancés en civilisation, on ne sait jamais comment ils se gouverneront, il est bien possible que ce Boit très mal. Cuba, comme Saint-Domingue, comme Porto-Rico sont-ils en état de se gouverner? Les Etats- Unis laissent Cuba se proclamer en République avec une chambre représentative, mais ils gardent le soin de la surveillance discrète dans son intérêt même. Il me semble que tout autre gouvernement en aurait fait autant. Et ces

traités sont pour les Etats-Unis et pour leurs posseasious des traités de fortune réciproque. Il est certain que c'est au détriment de la vieille Europe qu'ils se 3ont conclus ; il faut augurer que malheureusemeut le commerce européen va dire eo grande partie perdu dans les Antilles, mats comment reprocher à un état, possesseur de riches colonies, d'^ir en vue de ses intérêts supérieurs, même si ceuxlà lui conseillent une sorte d'égolsme vîs-à-vis des nations étrangères.

Nous pouvons dire qu'avec ces colonies américaines de fraîche date, nous noua trouvons en face d'une colonisation directe, qui forme un prolongement de la Métropole. Cela durera-t-il? On ne peut répondre à cette question, surtout quand il s'agit d'une population de près de deux millions d'habitants, ayant l'amour de l'indépendance comme les cubains.

Ce sentiment était moina développé à Porto-Rico. Est-ce dû à la présence de ces 30.000 corses ? Il faut bien le constater, depuis que les Américains sont maîtres de ces anciennes possessions espagnoles, une transformation étonnante s'est opérée du jour au lendemain; l'organisation se perfectionne sous toutes ses formes, les tarifs, les transports, les chemins de fer, les routes, tout s'est trouvé changé favorablement comme d'un coup de baguette ; les gens et les choses semblent être devenus américains, il n'y a pas d'autres mots qui puissent rendre l'idée de la prospérité qui semble s'introduire à Cuba, Porto>Rico et même aux Philippines Dans ces dernières, on ne sait encore ce qui va se passer et si elles sont capables de se gouverner par elles-mêmes ou non. Au point de vue moral et intellectuel, c'est encore relativement l'anarchie ; les habitants sont Philippins avant tout et veulent chasser les Etats-Unis.

Dans quelles conditions les Etats-Unis arriveront-ils à

— -iOl —

établir l'autonomie? On ne sait. Je dois terminer constatation qui éclaire d'un jour nouveau la i internationale et coloniale à travers le monde. Il jours ilans une évolution politique ce qu'on voit, et ce qu'on ne voit point ; eh bien, brusquement, il se révéler ce /ait considérable: Lorsque les améri Nord ont dit : « Nous allons imposer tel traité de co réciproque au Mexique, de même à l'Amérique C aux républiques du Paraguay et de l'Uruguay, à la et nous imposerons tel autre traité dans l'intérêt i Amériques», ils semblaient proposer : — « Il faut cl vieille Europe et anéantir chez nous tout son co d'importation. »

Cependant toutes les Républiques du Sud ont déclarant : — a Nous sommes indépendantes, non sacrifié notre fortune, notr^ vie pour chasser les Es] pour échapper à leur tyrannie morale etreligieuse, voulons pas nous laisser dominer à nouveau, mêm état américain ; d'ailleurs nous sommes des cathol des enfants d'espagnols et nous n'allons pas nous contre ceux qui nous ont formés. »

Rebelles à toute autorité, ces régions sont cepen iond de leurs mœurs et de leurs croyances, rest^ chées à la religion catholique et au nom espagn( sur le terrain économique. Et ce sentiment se r non-seulement dans les colonies espagnoles mais anciennes colonies européennes. Ce qui peut vous ner une meilleure preuve, ce sont les tarifs de qui attestent par exemple que le Brésil est resté loi attaché au Portugal ; on n'y parle que portuga point de vue économique c'est la meilleure colonii gaise. Ces constatations nous permettent d'espé lorsque les grandes races anglo-saxonnes, germ

slaves se seront partagé le inonde, la vieille race latine se réveillera dans tous les pays où elle a séjourné, dans l'Amérique du Sud, et là se retrouveront les langues, les mœurs, les sentiments espagnols, italiens, portugais et français. Nous avons l'espoir qu'ainsi se formera un mur impénétrable de races latines, s'opposant victorieusement à l'envahissement saxon, germain et slave.

Ces constatations ont révélé un état de choses qui a provoqué une nouvelle phase politique dont les conséquences se sont fait sentir au congrès deâ Etats-Unis, dans ces dernières années. Il, est bon de reconnaître que les Etats-Unis ont agi sagement, quand, au lieu de courir au-devant des aventures, ils ont prudemment conservé l'antonomie à leurs colonies. C'est la dernière étape de la colonisation. Saluons-là, avec joie, parce qu'elle annonce l'ère de là justice, de la civilisation et de la liberté.

Page 1