‹ La colonisation scientifique et les colonies françaisesChapitre 112 sur 122 · H LA GUADELOUPE · texte numérisé non relu

H LA GUADELOUPE

§ 1 . Territoire. Climat, — La colonie^de la Guadeloupe comprend la Guadeloupe proprement dite, divisée elle-même en deuxiles séparées par un canal étroit, la Rivière salée: la Grande-Terre dont les principales villes sont la Pointe â- Pitre et le Moule ; la Guadeloupe proprement dite, par 16* 14 lat. N. et 63o52' long. 0., dont la principale ville est la Basse-Terre; elle se compose en outre des Saintes^ de Jdnne-Galante entre 15o53' et 16*>01' lat. N., i 27 kilometi^ sud-est de la Basse-Terre ; de la Désirade et da nord de Tile Saint-Martin.

La nature géologique des unes et des antres n'est pas la même : elle varie à gauche et à droite du canal, qui sépare les deux parties de la colonie : à gauche la Guadeloupe et les Saintes sont volcaniques; à droite la Grande-Terre, la Désirade, Marie-Galante sont calcaires. Les parties volcaniques de la Guadeloupe laissent encore échapper des fumerolles : en 1847 la soufrière fut Torigine de désastres coosi- (lérables. Le point culminant de la Guadeloupe s*élève à 1 680 mètres.

La température moyenne est de -f 26<»,33; le maximum de 4" 32«', le minimum de + 19** î on se réfugie pendant Thivernage sur les hauteurs du camp Jacob (545 mètres), où la température moyenne n'est plus que de -\- 2\^fi. La hauteur de la pluie est d'environ deux mètres par an.

S 2. Maladies. — La fièvre paludéenne, les affections abdominales et la dysenterie dominent la pathologie delà Guadeloupe. La nature des maladies varie d'ailleurs suivant le terrain : ainsi la Grande-Terre, qui est calcaire, présente beaucoup plus de fièvres intermittentes que la Basse-Terre. qui est volcanique, témoins les chiffres présentés par cha*

LA QUADELOUPB. 4ti5

les deux principales agglomérations : à la Basse-Terre* la flgore pour 7,472 dans les maladies ; à la Pointe-àpour 13,642 ; en revanche la dysenterie est pins firée à la Pointe qn*à la Basse-Terre. La forme la pins frée de la fièvre dans les deux lies est la forme algide. Les ions du foie ne sont pas rares : on compte en moyenne atite ponr 200 fièvres et pour 32 dysenteries.

). Population. — La population de la Guadeloupe était 376 de 175516 habitanU; celle des Saintes de 1500; de Marie-Galante de 13000; celle de Saint-Martin de . Le percement de l'isthme de Panama ne fera qu'acte l'importance de cette colonie.

population se compose d'émigrants et d'habitants fixes: nigrants forment 1/10 de la population totale. Dans ces rants les Indous figurent pour 52 pour 100; les Afri-

pour .32 pour 100; les Européens pour 16 pour 100. t à la population fixe elle se compose de 6 pour 100 iancs, de 32 pour 100 do noirs et de 62 pour 100 de

s en faut, si Ion considère la population totale, que la Lion démographique do la colonie soit satisfaisante : à ines années il y a du déficit; à certaines autres un léger »issement; ainsi avant 1848 déficit de — 2,3 pour 1 000; Î48-32 déficit de — 1,3; de 1853-62 arrroissomont do 3 ; do 1803-^)7 déficit de — 10 : cotte i>ério<lo correspond loléra do isr>5; do 1802-72 déficit do — 7; de 1872-75 lontation do -4- 1*6; d'une manière générale do 1848la population pressente un déficit annuel do — 4 pour 1000. .utre signe, qui en général n*oâi pas Tindice d'un état (graphique satisfaisant, cVst la supériorité numérique iai>sancos féiuininos sur les naissances masculines : sur ) naissana.*s on compte 4U7,5 garçons ol 502,5 âlio«, ^mont dit DUO garçons contre 1 000 filles. i reste la classe aisée et la classe ouvrière vivent dans

des conditions très dissemblables au point de vue de rhygiène. tandis que la première vit dans de bonnes conditions, la seconde composée de créoles noirs et de métis semble ayoir pour rhygiène le plus profond mépris. Rien n*égale Tinsalubrité des habitations des nègres; ils se nourrissent mal et peu de manioc, de racines un peu farineuses, de morue, de fruits ; ils abusent du tafia. Le nègre passe souvent sa nuit à danser et à courir; grâce à ce régime il est pour beaucoup d'épidémies une victime désignée.

§ 4. Administration. — Récemment le conseil général de la Guadeloupe vient de voter rétablissement de droits de douane, qui frapperont à Tentrée les produits manufacturés de provenance étrangère. Cependant depuis 1866 les droits de douane avaient été supprimés et remplacés par un octroi de mer; ce retour au passé et aux doctrines protectionnistes ne rappelle que trop les beaux temps du p€u:te colonial et je doute que la Guadeloupe y trouve bientôt son compte.

LA DÉ8IRADE

La Désirade est située à 10 kilomètres au nord-est de la Pointe-des-Châteaux (Grande-Terre). Elle mesure environ 22 kilomètres de tour, 10 de longueur sur 3 de largeur. Sa superficie est de 2720 hectares.

Elle est en général saine et sert de sanatorium aux colons dos Antilles. G est là, qu est établie la léproserie des Antilles. (lui contient 100 malades environ. L*ile compte 1800 habitants.

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