‹ La colonisation scientifique et les colonies françaisesChapitre 43 sur 122 · LA LIBERTE · texte numérisé non relu

LA LIBERTE

métropole. » C'était, ainsi qu*on Ta dit justement, de la spalialion réciproque, L'Angleterre eut le bon sens de renoncer petit à petit à ce système et il fut en 1850 abandonné complètement.

§ 5. l^ réffime libéral. — « Le point fondamental de l'histoire des colonies, dit Leroy-Beaulieu, c'est leur passage progressif de la restriction au régime de liberté. > Mais il y aurait, il me semble, un moyen bien simple d'éviter cette transition, ce serait de débuter par la liberté; ce serait de laisser dès le début un libre essor à Tinitiative individuelle, de favoriser la libre association des colons et d'intervenir comme état métropolitain le moins et le moins souvent possible. N'était-ce pas mettre une entrave à la colonisation et éloigner de l'Algérie ceux-là même, qui auraient pu roprondre pied sur un sol neuf, après avoir trébuché sur le sol de la Franco, que d'exiger, comme le faisait le décret du 8 octobre 1877, la propriété de ressources suffisantes pour vivre pondant une année de tout colon, à qui, sous promesse <lo propriété définitive, on louerait pour cinq ans un ou plu- Monrs lots de terre domaniale? C'était avec aussi peu do honhenr dans lo choix des moyens, que la loi du 15 septembre |S8l exigeait des Alsaciens-Lorrains, à qui on allait concéder trraluitoment des terres en Algérie, la justification de ressources p<*cuniaires se montant à 5(X)0 francs : il eût mieux valu vendre que donner à ces conditions. Cette justification onéreuse mais facile à se procurer ne prouvait d'ailleurs nullement l'existence des 5 0()0 francs dans la poche de celui qui la présentait. En pareille matière il est bon de se souvenir de cet axiome romain sur les colonies : Xofi tam regendœ sunt t/na/ti colendœ. Ce ne sont pas des lois qu'il nous faut, disent l«^ colonies, ce sont des bras!

Il est tellement vrai, que les colonies ont tout avantage i avoir la liberté dès le début, dès leur naissance, que les colonies anglaises, qui, d'abord, réussirent le mieux, forent

celles, qui, comme les Barbades, poussèrent seules et furent négligées par la mère-patrie. Il en fut de même des Antilles colonisées par l'initiative de quelques aventuriers, de la colonie de Saint-Domingue fondée par les flibustiers. Le Brésil est un autre exemple: il avait été très négligé et presque délaissé par la mère-patrie ; il ne s'en porta que mieux !

La protection de la métropole est excellente, tant qu'elle reste protection ; mais elle devient rapidement vexation, entrave; on ne tient pas assez compte de cet aphorisme, qu'on pourrait édifier sur un proverbe bien connu : A jeune pays il faut de jeunes institutions. C'est ce dont les vieux pays ne tiennent pas assez compte, et pourtant la tache est bien plus facile dans un pays sans passé, où la question sociale se po^ à neuf. Michel Chevalier a dit bien finement : « En fait d'améliorations sociales, on simplifie singulièrement la question en la déplaçant, c'est-à-dire en allant la résoudre en des pavs nouveaux. Aux anciens intérêts, aux anciennes idées on abandonne la terre ancienne. On débarque dégagé et dispos, prêt à tout entreprendre, d'humeur à tout essayer; on a laissé sur le sol de la mère-patrie mille préoccupations, mille relations, qui enlacent l'existence pour en faire, si l'on veut Torneraent et le charme, mais aussi pour en amollir l'activité et la rendre rétive aux appels de l'esprit novateur. La pre mière de toutes les innovations est celle du sol; celle-ci

entraîne nécessairement les autres

les privilèges. . . ne se hasardent pas sur une terre nouvelle ou, s'ils s'y aventurent, malheur à eux; il ne leur est pas donné de s y acclimater ! » Aussi est-ce li, dans ce laboratoire, où les sociétés nouvelles évoluent et parcourent en quelques années les étapes, dont les vieilles sociétés ont mis des siècles à sortir, que peuvent être expérimentées sans hardiesse, parce qu'elles le sont sans danger, les formes sociales de l'avenir; c'est là qu'elles se font par la pratique, c'est de là qu'elles s'étendent ensuite aux vieux pays, qu'elles viennent rajeunir. «On peut remarquer, dit encore Michel Che*

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librement daiis la ^ramrAjii^ <*sa* je n:«* t*îLSt*r :«r la r.^tar^, développent libneœ-Ç'nî ;»îcr* abem'f***-: 'jc^r r^rr^aa. lecorp«5 il l'esprit; ds ^ard*rr:nt tcc*^ >cr t.^ o^::-? pois*.^ dorljiaalilé et de persoQnaiit*^. qo^^ I«^ nsosl^rs mi*i5 foat périra aux autres enfants, ^;r*^ sia.l'ïabii^» qa*»>r* prétend moleler sur un type officiel. Devenu* h:.œaa^. ils ruritront au service de la société une fon> d autan: mieux «iisciplinêe, captée et distribuée s**lon les besoin*. iuVil-: aura <fi^, dans leur en famv. rornme c»-!^ du torrent, ^{ui b'>nd;t sur l^-s rochers avant de d«\erHr la force motrice ut ik* à rmiustrio *{m Tasservit, plus longtemps lai-ssée libre d»' d**bor»lt*r.

Lorsque les colonies n'ont pas la liberté, elles font d'ailleurs comme tous les peuples font tôt uu tard : elU^ la prennent. <'«l événeraenl (*>t toujours favorable au i%>mmerce de la i'olonit» : i*i\ lHi)S, lurs^jue U^s colonies espagnoles se révolli^ rtiit contrt» la niêlro|K)l«\ on demandait à liasil ilall iv qu'il (lensait du manifeste, qui avait été publié par elles. « Voici, dit-il, mon jugement sur la révolution : auparavant je |mi>'AIk

168 HYGIÈNB SOCIALE.

9 dollars ponr une pièce d'étoffe dont ce vêtement est fait ; maintenant je ne paye plus que 2 dollars. »

Un jour, c'était dans les premières années de l'empire, on parlait devant Capo de Feuillide des sacrifices que Tempire faisait chaque jour pour l'Algérie : pourtant, ajoutaiton, ce pays ne marche pas ; il vit nous ne savons de quelle vie factice, qui lui échappera, quand l'État lui retirera son appui. Que lui manque-t-il donc? — « Ce qui lui manque, répondit M. Capo de Feuillide, c'est le contraire de toutes ces belles choses que vous énumérez, le contraire de tous ces soins que vous prenez pour l'emmaillotter, le contraire de cette main qui le conduit par les lisières. Il lui manque cette chose, que les colonies, qui ont voulu se sauver, ont fini par adopter et que des multitudes d'émigrants vont chercher dans les solitudes de l'ouest américain ou dans les iles de l'océan Pacifique; en un mot, il lui manque la liberté. »

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