EUROPÉENS
:» la vie, alors qu*en France, où nous nous plaignons avec
lison (lo son taux considérable, elle est de 20 pour 100
<|uo chez It^ Français, en Algérie, elle est de 22 pour 100.
ajoutt' que œs chiffres, que j'emprunte à M. Ricoux, sont
• ISS'J. Il est donc faux de dire, que depuis la terrible crise si)7-71) les races indigènes se relèvent; elles ne le font, t le statisticien de TAIgérie, que dans les documents officiels (H)ur cause': la principale ressource des budgets communaux
\)vienten effet, en Algérie, de ce qu'on nomme V octroi de rr et li*s revenus de cet octroi sont répartis entre les comiinrs [»roportionnellement à leur population, chaque Euro- M'u comptant pour une part et cha()ue indigène pour 1/8 de irl ; la commune a donc intérêt à grossir le nombre de s habitants, i h il est difficile de se tromper sur le nombre des iiropéens, mais il n'en est pas de même jiour les indigènes, li |K>rtent souvent le môme nom et qui n'ont pas de nom itronyiniquc. M. Kiooux estime que. dans les centres un peu i|M»rtanls, on jm'ui cliitlror par plusieurs milliers le nombre •s iîi'liL'fiH's ainsi l'aliriqués.
I,orv|ih* dans uni* coloni»» comme TAustralie on voit les
• liL'ôiHs i|isparaitn\ le philanthrope peut gémir, mais le soiiloL'isttM-t l'honimt» |H)litique S4* consolent : ils n'ont au moins i> iM'aiicoup à r«\irn'tt«T. Il n'en est pas de même, lorsqu'il u'it dunr racf, (jui, comme l'Arabe uni aux BcHn^rcs^ |Ntrt*'* \v fiaiubrau d*' la (Mvilisation en Kspagne et montré
• «|u«lli* puissant' «'Ih' était rapabU». Si h» peuple berlK?re sparait, la ciNilisation « uro[H'*<»nne i»n g»'»néral et la France i partH-ulitT auront à se n»procher do n'avoir pas su mettre I vabur undes fléuH-nts h\s plus vivact^s delà race blanche.
|{. — h'urujtècns,
^ 1. Af't'iituntrinrHt ffrs /ùfrojn'rfis. — Les Euro|>«''<'ns c»ni|i«»Mni «11* u^î^iW.îT Frani'ais et de l81)tMl étrangers, it iV.îxSl in-iividus.
L>r|u'on K*> ç )iisi.i»*n* i»n bl«K\ s:ins tenir comptt» de leur
nationalité d'origine, ni de la région algérienne où ils sont venus coloniser, on peut dire, qu'après une première période, celle des premiers défrichements, où le nombre des décès était supérieur à celui des naissances, ils sont arrivés maintenant à un excédent de naissances considérable : depuis la conquête jusqua 1853 on a compté en effet 62 768 décès pour 44 900 naissances, soit un excédent de 17 868 décès ! mais de 1853 à 1863 la situation a changé : on trouve pour 0 347 décès 8 531 naissances. Actuellement la population européenne en bloc compte pour 1 000 décès 1 201 naissances et l'accroissement annuel du fait de la natalité est de 5,7 pour 1 000.
§ 2. Immigration des Européens non Français. — En présence de ces chiffres satisfaisants les Européens n ont pas manqué d'affluer. Les 189944 Européens non Français se divisent, d'après le recensement de 1881, de la manière suivante :
Espagnols 114 320
Italiens 33693
Anglo-Mallais 15402
Allemands 4 201
Suis^ies 3 024
Turcs et Égyptiens '. 2 251
Divers 17(fô3
Total 189944
On s'est beaucoup effrayé de ce grand nombre d'étrangers et on a trouvé cette formule, car il faut toujours une formule, pour qu'une idée revêtue par elle fasse son chemin, V Algérie aux étrangers. Une colonie ne doit pas, nous Tavons vu, trop demander à ses colons d'où ils viennent : les Européens, qui viennent en Algérie pour se fixer, deviennent en effet Algériens et l'Algérie n'est pas plus aux Espagnols, qui y sont nombreux, que la Plata n'appartient aux Basques français.
ACCLDUTBMEXT DES BUR0PEBSI8. 183
mdent en grand nombre; en oatre un grand nombre angers se font naturaliser Français. De 1865 i 1877 ;;ers avaient obtenu 3 503 naturalisations ; de 1877 irlus ce chifire est devenu 5904; de 1865 à 1883 lands figurent pour 1611, les Italiens pour 1440. :nols pour 1 0I^{, puis viennent, les musulmans indiir 5^i2, les Marocains pour 263, les Suisses pour israélites (avant leur naturalisation collective en jr 200. Il est un autre phénomène démographique, lo CCS étrangers une fortune, une force ec non un *est le grand nombre de mariages, qui ont lieu entre s Français. Je reviendrai plus tani sur ce point t d«^ la colonisation, car il assure à la fo:^ la préiiopolitiquo i\o réiément français et l'afTcIimatation 0 euro[»éenne en Algérie.
Til en soit, il fst hm cle ne pas ÎL'norer, que !f- nombn* Lvrs auu'monto considêrablem»*nl f-u Wj'^tï*^. Or. 1. kiooux. <vH^ auirmcntation ^>t duo ùl l'énïijra-
••m'ofi* qu'à la natalit*^. .'^ur un ai>:roiss*-mf.*rnfnl dans l:i |H)|iuIation ♦•traiiu'èrp. la part *U'< nai^^arioe-? «•s lui, d«* ir>| t'X c^ll»* de rémiirration de MO. fnn/ftni.s so sont d'aboni ar^^ru* dans la profiorlioii do 221 puis 2îm; jM)ur Uhhi, taniis que l**s Fran- ;io«T»»is>aioiil dans l** mén»** l'^-mps que d».* 01 : l»'ur m^nl SI' ralentit : il .-«l tomU- (1*<T*;-><1) i \H\) |«)ur idis qu*» rrlui de< Français sV>i »'*1#'V»» ;i2.V). fltrns sont arriv/'s, pendant la jMTio'h» ilrs irrands lX72-7ro di* {HirUs, de chemin'» do f«r. etc.. à un nenl do 40.ip«)ur 10<H); ce* niouv^mont sVt ralenti, 'on* do 2(X> |HMir 1 <MM), mais intérieur, par consé- 'ohii d«'s FraihMi^.
là 1rs ili'ux >.iiK jMMiplos, tloni l'ariTMssoment par i^^ration M»it roiiMdéraIdo dans notre colon ie.
rlkituitnnrnt tirs Hurnpèens nnn Ft'anrnis*^^ ^i»
au lieu de considérer rémigratiou des principales natioaalitês. on considère le rapport des naissances aux décès non plus, comme tout à Theure, § 1, sur les Européens en bloc, mais sur les Européens, autres que les Français, que nous étudierons a part, on comprend que l'Algérie attire un si grand nombr d'étrangers, car leur situation y est très florissante.
Les Espagnols ont une mortalité de 30 pour 1 000 et une natalité de 40 pour 1 000. Actuellement (1882) ils onî (Micore pour 1 000 décès 1 320 naissances; leur accroissement annuel par le fait de la natalité est de 9,0 pour 1 000.
Les Italiens ont pour 1 000 décès 1 209 naissances ; leur accroissement est do 5,5 pour 1 000. Les Romains étaient du reste acclimatés en Algérie ; ils y mouraient du moins asj<*/. vieux, ce qui n'est pas toujours, il est vrai, une conséquence forcée : dans un cimetière romain près de Cartilage, M. Delattre a relevé sur les inscriptions, que 1/8 de la population de ce cimetière était morte entre 70 et 105 ans; à Lambes l ace moyen des décédés était 43 ans, 3 mois, 2 jours pour 1rs hommes: l/(> de la population du cimetière est morte entrt- 70 et 105 ans; à Aumale la moyenne de l'âge des décédés est IS ans, 17 jours; 1/4 de la population du cimetière a succoni!)é entre 70 et 105 ans; M. Masqueray a, par le mèmt* procédé, trouvé à El-Meraba, dans le département de Censlantino, le 1/3 dos décès entre 70 et 125 ans.
Les Maltais ont pour 1000 décès 1 170 naissances; leur accroissement est de 5, S. pour 1 000.
Les Israélites pour 1 000 tlécès ont 1 387 naissances; leur accroissement est de 12 par 1 000.
Quant aux Allcnianch\ la pro|)ortion est pour eux renrcrsrf et, pour 1 000 naissances, ils ont 1 388 décès J lis ne >ont donc pas acclimatés. Tous les ans ils diminuent^ du fait dr la mortalité, de 1 1,9 pour 1 (X)0.
§ 4. Arrlimatenient des Français, — Nous nous ressentons de notre habitat retativement septentrional et notre
.VrCLIMATEUBNT DES KRANrAIS. 185
itioii fut d'abord loio d'être brillante en Algérie. A une iic(lHô([) où.àne prendre que la population européenne loc, on constatait déjà, que ses naissances surpassaient li'cês, nous n'avions nous autres que 41 naissances pour ■ces. Il est vrai, que les Allemands pour 50 décès avaient mont ^1 naissances, mais ce n'était pas une compensasuflisante. Kn ISJiJ nous avons même eu 41 naissances ')2<li-cès! Autant qu'on peut l'affirmer, dans l'état très 'Iis:int uù était la statistique à l'époque dont je parle, is la conquête jusqu'en 1853 nous avons eu en Algérie >s liéeès et seulement 44 900 n^tissancos, soit une
■ (le lïHtiS. C'était le temps, où le général Duvivier irait * que les cimetières sont les seules colonies toujours santés on Algérie. » Depuis 1865 les conditions ont gé ; nous comnionçons à mettre ilf culé. Nous avons ' l'<7:!-Tii, 1 litl naissances pour 1 000 décès, lin |K77-
nous avion.s l 140 naissances sur 1 000 décès ol nous arcroi.xsoris jiar la natalité de 4.1 pour 1000. IMS nous accroissons donc moins que los Israi'-litos (1:^), l>-s I'>|iagnols {»,()), que les Maltais (5,S) et que )i>m lla- (."1.5), |jui.squc le rapjiort de nos naissances ,i non .1.'.-h >hi> faiMo que le leur. Néanmoins i.ous sommes i-n pm- , car alors qm- jadis, sur un accroissement di- 1 IKK) i|i- la laiion rraiii.aiso, l'immigratiim ligurait |>our !'*h'i it la lu-- ji-iur 'Xi. aujourd'hui, dans un aircrois^'-im-ni -U- ) Français en Al^'érie, l'ininiigralion n'r-ntn- plus qu<- Hdl ot la natalité (iguro jwur l!»^t.
■ t'aild.' rapiwrt de nos naissances à ims ii>-ivs m- lurit i une diminution des naissances; loin 'l-- li! c'f>l notre allié qui i-at cunsidèral)!e, car tandis 'jii.- la •nil'ilit'- di-s hjais en Frau'-i- e^I i|r U'il pour 1 '«Ht, '■'■11'' d^'s l"r;iiii;ais ,lg.Ti.- est di- :(.-(.:; i^jur l IMKJ. il .■>! ^rai. qu.- la natadf-s |-;>]agnoK y est d- :!l> el qur .•--lie .l.-s Isra-lilo est ;j. i'ependani il est hon il ajouter, d'apn-s 1.- H' Kicuux. a j'emprunte tous ces documeuU, que la morlalilé des
Français diminue considérablement depuis quelques années: néanmoins elle est encore de 29,12 pour 1 000, alors qce celle des Italiens n'est que de 26,3.
Il est en somme incontestable, que, tout en s'acclimatani ' en Algérie, les Français pris en bloc le font avec moins de \ facilité que les Espagnols et que les Italiens, qui ont sur nous, au point de vue de Tacclimatement dans les pays chauds, à peu près le même avantage, que nous avons nous-mêmes sur les Anglais et sur les Allemands. La situation du Fran- \ çais en Algérie est d'ailleurs tout autre, selon qu'on considère notre concitoyen du nord ou celui du midi : car, selon son point de départ, le Français présente des chances d'acclimatement diverses. Des conditions d'acclimatement non moins importantes lui sont également faites par son point d'arrivée. Ce que j'ai dit précédemment du climat de l'Algérie ^ laisse en effet supposer, que l'acclimatement n'est pas le ' même dans le Tell, sur les hauts plateaux ou à l'entrée du Sahara. Nous verrons tout à l'heure, que, d'une manière générale, on peut dire aux Français de rechercher d'autant plus les altitudes en Algérie, qu'ils viennent eux-mêmes d'une partie plus septentrionale de la France, car on peut par l'altituiie compenser la latitude.
La mortalité des Français en Algérie présente un caractère, (jui vaut la peine d'être souligné : les travaux de Efertillon ont surabondamment démontré, que la mortalité des enfants (le 0-1 an, partout considérable, Tétait beaucoup plus chez les rn/aitts ilU'ufilimcs que chez les enfants légitimes; la cause do ce phénomène réside dans les mauvais soins, que la fillemère obligée do se cacher de notre société cruelle pour elle reçoit pendant sa grossesse, dans les soins plus mauvais encore dont son enfant est entouré dès sa naissance et aussi, il faut bien le dire, dans la fréquence de l'infanticide, crime aïKjuel la tille-mère affolée ne .se trouve que trop souvent pousst'»e. C'est là, par parenthèse, un argument en faveur du rétablissement des tours et de la recherche de la paternité.