‹ La colonisation scientifique et les colonies françaisesChapitre 62 sur 122 · TERRITOIRE · texte numérisé non relu

TERRITOIRE

ies^ s'étalent des plaines alluvionnaires à peine inclivers le Sahara au nord, vers la mer à l'ouest et au sud- , de telle sorte que la marée amène les flots salés de an jusqu'à une grande distance des côtes; à 200 lieues L côte, à Bakel, le fleuve ne se trouve pas à plus de iètres au-dessus du niveau de la mer. Âlluvions est le propre, car le pays entre le Sénégal et le cap Vert est itué uniquement de sable ; un sondage fait près de Sainti a montré la présence du sable jusqu'à une profondeur ) mètres; dans certaines parties du Cajor le sable est t' mouvant, mais à 30-40 mètres de profondeur il ^ge et est en train de devenir du grès, long du Sénégal nos postes sont d*amont en aval Kita, ne, Kenieba, Senoudebou, Bakel, Matam, Saldé, Âere, r, Dagana, Merinaghen, Richard-Toll ; sur la côte Sain tj, Gandiolo, Béteté, M'Boro, M'Bidjem, Thiès, Dakar, \ Kufisque, Portudal, Joal; sur la Cazamance nous posis Carabane à lerabouchure et Sedhiou dans le haut ?; sur le Rio-Nunez Boké; enfin, outre un petit comp- ;ur le Rio-Pongo, le poste de Mellacorée sur la Mella-

coupo en relief du sol de la Sénégambie nous montre divisions, qui se superposent de la mer au Fouta-Djalon 10 dts ti^rrasses. La plus orientale, la plus haute relatint, «pii fait suite à la région montagneuse du Fouta,

brusquement à un certain niveau, où le Sénégal tombant le ilU\ forme la cascade du Félou; le poste de Kita •tiont à coiU^ première zone. La seconde terrasse, très «U'vé<\ rontiont Médine et Bakel. La troisième partie uau niveau dol^imer, à peine inclinée, va jusqu'à la côte.

le lon;^' do la cûtf» qu'on trouve un grand nombre de le lac Guior, les nombreux lacs de la côte du Cayor, le 0 Gorêe; dans cotte zone le fleuve du Sénégal s*étale as nombreux débordant sur le pays tout entier et comquant entre eux par de nombreux marigots.

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Chaque année, en effet, à Tépoque des pluies, les biefs, qiK le Sénégal comme tous les fleuves de cette contrée form* à chacune des marches qu'il descend pour venir du Fouu, se remplissent d'eau, débordent par-dessus les rochers, qu. forment le barrage; une nappe d'eau s'écoule sur le ba? pays et s'étend sur lui. Comme le Nil, le Sénégal s'enfle aim. chaque année; vers le mois de juillet il monte de 5 mètres en 20 jours; il arrive en septembre au maximum de IS-lo mètres pour décroître ensuite. Pendant la période de croe tout le pays est dans l'eau; les communications ne se font que par bateau.

II. Climat. — Cette disposition du pays implique des moir fications assez nombreuses dans son climat, suivant le point que l'on considère. Plus on s'éloigne de la mer et plus on perd le bénéfice de la brise rafraîchissante, plus la température moyenne annuelle s'élève : elle est de -j- 23<»2 à Saiot- Louis, de + 23«8 à Corée, de + 28o7 à Bakel et de 4- 2^ i Médine. On voit, que c'est par suite d'une erreur trop accivditée, que le mot de température sénégalienne est devenu le superlatif de l'expression de la chaleur et que la tempénture dite du Sénégal, que les opticiens de Paris inscriveot religieusement sur leurs thermomètres, est une pure fantaisie. Il y a mieux : toute la zone basse de la Sénégambie est précisément la moins chaude, à latitude égale, de toute U zone tropicale : à Saint-Louis les extrêmes ont été en 10 ans -f-ll" et -j-33*^; jamais, à l'ombre, la température ni dépassé cotte hauteur, tandis que, en France, on observe parfois, également à l'ombre, des températures de -}" 41'; ainsi, à Poitiers, d'après le savant directeur du laboratoire des recherches météorologiques du parc deSaint-Maur, M. Renou, lo 21 juillet 1870, cotte température était dépassée. La fréquence dos hautes températures est elle-même moindre à Corée qu'en certains points de la France; en 1860 le maximum 'teignit ou ne dépassa à Corée -|- 30« que 26 fois, tandis

à Montpellier, Tannée précédente, le thermomètre s'était vé 40 fois au-dessus de + 30>. M. Borius trouve une expliion de 'cette faible température de la région du cap Vert 18 la présence du vaste courant maritime appelé courant aire de l'Afrique. Ce courant vient en eflfet lécher les côtes la Sénégambie, s y réchauffe et en même temps les rafraft, jouant ainsi un rôle diamétralement opposé à celui, que e sur nos côtes le courant du Gulf-stream. [.es régions les plus élevées et les plus continentales du légal sont, il est vrai, très chaudes, parce que, privées du it de la mer, elles reçoivent le souffle direct de V harmattan vent du désert et que leur altitude n'est pas assez grande ir compenser leur altitude ; exceptons-en toutefois la petite lion sanitaire de Kita (650 mètres), récemment fondée ' le D»" Dupouy et dont j'aurai l'occasion de reparler, ^ommo dans toute la zone tropicale, on n'observe guère * doux saisons: l'été ou hivernage^ saison des pluies; ivor ou saison sèche.

>ous rinfluonce de la chaleur, en mars et avril, l'air se éfi«* et attire les couches d air humides de TOcéan. Les ios conimencent, c est Tété humide et chaud, c'est Thiverre. Il est caractérisé par une extrême humidité, une tem- •ature élevée et peu variable; elle est à la côte de +27o; s haut, dans les terres et dans le bassin du Djoliba, elle eint +21) ',4 en moyenne (Quintin). C'est l'époque des ies alK)ndantes et prolongées, pluies plus copieuses encore is le Fouta-Djalon que dans la basse Sénégambie. Aussi cours d'eau, qui en descendent, augmentent leur débit is la proportion de 1 à 50 et même à 100. Les végétaux urés d'humidité poussent plantureusement.

Les pluies cessent alors, l'humidité du sol disparait tarie qu'à la dernière goutte par un soleil, qu'aucun nuage ne nt plus cacher; c'est l'hiver, la saison sèche. Pendant cette Sun sèche les rayons du soleil sont tellement intenses, on peut à peine reganler le sol; les végétaux grillés pren-

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nent tous une teinte jaune paille ; la terre se fendille et s'otrouvre ; les fleuves se réduisent à leur minimum, mais h température au moins sur la côte devient agréable ; elle es: en moyenne de + 20o (D' Borius), tandis que dans rinié ! rieur, à Bakel par exemple, la saison sèche se subdivise es deux sous-saisons, où la température moyenne est de + 25»,$ dans la première, de -h 32<>,2 dans la seconde.

Il résulte de ce qui précède, qu'on passe au Sénégal, dans l'espace de quinze jours, d*un milieu aride, sec, sans une goutte d'eau, où les fossés devenus salés par révaporaiioD H la condensation de l'eau de mer, qui remonte jusqu'à eux, se couvrent d'efflorescences de sel, à un milieu saturé d'eau, et d'une atmosphère, qui parait, au bord de la mer, pendant la saison sèche, fraîche et piquante, à une chaleur humide et accablante. Les pluies ont leur maximum dans le haut pars et dans le midi ; elles augmentent, à mesure qu'on se rapproche de réquateur. Elles sont ainsi la cause d'une grande différence entre le climat du pays compris entre le Sénégal et la Gambie et le climat des régions au sud de ce fleuve. Plus précisément le Sénégal et le cap Vert peuvent être pris comme limite de trois zones bien différentes échelonnées du nord au sud.

Au nord du Sénégal, c'est le Sahara ; au cap Vert apparaît brusquement une végétation plantureuse et vraiment tropicale, qui ne fait que s'accentuer à mesure qu'on descend : as Rio-Nunez, à Sierra-Leone on trouve tous les fruits des trojMques, le Fouta-Djalon produit de délicieuses oranges et dei citrons. Entre ces deux zones la zone intermédiaire di Sénégal est aride et ne produit rien. On ne trouve pas on ananas ni une banane à Bakel ni au Cayor; les jardins n'arri* vent à produire que le corosol et le goyavier.

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