‹ La colonisation scientifique et les colonies françaisesChapitre 7 sur 122 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

les races qui l'habitent^ les aptitudes spéciales de chacune d'elles, les services qu'on est en droit d'en attendre, voilà ce qui ne s'est jamais vu chez nous!

Cela ne s'est jamais vu pour une raison bia simple, c'est que les documents nécessaires à cette manière de procéder sont inconnus des administrateurs et que, ce qui est plus grave, la méthode scientifique, qui leur permettrait de les mettre en œuvre, s'ils leurs étaient communiqués, leur est souvent complètement étrangère.

Nourris de vieilles idées, qui sont à la politique et à la science sociale, ce que la métaphysique est à la philosophie expérimentale, la plupart croient pouvoir résoudre les questions les plus délicates d'économie politique, sans savoir comment un peuple naît, vit, se multiplie et meurt; à quels signes on reconnaît sa grandeur et sa décadence; par quels moyens on favorise ou retarde l'une et l'autre de ces destinées; sans savoir quelle influence ont sur un groupe ethnique les migrations qui fondent les colonies. Us pensent pouvoir coloniser un pays tout différent du leur, sans tenir compte des enseignements de la climatologie médicale, de l'anthropologie et de l'ethnologie; le plus souvent les fonctionnaires, que ia métropole envoie dans les colonies, sont dans un ordre d'idées, qui n'a rien de commun avec toutes ces sciences : ils croient n'avoir qu'à gouverner et à diriger, alors qu'ils devraient se borner à faciliter les échanges et à acclimater les uns aux autres et tous au pays nouveau les choses, les bètes et les gens. L'acclimatation, celle

inimaux et des plantes, qui augmente et étend le otr de rbomme, œlle des colons à la colonie, enfin

des indigènes à la ciTilisation nouvelle qu'on apporte, c'est là presque toute la science de la lisation.

m'a semblé intéressant d'exposer dans la pree partie de ce volume les principes de la coloni' n scientifique et de faire dans la seconde, autant possible, l'application de ces principes à chacune •olonies françaises en particulier.

I étudiant l'histoire de nos colonies j'ai pu me aincre à chaque pas, combien la comparaison ndant exacte entre la colonisation et la reproion socinle semblait peu justifiée par l'étude de toire. La colonisation dans le passé est plutôt en

une œuvre de destruction. J'ai compris alors quoi certains esprits s'élèvent contre la politique liale : ils ont certainement raison, si celle de tnir doit ressembler à celle du passé. Mais il n'en tlus de même, si nous devons, au lieu de détruire •aces, les vivifit>r, les mettre en valeur et faire

elles des croisoments féconds; si. à l'esprit de uête nous devons substituer celui d'association îquu; si, au prosélytisme relîpeux qui irrite les ) inférieures, au moins autantque le prosélytisme iveur de leurs fétiches irriterait les catholiques,

devons substituer l'instruction et des témoî- :efl convaincants en faveur des avantages que ) civilisation apporte au bonheur individuel ne au bonheur collec-tif. Il n'en est plus de

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