‹ La colonisation scientifique et les colonies françaisesChapitre 77 sur 122 · CHAPITRE VII BCayotte · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII BCayotte

I. Tbrritoirb. — Mayotteon Mahoré^ une des Comores, est située à rentrée du canal de Mozambique, entre la côte d'Afrique et Madagascar, par 12^38' lat. S., entre 42^45' et 43*2^ long. E. En 1840 le lieutenant de vaisseau Johanne, commandant de la Prévoyante^ contourna les récifs qui Tentonrent et, j trouvant une sorte de port d*un accès facile, Tint mouiller dans une superbe rade bien abritée. L'île appartenait à un aventurier intelligent, nommé Andrian Souli, qui vendit à la France ses sujets, son pays et sa couronne pour une rente annuelle de 5000 francs, faisant en réalité une excellente affaire, que devait couronner l'éducation gratuite de ses deux fils au lycée de la Réunion.

La superficie de Mayotte, sans compter les Ilots Pamanziy Zambourou^ Dzaondzi qui en dépendent, est de 30000 hectares. Le sol est volcanique, tourmenté, sans que l'altitude des sommets dépasse néanmoins 600 mètres. Ces collines sont arides et les grands arbres ne se trouvent guère que dans les vallées, fort malsaines.

II. Climat. Maladibs. — La température moyenne est de +27«,20; le thermomètre ne monte pas au-dessus de -4- 34^^. L'année se partage en deux saisons : une saison fraiche ou sèche, une saison humide et chaude Thivemage. L'insalubrité de Mayotte est un peu moindre, depuis que les habitations humides en torchis ont été remplacées par des maisons en pierre et bois«

Le pays est essentiellement palustre : le D' Grenet déclare

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ne pas connaitre un Européen véritablement indigéniaé dm l'ile; on y compte cependant plusieurs colons, qui ne Toc pas quittée depuis une douzaine d'années. L'intoxicatiot palustre est la règle et il vient toujours un moment, oi i faut quitter le pays. Les entozoaires sont fréquents : é D^ Grenet a décrit un taenia nain, spécial, le tœnia madegascaynensis.

Le siège du gouvernement a été placé sur Tilot de ZaoodsL séparé de Mayotte par un bras de mer d*un mille environ ; malgré cet isolement apparent le poste est renda malsain par k voisinage de la terre ; aussi a-t-on projeté de fonder un noovel établissement sur la presqu'île de Choa, en face Zaoudsi. En 1854 la mortalité des Européens était de 7,7 «/o. Onyï observé fréquemment cette anémie spéciale, que les n^res nomment mal-cœur et qui est due aux piqûres et aux petites hémorrhagies déterminées dans Tintestin par ïanhflostome duodénaL Un parasite semblable existe même chei le bœuf, chez qui il détermine des troubles analogues.

On y observe également les ulcères des jambes contagieux. spéciaux en quelque sorte aux races colorées, qui sont désignés sous le nom générique à'ulcère de Mozambique.

III. Population. — La population de Mayotte, comme colle de toutes les Comores, est surtout un mélange de N^m et d'Arabes; la prédominance du type arabe constitue Taristocratie ethnique de ces lies; les hommes qui la composent et qu'on retrouve jusque sur la pointe nord-ouest de Madagascar ont reçu des Malgaches le nom àeAntalaots (hommi'S du dehors). On distingue néanmoins les Mayottais ; les Mahouas noirs abrutis de la côte de Mozambique, esclaves doncernent traités par les musulmans et d'ailleurs seuls capables de cultiver la canne dans ce pays; les Anjouanais qui sont généralement un mélange assez inextricable de san*: arabe, nègre et sakalave; les Indiens noirs de Malabar et quelques Indous blancs; des créoles surtout noirs, parfois

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