gués éboulées le nom de Tané-iaslak (terres tombées dans
*. un tron). Ces montagnes n'ont guère plus de 500 mètres
d*altitude; l'Ilot conique de Nossi-Comba en a 600.
U. Climat. — La morenne de la température est de + 26^,7 ; le maximum observé par le ly Guiol est de -j- 35^, le minimum de -f-1^- La saison sèche ou fraîche dure d*avril à octobre, rhiremage d'octobre à mars. De nombreux marais existent sur différents points : sur la côte orientale de grandes surfaces marécageuses sont formées par le mélange si pernicieux de leau douce et de Teau salée: elles sont couvertes de palétuviers. Dans l'intérieur de Tile les marais d'eau douce de Vouririki, peuplés de sangsues, ne sont pas moins dangereux. Le chef-lieu, H^'lleviile, est entouré par les marais dWndavakoutoukou, d'Amboudivaniou; le vent apporte en outre les germes palustres de ceux d'Ampassimène et d'Ambanourou.
III. Faune et flore. — § 1. Faune. — On trouve ici des zébus, des chèvrt*s, peu de moutons, <l«*s hérissons {Tcnrec des Malgaches). I>*s lapins n*«*xistent {dus; ils étaient jadis tellement abondants, que Tilot boisé de TaniKély, dans la rade d'Helleville, se nommait l'ile aux Lapins. Les caïmans sont nombreux et redoutables.
% 2. La flore cultivée est représentée surtout par la canne, qui occupe 18 sucreries. On y cultive aussi le riz, le mais.
356 NOSSI-BÉ.
la patate; la pomme de terre donne peu. A Nossi-Gomba s cultive beaucoup le bétel. Le caféier pourrait être cullii! davantage. La vanille, la cannelle, le girofle n'ont pas no: plus lex tension qu'ils pourraient prendre; il en est de méae du coton et du tabac. On trouve partout la banane, li mangue, la goyave, la papaye, l'avocat, le letchis, l'arbre i pain. Le D** Guiol, qui a fait de Nossi-Bé une étude si oomplète, signale une papilionacée indigène, la morongue, pour ses propriétés rubéfiantes, utilisables en médecine. Il reçoismande le manguier comme très propice au reboisement: il pense, qu'il serait capable, par sa végétation rapide, d*épaiaff suffisamment les terrains marécageux et qu'il rendrait d*s services analogues, sous ce rapport, à' ceux de reucalyptos. On trouve à Nossi-Bé une apocynée célèbre, le cerbère ve7ieniflna ou tanghin, qui sert à Madagascar de poisoc d'épreuve; le 7'avenala madagascariefisis ou arbre d: voyageur, qui retient l'eau à l'aisselle de ses magnifiques feuilles; le sagiis rafîa ou sagoutier; Vareca catechuy etc.
IV. Population. — Le fond de la population est constiioc par des Malgaches (Betsimiras, Ântankars et surtout Sakilaves) qui nous aiment d'autant plus, qu'ils sont venus nous demander secours contre les Hovas. Ce sont en eflTet ces Malgaches, qui émigrés de Madagascar avec leur reine Tsioumeick pour fuir les Hovas demandèrent, en 1840, notrt protectorat au capitaine Passot, commandant du Colibri, au nombre de 12 000 ou 15 000 autrefois ils sont aujourd'hui moins nombreux. On y trouve également quelques Hovas, des Anjouanais, des Comoriens divers, environ 20u Indous blancs, qui font le commerce avec Madagascar, aveo Zanzibar et avec Bombay; los Indous noirs ou Malabars. qu'on faiî>ait venir comme coolies, n'ont pu s'acclimater. On trouve aussi des créoles noirs de Bourbon, mais surtout des Mnqunis de la côte africaine. Quelques Chinois, un certain nombre de créoles blancs de la Réunion et les fonctionnaires
ACCLIMATEMENT DBS EUROPEENS. 357
iplètent la population créole. Les blancs européens n*élident guère plus de 175 en 1880 d*après M. Guiol. Le total le la population ne dépassait pas officiellement 7 979 en 1880; mais ce chiffre n*est pas complètement exact : les Ifalgaches, qui veulent fuir Timpôt de capilation auquel ils sont soumis, fuient à chaque recensement pour ne fBLS payer ^€tir tête et reviennent ensuite.
Acclimatement des Européens, — La petite expédition, |iii traita en 1840 l'acquisition de Nossi-Bé, débuta mal : ^n peu de temps elle perdit 80 hommes de la fièvre et de la Ijrsenterie; aussi Tendroit, où elle était campée entre la baie THelleville et celle d'Ambanourou, reçut-il le nom significatif le Pointe à la fièvre. Les Malgaches firent preuve d'observateurs en le désignant d'un nom, qui signifie dans leur langue (jnthétique lieu où il est dangereux de remuer la terre. L*année suivante (1841), du 27 février au 10 juillet, il y eut n décès. Les soldats, qui revenaient chaque soir coucher à )ord, étaient plus épargnés, que ceux qui passaient la nuit à :^rre. En 1853, dit M. Daullé, la colonie comptait 23 Euro- ;)éens civils (colons, marchands, ouvriers); en quelques mois 15 de ces hommes étaient morts de fièvre pernicieuse. En iomme, de 1842 à 1866, la mortalité des Européens a été de r,3 o/o, elle s'est élevée depuis à 7,5 ®/o. Les fonctionnaires se renouvellent si fréquemment pour raison de santé, quand :e n*est pas pour cause de décès, que en 40 ans les fonctions le chef de service de santé ont été remplies par 39 médecins. Les effets du climat seraient plus funestes encore, dit le [)' Guiol, si la proximité de la Réunion et de Maurice ne permettaient à un grand nombre d'Européens de fuir à temps.
Ce voisinage a cependant eu une autre influence bien -curieuse : les Européens vrais deviennent de moins en moins nombreux; ils sont remplacés par des créoles de la Réunion, ^ui, loin d offrir au climat une résistance accrue par l'habitude, succombent au contraire plus vite; aussi la mortalité s'estelle élevée i 8, puis à 10 "^/o.
358 N08SI-BS.
Une source thermale, qui se trouve sur la rive gaudie è la rivière Zabaly, source qui est sulfureuse et possède u» température constante de 4- 44o, pourrait rendre aux Talêîïdinaires de réels services.
V. Colonisation.— § 1. Travatix publics. — Les centra de population sont Helleville, siège du gouvernement et res." dence de la plupart des blancs, Ândouane, Andavakoustoukcû. Ambanourou. Les travaux publics n*ont pour ainsi dire r.ri fait pour assainir les marais ; aujourd'hui cependant que depuj 1878 Nossi-Bé a son administration propre, elle n'a plus i craindre d être englobée.
§ 2. Hygiène publique. — L'attention de radministratici doit être éveillée, au point de vue de l'hygiène, sur le voisinai* presque immédiat de Nossi-Bé et de Madagascar; car i» variole règne en permanence dans la grande ile et, comme ii Réunion et Maurice sont très sévères au point de vue san.taire pour les navires de provenance madécasse, Nossi-fc ne pourrait que gagner à s'isoler de sa voisine. M. le D' I)^ blenne, qui réclame avec raison l'établissement d'un lazaiv: bien organisé, relate un grand nombre d'épidémies de vario> et de choléra toujours importées de Madagascar. Ces épidémies sont toujours graves : Tune d'elles en 1859 a cau« 1 500 décès, une autre en 1875 en a causé 1 000. En 1870 le choléra apporté de Madagascar a causé 207 décès; en 1871 il en a causé 398 décès.
§ 3. Le reboisement des parties non utilisables pour li culture de la canne contribuerait puissamment à assainir rilo, dont le sol arraché par les pluies aux montagnes, qu'on dénude, vient former sur les côtes des alluvions marécageuses. Ici, comme partout, les indigènes ont incendié les territoires boisés pour faire leurs plantations.
§ 4. Croisements. — Il existe ici des populations inteUi-
SAINTS-lfÂRIB DE MADABÂSCAR. 359
j fHiteB, cafres, malgiche ec t
^, à fiûre des cttriflemeots, < te