KARIKAL
I. Territoire. — Karikal est situé sur la côte de Coroinandel par 10^35' latitude N., sur une des branches du Cavéry. Sa superficie de 13515 hectares est divisée en 5 districts, qui comprennent 109 aidées. Le nombre des habitant^ de tout le territoire est de 61 000. Les petits navires peuvent seuls aborder, le port étant encombré par les alluvions apportées par le fleuve.
II. Climat. — C'est un des ppints les plus chauds de rinde. D'après les observations du D' Godineau la température moyenne est de 4- 29», 6. La moyenne de décembre est do 4- 22<^,3; celle de juin de -h 32»; le minimum de Tannée est de 4- 20®; le maximum de + 40**,5.
Acclimatement. Malgré cette température élevée la mortalité des troupes blanches, de 1851 à 1856, n'a pas dépassé 3,57 pour 100. Cela dénote une assez grande salubrité; cependant, si Ton cherche à voir ce que devient la race dans ce milieu, où l'individu semble assez bien résister, on voit, que de 1849 à 1856 la population blanche a donné 15 naissances seulement pour 22 décès. Les croisements seuls seront donc capables d*amener raccliroatement de la race blanche dans ce pays.
KAmUCAL* — POHDICHSKT.
m. CoMMSBCB. — La prindpftle indnstriede ELuikal ooqsûAe en embarcatkms, qui aoot renominées pour leur ligèreté dans toat rocéan Indien.
PONDICHKRT
I. TERRiTonti. — La Tille de Poolchéry (Pondichéiy), dans le Kamatik, a été bâtie, sons Lonis XIV, par François Martin, fondé de ponToir de la Compagnie des Indes. Elle est actuellement la capitale de ce qn'on nomme Vhide fran^ çaise.
Elle est sitnée snr la côte de Coromandel, par 10> 55' latitude Nord. La superficie du territoire est de 29069 hectares; il comprend 3 districts : Pondichéry^ Bahour et Villemour^ 234 aidées et 180000 habitants. 8 cours d eau tra- Tofsentce territoire. La ville elle-même est partagée en deux : la ville blanche, qui est saine et la ville noire, qui est très malsaine.
Son territoire n*est pas d*un seul tenant : une assez grande partie est composée de Pondichéry et de ses alentours ; le reste apparaît sur une carte détaillée comme une série de taches tantôt irrégulières, tantôt géométriques, semées sur un fond, qui représente les possessions anglaises ainsi étroitement entremêlées avec les possessions françaises.
II. Climat. — La température moyenne annuelle est de -f 28",34; c'est un des points les plus chauds de Tlnde; c'est même une de nos colonies les plus chaudes.
Les saisons sont, au point de vue de la pluie, opposées à celles de Mahé, par suite de la nature des surfaces que traversent les moussons avant d'arriver à la Me de Malabar ou à la o'tte de Coromandel; l'hiver est la saison fraîche, pluvieuse et humide.
La température est plus élevée aujourd'hui, qu'elle n'était
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au siècle dernier, ainsi qu'on en juge facilement en la compirant aux observations nombreuses de Legentil. Ses notn indiquent également un plus grand nombre de jours de {dme et une plus grande hauteur d*eau tombée que de nos jours. Les déboisements pratiqués ici comme ailleurs rendent soiEsamment compte du phénomène. Actuellement le degré bvgrométrique moyen est de 79<>,20, ce qui est inférieur ai degré observé à la Réunion (79,30), aux Antilles (79,51), i Mayotte (80,91), à Taïti (84,93), à la Guyane (90). Seul ie Sénégal se trouve au-dessous (66). Les orages sont fréquents : aux changements de mousson, notamment, les animaux soot agités, la chaleur est excessive et accablante; la rade est alors mauvaise. La chaleur est, par moments, difficile à supporter: qu'on ajoute Tinconvénient de nombreux insectes ailés, de caryas volants, qui envahissent Tair à certains jours et àe véritables poussières formées de débris délétères de libellules.
Maladies. La fièvre paludéenne est beaucoup moins fréquente que dans le Bengale et qu*à Bombay, mais elle exisW cependant. Les Indiens la combattent avec la racine amère du margosier {azadirachta indien).
L'anémie atteint presque tous les Européens.
La dysenterie est fréquente : elle atteint surtout les Indous. puis les gens de race mixte, puis les blancs.
L'hépatite n'est pas fréquente. Ce qu'on rencontre souvent. c'est plutôt un engorgement du foie.
Le choléra est apporté du Gange par la mousson nord-est: ses ravages sont, du reste, variables; il a causé, en 1865. 78 décès; 1 C50 en 1866; 705 en 1876 et 1 823 en 1877.
La varicelle {pnpole) est fréquente.
La gale (carpanr/) atteint presque tous les indigènes: domestiques dans les maisons des Européens ils communiquent fréquemment la maladie aux enfants, qui leur sont confiés.
La phtisie est fréquente : la sécheresse du vent sud-ouest augmente son intensité; elle prend, du reste, une marche
PONDICHÉRT. 367
lante : c'est donc bien à tort, qa*il était d'usage à la lion, il n*y a pas encore longtemps, d*enToyer les phtisise refaire à Pondichérj.
^léphantiasis atteint surtout les Indous.
lèpre est fréquente ; il en était de même autrefois, car eix et sa gracieuse femme, la célèbre Joanna Begun, ^nt fondé une léproserie, qui fut relevée depuis par les
de M. Desbassains de Richement.
[. Faunb bt flore. — Les serpents sont nombreux à lichéry : le plus redoutable est le naja lutescens ou ser-
à lunettes ou cobra-^^apello. Dans la courte période de I à 1866 on a observé 118 cas de morsure, dont 47 ont nortels. Il occasionne en moyenne 13 décès par an. » meilleur moyen de détruire les serpents serait de dé- *e les raquettes^ qui couvrent des terrains considérables jî constituent, pour eux, des repaires, où ils pullulent à r. La prime était autrefois le moyen qu'on employait,
elle allait précisément à rencontre du but, qu*on se proit d'atteindre : les Indiens allaient chercher des najas sur rritoire anglais et notre territoire contenait plus de sers que jamais.
)ndichéry est également célèbre pour ses banyans ou ers des pagodes. Il y en a, qui par rimplantation de leurs iches descendantes ont plus de 500 pieds de tour. L'Inde
entière possède du reste des banyans : le plus remar- )lo est à Guzerate; il porte le nom de cohir-bar; il mesure 0 pieds de circonférence.
% végétation est extraordinaire à Pondichêry; les bara- 1, les palmiers atteignent des dimensions colossales.
f'. Population. — La densité de la ville blanche n'est considérable; on y trouve 275 mètres carrés par chaque tant (blanc ou mixte). La ville noire ne présente que lètres carrés par habitant. Sur le territoire total de Pon-
dichéry le coefficient de densité de la population est de 21 tandis qu'il est de 67 en France.
Les Indous varient suivant la caste, à laquelle ils appl^ tiennent, c'est-à-dire suivant la proportion de sang blanc (R aryen, jaune ou Mongol, noir ou dravidien qu*ils présentât: ils sont peu robustes, mais la supériorité intellectuelle d^ castes élevées est remarquable.
Les musîdma>is ont le type arabe, bien que leur peu soit plus ou moins foncée : leur barbe est noire et fournie, leur taille haute, leur constitution robuste. Us présentes*. une aptitude remarquable au travail physique, mais ils sont plus réfractaires encore que llndou à tout ce qui est innovation.
Les Topas sont des métis de Portugais et dlndoue. Leur nom vient, selon les uns, de ce qu'ils ont droit à porttf k chapeau (topi)\ selon d'autres de ce qu'ils sont généralemeD* canonniers {top canon). Ils sont en général paresseux, orgueilleux, adonnés à l'alcoolisme, où les conduit Tabos ds calou ou suc fermenté du palmier et du cocotier; le delirium tremens est fréquent chez eux. Ils passent pour pec féconds : ainsi, tandis que les Indous ont 1 enfant pour 2.'3 adultes et que les Européens en ont I sur 32, les Topa^ en ont 1 sur 40. On signale, en outre, chez eux la prédominance des filles sur les garçons dans les naissances. Beaucoup sont domestiques ou se livrent à la petite industrie.
Les Européens^ au nombre de 800 environ, ne présentent pas une mortalité considérable : elle a été de 1856 à 1865 de 3,14 pour 100. Elle est bien moindre qu'aux Antilles, à b Guyane et en Cochinchine; elle est moindre même que dans rindo anglaise. Cela tient à plusieurs causes : d'abord à ce (luo les Franrais résistent mieux que les Anglais au climat des pays chauds; cela tient aussi à ce que Pondichéry présente peu (le fièvres intermittentes ; cela tient enfin à ce que les Européens vivant la plupart dans l'aisance habitent pendant les grandes chaleurs le coteau, à une lieue et demie de la ville.
pondiohAry. 360
it sanatorium relatif, où d'élégantes villas sont semées près grand étang.
if algré ces conditions il est diflScile de regarder l'Européen Dme acclimaté à Pondichéry et ce n'est que par exception, I dans la période de 1856-1864 on a constaté 300 naisices pour 246 décès. Dans d'autres périodes on trouve une yenne de 28 naissances pour 34 décès. Si l'individu résiste ne manière suffisante au climat, la race s'éteint par anémie.
V. Colonisation. — Dupleix, qui était à la fois guerrier, lomate, administrateur, hygiéniste et économiste, qui deaçant son temps comprenait la colonisation scientifique, le que nous cherchons aujourd'hui à l'exposer dans ce livre, lit conçu le projet de faire venir dans la ville l'eau excellente Mouttirey-Paléom; or ce n'est qu'en 1854, que le projet Dupleix fut repris par l'amiral Verninac Saint-Maur et n*est quen 1863, que la fontaine coula réellement. On x>nnait là cette lenteur tout administrative, encore impréée de l'air des bureaux, tous, comme chacun sait, pavés bonnes intentions, qui faisait dire à un Anglais : « Ponhéry est une ville singulière, où l'on voit une fontaine is eau, un hôtel des monnaies sans monnaie et une glare sans glace. »
Notre administration n'a pas su éviter la famine de 1877; e n'a rien fait pour empêcher le mélange de leau douce et leau salée dans la rivière do l'Aman coupan; elle néglige Ds les villes de faire, suivant le conseil du D"" Follet, des its perdus pour recevoir les eaux ménagères, ce qui serait urtatit bien utile dans un semblable climat. Du reste Ponhèry n'est plus aujourd'hui mis en évidence que par ses )U8selinc8 et par les services rendus à nos paquebots, qui y itionnent en allant de Marseille en Chine par Suez; encore rade est-elle mauvaise.
YANAON
Territoire. Situation. — Yanaon est situé par lO^lat. X. sur la côte de Coromandel ou plus précisément d*Orissa, à Tembouchure du Godavery. C'était jadis la capitale de h province des Circars acquise à la France par Bussj.
Le territoire ne comprend plus aujourd'hui que 1 429 hectares en une longue bande de terre et 7 000 habitants.
Le 16 mai 1839 un cyclone a détruit la ville et fait périr 600 personnes. La colonie ne s'est plus relevée.
La fièvre intermittente en fait un pays très malsain.