SCÈNE II OTTAVIO, TRAPPOLA
Trappola, passant la tête hors de la tapisserie du haut de la corniche et observant. -Ah ! le maudit vieux en a-t-il, de l'or ?
Ottavio. — Ces dcmblons d'Espagne sont mal taillés, mais ils sont de l'or le plus pur, et, chose importante, ils sont tous de poids.
Trappola, continuant. — Attends ! va, je les ferai fondre.
Ottavio. — Ceux-ci, je lésai eus en échange d'argent en lingots qui m' a été apporté en cachette par certains personnages qui vivent à la campagne pour s'épargner un loyer en ville. Oh ! il est pourtant dur à payer, ce loyer ! Quand j'ai à payer mon loyer, il me vient des sueurs froides ! J'achèterais volontiers une maison, mais je n'ai pas le courage de dépenser deux mille écus» ((Trappola fette un petit caillou dans la direction du coffre et se cache.)
Ottavio. — Hein ? Qu'est-ce ? Hein? Le toi* s'effondre! La maison s'écroule ! Mon cher coffre ? Ah ! veuille le ciel que tu ne restes pas enseveli sous les décombres !
Trappola, réapparaissant. — Le misérable ! Il a plus peur pour son coffre 'que pour sa vie. (// éternité et se cache.)
Ottavio. — Qui est là ? Qui va là? Vite ! C'est fait de moi ! Du monde dans ma chambre ! Je suis assassiné. Mais non, il n'y a personne ici. La porte est fermée... Ce sont des hallucinations. Mon cher or !...
Trappola, grossissant le son de sa voix. — Arrête! Arrête !
Ottavio. — Qui parle? Comment ? Où êtes- vous ? Qui êtes-vous ?
Trappola, de même. — Le diable! (Il disparaît.)