‹ La comédie à VeniseChapitre 42 sur 100 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

La chancellerie.

ISIDORO, puis patron VICENZO.

; Vicenzo. — Vous voyez, lustrissime, c'est une ;faire de rien.

Isidoro. — Je ne vous dis pas que c'est une grosse «faire. Mais il y a « doléance », il y a nomination des i moins, le procès est commencé La justice doit suivre :n cours.

Vicenzo. — Croyez-vous, lustrissime, que celui qui ■t venu porter plainte est innocent ? IL a lancé des jerres, lui aussi.

Isidoro. — Tant mieux. Par l'instruction du procès ;>us établirons la vérité.

Vicenzo. — Dites, lustrissime, on ne pourrait pas !ir ranger ?

Isidoro. — Je vais vous dire. S'il y avait désistement

1 plaignant, sauf les frais du procès, on pourrait : irranger.

Vicenzo. — Allons, lustrissime , vous me connaissez,

suis là, moi ; vous me voyez, moi !

ISIDORO. — Écoutez, patron Vicenzo. Je vous ai dil que les choses pouvaient s'arranger, parce que, jusqu'à présent, depuis la constitution de la doléance, il n'y i pas grand'chose. Mais je ne sais ce que peuvent dircl les témoins, et il faut au moins en examiner quelques 1 uns. S'ils ne survient pas de fait nouveau, qu'il n'y ai pas de dissentiments anciens, que la rixe n'ait pas ét< préméditée, qu'il n'y ait pas violences, préjudice i des tiers ou choses de même nature, je prêterai la maii à un accommodement. Je suis coadjuteur, et non chan celier, et j'ai à rendre compte à mon chef. Le chance lier est à Venise. D'un moment à l'autre on l'attend. 1 verra le petit procès; vous lui parlerez, je lui parlera aussi, moi. Je n'en tire aucun profit, et je n'en veux pa| tirer. Je suis galant homme. Je m'intéresse volontiers tous. Si je puis vous faire du bien, je vous ferai d bien.

Vicenzo, — Vous parlez de ce seigneur qui est là, < je sais ce que j'aurai à faire.

ISIDORO. — Pour moi, je vous dis., je ne veux rien.

Vicenzo. — Allons ! Un poisson, un beau poisson !

Isidoro. — Oh! jusqu'à un poisson, tout va biei Parce que j'ai ma table. Moi aussi, j'aime à faire nu petites bombances...

Vicenzo. — Oh! je sais que le sior coadjuteur e une fine bouche, sior coadjuteur !

Isidoro. — Que voulez-vous ? On travaille : il fat bien aussi se divertir.

Vicenzo. — Et les fichus de toile plaisent au si»; coadjuteur.

Isidoro. — Or ça, il faut que j'expédie un homm

Restez là. Si ces gens viennent, dites-leur que je reviei

de suite. Dites aux femmes qui viennent pour et

interrogées qu'elles n'aient pas peur, que je suis b<

LES DISPUTES DES GENS DE CHIOGGIA

avec tous, et qu'avec les femmes je suis une vraie pâte de massepain. (77 sort.)

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