‹ La comédie à VeniseChapitre 45 sur 100 · SCÈNE XI LES MÊMES, ISIDORO · texte numérisé non relu

SCÈNE XI LES MÊMES, ISIDORO

ISIDORO. — Que faites-vous là ?

Toutes les femmes. — Lustrissime ! Lustrissime !

Isidoro. — Que voulez- vous ? Que je vous interroge toutes à la fois ? Allez dans la salle ! Attendez ! Je vous appellerai une à la fois.

Pasqua. — D'abord nous !

Lucieta. — D'abord nous ! !

Orseta. — Nous sommes venues avant, nous !

Isidoro. — Je ne fais tort à aucune. Je vous appellerai par ordre, comme je trouverai vos noms inscrits au procès. Checa est la première. Que Checa reste, et vous autres, allez dehors!

Pasqua. — Ah! oui, bien sûr! Elle est jeunette. (Elle sort.)

Lucieta. — Suffit pas. Faut être riche. (Elle sort.)

Isidoro, à part. — Diables de femmes ! Elles veu-

LES DISPUTES DES GENS DE CHIOGGIA

lent parler, bien sûr, elles venlent parler. Si je croyais qu'elles diront la vérité !

Fortunato. — Allons! dehors! Allons! dehors! Allons ! (// sort.)

Orseta. — Eh ! sior coadjutenr, ne la faites pas rester là trois heures ! Nous avons à faire, nous. (Elle sort.)

ÏSIDORO. — Oui, oui, je vous relâcherai vite.

Libéra, à Isidoro. — Eh! je vous la recommande, sachez bien. N'oubliez pas que c'est une pauvre innocente.

Isidoro. — En ces endroits-ci, il n'y a pas de danger de ces choses-là !...

Libéra, à part. — Il est tellement entreprenant que je ne m'y fie pas. {Elle sort.)

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