‹ La comédie à VeniseChapitre 62 sur 100 · SCÈNE V LES MÊMES, LE MARQUIS · texte numérisé non relu

SCÈNE V LES MÊMES, LE MARQUIS

Le marquis. — Moi aussi je suis là. Vivat pour qui?

Le cavalier, troublé. — Comment, seigneur marquis ?

Le marquis. — Excusez, cher ami. J'ai appelé. Il n'y a personne.

Mirandolina. — Avec votre permission... (Elle fait mine de partir.)

Le cavalier, à Mirandolina. — Restez. (Au marquis.) Je ne prends pas d'aussi grandes libertés vis-àvis de vous.

Le marquis. — Je vous demande excuse. Nous sommes amis. Je vous croyais seul. Je me réjouis de vous voir en compagnie de notre adorable petite hôtesse. Hein ! qu'en dites-vous ? N'est-ce pas un chefd'œuvre de la création ?

Mirandolina. — Seigneur, j'étais ici pour servir le seigneur cavalier... Il m'est survenu un malaise, et le cavalier m'a réconfortée avec un petit verre de bourgogne.

Le marquis. — C'est du bourgogne, ça ?

Le cavalier. — Oui, du bourgogne.

Le marquis. — Mais du vrai ?

LE CAVALIER. — Du moins, je l'ai payé pour tel. Le marquis. — Je m'y connais. Permettez que je le sente, et je saurai vous dire si c'en est ou non. Le cavalier, appelant. — Holà !

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