‹ La comédie à VeniseChapitre 96 sur 100 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ALTOUM, TURANDOT, CALAF, ZELIMA, ADELMA, PANTALON, TARTAGLIA, docteurs et gardes.

Turandot, d'un ton, -hautain. — Quel est l'audacieux qui se flatte encore de pénétrer mes subtiles énigmes après une si longue expérience, et qui désire perdre misérablement la vie ?

Altoum. — Ma fille, c'est celui-ci! (Il montre Calaf, qui restera comme ébloui, debout, au milieu du Divan.) Et il mériterait bien que tu le choisisses pour ton époux, et que tu finisses de l'exposer à la grande épreuve, qui

déchire le cœur affligé de celui qui t'a donné la vie.

TuRANDOT, bas à Zelima après avoir regardé quelques instants Caîaf. — Zelima, o ciel ! Aucun objet, crois-le, ne s'est présenté au Divan qui éveillât compassion dans mon sein. Celui-ci me fait pitié.

Zelima. — Imposez-lui trois énigmes faciles, et cessez désormais d'être cruelle !

TuRANDOT, gravementet à voixbasse. — Que dis-tu? Ma gloire! Audacieuse, aurais-tu la témérité?..,

Adelma, à part, après avoir observé attentivement Calaf. — O ciel ! Qu'aperçois-je? N'est-ce pas cet homme que j'ai vu autrefois vil esclave à ma cour de Carazani, quand vivait Cheicobad, mon père ? Il est donc prince ! Ah ! mon cœur me le disait bien, ce cœur qui lui appartient.

Turandot. — Prince, renoncez à votre entreprise fatale. Le Ciel sait bien que les discours qui m'accusent de cruauté sont mensonger.s. L'aversion profonde que j'ai pour votre sexe fait que je me défends, comme je sais, comme je peux, afin de vivre éloignée des hommes que j'abhorre. Pourquoi, de cette liberté dont chacun devrait pouvoir disposer, ne puis-je pas disposer moimême? Qui vous pousse à faire que je sois cruelle contre ma volonté? Si les prières ont delà valeur, je m'humilie à vous prier. Renoncez, prince, à l'épreuve ! Ne tentez jamais de l'emporter sur moi! Le Ciel m'a octroyé pénétration et talent. Je tomberais morte, si en plein Divan j'avais la honte publique d'être vaincue en subtilité. Allez, épargnez -moi de vous proposer des énigmes. Il est encore temps. Sans cela, vous pleurerez en vain votre sentence de mort.

Calaf. — Si belle voix, si belle démarche> si rare esprit, intelligence sans égale dans une femme ! Ah ! quelle erreur peut commettre l'homme qui risque sa vie

TURANDOT

pour la posséder ? Turandot se vante d'une subtilité tellement rare, et elle ne s'aperçoit pas que plus ses mérites sont grands, plus elle a d'aversion à appartenir à un homme, plus l'homme doit s'enflammer pour elle! Cruelle Turandot, que n'existe-t-il mille vies dans ce corps ! J'aurais le courage de les exposer mille fois au gibet pour vous !

Zelima, bas à Turandot. — Ah! des énigmes faciles, par pitié! Il est digne de vous.

ADELMA, à part. — Quelle douceur ! Ah ! s'il pouvait être à moi ! Pourquoi n'ai-je pas su que cet homme était prince, avant que la fortune fît de moi une esclave d'humble condition ? Comme l'amour m'enflamme, maintenant que je sais qu'il est d'une haute naissance ! Ah! quel courage ne faiblit devant l'amour!.,. (Bas à Turandot.) Songez à votre renommée, Turandot.

Turandot, perplexe, à elle-même. — Et lui seul aura le pouvoir d'éveiller la compassion dans mon cœur ? (Résolument.) Non, je dois me dominer. (A Calaf, avec vivacité.) Téméraire, prépare-toi pour l'épreuve !

Altoum. — Prince, persistes-tu encore ?

Calaf. — Seigneur, je l'ai déjà dit. Je prétends à la mort ou à Turandot pour épouse.

Altoum. — Que le décret fatal soit donc lu publiquement ! Qu'il l'écoute, et qu'il tremble ! (Pantalon prendra le livre de la loi, le baisera, le mettra sur sa poitrine, puis sur son front, et le présentera ensuite à Tartaglia, lequel, après s'être jeté le front contre terre, le recevra et lira ensuite à haute voix.)

Tartaglia, lisant. — « Tout prince pourra prétendre à Turandot comme épouse. Mais il résoudra d'abord trois énigmes proposées par la princesse dans le Divan, au milieu des docteurs. S'il les devine, il l'aura pour femme. S'il n'en est pas capable, il sera condamné à

mourir de la main du bourreau, qui lui tranchera la tête. Altoum-Khan promet et jure au terrible Confucius d'exécuter ce décret. (La lecture terminée, Tartaglia baisera le livre, le posera contre sa poitrine, puis contre son front, et le remettra à Pantalon, lequel, après l'avoir recula face contre terre, se relèvera et le présentera à Altoum. Celui-ci, levant une main, la posera sur lui.)

Altoum, avec un soupir. — O loi ! ô mon tourment ! Je promets et jure au terrible Confucius de l'exécuter. (Pantalon appuiera de nouveau le livre sur sa poitrine. Le Divan gardera le plus grand silence. Turandot se lèvera.)

Turandot, d'un ton solennel. — « Dis-moi, étran- « ger : quelle est la créature appartenant à toute cité, «à toute citadelle, à toute terre, existant partout, tou- « jours en paix au milieu des vainqueurs et des vaincus « de la guerre ? Familière à tous est sa figure qui sourit « à tout homme ici-bas. Vouloir l'égaler serait le comble « de la folie. Tu l'as devant toi, et tu ne sauras deviner « qui elle est. » (Elle s'assied.)

Calaf, après avoir regardé le ciel dans l'attitude de la réflexion, porte la main à son front en s'inclinant vers Turandot. — Heureux suis-je, que de plus obscures énigmes vous ne m'ayez pas imposé la solution ! Princesse, qui ne devinerait que cette créature appartenant à toute cité, à toute citadelle, à toute terre, qui se tient auprès de tous, et est toujours en paix au milieu des vaincus et des victorieux, visible à tous, ne souffrant point d'égales, et que j'ai présente devant moi (par votre grâce), c'est le Soleil.

Pantalon, joyeusement. — Tartaglia, il a frappé au but !

Tartaglia. — En plein milieu !

TURANDOT

Tous LES DOCTEURS ouvrent le premier pli cacheté, et en chœur. — Parfaitement ! c'est le Soleil, c'est le Soleil, c'est le Soleil.

Altoum. — Mon fils, je te recommande au Ciel pour les autres énigmes.

Zelima, à part. — Secourez-le, ô dieux ! Adelma, avec agitation, à part. — O Ciel ! Mets-y obstacle ! Fais qu'il ne soit pas l'époux de Turandot ! Je me sens mourir !

Turandot, irritée, à part. — Que cet homme soit vainqueur ! Qu'il surpasse mon intelligence! Il n'en saurait être ainsi. (Haut.) Insensé, écoute-moi ! Explique le sens de mes paroles. (Elle se lève et poursuit d'un ton solennel.) « L'arbre où se perd la vie de tout mortel, « arbre toujours jeune et toujours verdoyant dans sa s< vieillesse illimitée, l'arbre aux feuilles blanches et « claires d'un côté, mais d'une blancheur périssable, v<> aux feuilles sombres de l'autre côté : étranger, dis, en « courtoisie, cet arbre, quel est-il? »

Calaf, après s'être recueilli un instant, et incliné comme la première fois. — Ne vous irritez pas, altière dame, que je résolve vos énigmes. Cette plante très vieille et très jeune dans laquelle se perd la vie des mortels, dont les feuilles sont blanches à l'endroit et noires à l'envers, c'est l'année, avec ses jours et ses nuits.

Pantalon, gaiement. — Tartaglia, ça y est !

Tartaglia. — Oui, en conscience ! Et en plein milieu, en plein milieu!

Tous les DOCTEURS, en chœur, après avoir ouvert le second pli cacheté. — Parfaitement ! c'est l'année ! C'est l'année ! C'est l'année !

Altoum, joyeux. — Quelle allégresse ! O dieux! qu'il aille jusqu'au bout !

Zelima, à part. — Celui-ci sera-t-ille dernier?

Adelma, furieuse, à voix basse. — Hélas ! je le perds. (Bas à Tarandot.) Madame, vous perdez en un instant toute votre réputation dans le Divan. Cet homme est plus fort que vous ?

Turandot, dédaigneusement à voix basse. — Taistoi ! Il faudra auparavant que le monde s'écroule, et que le genre humain entier périsse! \Haut.) Sache, audacieux, insensé, que je t'exècre d'autant plus que tu espères davantage me surpasser ! Éloigne-toi du Divan ! Fuis la dernière énigme ! Sauve ta tête !

Cala F. — Votre haine seule, princesse adorée, m'est pénible. Que ma tête soit tranchée, si elle n'est pas digne de votre pitié !

Altoum. — Renonce, ô mon fils, et toi, ma fille, renonce à proposer de nouvelles énigmes. Que celui-là soit ton époux, qui le mérite entièrement !

Turandot, en colère. — Mon époux! Que je renonce ! Il faut que la loi s'exécute !

Cala F. — Seigneur, ne vous désolez pas! Je prétends à la mort, ou à Turandot comme épouse.

Turandot, au comble de la colère. — Ton épouse sera la mort ! Tu vas le voir. (Elle se lève et poursuit d'un ton solennel) : « Dis-moi quel est l'animal « terrible, à la fois quadrupède et oiseau, bienveillant « et compatissant envers qui l'aime, redoutable pour « ses ennemis, qui a fait trembler le monde, et qui vit « encore superbe et triomphant. Ses hanches robustes « reposent fermement sur la mer mouvante. Sa poi- « trine et ses griffes terribles couvrent une surface « immense ! Les ailes de ce nouveau phénix prodiguent, « sans jamais se fatiguer, leur ombre heureuse, et « sur terre et sur mer. » (Ayant énoncé Ténigme, Turandot, furieuse, déchire son voile pour sur-

TURANDOT

prendre Cala/.) Regarde-moi en face, et ne tremble pas! Si tu le peux, dis quelle est cette bête, ou cours à la mort.

Calaf, émerveillé. — O beauté! O splendeur ! (77 reste en suspens les mains sur les yeux.)

Altoum, agité. — Hélas ! il se perd ! Mon fils, ne t'épouvante pas ! Reprends tes esprits !

Zelima, à part, désolée. — Je me sens faiblir.

Adelma. à part. — Étranger, tu m'appartiens. L'amour me guidera pour te dérober.

Pantalon, dans tous ses états. — Courage! Courage, mon fils ! Ah! si je pouvais l'aider ! Je tremble de tous mes membres qu'il ne se perde.

Tartaglia. — Si je n'avais le respect de ma dignité, j'irais prendre le flacon de vinaigre à la cuisine.

Turandot. — Malheureux ! Tu es mort. De ton sort, il faut t'en prendre à toi-même.

Calaf, revenant à lui. — Turandot, c'est votre beauté qui m'a frappé soudainement, et confondu. Je ne suis pas vaincu. (Se tournant vers V auditoire.) Toi, quadrupède ailé, terreur de l'univers, toi qui triomphes et sur terre et sur mer, toi dont les immenses ailes projettent une ombre agréable et heureuse sur l'élément liquide et sur la terre, sur tes illustres fils et sur tes chers sujets, nouveau phénix, animal privilégié, en vérité, c'est toi, de l'Adriatique le lion terrible et juste.

Pantalon, radieux. — Oh ! béni sois-tu! Je ne puis plus me tenir! (Il court l'embrasser.)

Tartaglia, à Altoum. — Majesté ! consolez-vous!

Les docteurs ouvrent le troisième pli cacheté, et tous en chœur. — C'est le Lion de l'Adriatique ! C'est vrai! C'est vrai ! (On entend de joyeuses acclamations du peuple, et un grand bruit d'instruments. Turandot tombe évanouie sur son trône. Zelima et Adelma

l'assistent.) =-= >■ = 237

LA COMÉDIE A VENISE. l6

Zelima. — Résignez- vous, princesse ! Il est vainqueur.

Adelma, à part. — AhTmon amour perdu !... Mais non ! tu ne saurais être perdu ! (Altoum descend du trône, assisté de Pantalon et de Tartaglia. Les Docteurs se retirent enfile au fond du théâtre.)

Altoum. — Cesse, ma fille, de me tyranniser avec tes extravagances ! Prince aimé, viens sur mon sein! (// embrasse Calaf.) Turandot, revenue à elle, descend furieuse de son trône.)

Turandot, obsédée. — Arrêtez ! Que cet homme n'espère point être mon époux ! Je prétends encore proposer trois nouvelles énigmes un autre jour. Trop peu de temps m'a été donné pour l'épreuve. Je n'ai pu réfléchir autant que je devais. Arrêtez.

ALTOUM, l'interrompant. — Indiscrète ! cruelle ! Il n'est plus temps. Tu ne me trouveras plus aussi docile. La dure loi est d'ores et déjà exécutée, et je remets ma sentence à mes ministres.

Pantalon. — Pardonnez! Il n'est pas besoin d'autres devinettes, ni d'autres têtes à trancher à la façon des pastèques frites... Ce garçon a deviné. La loi est exécutée, et nous allons être de noce. (A Tartaglia.) Qu'en dites- vous, chancelier ?

Tartaglia. — Tout à fait réussi ! Il n'est pas besoin d'interprétations. Que disent les très excellents seigneurs docteurs ?

Tous les docteurs. — C'est parfait ! C'est parfait! L'énigme est résolue !

Altoum. — Donc, qu'on aille au temple! Que cet inconnu se fasse reconnaître, et les prêtres...

Turandot, désespérée. — Ah! mon père, par pitié, suspendez...

Altoum, irrité. — Pas de suspension ! J'ai décidé. ===== 238 =

TURANDOT

Turandot, se précipitant à genoux. — Père, par votre amvur, par cette vie qui vous est chère, qu'un nouveau jour soit encore accordé pour une nouvelle épreuve ! Je ne pourrais supporter une telle honte. Je mourrai avant de ni'assujettir à cet homme superbe, avant d'être sa femme. Ah ! ce mot seul, être l'épouse d'un homme, cette seule pensée, appartenir à un homme, me terrasse et me tue. {Elle pleure.)

Altoum, en colère. — Obstinée, fanatique, cruelle, je ne l'écoute plus ! Holà, ministres, allez !

Calaf. — Lève-toi, de mon cœur ô belle souveraine ! Seigneur, ah! par pitié, suspendez vos ordres! Je ne serai pas heureux si elle me hait et me déteste. Mon amour ne pourrait souffrir d'être cause de son tourment. Qu'est-ce que l'affection pour moi, si ma flamme n'est digne que de haine ? Barbare, si je n'amollis pas ton âme cruelle, sois heureuse et satisfaite : je ne serai pas ton époux. Ah ! si tu voyais ce cœur déchiré, je suis certain que tu en aurais pitié. Tu es avide de ma mort ? Seigneur, accordez-lui une nouvelle épreuve ! J'ai pour la vie ttn profond mépris.

Altoum. — Non, j'ai décidé que non. Qu'on aille au temple ! Plus de nouvelle épreuve. . . inconsidérée !

Turandot, impétueuse. — Qu'on aille au temple! Mais sur l'autel expirera votre fille.

Calaf. — Expirera! Mon seigneur,... princesse, accordez-moi tous deux une faveur. Le jour prochain, ici, dans le Divan, je proposerai, mot, une énigme à cet esprit indompté ; ce sera celle-ci : « De qui est fils, quel « nom porte le prince, réduit à mendier son paia, à « porter des fardeaux pour un vil salaire, afin de gagner « sa vie, qui, arrivé au comble de la félicité, est encore

plus malheureux qu'il n'a jamais été?» Demain, ici,

ms le Divan, âme cruelle, devinez le nom de son père, 239 =====— =

et le nom de ce malheureux lui-même. Si cela ne vous est pas possible, tirez d'angoisse un malheureux, ne me refusez pas cette main bien-aimée! Que. votre cœur s'amollisse ! Si vous devinez, que soit rassasiée, par ma mort et par mon sang, cette âme fière et indomptable !

Turandot. — Etranger, j'accepte le pacte et m'en contente.

Zelima, à part. — Nouveau péril encore !

Adelma, à part. — Nouvelle espérance !

Altoum. — Je ne suis pas content, moi. Je n'accorde rien. Qu'on exécute la loi !

Cala F, s' agenouillant. — Grand seigneur, si j'ai quelque mérite, si la pitié règne en vous, contentez votre fille et me contentez moi-même •' Il ne tiendra pas à moi qu'elle soit satisfaite, que son cœur puisse s'épancher librement! Si elle a de la pénétration, qu'elle explique dans le Divan ce que j'ai proposé !

Turandot, à part. — Je ne me possède plus de colère ! Il ose me tourner en dérision !

Altoum. — Imprudent ! Que demandes-tu? Tune sais pas quel caractère est celui de cette femme... Eh bien ! je vous accorde cette dernière épreuve. Qu'elle soit dispensée d'être ton épouse, si elle peut révéler ces deux noms J Mais je n'accorde plus de nouveaux sacrifices. Si elle les devine, tu partiras sain et sauf. Qu' Altoum n'ait plus à déplorer les misères des autres ! (Bas à Calaf.) Suis-moi ! Imprudent, que viens-tu de faire? (On entend de nouveau le son d'une marche. Altoum avec ses gardes, les Docteurs, Pantalon et Tartaglia sortiront gravement par la grande porte qui a servi d'entrée. Turandot, Adelma, Zelima, Truffaldin, les eunuques et les esclaves jouant du tambourin sortiront par Vautre grande porte.)

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TURANDOT

Tirandot, partagée entre deux sentiments contraires, le trouble où l'a jetée la vue du prince C\laf, et la colère de se voir humiliée publiquement, l'est également entre deux influences: celle de l'esclave A delma. compatriote de Calai-', amoureuse de lui et par suite rivale de sa maitresse, et celle de Zeli.ma, autre esclave, soucieuse avant tout de lui plaire. Les trois femmes, obéissant chacune à un mobile différent, vont mettre tout en œuvre pour découvrir le nom du prince et celui de son père, et éviter ainsi à Turandot une union qu'elle a en horreur. L'arrestation et l'emprisonnement de Barach, l'hôte de Calaf, puis de Timour, père du jeune prince, qui le cherche, déguisé en mendiant, les promesses et les menaces n'ont abouti à rien. Soudain, dans un moment de désespoir, Calaf, se parlant à lui-même, s'écrie : « O malheureux Calaf !... Timour... mon père... » Adelma présente, recueille précieusement cet aveu, et, croyant travailler pour elle-même, le porte triomphalement à sa maitresse.

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