La comédie après Molière et le théatre de Dancourt
On a coutume, quand on fait l'histoire générale du théâtre français, de passer presque immédiatement de Molière et de Regnard à Lesage et à Marivaux. A peine si l'on mentionne Dancourt et Dufresny, qu'on veut bien louer, mais sans insistance, pour avoir amusé la fin du règne de Louis XIV. Et pourtant, parmi les auteurs comiques du commencement du xvnf siècle. Dancourt au moins mérite d'arrêter l'historien des mœurs, sinon le critique littéraire, en supposant qu'on puisse être l'un sans 1 autre. Dancourt n a pas pénétré bien profondément dans l'étude des caractères ; mais, sans compter sa gaieté, qui n'est pas médiocre, il a eu le goût de la réalité, j(. il a reproduit les mœurs de son époque dans un
assez grand détail ; plus complètement que Regnard et même que Lesagefil a fait la peinture de quelques personnages qu'on ne trouve pas dans Molière, soit que le temps ait manqué au grand comique, ou que les originaux n'aient atteint qu'après sa mort leur entier développement if Mais avant d'aborder le théâtre de Dancourt, il est bon de savoir où en était la comédie quand ce facile esprit commença son œuvre joyeuse et sincère, et de passer en revue le théâtre de Molière et celui de ses contemporains et de ses successeurs immédiats.