‹ La comédie après Molière et le théatre de DancourtChapitre 14 sur 32 · IPHICRATE · texte numérisé non relu

IPHICRATE

Moi? non...

Les dieux doivent leur être aux faiblesses des hommes.

Esope lui démontre, en trois points, l'existence de Dieu. 1" Il faut qu'il y ait eu un premier homme ; mais ce premier homme, qui l'a fait ? 2" Admirez le hel ordre de l'univers, etc. S*» Si vous deviez mourir dans une heure, penseriez-vous ainsi ? — Iphicrate résiste encore, une fable l'achève : c'est l'histoire d'un faucon athée qui, au lit de mort, dit à sa mère de prier pour lui. On ne voit pas trop ce que cet étonnant apologue ajoute au troisième argument. — 11 semble que, dans cette scène édifiante, Boursault ait voulu faire la contre-partie de l'inquiétante discussion de Sganarelle et de don Juan, et venger la Divinité défendue par Molière d'une façon assez équivoque et irrévérencieuse. Ici, don Juan est devenu bonasse, et Sganarelle, imperturbable comme Thomas Diafoirus. — Il est curieux de saisir, dans le coin dune comédie, comme les premiers bruits de la grande bataille qui allait remplir le siècle.

Une scène moins enfantine est colle où M. Griffet demande à Esope de lui adjuger, moyennant pot-devin, les fermes qui vont être renouvelées. — On voit que le personnage de Thomme d'argent devient fréquent au théâtre : c'est sans doute que sa place et son intluence deviennent de plus en plus grandes dans la société. — M. Longuemain, dans le Merctirp galant^ était déjà un assez heureux mélange de bassesse et d'aplomb, bien qu'un peu trop cynique et conscient, — Il est fâcheux qu'ici encore Esope ait une attitude trop prédicante, et que M. Griffet fasse montre de sa coquinerie et analyse lui-même son cas avec une complaisance qui n'est pas trop vraisemblable. C'est,

comme lou jours, Lien plutôt de la satire que du tlréàtre. IMais la satire est énergique, et par endroits éloquente.

ÉSOPE

Et quelle est la vertu d'un fermier?

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