‹ La comédie après Molière et le théatre de DancourtChapitre 21 sur 32 · LE TIIEATRI-: DE DANCOURT · texte numérisé non relu

LE TIIEATRI-: DE DANCOURT

Le théâtre de Dancourt comprend quaranfcersept comédies ou vaudevilles (1)

Toutes ces pièces semblent avoir été écrites à la hâte par un homme desprit fertile et plaisant et qui a l'habitude des planches, bon observateur des superficies ; qui sans doute n'avait pas le dessein de faire une peinture approfondie i\e la société, mais qui, fortement imprégné lui-même de l'esprit de son temps, en portait naturellement l'allure et le ton sur la scène, et, dans des comédies dont le cadre est assez souvent de convention, s'attachait surtout à

(1) Quatre en cinq actes et en vers, trois en cinq actes et en prose, deux en trois actes et en vers, cinq en trois actes et en prose, une en deux actes et en prose, trente-deux en un acte et en prose, presque toutes suivies de divertissements et de ballets .

exprimer des choses contemporaines. — Paris et la banlieue, la bourgeoisie et le monde interlope : bourgeois de Paris, financiers, agioteurs, hommes de robe, paysans de Suresnes ou de Saint-Germain, marchands, hôteliers ; bourgeoises de Paris et leurs filles, paysannes, grisettes, coquettes jeunes et vieilles, femmes d'intrigue, officiers viveurs, chevaliers d'industrie, joueurs et joueuses... tous ces personnages (et j'en passe) vont et viennent, s'agitent, tourbillonnent, dans des intrigues légères^ parfois un peu confuses, avec un désordre qui a son charme, — font de l'esprit, cherchent l'argent, cherchent l'amour, et s'amusent presque tous. Dieu sait ! — Ils ne sont pas tous nouveaux par leur fonds, mais par leur air le plus souvent, par leur langage et leurs façons. — Puis quelques-uns, que les précédents théâtres nous avaient offerts rares et épars, se montrent ici à chaque instant ; et il est à croire que leur grand nombre correspond à un accroissement, dans la société, du travers ou de la passion qu'ils représenlent. — Et si les types que Dancourt emprunte à la réalité vivante et esquisse trop rapidement gardent quelque trace de fantaisie ou de convenu, souvent aussi la vérité y éclate avec franchise , même avec brutalité. — Somme toute, en dépit des omissions, des grossissements, de la hâte de\ l'exécution, -^quoique le théâtre ne soit jamais qu'un miroir imparfait de la réalité contemporaine, et bien que Dancourt, visiblement, n'ait songé qu'à plaire au public, — son œuvre est extrêmement significative et pleine de documents sur les mu'urs. — L'ambition bourgeoise et le mélange des classes, la fièvre de l'argent, le sans-gène des mœurs et la rage du plaisir, voilà

ce qui remplit ce théâtre amusant et sincère qui, à défaut de caractères individuels fortement étudiés, reflète assez bien celui d'une génération, a Y accent du jour et le mouvement endiablé.

^Le mélange des classes. LES MÉSALLL\XCES.

Le mélange des classes par Tappauvrissement de la noblesse, par la vanité, l'ambition et la richesse bourgeoises, commencé depuis longtemps, s'accélère vers la fin du xvn'' siècle. — Dans le théâtre de Molière, ce phénomène social apparaît peu. Arnolphe se fait appeler M. de la Souche, mais moins par vanité que pour faire réussir ses plans : c'est un détail étranger à la conception du caractère. Restent deux types de la vanité bourgeoise : M. Jourdain et Georges Dandin. Mais M. Jourdain est isolé, sa femme ni sa fille ne partagent son travers ; tous les siens sont contre lui. Quant à Georges Dandin, nous ne le voyons qu'après son mariage, lorsque son ambition est satisfaite, et pour son malheur. — Ainsi M. Jourdain n^arrive point à ses fins, et Dandin se repent d'y être arrivé.

La Bruyère insiste davantage sur ces ambitions de la bourgeoisie :

« Il suffit de n'être point né dans une ville, mais sous une chaumière répandue dans la campagne ou sous une ruine qui trempe dans un marécage, pour être un noble sur sa parole.

» 11 y il des gens qui n'ont pas le moyen d'être nobles....

» Combien de nobles dont le père et les aînés sont roturiers !

» Certaines gens portent trois noms, de peur d'en manquer ; ils en ont pour la campagne et pour la ville, pour les lieux de leur service ou de leur emploi ; d'autres ont un seul nom dissyllabe qu'ils anoblissent par des particules dès que leur fortune devient meilleure ; celui-ci, par la suppression d'une syllabe, fait de son nom obscur un nom illustre....

» Si le linancier manque son coup, les courtisans disent de lui : C'est un bourgeois, un homme de rien, un malotru ; s'il réussit, ils lui demandent sa lille.

» Le besoin d'argent a réconcilié la noblesse avec la roture et a fait évanouir la preuve des quatre quartiers (1) »

Naturellemenl, cette aspiration aux titres de la noblesse ne va guère sans l'imitation de son luxe, de ses mœurs, de ses manières :

« Il y a un certain nombre de jeunes magistrats que les grands biens et les plaisirs ont associés à quelques-uns de ceux qu'on nomme à la cour des petits-maîtres ; ils les imitent, ils se tiennent fort

au-dessus de la gravité de la robe ils prennent

de la cour ce qu'elle a de pire ils deviennent

enfin, selon leurs souhaits, des copies fidèles de très méchants originaux.

» Quel est l'égarement de certains particuliers qui, riches du négoce de leurs pères dont ils viennent de recueillir la succession, se moulent sur les princes pour leur garde-robe et leur équipage, excitent, par

{^) De (jaelqiies usuges.

une dépense excessive et par un faste ridicule, les traits et les railleries de toute une ville qu'ils croient éblouir et se ruinent ainsi à se faire moquer de soi!"

M Une femme de ville entend-elle le bruissement dun carrosse qui s'arrête à sa porte, elle pétille de goût et de complaisance pour quiconque est dedans, sans le connaître ; mais si elle a vu de sa fenêtre un bel attclai^e, beaucoup de livrées et que plusieurs rangs de clous parfaitement dorés l'aient éblouie, quelle impatience n"a-t-elle pas de voir d(\jà dans sa chambre le cavalier ou le magistrat, etc....

» Cette fatuité de quelques femmes de la ville, qui cause en elles une mauvaise imitation de celle de la cour, est quelque chose de pire que la grossièreté des femmes du peuple et que la rusticité des villageoises; elle a sur toutes deux l'atVectation de plus. (1) »

Ces remarques de la Bruyère, une bonne part du théâtre — légèrement postérieur — de Dancourt les confirme, mais surtout les /»o;//'5r^ow/'.s ^/^' qualité et les Bourgeoises à la mode.

- Dans les Bourgeoises; de qualité^ la manie de la noblesse est une contagion. Dancourt n'a pas coutume de ramasser un vice ou un travers dans un personnage unique et central : il le distribue sur plusieurs ligures, variétés d'un même type distinguées seulement par des nuances, vivement esquissées d'ailleurs, toutes en dehors et secouées d'une lièvre perpétuelle. — Cette méthode, qui semble lui avoir été propre en son temps, est celle de plusieurs auteurs dramatiques de nos jours, et non des moindres (2). En nous mettant sous les yeux comme

(1) Delà Ville.

(2) MM. Sardou et Gondinet.

une petite mêlée, elle donne aisément Fillusion de la vie. — Ici, c'est uniquement à des femmes que Dancourt attribue la maladie qu^il voulait peindre ; sans doute pour ne point refaire M. Jourdain ; ou parce que c^est surtout par les femmes que ce mal a dû s'introduire dans la bourgeoisie (voir plus haut la Bruyère) ; ou parce que la vanité féminine a quelque ^A chose de plus nerveux et de plus agité, qui allait mieux à ce brûleur de planches. — Seul, M. Blandineau, procureur du Châtelet, représente l'ancien esprit de lo bourgeoisie : c'est un Chr} sale survivant au théâtre de Molière. Autour de lui souffle un vent de démence : sa femme est folle : plus folle encore sa belle-sœur,M""' la Greffière,nonmoins folles M^^l'Elue et M'"" Carmin, la marchande. — M"'' Angélique Blandineau aime un comte ruiné sur qui la Greffière a jeté aussi son dévolu. Le comte préférerait Angélique mais la Greffière a plus d'argent et il est sur lo point de l'épouser. Il l'avoue lui-même à la jeune fille, qui lui donne la réplique fort crânement. C'est qu'ils ne sont pas romanesques, les amoureux de Dancourt ! — (( Elle a des rentes, dit le comte, en parlant de la Greffière ; elle a des maisons, 20,000 écus d'argent comptanU dont je deviendrai lo maître. » — a Un homme do votre qualité dans los all'aires ! » dit un voisin, M. Naquart. — Pourquoi non? Les gens d'affaires achètent nos terres et no? noms même : quel inconvénient de faire leur métier, pour être en état de rentrer dans nos maisons et dans nos charges ! » — Mais M. Naquart ne veut point de ce mariage. C'est un original qui s'est mis en tête d'épouser lui-même la Greffière pour avoir le plaisir de la mater. Avec la complicité d'un tabellion, il fait si bien que le comte signe sans le savoir son mariage

— loi -^

avec Angélique ; et la (IrelTière, son mariage avec M. Xaquart. Elle est d'abord furieuse ; pour la calmer, M. Naquart lui promet de lui acheter un titre : elle s'appellera M'"*^ de la Naquardirre. « C'est, ditelle, un accommodement qui change la chose et pourvu que j'aie un équipage et que vous ne soyez plus procureur (l)... » — M. Naquart: « Vous serez contente. Madame. » Elle avait déjà dit en parlant d'Angélique : « La pauvre enfant ! il faut bien faire quelque chose pour elle ; je lui enlève M. le comte qui était son amant ; je l'épouse ce soir, plus par vanité que par amour, moins pour son mérite que pour sa qualité ; car je ne veux qu'un nom, moi, je ne veux qu'un nom c^est ma grande folie (2). » — Tout le monde est donc content. M"'« Blandineau est devenue baronne de Boistortu. M""' Carmin a acheté une petite charge à son mari : il faut un commencement à tout. Il n'est pas douteux que M'"° l'Elue n'en vienne aussi à ses fins : « M. l'Elu, a-t-elle dit, cessera de l'être, ou je trouverai bien moyen de n'être plus sa femme. »

La pièce marche d'un joli train. Ecoutez ces quatre folles entrer en scène à la manière de tourbillons :

La GREFFiiinE (3). — Je ne saurais me tranquilliser làdessus, ma pauvre Lisette ; cette journée-ci sera malheureuse pour moi, je t'assure, j'ai éternué trois fois à jeun, j'ai le teint brouillé, Toeil nébuleux, et je n'ai jamais pu donner un bon tour à mon crochet gauche.

M. Blandineau. — Ah! vous voilà, ma sœur ; j'allais monter chez vous.

(1) Les Bourgeoises de qualité, III. 10.

(2) /d., II, 7.

(3) Id., 1. 1.

. La GreffiÈre. — Chez moi, mon frère ! et à quel dessein ? Je n'aime point les visites de famille, comme vous savez.

M. Blandineau. — Celle-ci ne vous aurait pas déplu. Il s'agit de vous marier, ma sœur.

La Greffièue. — De me marier, mon frère ? de me marier ? Cela est assez amusant vraiment : mais qu'est-ce que c'est que le mari ? C'est ce qu'il faut voir.

M. Blandineau. — Un vieux garçon fort riche, procureur de la cour.

La Greffiîîue. — Un vieux garçon à moi? Un procureur, Lisette! M. Naquart ? Je serais M""' Naquart, moi ? Le joli nom que M""^ Naquart ! C'est un plaisant visage que M. Naquart de songer à moi, etc,..

M"^'' Blandineau (1). — A quoi vous amusez-vous donc mademoiselle Lisette ? Il y a une heure que je vous fais chercher. Allons, vite, mes coiffes et mon écharpe.

Lisette. — Laquelle, Madame ? celle à réseau ou celle à frange ?

M""^ Blandineau. — Non, celle de gaze ou celle de dentelle, mademoiselle Lisette ; les autres sont des housses, des caparaçons qu'on ne saurait porter. Ah 1 vous voilà, monsieur Blandineau, je suis bien aise de vous trouver ici. Donnez-moi de l'argent, je n'en ai plus...

]\|me Blandineau (2). — Comtesse, vous ? Vous, comtesse, ma sœur ?

La Greffière. — Dites Madame, madame Blandineau, et Madame tout court, entendez-vous ?

M™® Blandineau. — Madame tout court ? Ah ! je n'en puis plus. Ma sœur comtesse, et moiprocureuse ! Un siège, et tôt, dépêchez, Lisette

L'Elue. — Vous seriez comtesse, vous, ma cousine la greffière !

(1) Les Bourgeoises de qualité, 1, 5.

(2) Id., U, 4

La Greffière. — Ah ! plus de cousinage, madame l'Elue, plus de cousinage !

L'Elue. — Un fauteuil aussi ! tôt, du secours 1 A moi, Lisette... Je m'affaiblis, je suffoque, et je vais mourir de mort subite...

iNI™*^ Carmin (f). — Bonjour, ma chère madame Blandineau.

M™*^ Blandineau. — Madame Carmin, votre très humble servante.

M™^ Carmin. — Je ne puis pas être de votre souper, je m'en retourne à Paris" ; je viens prendre congé de vous, mes chères enfants... Je quitte le négoce, je m'y suis enrichie, cela estau-dessous de moi à l'heure qu'il est: j'achète une charge à mon mari, je me fais présidente... Ce nest qu'une charge de campagne à la vérité, et dans une élection d'une très petite ville du côté d'Etampes ; mais il y a de grands agréments, de grandes prérogatives,

La prociireiise et Télue enragent. La présidente Carmin a déjà de petits airs de protection :

Adieu, ma chère madame Blandineau ; à mon retour nous ferons ensemble quelque partie de plaisir.

M"^ Blandineau. — Adieu, madame Carmin, bon voyage.

L'Elue. — Vous m'avez vendu des laines éventées, que je vous renverrai, madame la Présidente.

M'"*' Carmin. — On vous les changera, madame l'Elue,

Une remarque de la Bruyère viendrait assez bien ici :

« Il y a dans la ville la grande et la petite robe, et la première se venge sur l'autre des dédains de la cour et des petites humiliations quelle y essuie. De savoir quelles sont leur limites, oii la grande finit et où la petite commence, ce n'est pas chose facile, etc. (2)... »

(1) Les Bourgeoises de qualité, II, 5.

(2) De la Ville.

On sent clans toute ru'iivre'de Dancoiirt, et en particulier dans les lUnirgpoises de qualitr^ la poussée profonde des vanités qui s'élèvent, Tascension agitée de la bourgeoisie. Les mésalliances n'y sont pas rares ; nous venons d'en voir une. — Ce n'est pas la faute d'Angélique, dans les Bourgeoises à la mode^ si le chevalier qu'elle aime est un chevalir de contrebande. — « Est-ce que tu ne sais pas, dit Frontin, que pour épouser des filles de bourgeois, ce n'est point au père que des jeunes gens de condition s'adressent à présent (1) ? » Ce qui laisse entendre que lesdits jeunes gens se rabattaient volontiers sur les petites bourgeoises. — Le chevalier gascon Brascassac (tous les Gascons sont nobles) épouse, dans le Prix de r arque buse, Ivi fille du prévôt Martin: « Sandis, pourquoi non?... Le prévôt s'est fait riche : il achètera de la noblesse etnous lui fournirons de lillustration, nous en avons à revendre dans la famille (2). » — jyfnic Pfitin, veuve d'un partisan « qui a gagné deux millions de bien au service du roi », rentre chez elle étoulFant de rage. Une marquise « de je ne sais comment » a eu l'audace de faire prendre le haut du pavé à son carrosse traîné par deux chevaux éliques et de faire reculer celui de M'"" Patin de plus de vingt pas. M""^' Patin l'a pris sur un ton proportionné à son équipage tout neuf (carrosse doré, chevaux gris-pommelé à longues queues, un cocher à barbe retroussée, six grands laquais plus chamarres de galons que les estafiers d'un carrousel) ; mais Li marquise, avec un « Taise/-vous, bourgeoise ! » a pensé la faire tomber de son haut. — « Bourgeoise !

(1) Les Bourgeoises à la mode, I, 3.

(2) Le Prix de V arquebuse, 14.

(lit Lisplto. Bourgeoise ! dans un carrosse de velours cramoisi à six poils, entouré d'une crépine dor ! » Mais M'"" Patin se vengera : elle épousera un gentilhomme, quoi qu'il puisse lui en coûter (l). — Le procureur Grimaudin éclate de contentement et d'orgueil : devenu seigneur de village, il vient prendre possession de son château. Il a invité quelques confrères à venir le voir avec leurs familles : « Je veux les régaler, dit-il, de manière à les faire crever de dépit.... J'ai donné ordre que tout le village se mît sous les armes. J'aime à faire parler de moi (2). » Il a pourtant plus d'un déhoire. Sa gouvernante, M""" la Uoche, qu'il ne veut plus épouser (cela était bon quand il était simple procureur), se ligue avec une compagnie de cavaliers qui est venue loger dans le village et dans le château. Les cavaliers malmènent les invités de M. Grimaudin et caressent leurs femmes. Le capitaine Clitandre (qui est justement le neveu de l'ancien possesseur du château) emporte d'assaut le cœur de M'^° Angélique Grimaudin. Le vieux ladre, qui voulait mettre sa fille au couvent, se résigne à ce mariage. Je souscris à tout, Monsieur, dit-il à Glitandre, pourvu que je demeure seigneur de la paroisse. » — M"" Angélique Valentin épouse, dans Xa^Cni-icur de Compi^'g ne, un autre capitaine Glitandre, et M'"" Robin, le chevalier de Fourbignac. « Le père est un fripon, dit le valet de Glitandre, en parlant de M. Valentin ; mais la fille est un bon parti : ces sortes de mariages ne sont pas sans exemple (3). » — Ils sont là une bande de Pari-

(1) Le Chevalier à la mode, I, 1.

(2) Les Vacances, 3.

(3) Les Curieux de Compièfjne, 8.

— lUG —

siens, venus à (^ompièg-ne- pour voir , le camp : M. Valentin, marchand de draps, et sa femme, M. Moufflard, marchand de galons d'or, et d'autres petits hourgeois. « Ah ! dit M""^ Robin, la bourgeoisie me pue horriblement à l'heure qu'il est, et je m'aimerais mieux simple cavalière que la plus honorable bourgeoise de Paris (1). » — « J'étais, raconte M. Moufflard, avec trois messieurs que vous connaissez, mon beau-frère le miroitier, mon cousin le bonnetier et mon neveu le notaire, tous bien vêtus, avec de grandes épées et des plumets rouges môme.... Je crois que tout le monde s'était donné le mot pour nous reconnaître ; car, de quelque côté que nous allassions, j'entendais toujours : Tirez, bourgeois ; fi, les vilains à la boutique ! Gela n'est point plaisant à essuyer au moins (2). » — De même il y a, dans la Foire de Bezons, un petit tabellion qui « arbore le plumet et l'épée pour imposer aux clercs et aux courtauds (3). » — « Et qu'est-ce que Dorante ? demande Lisette à Angélique dans la Parisienne. Estil de robe, officier ou courtisan ? — Il n'est de robe que le matin, répond naïvement la fillette, et les soirs il porte une épée (4). »

(1) Les Curieux de Compiègne, 9,

(2) Id., 16.

(3) La Foire de Bezons, 5,

(4) La Parisienne, 8.

— lu:

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