‹ La comédie au coin du feuChapitre 11 sur 200 · SCENE IV HENRI, L'ÉTUDIANT, ROSINE · texte numérisé non relu

SCENE IV HENRI, L'ÉTUDIANT, ROSINE

HENRI. — Voilà, il me semble, une bataille perdue. J'aime mieux aller à Harlem. Là-bas comme ici, il est vrai, c'est toujours le même homme et la même femme sous un autre haJbit.

Il allnme on cigare.

ROSINE, effarée. ^ Gomme M. Arthur firappe à la porte?

l'étudiant. =11 croit que c'est comme dans l'Évangile, qui dit : « Frappez et l'on vous ouvrira.

ROSINE. = Eh bien! et vous? je ne vous ai pas ouvert et vous êtes entré, est-ce dans TÉvangile, cela?

l'étudiant. = Qu'est-ce que cela me fait, pourvu que le royaume des cieux m'appartienne?

On sonne encore.

HENRI. = Allons, voilà encore cette sonnette. Saint-Jean, qui vient là?

LE GROOM. = Une lettre de Venise, sous le couvert de l'ambassade d'Autriche.

HENRI, brisant lecadiet. = Une lettre de Venise!

« Monsieur,

« Pourquoi ne vous le dirais-je pas? les Alpes me servi- « ront d'éventail pour cacher ma rougeur : je vous aime de « loin comme de près. Je suis partie pour Venise, parce « que je voulais fuir mon amour en vous fuyant ; mais j'ai

« emporté mon cœur. Êtes-vous capable de faire le même « chemin pour que je vous retrouve? Je ne vous envoie pas « mon jportrait parce que je n'ai pas encore eu le temps « de poser : j'ai vingt ans, et les Vénitiennes m'ont dit que c( j'étais belle.

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