‹ La comédie au coin du feuChapitre 122 sur 200 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Les Mêmes, GONTRAN

' LUCIE, à d'Aspremont. = Je VOUS avais bien dit qu'il viendrait. (A paH.) Je veux bien le quitter, mais je ne veux pas qu'il me quitte!

d'aspremont. = Je n'ai plus rien à faire ici. (eq sortant, M Contran.) Tu n'es pas mort, mais c'est bien pis!...

%i» LA COMÉDIE AU COIN DU FEU

CONTRAN, à part. = Il a raîson ! Gomment suis-je venu ici ? Quand j'avais juré à mademoiselle Marcelli...

LUCIE. = Tu es blessé ?

GONTRAN. = Oh! si peu ! Mais le prince est atteint.

LUCIE. = Il est mort?

CONTRAN. = Non. Mais il a pour quelques jours de fièvre. Cela t'intéresse?

LUCIE. = Il faut bien, puisque tu te maries.

CONTRAN. = Je me marie?

LUCIE. =Ton ami d'Aspremont est venu publier les bans, il m*a redemandé tes lettres. Ce sont des pages de ma vie , je les garde.

CONTRAN. = Eh! de quoi se môle-t-il?

LUCIE. = U se môle de faire ton bonheur. Je connais ta fiancée., i

CONTRAN. = Tu connais mademoiselle Clotilde Marcelli?

LUCIE. = Tu vois que j'ai frappé juste... Tu viens de me la nommer... Une amie de ta sœur. Je t'ai vu aux Italiens, dans sa loge. Ainsi, tu me trompais, car ce mariage était décidé depuis longtemps. Ah! c'est cette demoiselle rousse, moitié italienne, moitié parisienne, qui est de toutes les fêtes... puisque je la connais. Cela fera une délicieuse femme... une femme à la mode, selon la mode d'aujourd'hui. Tenez, elle était ici hier soir !

CONTRAN. = Ici?

LUCIE. = Pourquoi donc pas? Avec cela qu'elles se gênent vos femmes du monde international? Un voile bien épais, elles vont partout. Nous en rencontrons plus d'une se faufilant mystérieusement dans les petits salons du café Anglais. N'y en a-t-il pas un qu'on a baptisé au vin de Champagne le « cabinet des femmes du monde » ?

CONTRAN. = C'est par antiphrase! Je ne t'écoute plus.

LUCIE, = Tenez, mon cher, nous valons peut-être mieux, nous autres, parce que nous avons le courage de nos opi-

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nions. Elles n'ont qu'une ambition, c'est de faire avec nous assaut de beauté. Nous traînons le péché à nos trousses, mais nous ne nous drapons pas dans le mariage pour cacher l'adultère. Tiens l veux-tu que je te dise : — Prends bien garde à toi !

GONTRAN. s= Fais-moi le plaisir de ne plus me parler de mademoiselle Marcelli.

LUCIE. = Soit! puisque tu es amoureux. Mais tâche de savoir d'où vient sa fortune.

GONTRAN. =Ce que tu dis là est odieux!

LUCIE. = La vérité te fait peur.

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