‹ La comédie au coin du feuChapitre 138 sur 200 · SCENE X D'ASPREMONT, MADAME DE STALLËR · texte numérisé non relu

SCENE X D'ASPREMONT, MADAME DE STALLËR

MADAME DE ST ALLER, qui a vu parfir Contran, tend la muiu

à d'Aspremont. = Oh ! mon Dieu ! mon Dieu !... Eh bien ! monsieur d'Aspremont ?...

d'aspremont. = Courage, madame ! Vous avez assez" de force d'àme pour traverser cette crise...

MADAME DE STALLER. = Hélas ! je seus quc mon fils est perdu, si vous ne le sauvez pas. Pour moi, j'ai échoué, il ne m'écoute plus.

d'aspremont. = Et comment voulez- vous que je le sauve? Que peut un ami où une mère ne peut rien? Et d'ailleurs, vous savez combien de fois j'ai tenté de l'arracher à cette femme.

MADAME DE STALLER. = Ricu... VOUS ne pouYCz rien?... Mais il n'y a donc pas de loi qui nous défende contre celles qui nous volent nos fils ? La justice n'a donc pas d'action contre ces guets-apens qui mettent tous les jours en danger l'honneur et la fortune des familles ?

d'aspremont. = Ni la loi, ni la justice... Il n'y a que l'opinion publique qui juge ces causes-là, mais quand elles sont perdues... et ce sont les causes célèbres d'aujourd'hui !

MADAME DE STALLER. =Ehquoi! ces femmes se sont mises en dehors de la société, et c'est une loi qu'il vous

faudrait pour les empocher de nuire?... Allons donc! c'est pousser trop loin le scrupule ! Je sens que tout se révolte en moi contre ces privilèges inouïs !...

d'aspremont. = Vous parlez comme une mère... mais ce ne sont pas des mères qui ont fait le Gode. Et pourtant c'étaient des pères de famille... Voyez-vous, madame, contre ces liaisons dangereuses, la société ne peut rien ! C'est le combat de la vie ; l'homme vraiment homme en sort vainqueur.

MADAME DE STALLER. = Vous me parlez raisou, peutêtre ; mais songez donc à ce que va devenir mon fils ! Il est ruiné, ruiné d'argent et d'honneur !

d'aspremont. = Non pas d'honneur, mais d'énergie.

MADAME DE STALLER. = D'houueur, VOUS dis-jc !... Comment a-t-il pu accuser une pauvre fille que je recevais chez moi?...

d'aspremont. = Ah ! il y a là un mystère. Vous savez que je suis absent depuis un mois. Mais je saurai tout.

madame de staller. = Je sais, moi, d'où vient cette calomnie. Ne fallait-il pas, avant tout, empêcher Contran de se marier?

d'aspremont. = Peut-être... Mais ne vous hâtez pas de juger tout le monde par votre cœur. J'ai défendu et je défends encore mademoiselle Marcelli... Et cependant un doute s'est emparé de moi. A Paris, on ne va jamais au fond des choses ; on y vit si vite, qu'on n'a pas le temps de voir avec qui on vit ; on se voit, on ne se connaît pas.

MADAME de staller. = Vous uc trouvez rien à me dire pour me consoler ! Je suis donc condamnée à rester seule dans ma douleur ?

d'aspremont. = Seule?

MADAME de STALLER. = OÙ voulcz- VOUS que je prenne du courage ? Où trouverai-je la force de vivre et de lutter ?

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