SCENE VIII AURORE, MAX, puis LÉA
MAX. = Pas si bête î — Eh bienl Léa?
AURORE. = Eh bienl vous ne vous doutez pas de ce qui s'est passé?
MAX. = Les Fureurs d'Hermione?
AURORE. = Vous n'y êtes pas.
MAX. = Des larmes?
AURORE. = Rien de tout cela. Elle a pris gaiement la nouvelle.
MAX. = Vous vous moquez...
AURORE. = Je vous dis qu'elle a été parfaite de point en point.
MAX. = Parfaite?
AURORE. = Je crois entre nous que vous êtes tous deu« au même diapason. Vous ne vous aimez plus !
MAX. = Elle ne m'aime plus?
AURORE. = Je vous tfouvc plaisant. Est-ce que vous avez la prétention de la planter là comme une fontaine pour qu'elle vous pleure?
MAX. = Non, mais on y met plus de dignité... Quoi, une passion qui a émerveillé tout Paris!
AURORE. = Vanité des vanités I Vous voulez encore être aimé quand vous n'aimez plus l...
MAX. = Enfin, que vous a-t-elle dit?
AURORE. = Rien que de très sensé. Vous ne l'aimez plus; elle ne vous aime plus.** la coupe est vidée^.. Vouliez-vous donc qu'elle la remplit de larmes ?
MAX. = Celle-là qui n'aime plus n'a jsunais aimé.^. Elle
n'a eu que le masque d^ l'amour. — J'aimerai ma femme.
AURORE. = Vous croyez donc qu'on a la liberté d'aimer comme cela? On aime quand il plaît à Dieu... Eh bien! où allez-vous donc?
M A X . = Où je vais ?. . . mais est-ce que je le sais ?
AURORE. = Vous oubliez votre chapeau!... c'est logique, vous avez perdu la tête... mais vous n'irez pas loin, car j'entends la voix de Léa.
LÉ A, entrant. A Aurore. = Ah ! je te Croyais Seule!
AURORE, solennellement. = Et maintenant, Seigneur, expliquez-vous tous deux.
Elle sort.