‹ La comédie au coin du feuChapitre 165 sur 200 · SCÈNE X Les Mêmes, JULIA · texte numérisé non relu

SCÈNE X Les Mêmes, JULIA

AURORE. = Ah! voilà Julia; comment va Léa?

JULIA. = Elle n'avait pas la force de monter l'escalier de sa loge. Elle vous demande ; venez donc.

AURORE. =Si mademoiselle Julia voulait me parler plus poliment ?

JULIA. = Comme M. de Buffon, avec des manchettes. Que mademoiselle Aurore me pardonne, je ne lui parlerai plus qu'à la troisième personne. On sait la grammaire ! Ah ! j'oubliais. Madame Parpaillon cherche mademoiselle dans les coulisses; j'ai prêté cent sous à la mère de mademoiselle. Est-ce bien parlé?

AURORE. = Point d'impertinence. Voici cent sous.

jULiA. = Mademoiselle me donne un louis.

AURORE. = Vous donnerez le reste aux pauvres.

JULIA. = Aux pauvres! mais avec quinze francs, on aurait deux paires de souliers chez le frère de mademoiselle.

AURORE. = Oui, un brave homme ; car pour ce prix-là il pourrait n'en donner qu'une paire. Mais il aime mieux chausser les femmes de chambre.

JULIA à part. =11 n'y a pas loin d'une femme de chambre à une comédienne. Il n'y a souvent que la distance d'un amant. Ah I si j'avais de quoi rouler carrosse, comme je les distancerais toutes.

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