SCENE XIII AURORE, MADAME PARPAILLON
AUBORR. == Ah! te voilà! Pourquoi t'adresses-tu aux femmes de chambre de ces dames quand tu veux cent sous?
MADAME PARPAILLON. = Parcc que je cache mes vices à mes enfants.
AURORE. = Tu en feras tant que je te déshériterai. Où as-tu mis le châle que je t'ai donné?
MADAME PARPAILLON. = Lcs tcmps sout duFs I Je l'ai mis sur mon dos.
AURORE. = Si tu l'avais mis sur ton dos, tu ne porterais pas cette guenille... Tu l'as mis au Mont-de-Piété l
MADAME PARPAILLON. = Aussi, quelle idée de me donner un cachemire au mois d'août.
AURORE. = Et ma montre? celle que tu as prise dimanche ?
MADAME PARPAILLON. = Tu t 'imagines peut-être que je l'ai prise pour savoir l'heure. Après cela, chaque fois que je te prends une montre on t'en donne deux ; tu n'as pas à te plaindre. Ce que c'est que d'avoir beaucoup de gendres! Tu as là un joli manteau.
AURORE. = Ayez donc des parents! heureusement que mon père y a mis de la discrétion et a voulu garder l'anonyme. Es-tu bien sûre que je n'ai pas été changée en nourrice ?
MADAME PARPAILLON. = Dieu du ciel ! Ta nourrice, une • brave femme de Saint-Clôud qui avait un garçon.
AURORE. 5= C'est égal, je ne suis pas convaincue; c'était peut-être moi. Vas dans ma loge.
MADAME PARPAILLON. = Chut! nc dis jamaîs cc mot-là ! il me semble toujours que je vais tirer le cordon.
AURORE. ==• Eh! bien, va-t'en et reviens l'an prochain.
Madame Parpaillon sort en emportant le manteau de sa fille.