SCENE II
LE ROI, venant de droite, MADEMOISELLE DE LA VALLIëRE, Tenant de gauche.
LE ROI. = Messieurs, c'est ici que nous attendons la reine. Monsieur de Saint-Aignan, dites au prince de Gondé de ne pas se déranger, il est trop surchargé de lauriers pour venir au-devant de la reine, c'est à Sa Majesté à aller audevant de lui.
MADEMOISELLE DE LA YALLIÈRE. = Ah I Sire I
LE KOI. = Quoi ! Madame 1 Avant la reine ?
MADEMOISELLE DE LA VALLIÈRE. = Ah ! Slre I JO
mourais loin de vous.
LE ROI. = Vous avez manqué à Marie-Thérèse, Madame.
MADEMOISELLE DE LA VALLIÈRS» = Quoil sire» c'ost
là votre premier mot ? Que les temps sont changés I
LB ROI. = N'est-ce pas, Madame? Vous oubliez vos «hvoirs, je n*oublie pas les miens. Je triomphe de mon cœur, comme de mes ennemis. Souriant. Le cœur, c'est un ennemi.
MADEMOISELLE DE LA YALLIÈRE. = SirO ! UOUS COSSOUS
de nous entendre I... J'accourais vers Louis ! Et c'est le roi que je rencontre I
LB BOi. = G'esl que nous ne sommes ici, ni dans les jardins de Versailles, ni dans ceux de Fontainebleau.
MADEMOISELLE DE LA VALLIÈRE. = Fontainebleau ! ^Ah I sire, quel souvenir évoquez-vous là !
LE ROI. =Que voulez- vous dire ?...
MADEMOISELLE DE LA VALLIÈRE. = Je SUis folle I mOn
cœur me perd !... J'arrive un jour de victoire, et j'oublie de vous parler de vos triomphes !
LE ROI, désarmé, embrasse mademoiselle de la Valliëre. ==Louise !..•
Ma plus belle victoire, c'est vousl — Vous pâlissez I...
MADEMOISELLE DE LA VALLIÈRE. = Go u'oSt fieU, sire,
ce n'est rien !
LE ROI. = Mais pourquoi ces larmes?...
MADEMOISELLE DE LA VALLIÈRE. = Des larmes de joie !...
LE ROI. = Mais non ! Cette pâleur de mort !...
MADEMOISELLE DE LA VALLIÈRE. = C'est que VOUS m'aVCZ
appuyée sur votre cœur !
LE ROI. = Eh bien ?...
MADEMOISELLE DE LA VALLIÈRE, montrant son sein. =
Sire I j'ai mis un cilice entre mon cœur et le vôtre I
LE ROI. = Vous êtes folle ! et les pointes de fer vous ont déchiré le sein !
MADEMOISELLE DE LA VALLIÈRE. = Oui, CeS êpineS-Ià
m'empêchent de me sentir trop près de vous 1 en dehors.