SCENE IX Les Mêmes, LE ROI, COURTISANS
LE ROI, apcrcnvant la marquise. = La marquise et LauZUn! MADAME DE MONTESPAN, se détournant. = Je ne VCUX paS
le voir.
LE ROI, saluant cavalièrement. = Yous, madame; est-ce bien vous?
m LA COMÉDIE AU COIN DU F£U
MADAME DE MONTESPAN. = Non, Sire, cc ii'est pas moi, puisque ce n'est pas vous!
La marquise se détourne.
LE ROI, aux chasseurs. = OÙ lïi'avez-vous coiiduit, messieurs?... Ce n'est pas notre chemin. Le cerf n'a pas passé
par ici. (il se dispose à sortir, Lauzun lui barre le passage.) Monsieur
(le Lauzun, que me voulez-vous ?
LAUZUN. = Je viens encore une fois vous demander la main de votre cousine, mademoiselle deMontpensier?
LK ROI. = J'ai dit non! monsieur.
LAUZUN. Sire! j'avais votre parole.
LE ROI. = Cette parole, j'ai dû la reprendre; mais rassurez-vous! je vous élèverai si haut que vous ne regretterez pas ce mariage impossible.
• LAUZUN. =Je ne veux pas de vos dons. Sire! Je ne veux rien accepter d'un prince qui manque à sa parole.
LE ROI. £= Monsieur de Lauzun!
LAUZUN. = J'ai dit, Sire !
LE ROI. = Retirez-vous, monsieur, retirez-vous ! Je veux bien pardonner à votre emportement, mais ne reparaissez à la cour que résigné et soumis.
LA uzux. = Que voilà bien le mot de prédilection de cet orgueilleux Louis XIV ! Il ne lui faut autour de lui que des laquais et des esclaves !
LE ROI. = Monsieur ! il lève sa canne sur Lauzun et la jette aussitôt loin do» lui.) Allez! monsieur! encore une fois, retirezvous; je ne me pardonnerais jamais d'avoir frappé un gentilhomme de ma cour.
LAUZUN. =1 Et moi, je ne servirai de ma vie un souverain infidèle à sa parole !
11 recule de quelques pas, tire son épée, en brise la lame sur son genou et
en jette les morceaux aux pieds du roi.
LE ROI, appelant. = Monsieur Lachenais! oninsultele roi !..
LE aOI SOLEIL 143