‹ La comédie de Dante (volume 2)Chapitre 21 sur 55 · Leurs pratiques de dévotion catholique · texte numérisé non relu

Leurs pratiques de dévotion catholique

Jamais à découvrir une chose ignorée

Mon âme n'aspira, de savoir altérée,

Gomme dans cet instant qu'en transe elle songeait *^

Je n'osais, sur mon doute, interroger mon maître^

Dont se pressait le pas de plus en plus hfttif ,

Et je ne pouvais seul rien résoudre et connaître :

J'allais donc cheminant inquiet et pensif.

42. Un mystère d'une haute im- (ébranlement de la montagne. porlance se rattachait donc à cet

Celle native soif cjuc peut seule étanchcr L'onde pleine d'atlrait dont la Samaritaine implora la faveur au bord de la fontaine, Sur la route encombrée où j'avais à marcher, M'aiguillonnait sans trêve, et derrière mon guide , Par de justes tourments en me laissant toucher*. Me poussait à hûter encor mon pas rapide ^

Alors, comme en saint Luc, il nous est rapporté Que le Christ, du tombeau déjà ressuscité, A deux des siens, dont faible était encor le nombre, Sur leiir roule apparut; nous apparut une ombre, Venant derrière nous, dont l'œil considérait Cette foule, à ses pieds gisante, qui pleurait \ Nous ne la voyons pas d'abord, quand, la première ,

1. Dante nous indique ici quel'exptesfiion symbolique à' eau vive, dans le sens de ceUe* vérité qui étanclie ù tout jamais la soif humaine, est empruntée àTÉvangiie de saint Jean, patron des Templiers. C'est pour se rassasier de cette eau salutaire qu'il s'est tourné vers l'Orient et qu'il se hâte d'arriver où elle se dispense, en s'apitoyant sur la juste vengeance tirée et à tirer des avares, des rois , des papes , de tous ces grands propriétaires dont la richesse est fondée sur Tiniquité. Convito iv.

2. Pour être plus tôt instruit de ce qu'il avait bâte d'apprendre.

3. Une première comparaison, celle de l'hymne chantée par les anges, lors de la naissance du Sauveur , nous a préparés à celle-ci , qui reporte déplus en plus la pensée vers le Christ, en s'appliquant à l'apparition du nouveau personnage. Il faut donc voir en lui, ce qu'il était en effet dans la pensée du poète ; un Sauveur ayant mission de contribuer à procurer à la secte le salut et la paix, objets de ses vœux ardents; non-seulement en ébranlant là montagne, mais en la sapant peu à peu et en la faisant s'écrouler sur ses pieds débiles,

Elle nous dit , du ion ému de la priëic :

Dieu vous donne la paix, mes frères*. A i'iuslunl ,

Nous (îines voile-face cl, coninie il se pratique,

Vii*giie lui rendit le signe S en ajoutant :

Puisse bientôt Farrêt de la cour véridique,

A Texil éternel qui me voue à jamais,

Au concile béni t'admettre dans sa paix ^ !

Comment ? à lui si Didu ne vous trouve pas dignes D'être appelés, dit Tombre en cheminant toujoui*», Pour gravir ces degrés qui vous prêta secours ' ? Le maiti'e répondit : — Regarde bien les signes Qu'au front celui-ci porte et que l'ange, là-bas, V traça de son glaive, et tu reconnaîtras Qu'il doit avec les bons un jour ivgaer tranquille * ; Mais celle qui, là-bas veillant, nuit et jour file,

piedi molli. Écoulez, en ellel , les premiers mots qu'il prononce.

4. Et toujours frati. C'est ù deux l>oclos qu'il s'adresse en ces termes; quant h la foule des pleureurs rampant sur le sol, il la regardait avec dédain.

5. Bendè lui il cenno ch' à cio si conface. Avec la meilleure volonté du monde, nous ne saurions traduire, Virgile lui rendit le salut du geste. Toute contournée qu'est l'expression, il est impossible d'y méconnaître rattouehement symiiolique, le signe du grade, par lequel les adeptes se sont de tous temps reconnus entre eux ; le signe correspondant au mot de reconnaissance Dio vi Die Pace, ce4ul qui a cio si conface*

6. Le vieux langage symbolique .personnifié dans Virgile, prêt à céder Ja place au nouveau , lui souhaite poliment d'être agréé par la cour de Vérité f réunie en concile , dans l'espoir qu'il procurera à la secte la paix désirée, et, w salut qu'il aitcn^

duit (le Uéatriccdans la Vilanuota.

Ce mot de concile est employé ici évidemment pour faire ressortir l'opposition enlrc le comité mystélieux qui , seul , est l'organe de la vérité , selon le poète, et la cour pontificale, d'où n'émane que mensonge en cette vie , vita huggiarda,

7. Si vous êtes des réprouvés, autrement dit des profanes, comment éles-vous arrivés au grade que m'a indiqué le signe que j'ai reçu de vous , l'un des plus élevés de i'é* cheile, chi v'ha'per la sua scala tanto scorie /'

8. Nous ne sachions pas que l'Kglise autorise chez les élos la prétention de régner, mais c'était À coup sûr celle des gens de bien qui prenaient si grand soin d'cftacér .

de leur pensée touta trace de pa^ pisme. Dante nous en donne id unt preuve éloquente, en faisant dire de lui à Virgile : coi huon comien.

çWei regni, ce qui iuipliquerait la fin du régne des méchants, rei, et par suiie de la Hliéa romaine. :

LE PtllGATOlUE.

IN^ayant pas en entier mis sa quenouille ù fln.

Que Glotho pour chacun va chai'geant de sa main,

Son âme en qui je vois ma sœur, comme la tienne',

N'aurait pas, où le Ciel permet qu'elle parvienne ,

Seule su s'élever, n'ayant pas le pouvoir

Comme nous de comprendre, et comme nous de voir '•.

Je fus donc appelé pour lui montrer la route

Des lieux où de l'Enfer s'étend l'immense voûte,

Et même encor plus loin je le dirigerai,

Par mes enseignements tant que j'y suffirai *'.

Mais dis-nous, si de toi la cause en est connue,

Pourquoi jusqu'à sa base , où bat le flot salé.

Ce mont, à l'instant même, ainsi s'est ébranlé.

Pourquoi de toutes parts la clameur entendue ?

Sa demande arrivait si juste à mon désir Que, d'espoir, j'en sejitis ma soif presque tarir. L'ombre lui répondit : — Ce n'est pas chose étrange , Ni qui sans ordre advienne en la religion De la montagne *^ Ici nulle altération Jamais ne se produit et, dès lors, rien n'y change, Sauf un seul cas, et c'est lorsqu'en son sein le Ciel

9. Toutes les âmes étanl sœurs, comme filles du père commun, U y a ici un non sens , ou il faut admettre que ces mots ^ tua e mia sirocchia^ font allusion à la fraternité mystique des initiés. D'autant plus que celle qui file les jours et les

'nuits composant la vie, mélange de blanc et de noir, de lumière et de ténèbres, a bien l'air d'appartenir à

. la même famille que rarchitecre, auteur du pavé mosaïque du Temple, mélangé de blanc et de noir.

10. Faute d'être initiée h la doctrine qui fait que chacun de nos frères voit, adoechia, les choses du ciel et de la terre sous un tout autre aspect que la foule des profanes.

1 1 . Quanto 7 potrà menar mia scuola. Je serai son guide, son prépOTateur à rinltiation , tant qu'elle ne dépassera pas le terrain ds l'ancienne école des mystères.

12. 11 s'agit bien, en effet, d'une religion, d'une sorte d'institution religieuse et politique tout à la fois , se dirigeant d'après certaines règles mystérieuses, ayant ses serments et ses Tœux ; aussi cette religion de la montagne , religione delta mon," tagna , qui rappelle celle dfs Haschischins, dont l'organisation offre tant de rapports avec celle des Templiers, ne saurait-elle manquer d'éveiller ratlcntion. Voy. p. 19 des Révél.

Reçoit ce qu'agréa sou vouloir élcriiel **.

Car il ne tombe ici neige, grêle, eaux d'orages ; On n'y sent ou rosée, ou brouillard plus avant Que Je seuil, où les trois degrés vont s'élevant. N'y paraissent, fréquents ni rares, les nuages ; N'y brillent ni l'éclair, ni l'arc que si souvent, Ailleurs, on voit paraître, en changeant de parages **. Nulle sèche vapeurrie saurait s'exhaler Au delà de ce seuil dont je viens de parler, Où de Pierre se tient, glaive en main, le vicaire". Peut-être qu'au-dessous tremble parfois la terre, Soit peu, soit beaucoup; mais, je n'en sais la raison, Par l'effort souterrain du vent, d'un tourbillon Ne s'ébranle jamais cette haute contrée".

Quand pourtant, se sentant tout à coup épurée , Une âme pour monter se lève et va partir.

Le mont tremble et le cri ne tarde à retentir. La seule volonté de changer de demeure Que l'âme alors ressent prouve sa pureté *^

13. Quel che 7 ciel da se in se riceve. Lorsqu'un frère, après la série des épreuves requises dans les «rades inférieurs, est admis dans les rangs des dignitaires de l'Ordre, cl passe de la vie active à la vie conlemplatlve, dans le ciel sectaire, composé de très-excellents anges j de la milice dans le conseil suprême.

li. La religion de la montagne, entée sur i'édifice catholique, qu'elle tend à détruire, échappe à l'influence pontificale, autrement dit à celle de la Lune , che 'l gelo conforta, astre de l'erreur, exhalant le froid, che lo spirito ammorta , et produisant la neige, la pluie, qui assombrissent Vaify à moins que ne s'élève, pour les combattre, un autre courant d'air. Voy. la Canzone : lo son renuto alpnnto délia ruota, et p. 378

des Rëvél,

15. Ceux qui, simples* aspirants, n'ont pas encore franchi le seuil de rinitiatlon, subissent encore. Jusqu'à un certain point , l'influence pontiflcale dans cette vapeur sèche, mais à un moindre degré. Jusqu'au moment où le véritable vicaire de saint Pierre, qui ne siège pas au Vatican, les admet dans l'enceinte privilégiée.

16. Les hautes régions sectaires n'ont rien à craindre des secousses résultant , soit de la guerre à main armée , des croisades -par exemple, soit des excommunications et des persécutions, autrement dit, vente che in terra si nasconde, et que produisent les ailes de Satan Aleppe, Tre venti si morean da ello. Enfer, ch. XXI v,

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