Simon de Brionei né en Brie
archcT éque de Tout s, occu pa le siégé pontifical de 1281 à 1385, sous le nom de Martin IV, et soutint Charles d'Anjou contre Pierre é'Arragon, aussi condammi7t-il sévèrement les auteurs des Vêpres - Sfcliiennes.
Dante se XTnge ici d« lut ^ sa manière.
8. U n'y a pas h doi)ter que le poète aR voulu personnifier la gouf* mandise dans ce pontife, amateul* de matelotes, k qui l'on fil dans \t temps celte épttaphe <
Gëudent anguillo! fiiia moriuu» kiejant iife,. Quly fUAji mortt reaf, êreotiabal «of.
).e péché de la bouche sert ainsi dé pa&sc'port au péché de la langue ou de la gorge. Dante n'a garde de s'agenouiller cette fois devant le pontife français, H se rappelé le ne^ne nubent.
LR PURGATOIRE.
Avec bien moins de soif s'abreuvait à plein verre, El Teut telle , pourtant, qu'il ne désaltéra ».
Mais, comme on fait quand l'œil d'abord partout erra, Puis qu'un objet plutôt qu'un autre nous attire , Ce fut vers le Lucquois que j'allai , croyant lire Entre tous, à son air, qu'il me connaissait mieux*'. 11 murmurait tout bas des mots mystérieux :
J'entendais , où la plaie est vive du martyre Dont les consume ainsi d'en haut la juste loi, Que d'une ignoble plèbe il disait ne sais quoi **.
9. Dante cite Vdlontiers des noms de gourmands parmi le plus célèbces de son temps ; mais il devient beaucoup moins explicite lorsqu'il s'agit des indiscrets, de peur de tomber lui-même dans leur péché. En compagnie du pape Martin IV, il désigne le frère du cardinal Octavien, que nous avons yu en EnA.T, un archevêque de Ravenne et un grand buveur de la famille Rigogllosi de Forli, qu'il n'y avait aucun inconvénient à signaler pour des exploits gastronomiques, dont eux-mêmes tiraient gloire de leur vivant ; aussi , aucun d'eux n'en fait-Il plus mauvaise mine ; bien loin de là, parean tutti contenti. On serait même tenté, d'aprèfr ces expressions, de les croire peu orthodoxes, puisque, loin de les faire pleurer, le poète rend témoignage d'unQ disposition toute contraire. Nous voyons en effet dans Viiiani que le cardinal Ubaldino , assiégé, en 1255, parlerolJManfrcd, duns la ville de Foggia, ayant été forcé de capituler à des conditions préjudiciables aux intérêts pontificaux, fut soupçonné d'être favorable au parti pit)elin. L'histoire dit bien que Boniface des Ficsehi, neveu d'Innocent IV, ouvrait ses greniers aux pauvres pendant la famine , et dans ce sens Dante aurait été fondé
à dire patturo moite genii ; mais elle n'a gardé nulle trace de sa prétendue gourmandise. Quant au marquis, on conçoit qu» Tabus du vin devait lui interdire la discrétion.
10. Buonagiunta, son conlcin;>(irain, le connaissait en effet coiunic l'ami de Guido Cavalcanti, avec qui lui-même était en correspondance, et comme son co-rcligionnairc, ce dont leur entretien va nous fournir la preuve. L'Anonyme ne nous dit- 11 pas d'ailleurs : « Mostra Vaffesione che avea a Bonagiunta; peroccM si dUetto in una medeiima poesia vulgare, » et nous savons combienDante aimait son Vulgare, qui lui permettait les deux et trois casaques de rechange , guamacchc.
Les chap. II, 12 et 13 du Conviio, traité I, vous édifieront amplement à cet égard, maintenant que vous êtes assez initiés à ce précieux Idiome, dussiez-vous être réduits à les lire dans la traduction de M. S.
Rhéal.
11. On a eu la bonhomie de prendre le mot de gentucca, contraction de gentuccia, qui signifie bas peuple, populace, racaille, pmir un nom de jeune fille, et l'on s'est éveil ué à chercher à quelle famille elle appartenait, et à quelle époque Dante s'éprit d'elle. Sa gentucca est
—•0 toi qui me parais avoir hâte si grande - •
Avec moi de parler, dis-je , fais qu'on Tenlende Pour que de le répondre on ait la faculté ! — Il répartit : — Sur terre il existe une femme Du bandeau libre encore, et par qui ma cité , Bien qu'il en soit plus d'un pour lui jeter le blâme , Pourra te plaire un jour. Quand tu m'auras quitté, Celte prédiction doit te suivre : elle est sûre ". Tu l'es peut-être bien mépris à mon murmure ; Les faits t'éclaireront dans leur réalité".
Mais en toi, dis- moi, vois-je, ainsi que je le pense, Le poète qui mit au jour les vers nouveaux Dont le premier quatrain commence par ces mots-: Dames, qui de l'Amour avez l'intelligence^^ ?
tout cimplenienl la population luequoise, déjà si maltraUée dans la personne de ses magistrats ch. xxi de i'Eiifer^ pour sa ftdélité an Saint- Siégn et sa dévotion particulière k la sainte face. Quelques annotateurs ont du reste adopté cette version, • notamment l'Anonyme, contemporain et ami de Dante, qui traduit :
lo non so che gente bassa ; maië, romme toujours, le sens le plus ab- Funic la emporté.
12. Femina è nata, e non porta ancor henda, semble vouloir dire qu'une jeune flilc est née qui ne porte pas encore la coiifure des femmes mariées, mais signifie en réalité : il est né à la Vie nouvelle un futur dignitaire de notre église, qui, lui aussi, ancora, a rejeté le bandeau de Terreur catholique, et qui te fera revenir sur le compte de ces Lucquois contre lesquels s'est déchaîné le fouet de ta satire. Quel esl ce co-religionnaire?Nul autre que Caslruccio Castracani , l'habile chef gibelin tlont Florence eut à subir cruellement les coups, et qui ne sur-
vécut que sept ans au poète. En tout cas, n'y a*t-ll pas inconséquence, absurdité h représenter Dante, d'unct part, comme un amant modèle, et, de l'autre, h le montrer s'occnpant d'intrigues secondaires, s^arrétant complalsamment à les signaler, précisément dans te poème qu'il aurait consacré à celle qu'on nous donne comme l'unique objet de son adoration ? La haine tenait trop de place dans son àme pour en laisser beaucoup aux sentiments tendres.
L'Anonyme contemporain est tellement persuadé qu'il s'agit ici d'une allégorie, qu'il voit dans cette femina la faction des Blancs ; mats qui sait s'il n'entendait pas par là diriger la pensée surCastruccio?
13. L'expérience t'apprendra que tous les Lucquois ne sont pas une ignoble plèbe, gentucca^ ce mot murmuré entre les dent.s, ou plutôt au fond du cœur afiamé de justice et de vengeance, ove si sentia la piaga deîla giustisia,
14. Foresc sVst déchaîné contre les méfaits de la langue en lançant
LK FniGATOiRR.
El je lui rë(K>mUft : — Jn suis un ôire ftimant Qui me borne ft troccr ce que TAinour minispîre , Kt, lorsqull parie en moi ^ me mets docilement A tracer ce qu'il dicte , en ne faisant qu'écrire ".
frère , reprit-il, désormais je comprends Quel lien entrayait Guitton, moi , le Notaire , Nous empêchant tous trois d'atteindre, en son mystère , Ce doux style nouveau qu'ô cette heure j'entends " I Je vois bien comme vont vos plumes empressées De celui qui vous dicte exprimant les pensées *^ ; Ce qui certes n'advint des nôtres nullement *^ Tel, pour le dépasser, qui va se consumant, Ne sait plus voir d'un style à rautre la distance.
Lorsqu'il eut dit ces mots > il garda le silence , Non sans manifester certain contentement*'.
Caniithèmtà contre les prétendues dARMs &b Floreni^e, coupables de ne pas aUer couvertes, ir copertCf cl de tic pas parler dus. Buonnglunta va vairtcr les mérites du langage et du st>le dm; mais, pas plus que Foresc, H ne dira un mol de la lEOuf mandisc , qut dans c«s deux chants ne flgure que pour enseigne.
I.a Canzone dont il cite le premier vers fgt prt^cîsément celle par la* quelle Dame a annoncé inystérlcusem^m aux Ûdêtcs d'Amour, dans sa Vie nouvelle, rintenllon de modi^er le lat)gage scctalrej^ en tnfsant sulitr à sa Béatrice, personntficatîon erotique de la pensée rationaliste, qut opposait la libre raison h Taulotité ,. une transformation telle , qu'elle lui- donnerait toutes les apparences de l'orthodoxie, sans rien Changer à son essence. Vcy, p. 46 tliQûe^Révêl.
15. Je ne suis que l'organe docile de ce principe divin que nous appcfons Amour, et d'où dérive la doctrine opposée à la religion de baine.
}6. Gufiton d'Arezzo , Jacques de Lentino, dll le Notaire, lè chancelier de la commune, et Buonagltinta ne s'étalent pas exclusivement voues, comme Dante, au triomphe de la doctrine sectaire, et il tie leur était pas venu à Tespril de la propager dans ce doux style Imprégné de tout le miel catholique. Ils ne s'étaient pas surtout donnés corps et âme au dictateur impérial, dtef<tfor, au monarque universel.
1 7 . 8ous la forme orthodoxe, dont on est si généralement la dupe.
18. Auxquels fait défaut cette forme orthodoxe ; car en jetant le»
yeux sur les trente^cinq Sonnets et les quatre Câftzoni de GuiUon en particulier, on y reconnaîtra , au contraire, toutes les^ formules de la poésie amoureuse des Provençaux et de Dante lui-même.
10. Dante, qui vient de faire proclamer la supériorité de son nouveau style, a certes lieu d'clrc encore plus satisfait que son interlocuteur ; puisque les théologiens de profes-
CffAHT XXtW
AitiM ffUB len oiséatix dont ic Nil , mr seâ HVes » Voit venir hiverner les bandes i\igittves^ En grand nombre parfois s'assemblent ^ puis, volant D'un plus rapide essor» dans Pair vont défilant; Ainsi de ces Esprits, âtors, la troupe entière, Que rendait son désir et Sa maigreur légère , Se séparant de nous , hAta soudain le pas ** ; Et , comme un voyageur qui de courir est las Laisse ses compagnons aller et se prcHuène, A son sein haletant pour laisser prendre haleine ; De même Férésé par le troupeau sacré Se laissa dépasseir, et^ marchant sur ma trace *S Il me dit ? --Quand le Ciel me tera-t41 la grâce ^ Ami, de te revoir " ? — Le temps que je vivrai M'est inconnu, i^pris-je, et sans doute A mon gré Mon retour peut tarder assez pour qu'il m'arrlve, Par mes vœux, d'appeler plus d'une fois la rive 5 Car le lieu dans lequel est mon natal séjour. Ko bien^ de plus en plus, s'appauvrit chaque jour, Et pour lui semble proche un désastre effroyable ".
Bien «isHMéniM feioot fie raini cf^ forte pour aUtr au dHt^, ptti olfré, Mcti loin irapeiTOvair que le aiytc UHH^ogf<|ue, si diffi^rent quant à sa ferme liu etytè erotique, inepiri^ pourtant par la même pcnaw, n'nt aa demeufant qu'une tnrodcri^'^^donl les attilïesqoeft bohI prodiguét de msntire à coatrtr cniiènenient le fond.
20. It y a certeft d€S gruea par-imi aill^n qu'en Ëii:yplc> \m^ Dante se cemplâît t<>(t«mpnt h î%}^ peler l'Orient, qu'il va chei^hef prédeément cellf a des bords du NH peur les comparer aux âmes qui s'étotgneni inr^qu'il n'A plus besoin dalles en scèno. Or, ers griies sont du nombre de ces oiseaux qui «tt-
vent lanhakurtA la hiniiére(p.d7ll des RML\ ti q«« ont horreur dd froid que la luna confort,
3 1 . Foresc suivaR Dante, comme lui-même suivait Vit^tet parce qu'il avait été son disciple , dietro mrco sen teniva» Autrement^ pourquoi ne pas le faire marcher A c6td de lui ?
Sf . Les fisprtu, tell que Dante nous les représente es Enfer et ea Purgatoire, étant privés de It co«'* naiBsance du prêtent, pour lequel H les compare aux presbyias, mais voyant distinctement l'avenir, la question que lui adresse Forese a de quoi surprendre, au moment même où H va lut faire une prédic-^ tion.