‹ La comédie de Dante (volume 2)Chapitre 31 sur 55 · Rien de plus naturel qu'une pareille question · texte numérisé non relu

Rien de plus naturel qu'une pareille question

6. GoBiparaifion n'est pas raison et encore moins explication. Les commentateurs auront beau nous dire, avec Dante, par la bouche de Stace, que l'âme étant douée de la vertu informative, le, fantôme de

corps qui l'enveloppe, dans une autre vie, se modifie dans son aspect, selon ses airections et ses passions, et peut dès lors subir la maigreur,' si l'âme sounvc de la faim, il faudrait d'abord expliquer coœment rame peut éprouver la faim; n'ayant pas, comme le dit Dante , besoin do se nourrir pour vivre.

7. Au cas où la plaie de Dante «omit celle de la curiosité, le médecin qui lui est donné dans Stace ne fera que l'aviver au lieu de la guérir, en admettant que le malad« d(»ve prendre au pied ûe la lettre les paroles de son docteur. On va en juger.

Des vengeances pour lui dévoiler le mystère •.

Fils, me dit-il, s*U faut qu'en y trouvant accès Se grave ma parole en ton esprit, j'espère Sur ce dont tu t'enquis Vapporter la lumière *,

Le sang parfait et pur que n'absorbent jamais, ËQ se le transmettant, les veines altérées, . Qu'elles laissent intact, comme sur table un mets. Va puisant dans le cœur, aux sources ignorées, L'aptitude à former tous les membres humains; De même que celui dont ils sont faits, sans cesse Va des veines suivant les sinueux chemins^*.

Ce sang élab<Nré descend ou c'est sagesse De n'assigner un nom ; puis sur un autre sang. Dans le vase pour lui qu'apprêta la Nature , Pour s'y mêler soudain il tombe frémissant.

Mais Tun n'est que passif dans l'acte qu'il endure, Lorsque l'autre est agent, par la perfection Du lieu dont il reçut d'abord Fimpulsion *'.

8. H est en effet assez singulier que le Toulousain se substitue au laaiire, au docteur, cette mer.de tout savoir; mais Virgile a une bonne raiiion pour i<e désigner ce suppléant, c'est qu'il est bien mieux que lui au courant de la nouvelle initiation sectaire et de la tendetta que poursuivent les adeptes.

9. Stace ne traite pas Dante de frère, mais, comme Virgile, il lui dunne le nom de fils et, en ef&t , il va bientôt devenir son père spi rituel en lui servant de parrain; puis il dérive de lui comme poêle de l'Amour dans le langage symbolique des trouliadours.

10. Ce sang parfait, perfelto, cathare ou pur, i^st tout l>onncment liDlelligeuce , élément spirituel qui ne parcourt pas comme le sang, in su quai uede, avec Tàme (ch. v,

aa.

note 20), le réseau sinueux des veines, mais réside dan» le cerveau, où il reste intact Or, riotdiigence emprunte au cœur de la S(*cte , Hcreto dentro, dans sonsanctuaire ; i réiite de ses membres , tous humains et non brutes f renseignement, tirfw informativû!, parcft (|u'ii fuurnlt des Informations que n'ont garde de donner el Rome et ses écoles. «Celte vertu tnformative procure dès lors îk Tespril l'aplitude à convertir à sou tour des catholiques et à (aire d'autres mtînibres humains.

1 1 . Cette doctrine bien digérae par le néophyte, on {e fait descendre en loge, dans ce lieu souterrain que la pudeur de Stâce no lui permet de désigner que comme un vaisseau naturel ou impérial i\h,li gémit sur le sang des Albigeois et des Templiers, si erueilement versé; sur ceux qui

LE PURGATOIRE

Dès qu'il s'est joint à lui, d'opérer il commence,.

En se coagulant, et puis , en avivant

Ce qu'à se condenser disposa sa substance ".

Dans sa progression cette active puissance

A se faire âme enfin par degrés arrivant.

Ce qu'on voit dans la plan le, avec la différence

Qu'au terme est celle-ci, quand l'autre va croissant,

Elle agit déjà; même elle se meut et sent.

Comme un fungus marin sur le roc que bat Tonde ".

Elle organise alors toutes les facultés ,

Dont elle est le principe et la source féconde.

ont péri pour la causo d'A.L.T.R.VI.

Là, les frères réunis s'entendent ensemble, les uns résignés à souffrir pour le triomphe de leur cause, les autres à agir sans relâche : Ivi s'accoglie Vuno e Valtro insieme , Vun disposio a patire, e Valtro a fare ; et cela, en raison de la loge parfaite, per lo perfetto luogo , sanctuaire des Cathares ou parfaits^ d'où dérive renseignement, onde si preme. On voit à quel point les meilleures traductions d*un pareil jargon ne sont qu'un tissu de contre-sens. Ah ! vous tons, mes complices dans ce genre dedéiit, relisez-vous avec contrition, comme je le fais moi-xiiéme. Vous surtout, M.Fiorentino, dont Titalien est la langue maternelle , quoique vous sachiez si bien manier la nôtre ; relisez votre traduction à M. Tiiéophiie Gauthier, dont le style à facettes ruisselle l'orientalisme, et demandezlui s'il persiste à penser qu'il « n'y a pas un sens caché dans ce poème si évidemment simple , » quoique d'origine tout orientale, et qu'il n'y faut pas voir «l'Apocalypse de quelque franc-maçonnerie Inconnue. »

Demandez h M. de Sanctis s'il est toujours d'avis que les commentateurs n'ont plus de raison d'élre.

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