‹ La comédie de Dante (volume 2)Chapitre 55 sur 55 · Ë , XXXI · texte numérisé non relu

Ë , XXXI

ZtVMisRB. Le do<i;me albigeois, lumière d'origine orientale, et l'enseignement qui le propageait.

ZiVzoBZBuz. Les pécheurs charnels, ceux que des appétits terrestres ont fait, par faiblesse de cœur, renoncer aux biens célestes, et suivre les lois de la louve romaine, de Sémirariiis, la prostituée de Babylone. E,, v. Pflf., xxv.

Mackgibus, IfÉcawMAifS. Ceux qui ont commerce avec les démons sont les dignitaires de rÊgIi»e romaine , tandis que les bons enchanteurs appartiennent à l'Église albigeoise ; il en est de même pour les magiciennes et les Jées, dans les Romans de chevalerie^ comme dans le Tasse et TAriosle qui s'en sont inspirés trèssciemment. Ces fées sont souvent obligées, par nécessité, de prendre la figure de serpent, autrement dit de revêtir ('apparence ortho* doxe.

Mahomet. Masque destiné à déguiser Robert II de Naples, prince dévot et letti é, se plaisant à écrire des espèces d'homélies et d'instructions pieuses, déployant un grand zèle dans l'intérêt du Sainl- Siége , et dont la politique tendait à jeter la division parmi les adversaires de Rome. £., xxviii.

MAZ.AGODA. Corso Donati, personnage influent parmi les Noirs, ayant •ia haute main sur la Seigneurie et sur les Syndics du parti , désigné sous ce nom' parmi les démons , selon l'Anonyme , parce qu'il devait faire une mauvaise fin. £., xxi.

Mauibolob. Mauvais bouges, mauvais trous ou malesfosses , la ville de Rome et ses faubourgs. C, xxiii.

llAzj:86airras. Les Prieurs florentins et les Syndics des Noirs, désignés en commun sous ce nom diabolique, comme subissant également l'influence de Manno Branca, de la famille Doria, de Gênes, entré en charge. pour six mois, en qualité de Podestat, le 16 février 4303. E., XXI.

Mahto. L'Église albigeoise , réduite à s'expatrier après la mort de Raymond Bf^renger (Tirésias), lorsque Toulouse, la ville de Bacchus (Soleil-Vérité), fut réduite en esclavage par Gui deMontfort. On peut suivre pas à pas l'itinéraire des membres de cette Église dispersée à travers les Alpes, pour venir s'établir en Lombardie , dans le<:ours de tous ces petits ruisseaux, symboles de la doctrine, qui viennent se réunir à Benaco, puis se jeter dans le Pô.

906 GliEF BE LA COMÉDIE*

L' Ârioale n'a pas manqué de rossusciter dans son poëme cette même Manto S0U8 la Ggure d*une fée bienfaisante réduite, à cerlaineâ époques, à ramper sous la figure d un serpent, protégeant deux fîdèles d'Amour contre un vieil époux avare et cruel, véritable fils de Sodome. £., \\. La Grisclidis de Doccaco est encore une Manlo.

BlAt. Tout ce qui se rattache au catholicisme et à TÉglise romaine.

KAaon* Femme de Oiton d'Utique, symbolisant Tâme noble de rinilié, selon Dante fConvt/o, iv), attendu qu après avoir appartenu à l'Hortensius pontifical , elle revient à Caton , dont la figure à la barbe grisonnante dissimule celle du dieu Amour; a nul, dit encore Dante , n'étant plus digne de représenter Dieu. »

BlABDOGHÉE. Dauto poussant HonH VU (Assuérus) à arracher le pouvoir à TAman romain. Pg., xvii.

Mabib. L'Église albigeoise, mère, fille, épouse du Messie impérial, portant dans ses flancs le fruit saint; réduite à le déposer sous les plus humbles abris, en s'en allant errante, de contrée en contr(^e, pour fuir les satellites de THérode pontifical.

lEA&Tiir IV. Pape français. Personnification de la gourmandise, à raison de son goût pour les matelotes d'anguilles. Pg., xxiv.

MABTns. Tous ceux qui avaient à souffrir par Rome pour la cause de l'hérésie.

BlATHiLDE (la comtesse). Figuro de la vie active de l'initié sous la forme catholique. Votj, Pluton et Proserpine.

MÉDÉB. Figure de l'Église catholique, magicienne perverse, mère dénaturée, employant les philtres et les enchantements pour en venir à ses fins et poussant la barbarie jusqu'à égorger ses propres enfants. On comprend dès lors que ces mots, di Medea si fa vendetta signifient, non pas que le Dieu des chrétiens se fait le vengeur de Médée, mais bien que Dante-Jason se venge à sa manière, par une vendetta poétique, de la Médée romaine. E^ xxxn. ^VtMDVW, Voy, Gorgone.

Mer. L'ensemble des connaissances humaines enseignées par l'Ëgli&e albigeoise, mer de doctrine.

àCsa DE VEBAis (de l'Apocalypse]. L'enseignement orthodoxe, stupéfiant et comme cristallisé par la routine. E.^ xxxii.

MzGHOL (femme de David}. L'Église de Rome, épouse du pontife,' élevé au rang de prince souverain par les artifi^ces du langage, par la ruse et l'intrigue, trescando; dispettosa e trista. Pp., x.

mwAB, Philippe-le-Bel , non moins avide que le roi aux oreilles d'âne. Pp., XX.

miiros. Ce grand juge infernal , qui siège orribilmente et qui ringhia^ est très-probablement, et sauf. examen , le bienheureux qui , le premier, reçut d'Innocent III , en l'année ^ 21 5, lo titre d'inquisiteur général ; d'où celui do conoscitor délie peccata. Il y a plus :

ringhia, qui signifie atijourd'liui grincer les dents, a dû èlro < mployo aussi dans le sens de haranguer, prêcher; autrement on n'aurait pas son dérivé dans ring hier a , joui nellennent usité dans le sens de tribune, barreau, chaire (voy, Diçt. d'Aiberii). Nous recommandons cette vérification aux Académiciens de la Crusca. Rien de plui simple dès lors que Dante se soit servi du verbe ringhiare dans un double sens, en faisant allusion à des prédications furibondes, fulminées en grinçant les dents, et au double rôle de saint Dominique, jugeant et condamnant ceux que sa parole n'avait pas convertis. Ajoutez à cela que Frédéric Barberousse, le grand justicier impérial dans le Milanais, étant désigné sous |ç nom d'Eaque, ce collègue de Minos ; il paraît assez naturel, d'après ce que nous connaissons des procédés antithétiques de Dante, qu'il ait voulu faire contraster avec lui le grand justicier pontifical, dans les pays de langue d'oc. Alors la queue de Minos, mala coda, serait l'ordre des prédicateurs , d'autant plus rigoureux qu'il allait se recrutant d'un plus grand nombre de membres , et s'enroulqit ainsi sur, lui-môme en cercles étages. Sa procédure expéditive serait exprimée dans ce vers : Dicono, e odono, e poi son giû volte; ils disent (dans la torture), entendent leur sentence et sont jetés aux bourreaux. Ces paroles de Minos ; Songe à qui tu te fies, Di cui tu U fide, signifieraient : Défie-toi de Boniface, songe que tu te livres à l'ennemi, en venant dans Rome, et ne t'abuse pas sur la facilité que tu trouves à y pénétrer, car tu auras à souffrir cruellement d'avoir quitté Florence, où tu ne rentreras plus. Ainsi Voltaire n'aurait pas eu le premier l'idée de loger en enfer le saint fondateur de rOrdre des Prédicateurs, ce dont le grand railleur doit être bien mortifié là-bas. E.yV.

If xiiQTAT7ftB. Philippe de Savoie, seigneur de Turin (en italien Torino, dont la racine est toro, taureau), qui s'intitulait prince d'AcIiaïe; sa trahison envers Henri VU , dont il déserta l'alliance pour celle du pape , est considérée comme le produit monstrueux de l'accour plement dQ laPasiphaë rengaine avec le taureau de Savoie, £., xii.

MORT. L'Église catholique , sa foi , ot tout ce qui s'y rattachOi le catholicisme étant la mort de la raison et de rinlelllgencû.

M0&T8. Les chrétiens orthodoxes.

MoaqvàsB, Les églises de Florence-Dité, peuplées de païens et de mécréants; cherchez dans tous les romans de chevalerie ceux qui sont désignés sous ce nom et vous reconnaîtrez, la plupart du temps, que ce ne sont ni des Turcs ni des Sarrazins.

MTBRiiA. Florence r dont le zèle ardent pour les intérêts du @aint- Siège est comparé à la passion incestijeuse 46 Ift 6U@ de Çynire , redoublant encore dans les embrassements paternels. £., xxx, et Lettre de Dante à l'empereur Henri VIL

]f ATuafl. Loi impériale, providence suprême, principe de tout bien, d*où dérive Tart d*Amour ou gai savoir, qui est ainsi comme le petit-fils du Dieu empereur, a Dio quasi nipote; art divin qui entretient le lien évangélique formé par la Nature, lo vincoî d*Amor, che fa Piatura. E,, xi.

IftouoEiiTS. Les Gibelins affiliés auxquels le zèle avait manque pour le triom^e de la secte.

IfniBBOD. Guido de la Torre, ou Gui de la Tour, très-influent alors à Milan , où sa famille était puissante, ayant été le premier à se révolter contre Henri YII, se réfugia à Florence, qui imita son exemple. De là le nom de Nembrod à Tun et celui de Babel à l'autre; la discorde et la confusion s'étant mises de ce moment dans les rangs gibelins. E,^ xxxi.

If B88U8. Préposé au supplice des tyrans , contre lesquels Dante n'a pas assez de flèches; il a droit, à ce titre, à toute sa sympathie, et de plus , pour s'être vengé mort , comme lui-même en se feignant mort^ car il a appris de lui le parti qu'on pouvait tirer de lu tunique orthodoxe, imprégnée du venin de l'hérésie. £., xii.

Ifiinrs. I^ Christ, époux de l'Église , cette prostiiuée de Babylone , cette Sémiramis érigeant son bon plaisir en loi, dans le do^rme de l'infaillibilité, et dont il est dit che succedette a Nino. Les Italiens appellent l'Enfant Jésus le Bdmbino, en abrégé Nino. E.^x.

aroBXASSB, Nobiltà. Apanage exclusif des initiés à l'Albigéisme , en opposition à Viltà et Villania. Convito, iv.

arowBHBS. Ayant chacun leur signification rituelle. Notamment trois et ses multiples, considérés, dans les rites occultes, comme ayant une vertu particulière, surtout neuf^ nombre parfait, c'est pourquoi <c niïu/' paraissait en toutes choses ami de Béatrice. » Vit. nuova.

arxoBÉ. L'Église romaine , châtiée dans son orgueil, mère de pierre, dont les enfants sont de même changés en pierre, et que le Soleil- Raison transperce de ses flèches. Pg., xii.

HviT, Obbgu&xtA, TÉHBBBS8. L'iguorauce et l'erreur propagées systématiquement et entretenues par la politique romaine. Le règne, de la Papauté, en opposition au Soleil-Raison, foyer de lumière.

Htoiphbs-Stoilbs. Le premier nom signifiant, celles qui versent les eaux, il est tout simple que les sept vertus caractéristiques de la doctrine albigeoise , assimilée à l'eau vive , contribuant à la répandre , 'deviennent des Nymphes symboliques sur la terre, et qu'elles se transforment en Étoiles dans le ciel radieux du Temple, qu'elles contribuent à éclairer. Pg.y xxxi.

OoBAïf . L*ènsemblo des connais^nceâ humaines, telle.^ qu'elles étaient enseignées aux adeptes par les initiés, qui les introduisaient à la vie nouvelle. L'Océan correspondait avec le Ciel, autre figure de la science, dans son essence la plus élevée, auquel il renvoyait en vapeurs ce qu'il en recevait en pluie.

OcGiDBirr. Contiéo de ténèbres, d'ignorance et d'erreur, comme assujettie à la puissance pontificale.

Orbste bt Viladb. Fi.i^ure de Tamitié fraternelle des initiés, prêts à se sacrifier l'un pour l'autre, en opposition -avec les Caïn guelfes, que leur instinct sanguinaire poussait t^ans cesse à égorger les At»el gibelins et albigeois. Pg., xiii.

CHMVEiL. Ambition romaine, Caligine del mondo {Pg., xi), dont TArioste a fait Caligorant, géant se nourrissant de la chair des hommes, des femmes et des enfantjt, qu'il prend, en se moquant d'eux, dans son filet invis^ible; personnifiée, en l'élevant au caractère épique, dans Rodomont, vêtu d'une peau de dragon, comme le gran verme che.il monJo fora^ ou rode; ravisseur, meurtrier d'Isabelle, la princesse de Galice, ou de Saint-Jacques, qui forme avec le chevalier écossais Zerbin un coupleMe fidèles d'Amour ; combattu en vain par Berlinghieri, ou Raymond Bérenger, qu'il abat sous ses coups; attaquant le palais impérial par le fer et la flamme, et finissant par succomber sous le glaive vengeur de l'Achille impérial, l'ancien pupille de cet homme pierre, autre Vieux de la montagne, qui fait autant de pierres des créatures humaines, stupéfiées par ses incantations diaboliques et retenues par lui en esclavage.

OaiBHT. La source de toute lumière, comme ayant donné naissance au premier empire universel et' à la gnosis manichéenne.

OvasB (Grande-). Voy. Calisto et Chariot.

Paxh DBS AifOBS. La doctrine sectaire. Convito, i.

Fazxadium. Le pouvoir ^emporel appartenant exclusivement au monarque universel, à TËmpereur, en vertu du droit dérivant pour lui de Troie, droit passé aux Romains, héritiers d'Énée, et usurpé par les pontifes.

Faimiers. Les Templiers, comme ayant accompli le grand pèlerinage, dont on revenait avec les palmes de la nouvelle Jérusalem. V,N.

Pamthbbb. Florence, mobile, cruelle, offrant dans ses murs l'aspect d'une mosaïque ou d'un pelage moucheté, à raison du mélange des Blancs et des Noirs.

Pasipbas. La cour do Rome, se prostituant, comme la louve, à tous les animaux, dans la personne des princes et des rois, n^engendrant que des monstres, et faisant la honte de Vépoux.

Vabi«b (couvert, courtois, honnête, obscur, dus, car). Le langage fiiymbolique des sectaires dans les pays de langue ûOe, en Italie, en Allemagne, en Angleterre, en France, en Espagne.

VAlés. Henri VI, père de Frédéric II, cet Achille, dont la lance, tournée tantôt contre l'hérésie, tantôt contre TËglise, guérissait les bles-

. sures qu'une dure nécessité la forçait d'ouvrir, pour obéir aux pontifes menaçants. £., XXXI.

Vnamins. Les sectaires qui se rendaient d'Italie à Toulouse, sous prétexte de pèlerinage à Saint^Jacques de Composlelle, en Galic<>, pour s'y faire recevoir aux grades supérieurs ou pour conférer dos intérêts de leurs coreligionnaires. Vit. iV.

FaiTB. Le catholicisme, dont rrnfluence mortelle résulte de la cor^ ruption de l'atmosphère dans tous les lieux où s'étend la domination de Bon»e. Conv., £., xxix.

Phaétoh. La Papauté, inhabile a donner la lumière au monde, et fourvoyant le* char du Soleil-Raison, Pg., iv, xxix.

WuâXàMMB. Boniface Vïil, dont les paroles ebbre ont valu à Tàme de Gui de Montefeltro d'être revêtue d'une enveloppe de flamme dans l'Enfer. E , xxvii.

YBAmisuMB. Les docteurs de l'Église orthodoxe.

PBÈpaB. L'Église romaine, épouse infidèle, calomniant ses fils innocents, a6n de les faire mettre à mort.

VaiÉaiTOH. Symbole du fanatisme guelfe et des prédications furibondes des moines bénédictins et dominicains, parcourant les pays de langue d'Oc pour y convertir les hérétiques.

PBiÉaxAB. Charles de Valois, qui mit tout en feu dans Florence, et y causa la ruine du Temple du 6oleil*Raison, c'est-à-dire, celle de l'Église sectaire que Dante était parvenu à y fonder, et qui, comme Eve, se laissa séduire par les promesses du serpent. £., viii.

Phœnxz. Symbole de l'initié passant de la mort catholique à la vie albigeoise par la palingénésie sectaire.

Fia des Tolomei. Allusion probable d la primitive Église, lentement minée au milieu de l'air pestilentiel de Rome par le fait du pontife, qui l'épouse avec l'anneau. Pg.^ v.

9immMM. L'Église de Rome, édifiée sur Pierre, désignée en consiéquence sous le nom de Madonna Pietra, la pierre brute des Maçons, rocher, montagne, Atlas ou Atlant, etc.

PiEEMBS. Les membres- de l'Église orthodoxe, édifiée de pierres, et désignés par Jes mots petrone, grdn iosio, scoglio, peirajay Pietramala et autres équivalents. Les pérroM. des Romans de clieva-' lerie ne sont pas autre chose que dos églises, petroni ou grandes pierres.

Les filles de Piérius, changées en pies, figure do rindiSGréiion de languge punie chez Icâ initiés. Pg.^ i.

ViÉTi, ViTMM, Pietà, L'i'igiise romaine, la Madonna Pietà de la Vi(a nuova, comme étant par des>us tout impie et impitoyable.

Vi&ATB. Philippe-le-Bel. P^.^xx.

VisiSTaATB. Opposé aux pontifes, qui punissent un crime dans Tamour P^., xv.

ViiUTOx (Plulus), Le grand pape Grégoire VU, ce redoutable Hildebrand qui fut le premier à proclamer la double suprématie des . pontifes, celui que saint Pierre Damien appelait saint Satan. En conséquence, le premier personnage infernal apparaissant après le grand juge Minos, pour proclamer la souveraineté sacerdotale de Satan roi {Aleph) ; signalé comme uni par des liens adultères avec la grande comtesse Matbilde, comparée à Proserpine. E,^ vi, Pg,^ XXVIII. Voyez ce nom.

VoissoMS. Signe céleste, symbole de la discrétion profonde recommandée dans les mystères. E,^yi, Pg,^ xxxii.

FOLnyoaa. L'Ordre du Temple immolé pour s'emparer de ses Irésors par un autre Pygmalion. £.,xxx. Pg^y xx.

VoxiTMiiBSToa. Philippe-le-Bel égorgeant les Templiers, victimes innocentes de sa cupidité, comme Polidore de celle du tyran de la Chersooèse de Thrace,

VOLTXÈME. L'Église tilbigeoise, épouse de Frédciic II, TAchille de secte, égorgée dans le Temple. -E., xxx.

VoATB DE SAZiTT-PiBaBii. Tout à la fois, celle de Saint-Pierre au Vatican et celle de Florence, près de laquelle étaient situées les propriétés de Dante , ses case, près de celles de Vieri des Cerchi. E., 1.

Vbbdbixa. Double allusion au siège percé sur lequel étaient placés les pontifes avant leur intronisation, et é la puissance temporelle usurpée par eux. Pp., vi, xxxiii.

PEZ1IYSMV8. Le moment où la secte, longtemps comprimée par l'hiver pontifical, commence à respirer, où une douce influence vivifie l'âme et le corps, où les oiseaux, chantres de l'amour, reprennent gaiement leurs chants,, où le blanc bélier ramène l'époque des initiations.

PBODiQVBs. Ceux qui abusaient du langage erotique et s'exposaient ainsi au danger d'en révéler le sens secret.

PAoairÉ. Changée en rossignol, figure de l'Église qui se délecte à chanter et n'en égorge pas moins ses enfants. Pp., xvii.

Phosbbfzns. La grande cooitosse Mathilde, (lotrio sous ce nom comme la concubine dévote du pape Grégoire VU, !a femme adui» 1ère du Pluton monacal, qui proclama et fonda la double suprématie des pontifes romains. Pp., xxviii.

VBOBTiTgBB (Grande). L'Église de Rome, l'Âlcine de l'Arioste.

Vmùvmmam. L'ancienne province par excellence des Romains, comprenant la Gaule narbonnaise, ayiint conservé la civilisai ion antique souâ le joug des Francs, et la première à ré<*lamer contre TÉ^Iise . les droits de la raison ; de là cotte foule de productions en prose et en vers qui la rendaient chère à Danto; de là la haine du poète contre la maison d'Anjou, dont elle était devenue la gran dote.

Vhovemeah Salvaxi. Gibelin sectaire qui, rompant en visière au parti guelfe, auquel la contrainte l'avait réduit à se rallier, fit publiquement amende honorable de son apostasie. S'élant ainsi assuré le concours des Gibelins, il se mit à leur tête pour enlever le maréchal de Charles d'Anjou, afin de l'échanger contre son ami, et se fit tuer les armes à la main. Ainsi la quête qu'il fit en tn mblant sur la place de Sienne fut une quête d'hommes. Otl. C. Pg,y xu

VuTiPHAA. La cour de Rome calomniant Dante, non moins innocent que Joseph. E., xxx.

Ftomauoii. Figure du tyran Philippe-le-Bel égorgeant les Templiers, comme le futSichée, pour s'emparer de leurs richesses. Pg., xx.

Ptbaub bt Trzsbé. Couple de fidèles d'Amour servant d'exemple à Dante, qui, en crainte de la Mort romaine, qu'il ose regarder en face, riguardandola, empourpre le beau fi uit blanc qu'il a nommé Béatrice, pour lui donner la couleur guelfe, et le rougir comme la mûre imbibée du sang des deux amants. Pg., xxvii, xxxiii.

FTTBAGOBiGXBirs. Nom SOUS lequel beaucoup de sectaires se déguisaient en Italie, comme sous celui d'£picuriens.

Rachbii. Se confondant avec Béatrice, censée siéger près d'elle dans le Paradis, comme figure de la vie contemplative, dont elle est la forme biblique. Car la plupart des 'personnages de la Comédie ont des costumes et des rôles de rechange.

&BI. Les Guelfes orthodoxes, fils de la perverse Rhéa.

Hhba. L'Église romaine , d'après l'orthographe italienne Rea , qui signifie criminelle ou perversç , pour avoir engendré le Jupiter catholique lançant les foudres de l'excommunication. £., xiv.

HXBH, Nienie, Nulla, Le pape, dont l'autorité usurpée n'avait pour base que le néant, en opposition à TullOj l'Empereur, monarque légitime do l'univers, dont te droit résumait tout et faisait de lui le dieu Pan des sectaires. E.,\\,Pg., m, xvi.

BoBBHT II d'Anjou. Damné sous le nom de Mahomet et sous celui d'Éphialte. Voir ces noms.

RoBOAM. Le pape Clément V, qui doit être abandonné par les tribus et réduit à fuir de Rome, pour n'en pas être chassé. Pg.^ xii.

HoMiBiTz. Nom affecté aux sectaires qui faisaient le pèlerinage do Rome, sous prétexte d\n lier y gagner les Indulgence.^, maison réalité pour conférer avec leurs frères d'Italie. Vit, N. Schmidt, Hurter. Aussi Dante ne manque-t-il pas de personnifier dans le Paradis, vi, le peuple albigeois do l-* Provence, sous le nom de Romieu de Villeneuve, ou de la nouvelle JénBalcm ; cet humble pèlerin à qui le comte, grandi par lui en puissance et en richesse, fut redevable do voir une couronne briller au front de chacune de ses quatre filles, et qu'il immola lâchement, aveugle Tirésias qu'il était, aux exigences des légats romains, parole biece; ce qui n'empêcha pas ce peuple généreux de se sacrifier pour lui lorsqu'il ouvrit les yeux, et de lui rendre douze pour dix; après quoi, il s'enfuit misérable en mendiant son pain, avec la triste Manto, jusqu'à ce qn'il trouvât dans les vallées des Alpes, puis dans les plaines de la Lombardie, un asile pour reposer sa tète.

Hou. L'Église albigeoise et sa doctrine, le Saint-Graal, le Vase par*

" fait ou le Temple, transformé en fleur mystique , de là l'immense vogue du roman de Guillaume de Lorris, malgré les anathèmes do Gerson. A en croire M. Bouillet , « ce n'est que l'art d'aimer, sous forme allégorique; » non pa^; mais bien i'ar< d* Amour, la r gaie science qui , l'anleur le dit lui-même , « y est tout enclose. » Par malheur, aux 4,000 vers de l'auteur originaire , son continuateur en a ajouté 48,000 ; grave obstacle à la Quriosité. Chose étrange , ce fut Philip pe-le-Bel , le bourreau des Templiers, qui , n'y entendant pas autrement malice, invita Jehan de Meung à donner une suite au Roman de la Rose.

RoBBAuz. Figure des néophytes, plantes nouvelles.

WLvrriBms. Ceux qui avaient trempé dans les intrigues et les manœuvres employées, dans l'intérêt guelfe, pour enlever des amis à l'Empire et à la secte, ou pour leur créer des ennemis ; considérés dès lors comme les vils entremetteurs de la grande prostituée.

Baxadih. Prince humain et éclairé, en opposition aux soudans de la Babylone romaine.

Ba&ut. Mot employé dans sa double acception de salutation, de protection, de sauvegarde contre un danger. Béatrice erotique refuse le salut dans la Vie nouvelle, parce que son langage amoureux est devenu suspect ; elle donne le salut dans la Comédie, grâce à son langage théologique, à V humble attitude qu'elle sait prendre; elle devient la dame du salut, et vient en aide à notre foi albigeoise.

Satan alefpb. Le chef de l'Église romaine devenu prince souverain de Rome et des États pontificaux. £., iv.

814 CLBF BE LA GOMɻIE.

Satoemi (Infloeiice de). (Hacia^ de sa na(uro, et, par suite, symbolisant celle da catiiolicismo.

ftAWL. Figure de la Papauté i*éduit() à se percer de ce glaive usurpé qu'elle a osé tourner cootre le David impériaL Pg.^xn.

BOMMDAJM. La discorde < t la division entre frères, à savoir : entre Gibelins sectaires et orthodoxes, entre Gibelins et Guelfes sectaires.

BcuMMwukTiqvmM. Ceux qui semèrent la division dans les rangs de l'opposition anti-catfaoiiqiie.

SQoanoii. Figure de la Papauté. P^. ix, xvm, xxv.

SÉMiaAiiis. La grande prostituée de Babylone, fij^ure de TËglise de Romo poussant à leur ruine, alla ruina, les malheureux dont elle fait des moris ; se posant comme investie de la succession de Nimo, abréviation do Bamhino, et se donnant pour son épouse, ce qui lui fournit un prétexte de se dire infaillible, libUo fe* Ucito in êua legge. E. V.

UMMMAGmmRïïm. Figure du pape^.qui doit s'attendre à être tué comint lui dans le temple, par ceux qu'il appelle ses ûls. Pg.^ xii.

SUFJMRT. Dragon, couleuvre, reptiles en général, l'esprit du mal, tout ce qui est animé de l'esprit catàolique ou en revêt extérieurement l'apparence.

guMMffULftvw. Les papes et le clergé romain. £., xix«

SiMOii (Le Grec de Troie). Philippe de Savoie, s'intitniant prince d'Âcbaïe. Voy. Miaotaure.

80901U. Rome, digne pour l'impureté et la oorruption d'être livrée au feudueie'.

8ODOMXTB8. Les partisans exaltés du Saint-Siège, véritables suppôts de Sodoroe, prêts aux plus horribles méfaits pour faire preuve dé zèle envers l'homme qu^ls adoraient, dont le bon plaisir était leur loi, et la parole infaillible à leurs yeux. £., xv.

gm pMf o. Représentant du langage clu8 des troubadours, appliqué à la politique. P^., vi et miv.

8TAGB. Représentant du langage erotique, ou sous forme amoureuse, des troubadours relevant de l'Église de Toulouse, la métropole, la Delphes de l'Albigéisrae. Pg., xxi et suiv.

Sttz. Rivière de sang, tordue en forme d'arc à double courbe, m arco taria; le Tibre, qui dans son cours dessine assez régulièrement cette Ggure, la poignée s'étendant de Baschi au mont Giove. £., xii.

Les Templiers n'éUnt pas des docteurs, mais des guerriers, des hommes politiques et d'action, ils avaient plutôt des

OfMuions que des croyances. Or, ces opinions paraissent avoir survécu et triomphé dans les principes transmis d'âge en âge par ia Franc-maçonnerie. lis peuvent se résumer dans ce qu'on a appelé les con(|uêtes de 89, à savoir liberté de l'esprit, de ia personne et des biens ; mais à des principes abstraits le Templarisme avait senti le besoin d'adjoindre un véhicule capable d'entraîner l'imagination des masses, et il s'était allié l'Albigéismo dont il était la télé et le bras*

TKAI8. Masque de comédie, sous lequel Clément V est flagellé, pour avoir agi à l'égard de Henri VU comme la courtisane de ce nom avec le soldat, son amant, dans l'^unuçu^ de Térence. E., xviii.

Thbbbs. Brescia, la première à se révolter contre l'empereur Henri VU, à la suggestion de TibalJo Brissato. Voy. Gapanée.

Thésée. Lo comte Alexandre do- Rom'ena, repoussé par les Noirs lorsqu'il vint attaquer Ftorence-Dité à la léte des Blancs, trahi qu'if fut par ses alliés dans Florence, Centaures à la double poitrine. A\,ix, XII» /*^.,xxiv.

TBOMiaxs. Figure des dames-hommes, de ces femmes viriles du Temple ayant mission de faire expier aux Cynis sacerdotaux les Ûotsde sang albigeois versé par leurs ordres.

TniÉsiAs. Raymond Bérenger, dit le Vieux, longtemps aveuglé «ur les intentions dlnnocent III, et montrant d'abord envers lui la faiblesse d'une femme, retrouvant enfin sa virilité, en faisant tuer le légat Pierre deCastelnau, puis en se révoltant contre ses successeurs Milone et Theudis, agissant sous la direction de l'abbé de Cîteaux, serpenti avvolti, £., xxii.

itwMum (Docteur en). Mot d*argot employé pour docteur en théologie, mais appliqué aux maîtres es arts de Toulouse, qu'on appelait à Rome îuUa dolma, aux profès du gai savoir.

TOUT, Tattû, L'Empereur, monarque universel, seul investi sur terre de la toute-puissance ; son autorité remontant de droit divin à l'em- ^ pire oriental de Troie, passé aux Romains, dont le Fils de Dieu lui- ' même reconnut la potestas, le droit de haute justice , en subissant le jugement du préteur romain. De A/on. Voy, Rieif .

Vi.TMa. Masque sous leq^l Dante se représente comme Tinséptrable du Diomède Henri VU, brûlant de la même flamme d'amour, ou du même zèle religieux et politique, réduit comme le n>i d'Ithaque à mener une vie errante, déjouant les enchantements de la Circé romaine, qui change les hommes en brutes, sourd aux séductions de la sirène pontiflcale, échappant aux noirs Lestri^ns

guelfes, bravant le Polyphème français, et finissant par se perdre pour son héro?, per lui perduto, en cherchant à conduire ses frères  la paix et à la liberté, en faiz^ant briller à leui*s yeux le fanal de la raison, dietro al sole. £., xxvi, Pg., xix.

VsvmiBms. Les banquiers de Florence, de Padoue et autres villes italiennes, dont tes caisses fournirent les fonds nécessaires aux Guelfes pour soutenir la guerre contre Henri VII et pour s(»udoyer ses empoisonneurs; ayant attenté ainsi à Tart d'Amour, à la Nature dans l'intérêt de la Fortune, et s*étant rendus par ïà complices du crime de lèse-majesté au premier chef. J?., xvii.

▼AiJim, Valor. Le souverain bien, le Dieu impérial d'où dérive tout ce qui vaut,

▼AFBiTBy alto Vapor. L'influence suprême, la sagesse souveraine du monarque universel.

Vabm fabtaxt. Le Temple, la loge parfaite des purs, des parfaits ou Cathares. Pg., xxv, xxxiii. Le Saint-Graal des romans du Cycle d'Arlhus.

Tbi^tao ^Limier). Can de la Scala, chef suprême du grand-orient en Lombardie» dont le prénom prétait à une double allusion, dans le sens de chien de chasse, limier, ennemi de la louve romaine, et dans le sens de Khan desTartares; les Albigeois ou Cathares étant désignés aussi sous celui de Tartarins. j^., i.

yrtnuB (Céleste). En opposition à la Vénus tei restro, la prostituée de Babylone, Vénus-Promfcè ou Pandémos. Son étoile était celle des fidèles d'Amour, son ciel, celui delà rhétorique, c'est-à-dire de la symbolique adoptée dans la poésie amoureuse, mise en vogue par les troubadours do la langue d'Oc. Vénus se trouva détrônée par Béatrice, lorsque Dante substitua au langage erotique celui dont il fit usage dans la Comédie, ce nouveau style dont la théologie et le dogme lui fournirent les principaux éléments, et qui lui fit mieux qu'honneur, m'ha fatio onore, car il lui a valu cinq siècles de gloire incontestée.

▼SUT. Guerre, guerrier.

▼betit. Dans le sens de force et de puissance, que réunissaient les dynameis gnostiques.

▼iB. La foi albigeoise, que Ton acquérait par l'initiation et qui était censée faire naître à une nouvelle vie.

▼iBiLLABD D2 x.*Xda. Vifux (lo la montague catholique, figure du gouvernement théocra tique à la tête d'or, au pied d'argile, d'où dérivent tous les maux de la terre symbolisés par les fleuves infernaux. £., XIV.

▼lUBTÉ, Villania. Apanage du Guelfisme et de l'orthodoxie, en opposition à noblesse et à courtoisie.

▼iRoux. La philosophie rationnelle des anciens mystères poétisant ridée monarchique, n'est autre que le Bolonais de Virgilio, Tami de Dante, avec qui il fut en correspondance jusqu'à sa mort. Suscité, évoqué parmi les morts de Bologne par la foi sectaire, Érychthone cruda, i\ fut l'initiateur du poète florentin au Templarisme ; aussi l'appelle-t-il son maître, son père, et ce fut &on âme que le Bolonais eut mission d'arracher aux Noirs de Dite et à la cour de Rome, ce dernier cercle de Judas. E,, ix.

▼HTAim. Les membres de l'Église albigeoise, les affiliés à l'Ordre du

' Temple.

SoniAQUE. L'ensemble des croyants orthodoxes, attendu qu'il représente une collection de brutes, comme le Capricorne, le Taureau, le Centaure , le Scorpion , etc., dont la plupart figurent dans l'Enfer. Pg, , IV. C'est en vain que le Soleil-Raison leur verse tour à toiir sa lumière , une partie du globe reste toujours plongée dans ie@ ténèbres.

La Cantique du Paradis attendant encore son commentaire, cette Qef est nécessairement incomplète. Nous n'avions pas d'ailleurs, en l'entreprenant, l'intention de colliger tout un dictionnaire. Les explications données ici se bornent à offrir comme un résumé de nos notes sur le )>o'éme. El les suffiront pour donner une idée du système antithétique de ce langage décevant , ^kmt les images, comparables à. celles du kaléidoscope, ont produit une illusion qui s'est prolongée durant des siècles ; comme aussi des procédés à l'aide desquels il s'est approprie tant d'éléments disparates, puisés à des sources multiples, histoire sacrée et profane , mythologie , astronomie, physique, théologie, etc.

Nous serions bien surpris si cet essai de Vocabulaire ne facilitait pas aux incrédules, comme aux plus simples, l'intelligence d'hiéroglyphes restés non moins obscurs et mystérieux que ceux des papyrus et des temples de l'Egypte. Les Champollion ne sauraient donc manquer désormais à la Comédie et à tous les poèmes et romans composés sous la même inspiration.

Nous avons donné, en simple amateur, notre coup de pioche dans, un riche terrain presque entièrement vierge ,.mal et incomplètement fouillé qu'il avait été jusqu'à présent. Si nous en avons fait jailifr quelques pépites révélatrices , c'est aux véritables archéologues , à

C61U qui ont suivi les doctes leçons des professeurs de l'école des Cbirtes , qu*il appartient maintenant de s'employer fructueusement ii la tâche et d'attaquer, en les suivant dans leurs nombreuses ramifications , les précieux filons qu'ils ne sauraient manquer de découvrir, tant dans les langues d'oc, d'ot7 et de si, que dans celles d'ia et d'v^'i' toutes, en effet, on peut nous en croire, ont fourni leur contin-

Î;ent en rimes, ainsi qu'en prose de romans, à Topposition anti-cathoique du moyen &ge, et toutes leur promettent des trésors ignorés.

Les découvertes qu'ils ne sauraient manquer d'y faire, venant d'autant, nous n'en doutons pas, à fappui de ce qu'on a appelé notre système, peut-être nous releveront-elles un peu dans Tesprît des savants , dont le journal , ne jugeant pas sans doute notre analyse pr^iminatre assez docte, n'a pas daigné lui accorder la moindre mention , en dépit des intentions bienveillantes que nous avait exprimées son honorable directeur.

Un ou deux savants en titre se seront interposés, peut-être , ne se doutant pas plus que les ignorants , qui croient tout savoir, que le livra dont quelques mots effistrouehaient tant soit peu leur pudein* officielle , était composé d'éléments dont il y avait à tirer parti. La preuve en est qu'ils retrouveront tous ces éléments de preuves dé daignés dans le Commentaire dont il n'était que l'introduclion, et dans la Clef qui les résume.

Or, cette Clef, nous les en prévenons, sous toutes réserves, est rébaucbe, encore incomplète , d'un passe-partout à l'aide duquel il sert possible d'obtenir accès dans maints sanctuaires, aujourd'hui fermés à leurs regards ; dans celui de i'Arioste, par exemple, quand se présentera un éditeur de bonne volonté, pour notre traduction en vers, avec notes explicatives, de son Roland furieux, dédié intrépidement à un cardinal, qui traitait la chose de vous savez bien.

Il n'y £turait rien d'étonnant même à ce qu'un beau jour, employant ce passe-partout avec un peu de dextérité, quelque fureteur, plus habile théologien que je ne me* pique de Tètro ; à l'exemple de certain abbé, qui ne manquait jamais de saluer bien poliment le curé 4e Saint-Rocb, dans la crainte qu'il ne vint à lui dénicher son pauvre, patron, arrivât à rendre plus ou moins suspects les gros livres de tel bienheureux docteur qu'aujourd'hui l'on ne lit plus guère.

Allons, messeigneurs , vous avez erré en pensée et en action; c-est le cas de s'amender. Ne jugeriez-vous pas à propos de faire un peu retour sur vou^-mêmes? Vous avez soit académies, soit chaires, soit bibliothèques ; vous êtes pensionnés, rentes, rétribués, émargés, hébergés, dotés; que sais-je ? chacun de vous a au moins sa tribune dans quelque feuille ou recueil, et ses entrées où il lui plaît. Comment ne pas être satisfait de mérites si bien rémunérés? Que vous déploriez donc telles idées dont l'explosion a fait beaucoup de mal , et plus encore leur exploitation, cela est tout simple ; que vous en détestiez les pro-

pagateurs, cela se conçoit. Aussi bénirîez-vous la Nature, le jour où elle cesserait de produire de pareils animaux , qitando Natura las^ cterà Vàrte di s% fatti animali. Alors du moinâ pourrait-on se permettre de prononcer leur nom et de l'écrire en lettres moulées, comme celui des monstres antédiluviens.

Je m*associe de grand cœur à vos vœux sQr ce point, et sans aucun égoïsme, je vous jure ; mais il faut aider un^peu la Nature, et commencer vous-mêmes par donner un bon exemple, en faisant acte de charité, per ammendar ; excellent procédé pour attendrir les cœurs les plus gangrenés. Or, voici un conseil que je vous soumettrai en toute humilité.

Pour Dieu, messeigneurs, veuillez laisser aux pauvres gens, moins bien partagés que vous à tant d'égards, un peu de place au soleil ; et si quelque chétif a la bonne chance de déterrer une pauvre petite perle dans la poussière des siècles, dans ce vieux fumier où vous êtes trop haut placés pour abaisser vos regards ; criez qu*elle est fausse, c'est votre droit; affirmez qu'elle a été dérobée, que l'eau en est trouble, on vous le passera ; mais ne manœuvrez pas sournoisement pour la renfouir ou pour l'écraser sous votre talon.

Vous avez Texemple de M. L. Delaltre, qui a du bon; imitez-lo. Lui du moins il parle, parla, comme Anthée, au bord du puits infernal, quoiqu'il ne soit peut-être pas un géant ; il écrit même ou s'en flatte ; le tout sans être lié , non è legato , si ce n'est aux puissants de l'ATHiENEUH; autrement, malheur à moil Car, s'il était Jégat, il pourrait devenir pape, et c'est pour le coup que M. H. Rigault,liui est une bonne âme et charitable, aurait juste sujet de trembler à mon endroit. • »

Mais le diable, dit-on, n'est pas toujours à la porto d'un pauvre homme, et peut-être ces deux volumes auront-ils plus de chance que leur aîné , peut-être qu'en voyant les simples arriver, après les avoir parcourus, à lire couramment la Comédie, les doctes qui « ruminent, tout en ayant l'ongle fendu, » se décideront à mettre leurs lunettes et parviendront à en distinguer nettement les lettres majuscules. Peutêtre aussi cette Clef, qui n'est pas d'argent, d'or encore moins, ne la bianca, ne la gialla, contribuera-t elle à nous ouvrir enfin accès près des hauts et puissants seigneurs, qui, dans la presse ef ailleurii, fermant les yeux ou faisant la sourde oreille, nous ont laissé dédaigneusement jusqu'ici nous morfondre au seuil. Dans cet espoir, nous terminerons comme l'Anonyme, en nous écriant avec lui : Ament Deo grattas !

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