La doctrine une fols arrivée à
l'esprit du néophyte, elle commence h opérer, d'abord en s'y consolidant, roagulando, puis en nrtï'auf jusqu'à révld*'nr« les vérités, qu'elle rend confiantes, cio che prr suaninteiiti /c' conxlare , m opposition aux erreurs orthodoxes. Est-ce asfii clair?
13. L'i\mc du catéchumène passe ainsi successivement par les trois règnes : de l'état de pierre hrule, elle arrive d'abord à l'état de fungus marin, encore attachée qu'elle est à la ptVrre catholique, mais commençant h se sentir et à se mouiotr par elle-même; puis elle devient néo-, phyte, ou plante nouvelle; puis enfin àme humaine , àmc Intelligente , obéissant à la raison et non plus à l'autorité. Lisez de grâce dans le Convito, IV, 21, rexplication en prose de cette pallngénèsie, dont le rusé Templier dit que , non è cota da manifestare a lingua, lingua dico veramente volgare, en s'cmerveillapt lui-même d'oser exposer dans l'Idlôme sectaire ce qui parait si forte a intendere. Vous y verrez comme quoi le moteur du ciel fsectaire) attire en lui toutes les formes universelles, et d'autres belles choses encore sur Vhormen et les vertus théologiques, au nombre de huit.
Tantôt sont comprimés et tantôt dilatés Les éléments que puise au cœur de qui procrée " La Nature, en formant les membres qu'elle agrée **. Tu ne vois pas encor comment , j'en suis certain , Ce produit animal devient un être humain *^ C'est là le point qui fit dans une erreur visible Tomber un gi*and docteur, plus savant que tu n'es. Faute d'apercevoir pour lui d'organe exprès. De l'Ame il sépara tout Yintellect jxissible '^
Que ton sein maintenant s'ouvre à la vérité, Et sache qu'aussitôt qu'au flanc qui l'a porté, Le cerveau du fœtus a parfait sa structure Le souverain moteur, de l'art de la Nature , Dans sa béatitude en se réjouissant, Souffle sur son ouvrage , et ce souffle puissant Attire à soi , confond dans sa propre substance Ce qu'il trouve d'actif; il s'en forme à l'instant
U. La doctrine, renfermée duns le cœur de Tinitiateur, du générante, est son secreto dentro, V. N. Elle est sa virtù informativa , puisqu'elle forme des disciples. Dans l'enseignement, donné par les adeptes, tantôt elle est expliquée de vive voix, si spiega, tantôt elle est développée dans des ouvrages écrits dans un style artiQcieusement combiné , comme le Comito , et alors elle se donne carrière, si distende. 11 en est ainsi dans toutes loges, mais surtout dans la loge-mère , dans le Temple ou grand Orient, d'où la Nature, cette loi providentielle de i'Empereiir-dieu , dirige tous les membres de l'Ordre, delà Religion, comme on voudra l'appeler, Dove natura a tutte membra intendc ; et notez que les membres sont au féminin, membrOf au lieu de membri, attendu que les hauts dignilaires , parmi ces
membres d'une même famille, sont des dames, donne; et même comme très-excellents anges, ne réuni<(scntils pas les deux sexes?
15. Gomment la brute catholique, che è morto uomo ed è rimaso bes^ lia {Conv., iv, 7), passe à l'état d'être raisonnable ayant rusage de la parole sectaire, fante^ de fart.
16. Selon la doctrine d'Averroès, il y avait deux Intellects , l'un matériel , passif et périssable ; l'autre formel ou actif, impassible et impérissable; intellect séparé, supérieur à l'autre et le seul véritable; thèse qui conduit au monopsychisme et au panthéisme. Dante ne manque pas à dire que c'est une erreur, mais à l'instant même il s'arrange pour la présenter sous une forme spécieuse cl la faire adopter cuiiimc une vérité, apri alla veriià , cke viene, il petto.
ot8
LE PURGATOIRE
Une âme qui vit, sent et réfléchit et pense".
Vois, pour Vélonner moins d'un langage pareil, Comment, en s'unissantdans la vigne fertile A ce fluide c-iqueux que la grappe distille,
17. Ainsi Dieu est la haute Bourcc, lo foyer de rintcllect actif, c'est hil qui le disprnae, par son souffle, cet intellect vient donc du dehors; il est séporé du corps, éternel, iinpassiide; à peine le souffle divin s'est-ll exhalé, qu'il s'unit à ce qu'il trouve d'actif dans le fœttu au point de le confondre dans sa propre substance, séparée, antérieure, impassible et im* périssable ; mais comme il n'en est pas de même pour ce qui est passif, c'esl-ft-dire pour rintellect en puis* tance, il en résnlte la séparation de celui-ci d'avec l'intellect en acte. 1^ doctrine d'Averroès se trouve donc consacrée par la dcmonsi ration même qui semble avoir pour but de la réfuter; car dans ce système l'intellect est unique pour tous les hommes , puisqu'il dérive d'une même source , de ce souffle divin avec lequel II se confond pour ne faire qu'une même substance. Voilà pourie sens littéral, sous lequel s'en cache encore un autre. On verra qu'il 16 rattache admirablement h tout ce qui précède, relativement à )a pallngénésie maçonnique et tenipllère, car désormais il n'y aura pas à dire que la filiation n'est pas pronvée. Chose étrange, c'est un profane, et, bien plus, un catholique, qui établit la généalogie des Maçons, qui leur restitue leurs titres de noblesse, c'est un étranger, un barbare, qui est obligé de traduire aux Italiens leur tummo poeta. Enfin, c'est à un Français, à un fils de l'Eglise romaine, que la Luthérienne Allemagne et la Calviniste Angleterre seront redevables de connaître avec certitude quels liens étroits ratta-
chent la Réfurmation aux tentatives rationalistes d'atTranchiitsement dont lea pa>s de langue û'oc prirent l'inlUatlvc, à paitir du ix* siècle, peutêtre même avant, jusqu'au xiir.
Vous verres qu'il lui faudra continuer la même besogne pour IN:trarque, Arioste, Tasse et bien d'autres, et M. L. Delatre, qui s'indigne déjà de pareille outrecuidance, aéra bien étonné. Qu'il se console , il ne sera pas seul. M. de Sanctis, qui ne rira plus, lui tiendra compagnie. Voici l'autre sens annoncé : « Au moment où le cerveau du nouveau frère est suffisamment préparé, où le végétal est devenu un animal, le premier moteur, le grand maître de l'Ordre, celui qui du grand Orient imprime h tous la direction générale, contemple joyeux , comme docteur esgai savoir, l'oeuvre de sa Providence impériale, et loi Insuffle on esprit nouveau, tout différent du catholicisme, esprit rempli de la vertu sectaire. » C'est à ne pas croire, mais liseï vous-même : Lo motor primo a lui si volge lieto, soma tanta AKTE di natvra ^ fpira spirito nuoro di virtù repleto, ^core n'estce pas tout. Ce gai créateur, ce Keto fattore de l'anima simpHcetta che sa niilla, sous la direction de T Église orthodoxe, attire à lui , s'incorpore, tira in sua stistanxa, toute sa puissance d'action, eio che truovaattito; si bien que, par suite de cette absorption, tantaolt peu panthéiste, selon la lettre ; cette àme, créée h nouveau, ne fait plus qu'un avec son Créateur et avec ses sœurs, les dames de la cour céleste; elle n'a plua qu'une mémo pensée, un même bot, fassi
Vient à se faire vin la chaleur du soleil**.
Quand Lachésis n'a plus de lin sur sa quenouille, L'âme virtuellement, en quittant sa dépouille, Ailleurs emporte en soi le divin et Thumaîn , A savoir: volonté, mémoire, intelligence, Plus vives que jamais, conservant leur puissance. Les autres facultés dans un état voisin Du mutisme complet"; puis, merveille stjpréme! Tout droit , sans s'arrêter, elle va d'elle-même Tomber sur l'un des bords où, clairvoyante enfin, Pour la première fois elle sait son chemin ".
un aima sola; enfla cette Ame uin^ii Incorporée, enrégimentée, ou panthélséc, comme on voudra, devient rivante non plus niorfp, et, ce qu'elle ne faisait pas auparavant, elle sent, elle fait usage de son inlclligencc pour rénéchlr et se replier sur ollcnicmi», vivBt sente e se in se rigira» Et ce digne Ozanani admirai!, dans la candeur de son âme, et l'Univcrsite se •pâmait d'aise de compter dans ses rangs un croyant sincère et un si bon liiéologien.
18. L'union, ou plutôt la transformation , est donc ce qu'il y a de plus complet, quoique la chaleur du soleil soit séparée et en dehors du grain de raisin, dans lequel elle vient se -confondre avec la partie active, Bpiritueuse on spirituelle de sa substance.
10. La mémoire, la volonté et l'lnteliigenc«, d'origine divine, se raUaehant h l'intellect actif, séparé, s'avivant après la mort ; la vue , le goût, l'odorat, l'ouïe, le toucller, apanage de l'inlellect passif, tout humain, réduits presque à Télat d'Inaction , par la destruction du corps et des organes qui les tenaient en éveil. Le double bagage attribué ici à l'âme signalé de plus en pins
la distinction entre les deux intellects , de nature si différente. Ces mois, solvesi dalla carne ^ rappellent, rt probalilcnient à dessein, In sentence inysllqucdu Irolsièmc grade maçonnique, dans lequel on meurt po'ur renaître homme nouveau , et qui est ainsi fornlulée : « Ln cliair se détache des os. » A force do signaler dans le poème des paroles , des Images, des signes, des pensées, en si parfait rapport avec les rites d'une association qui prétend, sans avoir su le prouver jusqu'ici, se raUachcr au\ chevaliers du Temple, on finira peut-être par admettre que la tradition peut avoir raison, quand l'hi^^toire a si évidemment tort ; quand nous la voyons, si dénuée de critique , se montrer h tel point ignorante et crédule en tout ce qui a rapport aux grands conflits religieux du moyen âge, à leurs causes, à leurs suites et aux principaux personnages qui en ont été les moteurs ou les victimes, Dante en première ligne.
20. Avant d'avoir été éclairée par la lumière d'Orient, Tàme, aveugMe par l'enseignement romain, suivatt des aveugles se faisant gnides, eieehi fatti duci , clic Ignorait «a v^le et .
LK PURGATOIRE
Là, SOT elle aussitôt sa demeure fermée, L'élément primitif dont elle fut formée Rayonne à Tentour d'elle, en tout tel qu'il était Dans ses membres divers, quand le corps existait; Et comme l'air chargé de pluie à notre vue Réfléchit le rayon qui traverse la nue. Et brille alors paré de diverses couleurs ; De même l'air voisin , soit ici , soit ailleurs , Prend la forme qu'en lui, par son essence intime. Cette âme, qui s'y meut, virtuellement imprime. Et comme , quelque part que l'on porte le feu , A sa suite aussitôt on voit venir la flamme , Cette forme nouvelle accompagne ainsi l'âme ", Dont provient son aspect; ce qui fait qu'en ce lieu Elle est appelée ombre; ayant ouïe et vue. Chaque organe, en un mot, qu'elle reconstitue. C'est pourquoi nous pouvons ici rire , parler, Soupirer nos regrets, en pleurs les exhaler, Comme tu l'as pu voir sur ce mont et l'entendre. Or, selon que chez nous naît une affection , Que vient un sentiment, un désir nous surprendre.
se fourfoyait ; mais une fois que > la chair s'est détachée des os, » nonseulement elle voit à se conduire, mais encore elle porte la lumière avec elle et peut, en propageant les bonnes doctrines, servir de fanal aux autres. Quel admirable paiil Dante sait tirer dans tout cet épisode des formules scolastiques mélangées au Jargon maçonnique ; combien n'estil pas à déplorer que tant de génie ait été mis au service de l'erreur !
21. Tout en paraissant se conformer dans cette théorie des spectres à la doctrine d'Orlgène, de Saint -Clément d'Alexandrie et des autres Pères de l'École platonicienne, Dante s'ar-
range pour donner à entendre que l'enseignement reçu, qui est pour lui la virtù informatita , se manifeste ^n tous lieux et fait reconnaître, par une sorte de rayonnement externe, les fauteurs de l'autorité et les défenseurs de la raison, selon l'École dont ils ont suivi les leçons. On remarquera qu'il ne manquera pas l'oi'casion de rappeler que le Maçon, le Templier, le Cathare , comme on voudra l'appeler, pleure et rit tour à tour et qu'il soupire ses douleurs en vers d'une telle nature que les profanes les répètent , les admirent des siècles durant, sans en comprendre autre chose que la richesse et la magnUicence.
CUANT XXV.
Notre ombre , en son aspect, est (idèle à la rendre; Ce qui de l'étonner te donne occasion ".
Déjà nous atteignions la dernière géhenne Et, tournant vers la droite, il nous fallait songer» Sur la route attentifs , à bien nous diriger. De la paroi du roc en dehors s'y déchaîne Une incessante flamme et, le long du chemin, L'en isolant, s'élève un souffle qui, soudain, La force à rebrousser. Aussi, tout près du vide Marchant Tun après l'autre où n'est point de rebord , D'un côté m'effrayait le feu, de l'autre encor
32.Dan(e, qui ne s'est pas inquiété de savoir, en Enrer, comment II se faisait qu'on pût y souffrir du chaud l't du froid sans avoir un corps, s'étonne qu'on maigrisse dans le Purgatoire. Stace lui répond, à grand renfort de formules scolastiques et maçonniques, que l'ànie s'y reflète dans Tair comme dans un miroir; mais en admettant que l'àme maigrisse, reste à -expliquer comment elle éprouve le besoin de la nourriture. Ainsi, quant au sens littéral, la réponse de Slace h Dante est une pure déception; mais il en est bien autrement, si la nourriture dont 11 s'agit est toute spirituelle, si elle n'est autre que le pain des anges que Dante avait «^ cœur de distribuer généreusement dans son Banquet, que Ja substance de cette vie nouvelle doul le poêle mystagoguc u fait un roman platonique qui a paru si naïf à liint d'honnêtes dupes.Or, il semble qu'il n'est pas désormais besoin d'in Hster pour établir que nous avons dans cet épisode la Uiéorie templière et albigeoise de la pa]yngéné:ilc sectaire, expliquée dr tout temps chez les Orientaux par lagénératbm naturelle (voy. Uétél, p 187 et sulv.) et conforme à ce qui se pratique aujourd'hui encore dans ks iDges ma-
çonnlques ; témoin le Thuileur des trente^troûi degrés de l'Ecossisme, Paris, 1H21 i témoin le discours du rév. J. Watson, prononcé le jour de la fête de Saint-Jean dan» la loge de ce nom, et nous disant : « Thestate of darkness ofthe firth degree is emblematic of the darkness of Oie wouB antécédent to the man's natu- RAL BiRTH; and the pain inflicted at his entrauce, aptly represents his pangs and bit ter sensations on his entrance into the lodge of this che^ quered life. » (Massonnic Miscell, p. 2)2, London, 1707.) Qu'on veuille bien maintenant se reporter au Convito IV, 2 1 , où Dante expose, presque dans les mêmes termes que dans la Comédie, l'origine de Pâme noble, ou âme nectaire régénérée par la doctrine du Temple , m reconnaissant coinliicn il est dinicile à comprendre, forte a int enivre. On verra que d'audarc il y dép'.ui. , s(»us son verb agi! scoiastique, cl l'on y reconnaîtra, en. tout, le même ordre d'idées que dans le discours de Stace.
En ce qui concerne la philosophie scoiastique, Cf. saint Thomas d'Aqu\i\,SumAheol.f[t. l,i, qucext. 115; art. u, 7G, 9t/cese. 118; art. i, quœst, 1 tu, et Contra gcnt. lib. Il, 78.
LE PrRGATOIRE.
Je craignais de tomber", et me disait iiion guide :
— H faut ici tenir en bride le regard , Car, pour peu, de se perdre on y court grand hasard '*. ~
Tout à coup, j'entendis qu'au sein de cette flamme Des voix chantaient : Summœ Deus clementiœ, Et de me retourner j'en conçus en mon Ame Un vif désir". Je vis alors, non sans pitié, Des Esprits qui marchaient dans cette flamme ardente, C'est pourquoi mes regards de ma route h la leur Allaient se partageant avec quelque frayeur ".
L'hymne étant terminé , d'une voix éclatante , Virum non cognosco, s'écrièrent-ils tous ".
33. La position de Dante était, en réalité, des plus critiquas, en composant sa comédie du dogme calliollquc ; car 11 s'exposait, d'un côté h être jeté aux bûchers de Tlnqui^l- . tlon, (Içurés par ers flnmmcs ((iil jaillissent de In pierre, de l'autre, h déchoir, A cader gUiso , dans Tesprit de ses eo-secfaires, trompés par son déguisement orthodoxe. Le souffle qui éloigne et repousse de son étroit sentier ta flamme menaçante, n'est autre que le langage symbolique dont I! fait usage : ce langage est un souffle, de même que, d'après sa propre explication, ses vers sont des soupirs, spiritelli d*Àmore, qui deviennent un langage poétique, Tprendendo aria, V. N.
24. Si l'on n'a pas l'œil aux aguets, toujours fixés sur le but à atteindre et sur la route qui y mène, des deux côtés on s'expose à un péril égaL
25. Cette Invocation à la source de toute miséricorde émane des malheureux que Tinqulsitlon poursuivait par le fer et par le feu , et Dante ne pouvait que compatir aux souffrances de ceux qui , embrasés du feu de la charité, Caritatis not
fores, aspiraient à s'nfl'ranchir da joug de cette louve, qui, pour lui, était le type d'une détcslalile luxure, Luxu remoti pessimo, Voy. Thxmne que TEgiise chante le ^inedi à matines.
2G. Marcher parallèlement avec eux, en évitant de mettre le pied sur le terrain où ils s'élalent perdus et en comparant , h chaque pas , leur allure et la sienne, était un acte de hante prudence.
27. Réponse de la Vierge Marie i range qui lui annonce qu'elle concevra un flis (saint Lac, i, 34). • Le Saint-Esprit surviendra en vous, reprend l'Xnge, et la vérité du trèshaut vous couvrira de son ombre , c'est pourquoi le saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu. »
Dante sous-entend le 3&e verset, mais e'est sur lui qu'il entend reporter la pensée de ceux qui le comprennent à demi mot. Pour eux comme pour lui , réglise sectaire est Marie, que le très-baut couvrira de son ombre, fécondera de son esprit, et dont naîtra le messie impérial, appelé par eux le Christ, le Fils de Dfeu, qui les délivrera de la flamme des bâchcrs. Puis, ceDe que
Puis rhymne était repris, mais sur un ton plus doux. Dès quo leur chant finit, ensemble ils s'écrièrent : Diane, au bois, bannit Hélice dont le sein Ne sut pas de Vénus repousser le venin ". Puis, revenant au chant, tous ils glorifièrent, En proclamant leurs noms, des femmes, des maris Qui de la chasteté demeurèrent épris, Comme le mariage et la vertu l'impose ". Ce mode allernalif doit durer, je suppose , Tout le temps que le feu brûlera ces Esprits ". G*est par un tel régime , au terme de la cure , Que d'elle-même doit se fermer la blessure **.
les Parfaits appelaient Marie , pouvait hardiment dire : Virum non cognosco, car elle se refasait A voir un homme dans celui qu'elle appclait Sémirarols, Rh(^a. Thaïs, Mcdéc et Meretrix magna ; Pétrarque l'appelait Semivir.
28. Ln tactique sectaire ne se dément p«ns , et l'antithèse continue :
à la Vierge immaculée, fécondée par ramour divin, vient contraster la nymphe polluée par les appétits de la terre ; Hélice ou Calisto, fille de Lycaon, changé en loup, comme elle même en ourse, se prostituant au paganisme, dans la personne du maître des dieux , et lui devant son apothéose.
29. Pas un de ces noms n'est cité et pour cause , car le mariage dont 11 est question Ici est celui des fidèles d*Amour avec la chaste église albfgeniâe ; de celte dernière, avec le Christ Impérial.
30. Tant qu'ils conserveront en eux, malgré les persécutions de ri^glise catholique, le feu de l'Amour sectaire, ils exalteront leur doctrine en conspuant les dogmes orthodoxes et la hiérarchie romaine.
31. En opérant de la sorte, les maux de réglise sectaire prendront fin et les fidèles seront guéris des plaies que Rome ne cesse de leur infliger.
Le long du bord ainsi, Tun Tautrc nous suivant. Tandis que nous marchions, le bon maître, souvent, Disait : — Prends garde, et suis avec profit ton guide '. Le soleil rayonnant à ma droite, splendide. Au blanc faisait passer Tazur de l'Occident, Et mon ombre teintait d'un rouge plus ardent La flamme, grave indice, et bien fait pour surprendre Maints Esprits, qui marchaient tout en me regardant. 11 en résulta donc que je pus les entendre De moi s'entretenir en s'exprimant ainsi : — Ne paraît pas fictif le corps de celui-ci*. — Pour s'en assurer donc, autant qu'ils pouvaient faire. Ils s'approchaient de moi, prenant toujours bien soin Dans le feu de marcher et de n'en sortir point*.
1 . Rappelle-loi les exemples que et par snn rayonnement, raggiando je t'ai donnés dans mes vers, et qui (qu'on veuille faire attention à Ifi tunl inspiré l'artifice dont tu tires construction), il rend blanc, clair si bon parti, giovi ch'io ti scaltro; pour les siens, muta tfibtanco, ce prends garde de le déceler pour ce qui est bleu célesU, autrement dit que tu es réellement, car tu n'échap- tout ce qui se rallaciie au ciel secperais pas aux flammes. taire } de l'autre , c'eat-à-dtre du
2. Nous avons déjà eu occasion côté obscur, de celui où il se montre de signaler cette comédie au sujet Guelfe, il produit un reflet rougt, de l'ombre du poète; c'est toujours couleur des Guelfes; à cet indice le double aspect que présente le lan- significatif 6<*8 coreligionnaires de gage conventionnel , obscur d'un dire : Il Joue si bien son rôle qu'on côté, lumineux de l'autre , indice ne devinerait pas chez lui la feinte, éloquent, ianto indisio, pour ceux non par corpo fittisio.
de son école. D'un côté, il est blancs 3. De ne pas s'écarter de la voie
CHANT XWI.
Toi qui vas le troisième et chemines derrière, Seins doute par respect, non que tu sois plus lent, De grâce une réponse^ à moi, que vont brûlant Et la flamme et la soif; car ensemble elle importe A tous ceux que tu vois et, sois-en bien certain, Chacun d'eux en ressent une soif non moins forte Qu'un Indien d'eau fraîche ou qu'un noir Africain *. Dis comment ta personne au soleil de la sorte Semble opposer un mur, comme si de la mort Les filets n'étaient, pas sur toi tombés encor *.
Ainsi parla l'un d'eux, et comme j'allais dire Ce qu'il était de moi, là survient e* m'attire In spectacle nouveau, qui plus m'intéressait.
Au milieu du chemin embrasé s'avançait l ne troupe d'Esprits, marchant en sens contraire, El, le regard sur eux, je me laissai distraire. Je vis des deux côtés les ombres s'empresser Et, s'arrétant à peine, en passant s'embrasser, Contentes, il semblait, à si rapide fête*.
tracée par cet ardent amour qui «'«pure les âmes et leur Ta ut la nohilul, l'Ordre de chevalerie, avec le litre et les insigneà de l'Aigle, du Snli'il , d'Orient, etc. Pensez-vous que tant de romans des divers Cycles , eussent inondé toute l'Europe et conservé si longtemps laur vogue, s'ils ne l'avalent due à tout autre chose qu'un engouement passager pour des aventures fantastiques, c'est-à-dire au sentiment religieux et A l'instinct d'apposition rationaliste?
4. Pareille curiosité n'est-elle pas des plus extraordinaires de la part d'âmes qui doivent s'occuper excluslvonient du soin de leur salut, et Dante ne montrM-il pas beaucoup d'in^tentfibilité h leur ég:ird pour ne pas la satisfaire Incontinent? car
enfln (a flamme de l'Amour sectaire, il n'en ignore pas, engendre la soif de la science.
h. Comment fAls^tu pour te montrer ainsi sous un double aspect et pour intercepter les rayons de la doctrine où ils ne doivent pas briller, comme un homme sur lequel l'autorité pontiûcale n'a pas aussi jeté ses rets, am;ora?
G. C'est la cérémonie du baiser fraternel, osculum fraierniiatit, observée dans les agapes de la primitive Église, adojitée par les Albigeois dans leurs conventicules (roy. note 20 du ch. xxu), et à leur exemple, en conformité de leurs doctrines, par les Templiers, dans leurs rites my.<(érieux , cérémonie en usage encore aujourd'hui dans la Maçonnerie. Ces deux troupes, qui niar-
LE PUBGATOIIIE.
Mainte fourmi» de uiéme, un instant qui s'arrête Dans la brune traînée, en va droit i*encontrer Une autre bec à bec, et parait conférer Ou de la route à suivre, ou de leur réussite.
A cet accueil ami tous s^arrachant bien vite. Avant de faire un pas, de leur plus forte voix, Ces Esprits frétaient mis ft crier i la fois, Les derniers arrivés 1& : — Gomorrhe et Hodome; Les autres : — Dans la vache entra Pasiphaé Afin que le taureau, dupe du vain fantôme, Par son instinct brutal accourût fourvoyé '. Puis, comme Ton verrait, planant tout près des nues, Se partager en deux une bande de grues , Moitié du froid craintive et moitié des chaleurs, L'une voulant gagner au loin les monts Riphées» L'autre des riions par le soleil chauffées; Lne troupe s'en va, l'autre vient, dans les pleurs. Reprenant et ses chants et ses clameurs d'usage *•
chent m sens contraire se composent, Tune, de Guelfes aflUiés à la secte, l'autre, de Gibelins n'ayant pu se détacher complètement de Torthodoxie. Si Dante n'eût craint de so répéter et de rendre ainsi le Toilc trop transparent, II aurait disposé ces pécbenre en deux rondes concentrlqoes, se mouvant en sens inverse, et les aurait représentés tournant la tête d'un cAté, tandis que leurs pieds se seraient dirigés en sens Inverse. Mais 11 avait déjà mis cette Idée en œuvre dans le ch. xvi de l'Knfer, pour Aldobrandi, Guidoguerra et ftestlcucci, et il réservait les rondes concentriques pour le f^radls.
7. Sans parler des écrî vains ecclésiastiques du moyen âge, on trouvera maintes fois dans Pétrarque, Rome désignée sous les noms
de Sodome et de Gomorrhe. Vacea slgnlQant une prostituée en italien, II est facile de comprendre que les fureurs de l'antique Pasiphaé, mère d'une brute monstrueuse, se reprodulsent dans la prostituée qui n'engendre que des brutes, dans celle qui, sous les noms de tache, de louve ou d'ourse^ est toujours la même, et que tout ce qui accourt à elle, dirigé, comme le taureau, par des appétits brutaux, a fait divorce avec la raison. Peut-être la Tache à Colas remonte-l-elle Jasque-iJk.
Bfals il est certain que ces fourmU qui s*arrétent pour jaser sur le pape, lor fortuna , sont des myTmidons échappés à la peste d'Eglne.
8. Veut-on savoir la cause de cette étrange opposition de goût chez les grues? Les oiseaux qui aiment la chaleur et par suite la lu*
craut XXVI.
Alors, rattention peinte sur leur visage, Ceux qui m'avaient prie d'exaucer leur désir • Furent prompts, comme avant, vers nous à revenir *•. Moi, connaissant leur vœu, par deux fois manifeste : — Ames, dis-je, d'avoir part à la paix céleste Certaines, tôt on tard*', mon corps n'est point là-bas Resté, jeune ni vieux, glacé par le trépas; Ma chair avec son sang et ses nerfs m'accompagne. Pour que s'ouvrent mes yeux je gravis la montagne". Une dame estlà-baut dont j'eus l'aide en ces lieux. Dans votre monde ainsi je passe, et c'est par elle
mièrc. sont ceux qol lofycnt l« loto (Ift )a raison ; ceux qui préfèrent le froid subissent, aa contraire, le joug de rautorité, de la Inné, astre de Terreur, cheil geh conforta, et lenr intelligence est engourdie par le fioîd glacial , il freddo lor spirito ammorta, {Voy. la Canzone . lo son venuto al punto delta ruota, p. 378 des Rërél.) On peut dès lors 86 rendre compte de ces deux processions en sens inverse : les Guelfes affiliés sont d'un cdlé, criant : Sodomeet Gomorrhel parce qu'à leurs yeux, Rome n'est pas moins corrompue que ces deux villes impies; les Gibelins orthodoxes, désireux seulement d'une réforme reUjsiense, sont de l'autre; ces derniers ripo»tent en la proclamant descendue au niveau de la brute et comparable à Pasiphaé. Le hatoer fraternel que leur fait échanger si rapidement le poète, se réduit dès lors h on artllice scénique tendant h faire entendre que, d^aceord pour mépriser la prostituée, quoiqu'à un degré diflërent, leur divergence politique ne met pas obstacle à leur estime et à leur affection réciproques.
9. Ceux-là, dès lors, qui traitaient Rome de prostituée, comparable à
Pasiphaé, et non pas les derniers venus,' la nuova yentei