La ge^it^ che non ctVit con
CHANT XXYI
CVst pourquoi tu les vis s'<?loignpr, Yàme en peine, Par le cri de Sodome eux-lutoes s'accusant. Leur rougeur vient en aide A ce brasier cuisant. Pour nous, notre péché fut comme hermaphrodite. Des instincts de la brute en écoutant la voix. Pour être demeurés sourds aux humaines lois, Vous avez entendu notre troupe contrite Répéter h sa honte, en s'éloignant déjà, Le nom de celle qui, sans pudeur, d^Togea Jusqu'à la bnite et fut à la brute semblable ". En nos actes tu sais ce qu1l fut de coupable'». Si de chacun ici tu veux ouïr les noms. Je n'y suffirais pas, le temps nous ne l'avons ".
noiM gent qui ne va pas avec nous, sVst livrée de corps . si non d'Ame, h la Prostituée, comme César h NiromAdc ; et cette allusion historique a pour but évident d'égarer la pensée des profanes. Or, les profanes ont donné en plein dans le panneau.
18. S'il fallait prendre à la lettre les paroles de cet Ksprlt, Il ne serait pas coupaltle de sodomie, mais bien de tiPïdialité , el alors comment les comnii-nta leurs défini ront-ils le péché bermaplirodite.'' On trouvera, dans le&liévéL, p. 03 et 102, l'explicatlon toute simple de Thermaphroditisme mystique, adopté parla Maçonnerie et par riUuniinlsme. Rien de plus habilement artificieux, du reste, que la conaruction de la phrase dantesque , dont voici le sens réel :
Notre péché fut des deux sexes, en ce que nous admettons le dédoublement s> uibolique de rame et du corps, en même temps que l'union de la volonté et de rintelligence, ou de àlinerve et d'Hermès ; d'où suit que, pnrxeniis ù certains grades, nous sommes à lu fols homme et femme. Malgré no9 engagements
avec les initiés du Temple, nous avons cédé à i'habiludc et gardé la fol catholique. Nous n'avona dooc pas suivi la loi humaine , non, *wrammo umana legge ; car nous avons agi contrairement à la raison, qui est la loi de r humanité. Nous sommes ainsi descendus au rang des brutes asservies à leurs appétits grossiers , et, comme Pasipbaé , nous nous sommes embestialiséa , c'est-à-dire empêtrés dans l'échafaudage catholique, nelle ifnbeiiiate schegge.
19. Tu connais aussi bien que nous, (ilbelins, nos actes et nos défaillances orthodoxes ; tu sais quel est en réalité notre crime à l'égard de la secte, sai nostri atti e di che fummo rei.
20. Manière adroite de décliner une fâche impossible à accomplir sans dévoiler l'artifice. Tempo non è da dire et non sapreif en euisé-je le temps, Je ne saurais dire les noms de ceux qui figurent dans les deux catégories , sans faire connaître qu'elles se composent de Guelfes fl'un enté , et de (Vilmiins de l'autre.
MO
LJS PUROATOIRE.
Mais }ei te complairai du moins pour moi : sur K^m ' Sache qu*on m'appelait (tuitio(«uiniceili, Et que me vaut dëjÀ de me purger ici Avant ma dernière heure uo repentir sincère**. Lorsque Lycurgue allait de son fer la percer, Ce que firent deui Als en retrouvant lem* mère Je le fis, mais comme eux sans pourtant m'élaooer, Quand j'ouïs se nommer lui-même ainsi mon père. Le maître de tous ceux en vers doux et flatteurs Qui le mieux aient chanté Tamour et ses doiicem^**
21. GulnieclU n*« garde de dire sur quoi porlaient 8e« regrcls, son hen dolersi, lorsquMI pas^a de vie à trépas , mais ce n'était pas certtfnenient »ur ion hermaplirodiliMne. Ce JiirisconiuKo hoionafft , «hau«l pirtifan de Frédéric II et de Mm aie Man^tHi, était un de ces poMeê qui leur recrutaient des par- UMiM m chinlant l'amour sectaire.
neêt un det sept noniméi par Créeeemlieni, comme les créateurs de la poésie Italienne, d Vimitafion de la prorfnçnle» Il mourut çxilé en 1270. Nous tovons, dans une dos eomposiUons qîil restent de lui, quMl •e fait dire par Dieu : Dame , quelle est ta présomption? Donna, che presumùti'? et dans une de ses CanzonI : « Il me Taudra me consumer comme un homme éperdu qui fond ainsi que la cire au feu....
Par vous , Amour incarné , mon cecur mourant de piété , Pieiù , se consume en grande ardeur.... et il termine en disant : lo non to che Nûtura dee compirc. Je ne sais ce i|tte la Nature (cette providence Impériale) doit accomplir (bien entendu pour Tarracher à celte Pitrt qui le fait mourir). Voilà , à n'en pas douter, ce qui a suggéré à Dante ridée de le faire Agurer parmi les hermaphrodites amoureux , comme
les appelle Speron Spennil, et de le montrer au milieu des flamnuf.
Ajoutons que ce poêle, qui fut le premier à baptiser sa dame- lumière, avait donné A la sienne le nom de Lucia , et qu'il la dépeignolt collDÉe d'un capQce de diverses couleurs, mriopinto , probablement rouae Mane et rerd, dans le genre de celui 4e Béatrice. Comme Dante, ne faisant qu'un avec sa dame, Gulnlcelli était hermaphrodite en ce quil ne faisait qu'un avec sa Uieie.
22. Rien ne parait d'abord plus étrange de la part de Dante que ridée de comparer le Jurisconsulte bolonais à Hypsipylc, menacée de mort par le roi Lycurgue, et Ininiémc aux detix fils de cette princesse réduite en esclavage , et cela au moment même où il te proclame son père ; mais on comprend qu1i a voulu par là continuer la figure à l'aide de laquelle il a fait de Guinicelll un élre à la double nature, réunissant, pour lui, le double caractère mysfique de père et de mère, comme ayant contribué par ses exemples à sa Ri^nération sectaire et .^ celle des fidèles d'Amour de la même école.
Qu'on veuille bien comparer sa reconnaissance , dans des cireons^ tances analogues, avec le Guell^ Drunotto Latini.
Sans rien dire, longtemps pensif, sans rien entendre, J'allais portant sur lui mon rcgard triste et tendre ; Mais, par crainte du feu, je n'avançai pas plus". Qliand de le voir mes yeux seïurent bien repus. Je me déclarai prêt en tout à lui complaire. Ainsi que se fait croire une bouche sincère* Et lui : — €e que j'entends en ce moment de toi Me laissera trop vive et trop durable trace Pour qu'en mon souvenir l'affaiblisse et l'efface Toute l'eau du Lëtbé. Mais quel motif, dis-moi, Peut me valoir, si tout est vrai dans ton langage, Ce filial amour empreint sur ton visage ?
Vos doux vers, répondis-je, oui, tant que dui^era Notre parler moderne, on les admirera '\
0 frère, reprit-il, celui que te révèle Mon doigt, tendu vers lui, sut mieux, je le prétends, Assouplir à son gré la langue maternelle".
!?2). S'il ne manifeste pat plus px* plIcKement sa joie do le revoir, c'est pnr rrainlc &n flammes du bûcher, san<t quoi II s'avancerait bien da> vantai^ ; mais du moins les paroles qu'il lui adressera ne seront pas empreintes dMronIc, comme son entretien avec meesire Bruneltn.
54. T«nl que Ton fera usage de ce 8l>le dus ou car, inventé par les troubadours albigeois [vûy. p. t4 -fh>s Héttl.) , qnûfito durera Vuso ynoderno, on reconnaîtra en vous un des ipailres de Vécolc llallçnn«, et run d«ft ittcnitairM de IO*rdrc dont je fols moi-mé!i\p partie. I>anlc lui iléclare cela de ce Ion nul fait croire an triomphe di». Henri de Luxembourg, Templier et rul lésitimc des Itomaîns « Con Vaffermar, cht fa tredere A.L.T.R.Vl. N'est-ce pas là un mot bien commode.^ — Dante nt dit pas tout, car il devrait ajouter que, comme !«!, et avant lui, ce pir-
micr Guido avait changé le langage aeclairc; écoutez les vers que lui adressait ce même Bonagiunta, que nous venons de voir,ch. x\iv» pârnii les indiscrets, pecoaîori delta 90/a :
« Pour éclipser tous les autres trouhadoun, vous avez changé la ftremière manière, rnnrienne forn>e des plaisants devis d'amour.... 'vous surpassez (ont le niocid« en tubtilitif et en savoir , voira lani^ge est si obscur qu'à peine est-Il quelqu'un qui le comprenne. » Ktonnez-vous, après cela , de la teodre vénération de Dante pour celui qui lui donna t!e si précieux exemples.* Ceux qui seront curieux d'en juger n'ont qu'à se reporter à kl fin do chant, note \ 25. Cher frère en religion, en void un q\il remporta sur mol par Tart avec lequel II mit en œuvre celte lani!ue provençale qui fut la tni'Vfi de la nuire , en ce sens qne notre langage ^douille et tilple sens,
LE PURGATOIRE
DeTRnt il désignait une ombre en même temps. De bien loin vers d'amour et prose de romans '*, II a tout surpassé ". Laisse dire au vulgaire. Qui de Limoges croit le chantre son vainqueur '* ; ^u son, bien plus qu'au sens, il donne sa faveur' Et son opinion se forme d'ordinaire Sans que l'art le dirige ou la raison l'éclairé *\
dérive de celui des Albigcoifl, de ceux qu'on appelait doetores trilinguet,
36. Vers et romans en langue provençale, nel parlar malemo, bien entendu , et pourtant pas un de CCS derniers n*u survécu h la destruction systématique de cette littérature. D'où Ton a conclu, contrairement ù l'opinion de Faurlel et à ce vers significatif, que les Provençaui n'avalent pas composé de romans, quand les premiers connus , ceux du Cycle du St-Graal, sont évidemment émanés d'eux, en opposition au Saint-Slége et à la gloriOcalion des Templiers. (Foy. la note, p. 394 des RëvéL) Mais c'est le destin de notre poète d'être toujours cité à contre sens. L'annotateur c4)ntemporain ne s'y est pas trompé :
Dice cli*egli ararixà in rima e m PROftA tutti gtl altri di quella lingi'a, seconda il vero, Ott, C, Arn. Daniel avait donc écrit des romans en prose provençale. Nous Invitons M. Paulin Paris,.qui cite ce vers pour appuyer la thèse contraire, ili reporl«^r sur le sens qu'il comporte, son attention éclairée; car c'est surtout aux doctes de bonne fol que nous désirons ouvrir les yeux.
27. Dante et Pétrarque avaient sans doute leurs raisons pour faire si grand cas de cet Arnaud Daniel , surnommé par ses contemporains le grand maître d'amour^ quand le iiiuine de MontanUon, Hugues de Saint-Césaire, Millot, Ste-Palaye,
Gingucné , Faurlel , Galvani el autres ne le trouvent remarquable quo par son obscurité, (lotr la traduction d'une de srs compositions, p. 460 des Révél.) D'où provient une 8l grande divergence d opinion entre les uns et les autres ? De ce que les deux grands poètes italiens comprenaient parfaitement ce qui était lettre morte pour la foule , el r4>Dnalssaient, aussi bien que Béatrice et Laure étaient connues d\u\ , ia dame en l'honneur de laquelle il composa tant de caras rismas, eu accusant son siècle , trop dépraré, de lui Interdire re8[M)ir de la posséder; « ne fut-ce que dans ma vieillesse > » s'écrlalt-ii. Son mérite aux yeux de Dante était le même que celui deGulnicelli, sa subtilité et eoh obscurité,