‹ La comédie de Dante (volume 3)Chapitre 80 sur 155 · SI · texte numérisé non relu

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LE nmAATOIRC.

Veuille me fnire entendre encor ta douée voix , Pour que mon âme en soit quelque peu consolée , Qui se traîne du poids de ce corps accablée ".

Il se mit à chanter alors Ai doucement : « Amour en mon esprit qui parle à tout moment.... » Qu'en vibre encore en moi la tendre mélodie **. Le maître et moi restions muets à Pécouter, Et ceux qui Tescortaient, tous, Foreille ravie , Paraissaient n*avolr rien de plus à souhaiter. Mais, lorsqu'à ses accents, dans un profond sibnce, Nous étions attentifs, survint le saint vidllard. Nous criant tout à coup : —D'où vient pareil retard T Esprits trop paresseux, d'où tant de négligence? Gouret au mont laisser le ftiix dont Tinfluence De l'aspect du vrai Dieu prive votre regard *•,

24. Pentera-t-4>n que ce Mil biea le moment pour Danle, qui sort de l'Enfer et va gravir la montagne du Purgatoire, de demander une chanson amoureuse h son ami, pour rcmonler aet esprits, et on psaume ne •erait*»!! pas beaucoup plus en sltuathm dans un poème catholique ? Oui sans doute. Aussi eijl-ce en réalité un cantique sectaire qu'entonne Casella, comme on peut s'en assurer en Hsaiit dans le Convito le long commentaire dans lequel le poète s'eflbroe de déguiser son hérésie en unotir de la philosophie. Voy. les • pages Bi» et sulv. des Révëi,

26. <M, son ftnse était toujours yéaétgée de la ménie pensée qui lui avait dicté ce chant de forme erotique, mais, comme II vient de le dire, une loi nouvelle, celle de la néoessKé, nuwa legge, l'obligeait de TMMNwer à ce langage amoureux, employé depuis deux siècles par les Provençaui. C'est là ce qu'il veut donner à entendre en se faisant chanter celle de ses compositions

lyriques où la pensée hérétique ce manifeste le plus clairement, grftce surtout au commentaire qu'il y a joint. On volt, en eOTet, dans cette Cantone, qu'il lui e^t interdit de re^ produire tout ee jque dit l'Àm&nr; que les inîeUigencet tétestee cenrempleiil celle qu'il se giirde Men de nommer ; qu'eUe pnmre le salut à ce%ts pour qui brille m iJO^ ■lÊSE; qu*eUe Hent en aide à motse roi (celle des AUrtgeols), ayant (f% créée à celte fln de fouit tftemild, et son resplendissement révél«Bli«« déUcet du Paretdis,

26. Telle est (a le§§e miova. De par elle II faut renoncer au langage erotique, devenu dangereux par les soupçons qu'il a éveillés> tout en conservant dans le fond de son àme cette religion d'Amour dont la doke%xa aneor dentro mi tuona, el loi substituer le langage orthodoxe.

Ainsi l'ordonne le Dieu-Amour laimême, travesti en vieillard, wglio onesto; c'est-à-dire déguisé, car on se rappelle que cette épithète d'o*

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Gomme, pour becqueter le froment et l'ivraie, Des colombes qu'on voit en troupe dans les champs , Tranquilles, faire tré?e à leurs roucoulements, S'il survient quelque chose alors qui les effraie , Laissent là leur pâture et, d'un bien autre soin Promptes à s'occuper, prennent l'essor au loin " ; Ainsi je vis partir la troupe toute entière Et, pour gagner le mont, abandonner le chant ^*; Gomme des gens presses et qui , ne sachant guère Le chemiii & tenir» au hasard vont cherchant "•

Nous partîmes aussi, non moins vite marchant.

nato, de copertOt appliquée au langage, ne signifie pas antre chose.

C'est donc le Dieu^Amour qui, sous les traits de Calon, reproche à ces Esprits d'être paresseux à comprendre la nécessité de «!ette transformation de ridiome sectaire, de la substitution du langage dognMtkqiie, ou du moins de son immii^tlon, à la symbolique amoureuse. C'est lui qui les presse d'aller dépouiller le vieH homme, l'homme de pierrtf qui les .

empêche de voir Téritablement Dieu, tpogliar lo fco^lio; expression qui pourrait surprendre si l'on ne se rappelait que Dante l'a constamment employée Jusqu'Ici dans le •enade pierre, piff atloalon «ix paroles da SauTenr.

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