Cet étonnemeut des Esprits se
répétant à plusieurs reprises, ne serait-ll pas un véritable enfantillage s'il n'avait pas une signification mystérieuse? Et l'acte de la gorge, Vaîto délia yola, pris, physiquement parlant, pour la respiration, poâvalt-il être moins apparent dans le Purgatoire que dans l'Enfer?
3. La comparaison ne serait-elle pas bien pompeuse s'il ne s'agissait que de l'interprétation donnée à un effet physique ? car 11 n'y avait pas
Quand toujours sa pensëe est d'une autre greffée, L'homme voit devant lui son but fuyant sans fin ; Car la sève de Tune est par Tautre étouffée.
Que répondre à cela , sinon : « Je viens soudain ? » Ainsi dis-je , le front teint de cette nuance Qui rend digne parfois le pécheur d'indulgence* .
Quelque peu devant nous cependant s'avançait, Dans le sens opposé, tout en tournant la côte, Une troupe de gens qui , verset par verset. Chantaient Miserere, d'une voix claire et haute ^ Mais, en s'aperccvant qu'interceptait mon corps Le passage aux rayons solaires, fut changée En exclamation confuse et prolongée Leur pieuse oraison •. Deux dans le nombre alors
plus h s'en émoavoir pour Dante que pour Virgile. Foy. dans le iv* IraKé du Banquet, chap. lO et 13, comment la noblesse, c'est-à-dire Finiliatton sectaire, est comparée à une tour Inébranlable sur srs fondements. Révél., p. 337 et 339.
4. Par l'effet de celte vergogne, apanage de Tàme noble, dont il est parlé dans le Banquet, iv, 16. Il y a lA évidemment une allusion aux interprétations diverses niixquollcs donna lieu, dans les rangs des Gibelins sectaires, le changement de langage du poète, Interprétations souvent malveillantes et assez graves, puisque Dante dut consacrer à les repoqsêer une grande partie de ses Canxonl {Voy. Révéi., p. 365, 373 et suiv.) ; comme aussi la Canzone :
Aki, faux fit ^ per que trai hâves, qnl fait foi do ses Inquiétudes et de ses déceptions ; aussi, Virgile lui dit- Il de ne pas se préoccuper de l'opinion des autres et de marcher l'œil constamment fixé sur son but.
5. Le psaume VI,. Domina, ne in furore tuo arguas me, non pas
tel qu'il se trouve dans rAncien Testament, mais tel qu'il a été paraphrasé par Dante : « Seigneur, prends pitié de mes graves erreun, car je suis faible et J'ai perdu toute mon énergie ; défends-moi , Seigneur, du grand Ycr {del gran Verme che il mondo fora). SI tu ne fais pas alliance avec moi, qui se souviendra de toi dans la mort, qui ' o^t un lieu de discorde?,.. Dieu, dans son amour qui est si grand, m'a couvert de son manteau, aussi je ne crains plus mes ennemis, qui s'en Iront pleins de confusion, parce que Je suis purgé de toute lèpre, titondafo d'ogni rogna (sous-entendu romana). » Que Ton veuille bien comparer c-eltc paraphrase avec le texte de l'Ëcriiure, et comme on n'y trouvera aucune des expressions soulignées, on reconnaîtra peut-être rintenllon secrète qui l'a dictée et le motif qui l'a fail rappeler Ici. C'est toujours au psautier de Dante qu'il faut se reporter pour les citations du même genre.