‹ La comédie de Dante (volume 3)Chapitre 93 sur 155 · Venceslas IV, dit le Vieux · texte numérisé non relu

Venceslas IV, dit le Vieux

dont i£nea8 Sllvius fait presque un saint; à raison sans doute de l'abnégation avec laquelle 11 laissa tomber, h la voix de Boniface Vlll , les deux couronnes de Hongrie et de Pologne, qui lui étaient ofTertes.

Mais ce qui était un mérite aux yeux de Pic II, constituait aux yeux de Dante une honteuse lâcheté. Ajoutez à cela qu'il avait beaucoup contribue à réiection d'Albert d'Autriche.

26. Phillppe-Ie-Hardi.mort A Perpignan, après une campagne désastreuse contre Pierre 111 d'Aragon.

Dante ne pouvait que lui garder rancune pour avoir cédé le comtat

LE |>URiiATOIRE.

Voyez comme U se bat le sein par pënitooce. Regardez l'autre encor, soupirant près de lui, Qui de sa main a fait à sa joue un appui. Pour fllset gendre ils ont le fléau de la France; Ils savent que ses jours coulent souillés, honteux \ De là naît le chagrin qui les ronge tous deux ". Le personnage au corps si m^bru, dont s'accorde Le chant avec celui de cette ombre au grand nez ", De toutes les vertus, dont il tressa la corde, Marcha ceignant ses reins, durant ses jours bornés , Et si le jeune prince assis plus en arrière Eût régné plus longtemps après son noble père ", Ses mérites chez lui seraient passés entiers.

On n'en peut dire autant de ses deux héritiers : Jacques et Frédéric en royal apanage Reçurent ses États *^\ mais ce que l'héritage

VenaiBsln au Saint-Siège cl guerroyé contre les Aragonals qui , Jusqu'au dernier moment, avaient défendu Toulouse et les Albigeois.

27. Jeanne, fllle de Henri, surnomme le Gros , roi de Navarre et comte de Champagne , mis ici en scène par le pointe, en compagnie de Philippe-le-Hardi, avait épousé Phiilppe-le-BcI, à qui la destruction des Templiers vaut d'être appelé le mal pervers de la France, SI Henri est représenté comme ayant un nir de bonté, benigno aspetto, c'est qu'il avait pour frère ce Thlbaud, comte de Champagne, renommé parmi les troubadours et dès lors imbu de leurs doctrines hérétiques; quant à lui, II n'était rien moins que débonnaire. « Combien que la commune opinion soit que les hommes gras sont volontiers de douce et bénigne nature, si est co que celul-cl fut fort aspre. » Hist. de Navarre.

28. Pierre IIl d'Aragon, qui éialt d'une forte corpulence, et Charles I", roi d« PoulUfl et «Hiit^ de Provence, dont le ncs était d'i^ne grandeur remarquable, grande di persona, di feroM riguQfdo , di felorr uHvigno e con grande fuuo, dit de lui Villanl, VII, 1 .C'est à titre de moteur secret des Véprcs-Sicillennes et, par suite, de vengeur des Albigeois sur la maison de France, que le premier est exalté Ici aux dépens de Charles d'Anjou et de ses descendants , champions fldèlcs du Salnt- Siégc. C'est aussi certainement, comme gendre de Manfred.

20. Alfonse, fUs aîné de Pierre, son successeur au trAne d'Aragon, mort Jeune et sans enftints.

30. Jacques, fils puInédePierrelH, roi d'Aragon, après la mort d'Alfonse, et Frédéric, son frère, roi de Sicile.

Le premier avant épousé une fltlc de Charles 11 de Naples, céda à ce prlDCO set prétenUona lur la Sicile,

cha:^t VII.

Eut de plus précieux et, certes, de meilleur, Aucun des deux n'en est demeuré possesseur. Revivent rarement dans un môme lignage Les humaines vertus ; ainsi le veut Celui Qui les dispense, afin qu'on les demande * lui.

A ce prince au grand nez s'applique ma parole Non moins qu'à Pierre, 'au cliant duquel s'unit le sien"; Et la Provence aussi, la Pouille se désole". Comme de la semence au fruit ne revit rien , Bien plus que Béatrice et plus que Marguerite De son épowi Constance encor se félicite".

Ce roi, simple qu'il fut , laissa dans ses États Des rejetons meilleurs. Voyez-le, solitaire, Assis un peu plus loin , c'est Henri d'Angleterre".

double crime aux yeax de Dante.

Le second, monté à son tour au trône de Sicile, épousa de même une flile de Charles 11 , et renonça au titre de roi de Sicile pour prendre celui do roi de Trinacrie. Tous deux de plus se montrèrent dociles à l'In* flucnce du Saint-Siège, ce que le poète ne pouvait leur pardonner.

31. Celte idée de faire chauler h Tunisson les deux rivaux Pierre III et Charles d'Anjou , se rallache au

^système préconisé par Dante dans son traité de la Monarchie. Ils se trouvent h\ sous la présidence de Tcmpereur Rodolphe , dont le siego domine celui des autres rois, piû sied* altOf et dont la suprême autorité rétablit l'accord entre les ennemis les plus acharnés.

32. Parce que les hérillcrs de Charles d'Anjou n'ont pas moins dégénéré que ceux de Pierre III.

33. Conslancp, fille de Manfrcd, femme de Pierre d'Aragon, doit être plus fière de son époux que Béatrice de Provence , première femme de Charles d'Anjou, et que Margue-

rite de Bourgogne, qu'il épousa en secondes noces, [voy. son épitaphe dans l'Atlas de Le Sage) car, tout dégénérés que sont ses fils, ils sont encore bien au-dessus des princes de la maison d'Anjon, ces soutiens de la domination du Salnt-SIége en Italie. Nous avons signalé, dès 1842, l'erreur des commentateurs, faisant porter ce trait sur Marguerite de Provence, femme de saint Louis.

34. Si ce monarque n'est pas celui qui dut payer chèrement le meurtre de Thomas Becquet, ce que nous croyons. Il faudrait reconnaître en lui Henri 111, fils de Jean-Sans- Terrc, longtemps tyrannisé par le comte de Leicestcr, fils de Simon de Montfort, et rétabli dans la plénitude de son auloiité par la viclolre d'Evesham, gagnée par le prince Edouard, sur le fils du vainqueur des Albigeois. Dans tous les cas , le défaut de désignation fait fol de la la volonté de laisser subsister le doute; mais le secret motif des préférences et des ^mtipathies du poêle se rattache toujours, on peut

LE PURGATOIRE

L'autre, assis au milieu, dans le rang le plus bas, Et qui regarde en haut, est le marquis Guillaume , ' Pour qui le Montferral et le Canavesîn Pleurent, toujoui's en guerre avec l'Alexandrin, Dont brave leurs efforts la ville aux toits de chaume **.

en élrc cerlain, à la part prise par len uns ou les autres, «^ la lulte contre rÉglIsc el ses clininpions. Le prince Edmond, frère d'Edouard 1*"% successeur d'Henri 111, investi des propriétés et des honneurs de la famille des Montfort, fut la souche de la maisou de Lancastre.

35. Guillaume VI, dit le Grand, qui, après axoir été Tailié de Charles d'Anjou el lui avoir facilité In conquête du royaume de Naples, tourna ses armes contre lui, lorsque ce prince voulut asservir la Lombardle, et devint, en 1381, le chef d'une puissante ligue gibeline, comprenant Milan, Verceil, Novare, Tortone, Alexandrie, AsU, Gôme et Pavie.

Fait prisonnier pas les Alexandrins révoltés, Il fut mis dans une cage

de fer et mourut leur prisonnier en 1292, mnltiré les elforts fnitspar ses fils pour le délivrer. Théodore PaléoloRiie, son petit -fils, qui réfsna de 1306 à 1338, s'étant déclaré pour l'empereur Henri VII, fut reconnu par ce prince en qualité de marquis de Montferrat, au ]iréjudicc du roi de Naple^ et du marquis de Saluces.

Ainsi s'explique cette mention accordée à un personnage d'une Importance secondaire. Dante le fait siéger ou-dessous des télea couronnées , jnals il le montre les yeux levés, guardando insuto, c'est-àdire flxant ses regards sur l'empereur Rodolphe. Voy. MuratorI VIII, p. 1164. Jfemortaie Potestatum Regiensium, Id. ix. Cronieon Fat' même, p. 795, id. xi. Crontcoii Astense, p. 166.

CHANT VIJI.

C'était déjà Tinstant où da navigateur Le regret se réveille et s'attendrit le cœur , ^ Le jour qu'à ses amis éplorés, sur la rive, 11 dit un triste adieu ; l'instant où se ravive Du pèlerin rêveur l'amour et le chagrin, S'il entend une cloche au tintement lointain Sonner, pleurant le jour qui se meurt dans l'espace • ; Quand, de l'ouïe en moi laissant l'usage vain. J'observai, curieux, une âme de sa place Qui soudain se levant, réclamait de la main Qu'on voulût l'écouter. Dès qu'on l'eut exaucée, Les bras levés, la vue à l'Orient fixée, A Dieu, dans son extase, il semblait qu'elle dît : uRien ne m'occupe ailleurs et rien ne resplendit*.» Puis si dévotement, d'une douceur extrême,

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