Au moment où Dante écrivait, 2&. Vers le pôle
Pour redideodii^ au Heu par les autres quitté *•.— Tandis que me parlait le maître qui m'ëdaîre, Sordello Tattiranl : — Voilà notre adyeràaire , Lui dit-il , rindiquant du doigt à Son regard *'.
Au point où du vallon s^abaisse le rempart Paraissait un serpent, peut-être celui même Duquel Eve reçut Famer et fatal met, A nos premiers parents qui valut Tanathème'*. Parmi Fberbe et les fleurs le reptile glissait. Vers 'sa croupe souvent il retournait la tête La léchant doucement, comme fait une bête Soigneuse de lisser sa robe ". Je ne peux Dire, ne l'ayant vu, comment alors agirent
2C. N'en déplaise aux commentateurs» qui ont pris au sérieux c<« indications astronomiques, Dante s'occupait beaucoup plus de la terre que du ciel. S'il dit regarder d'un œil avide, con occhi ghiotli, vers Rome, centre du mouyement du globe, c'M afin de faire comprendre que là est la clef de la situation. En elTet, ceux qui avaient reconnu dans les quatre étoiles dont s'illuminait, le matin, la face de Caton, Dieu-Amour, les quatre Vertus politiques, source de la noblesse sectaire, ne pouvaient méconnaître dans les trois autres, qui venaient les remplacer à rheure des ténèbres, les trois vertus théologales, et cette mise en scène habile leur expliquait sufllsammcnt ce que pouvaient être les deux anges gardiens et le serpent dont les rois et les chantres d'amour avaient tout h redouter.
37. L'adversaire des rois et des fldèles d'Amour, profitant de la nuit, pendant laquelle brillent les vertus catholiques au détriment des vrrtus philosophiques, que l'ignorance met au-dessous d'elles.
28. Le poète n'afllrnle pas que ce soit le même, car dans sa pensée il y a bien quelque difTérence, quoique celui auquel li fait allusion soit aussi pour lui la cause d'une chute déplorable. « Vous devez écraser la tète du serpent de l'ignorance, ce serpent que nous détestons comme une Mole adorée par les sots et par le vulgaire sous le nom de Reli- «ft>N. » (Voy. Light on Masone^, p. 260. Loge philosophique des chevaliers dé l'aigle ou du soleil.) On se rappelle au surplus que l'Eve qui reçut du serpent Vamnro cibo est cette église sectaire de Florence qui se laissa séduire par les promesses et les dons du pontife , au point de potier témoignage contre l'Ordre dti Temple.
2D. Celui dont le serpent est Tcmblême, à raison de son astuce, chemine dans un sentier fleuri, tandis que ceux qu'il poursuit ne trouvent que ronces sous leurs pas, et H va caressant ceux qui le srulvent avec docilHé, comme la quene suit la tète.
LE PURGATOIRE
Les anges protecteurs, ces deux autours des cieux;
Mais je les aperçus déjà planant tous deux,
Au bruit qu'en fendant Tair leurs vertes ailes firent '*.
S'enfuit Fimpur serpent et, d'un essor égal,
Ils reprirent leur poste aux deux côtés du val ".
L'ombre dont j'ai parlé , qui s'était rapprochée Du Juge à son appel *S durant tout cet assaut, A m'observer était demeurée attachée.
Puisse, dit-elle, en toi le flambeau qui là-haut Te dirige trouver suffisante matière, Jusqu'au céleste azur, terme de ta carrière *^ ! Si du val de la Magre ou de voisins pays. D'après de sûrs rapports, tu sais quelque nouvelle, Parle , car en ces lieux , je fus puissant jadis •*. Conrad Malaspina dans le monde on m'appelle, Je ne suis pas l'ancien, de lui je descendis »*, Et portai dans mon cœur aux miens, que je chéris , L'amour qui dans ces lieux se survit épurée *\
30. Expliquer eommcnt opérait contre l'ennemi le langage à double sens, symbolisé par les deux anges Jumeaux, aurait été hasardeux. Le poète tourne donc la difficulté en disant qu'il n'a pas vu ; il n'a fait qu'entendre, et c'est en effet par rorcilie que le langage opère sur rintelligence.
31. Ces deux anges sont comparés à deux autours, parce qu'ils don- Dent la chasse au serpent et qu'ils finiront par le mettre en fuite, en ne cessant de protéger le pouvoir temporel , ainsi que la secte religieuse qui a pris à tâche de renverser la domination spirituelle.