‹ La comédie de Dante (volume 4)Chapitre 100 sur 123 · La grâce · texte numérisé non relu

La grâce

31. Fille du comte Fieschi , de Gènes, *UV avait épousé Norotl Malaspina, marquis deGiovagallo, hôte ilu poète, qui lui dédia la Cantique du Purgatoire. ; Yoy. Hist. de la Lunlgiane, par l'abbé Gcri de Fivtxxano.) Il s'était rangé en 131 1 sous la ban* niére de Henri VII , et avait été nommé par ce prince son vicaire

impérial à Brescia, âpre* la prise de cette ville. On comprend dès lors que, a raison de ces lient de famille, Adrien V ait été traité avec un certain ménagement , comme homme, par le rancunier Gtbdlii, tout eu faisant de lui, comme pape, la personnification de l'avarice dans le Purgatoire; en ne laissant pas échapper non plus l'occasion de lancer un trait contre ceu\ des autres membre* de sa famille qui avaient déserté le parti Impérial.

Contre un juste vouloir faiblit un vœu contraire : Ce qui fit qu'A regret, afin de lui complaire , J'Atai , sans l'assouvir, l'iponge hors de Tenu \ Je repris donc tua route ; en fit autant mon guide, Marchant le long du roc, où l'espace élait vide, Comme sur un rempart on longe le créneau ;, Car ceux de qui les yeux épanchent goutte A goutte Le mal qui tient la terre et qui l'envahit toute ' Étaient , de l'autre part, trop rapprochés du bord.

Puisses-tu , liouve antique , ftre à jamais maudite , Qui, plus que tonte brute au rapace transport, Acharnes sur ta proie une faim sans limite \ Et vous, Cieiu , dont on croit qu'ici-bas , des humains , Vous faites ou change*, en tournant, les destins,

1 . Que de choses a demander encore à Adrien V, gll n'y avait pas eu danser a prolonger avec lai l'entreitenl

2. C'est en faisant «de de papisme, c'est-à-dire en pleurant, que «es âmes repentantes se dénoncent comme atteintes de guelttsme ou de dévotion à Rome, dont l'avidité, mal perverso, va toujours croissant , et dont la doctrine, instrument approprié par elle au service du despotisme, enfante tentes les mauvaises passions, tutta Vmnndo occupa.

Nous parlons ici, comme cela nous arrive souvent, le langage de rtuv* résie ; mais H noué faut bien traduire la pensée qui a dicté te pofmc prétendu calhoitqne»

3. Au lecteur de décider st celle apostrophe est dirigée contre l'avarice en général ou contre l'Insatiable ambition de la cour de Rome, symborysée dans la louve, que nous avons vue , au début du poème, repousser Dante du côté où se tait le soleil de la raison, dore VHol Hnr.

Quand viendra donc celui qui vaincra sa furie * ?

Nous marchions à pas lents, et, d'une Ame attendrie, Des ombres j'écoutais les plaintes et les pleurs , Quand j'ouïs devant nous dire : « 0 douce Marie ! » Gomme, tout éplorée, une femme s'écrie, Quand de l'enfantement l'assaillent les douleurs. <f Tu fus , poursuivait-on , et pauvre et misérable , « Autant qu'on le peut voir par cette obscure étable « Où ton flanc déposa le fruit saint qu'il portait '. »

Et j'entendis après que la voix ajoutait : « 0 grand Fabricius, en ta noble indigence, « De la vertu, chez toi, sut l'emporter l'attrait « Sur le vice entouré d'éclat et d'opulence. »

Ces paroles m'avaient tant ému de plaisir Que j'allai vers l'Esprit rempli d'humble tristesse , Dont il me paraissait qu'elles devaient venir ; Et j'entendis encor qu'il vantait la largesse Qu'à trois vierges sœurs ût le pieux Nicolas , Au sentier de l'honneur, pour retenir leurs pas '.

Toi qui parles si bien, oh ! daigne, ftme bénie, Dis-je, me révéler qui tu fus dans la vie , Et pourquoi je t'entends , seule ici , répéter Des louanges qu'il est si beau de mériter7. Ta réponse bientôt aura sa récompense, Si je dois retourner finir cette existence

4. Quand viendra le limier, le s'en aller fuyant de contrées en con-

vtltro, qui doit la refouler aux En- trées, poursuivie qu'elle élait par les

fers, d'où la fit sortir l'envie, tntt- satellites d'Hérode.

M ftTi/ÎLf A'SZ JZZSL le désintéressement de Fabricius et

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saint, il dolce porno, et se voyait r tr

réduite à le déposer obscurément 7. Ce dont les pontifes prennent

dans les plus humbles demeures j a peu souci.

Donl la durée est courte et le tenue prochain.

Et lui : — Je parlerai , non pas dans l'espoir vain D'en obtenir, là-bas, un secours salutaire 8, Mais parce que t'accorde, avant ta fin sur terre, Si notable faveur la suprême bonté.

Je suis la souche, hélas-! de l'arbre détesté Dont s'étend l'ombre au loin sur la terre chrétienne, Et fait si rarement qu'un bon fruit en provienne "; Mais si le pouvaient Brugc et Lille , Douai , Gand , Bientôt s'en tirerait éclatante vengeance. Puissé-je l'obtenir du Juge omnipotent 10 ! J'eus nom Hugues-Capet; c'est de ma descendance Que sont nés les Philippe, ainsi que les Louis Qui, dans ces derniers temps, ont gouverné la France, Et je reçus le jour d'un boucher de Paris ".

8. Entendez : il n'est rien de bon a attendre de la France, ou bien, je ne compte guère sur l'efficacité des prières.

0. Hugues-Capet, souche des rois de la troisième race, est ici mis en scène, comme le sera plus tard saint Pierre, pour tonner contre ses successeurs , à l'influence desquels Dante attribuait les maux de la chrétienté, par suite du concours qu'ils n'avaient cessé de prêter à la politique romaine. Il est certain que, à cette époque, des princes de la maison roxale de France régnaient en Espagne et a Naples, que l'Angleterre appartenait à une branche de la même famille, et que des princes français portaient les couronnes de Jérusalem, de Constantinopie et de Navarre. La mine des Albigeois et la destruction de l'Ordre des Templiers était le grand crime de celte troisième race.

10. Allusion à la fameuse évacuation de la Flandre, dont Philippcle Bel s'était emparé en f2W) et qu'il

avait réunie a la Couronne. C'est du triomphe de l'Empire sur l'Église du monarque universel, source de toute justice, che tutto giuggia, que Dante attendait vengeance.

11. Ceux qui avalent fait couler le sang des Albigeois et des Templiers ne pouvaient descendre que d'un boucher, s'appclàt-il Hugues-le- Grand, Robert d'Aquitaine ou Hobert-lc-Fort. Du reste, cette généalogie n'a pas été inventée parDaute, car non-seulement Villani en fait mention, mais on la trouve développée tout au long dans un roman traduit du français en allemand , et imprimé à Strasbourg en 1508. 11 est intitulé: « £rùfoigréab(e lecture fee ta véritable ïjiltoirc tanfl laquelle un nommé $uauc4 (5b%ipelain, i«8ut'iin b o u ty e r , bevtnt puiMant roi U grance yar ta proucMc dje*alere«qu«. »

Peut-être, en cherchant bien, trouverait-on que ce roman rie chevalerie a été composé originairement dans la langue d'oc, à la suite de lu croisade albigeoise.

LK PrRGATOlHK.

Quand dos antiques rois la race fut (Mcinle, Moins un prince qu'on fil rcvOlir du froc gris , La barre de l'État , avec vigueur étreinte , Se trouva dans mes mains, et j'eus bientôt acquis Tant d'amis dévoués, de force et de puissance, Sur le trône vacant qu'on fit asseoir mon fils. De ces rois consacrés la suite à lui commence ls.

Tant que la grande dot de la riche Provence Veut point fait perdre aux miens toute honte , au total , S'ils valaient peu, du moins faisaient-ils peu de mal n. Mais mettant à l'écart un reste de vergogne , Bientôt, par violence et mensonge à la fois. On les vit commencer leurs avides exploits " : Le Poitou , la Neustrie ils prennent, la Gascogne,

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