Ne faudrait-il pas traduire
Ne compte pas sur la gloire, si comme mol tu dépouilles trop tardivement le vieil homme; car autant ou mieux vaudrait pour toi être resté sous l'influence de Homo qui a pesé sur toi dèi ton berceau ?
9(K> LE PURGATOIRK.
Celui qui tient si peu de plaoe là devant
A vu de son renom la Toscane remplie;
Dans Sienne on s'en souvient à peine au temps présent.
En maître il y régnait quand fut mise à néant
La rage de Florence, alors aussi superbe
Qu'on la voit dégradée, ignoble maintenant".
Votre gloire est semblable au coloris de l'herbe ,
Qui naît et se flétrit. La fait vite jaunir,
Celui qui verte et fraîche au jour la fit venir ".
Je répondis : —Crois-moi, d'humilité sincère " Ton discours véridique a pénétré mon cœur, Et de l'orgueil en moi réprimé la vapeur. Mais quel est donc celui dont tu parlais naguère ?
Provenzan Salvani , répliqua-t-il soudain. Parce que, se montrant présomptueux et vain, Il voulut à son gré dominer Sienne entière, Le voici parmi nous et, depuis qu'il est mort, Il a marché courbé, comme il chemine encor ", Sans trêve ni repos. C'est de telle monnaie Que là-bas l'arrogance en ce séjour se paie 52.
28. Provenzano Salvani combat- avec ce qui précède, signifieraittait, à la tête des Siennois , quand elle qu'il n'y a de gloire durable que Farinata défit les Florentins à Mont pour ceux qui savent la mériter par Àperli, il appartenait donc au parti leur persistance à combattre pour gibelin. En eiTet Ricordano Maies- la cause sectaire, pina dit de lui : « Fù potente uomo 30. Buona umiUà, en opposition e dopo la vittoria , ch' cbbano i avec la fausse humilité catholique Sanesi a Mont ApertifQuidata tutta 31. Pot chc roori , signifie égalela città a parte Ghibellina di Tos- ment, parce qu'il est mort ; ce qui eana, facevano capo di lui. * Flo- nous donne le mot de l'énigme. O rence n'est comparée a une pros- héros gilielin a péché par orgueil cl Uluée, putta, que pour son atla- par ambition. Voyant les Guelfe* chement à la cause guelfe. x triomphants à leur tour, il craignit
20. Ce mot acerba, titre du poème d'être écrasé par eux, et s'humilia
qui conduisit au bûcher le vieux devant la cour de Rome pour con-
Cecco d'Ascoli , avait une valeur server le pouvoir dans Sienne. Au-
secrète , comme nous l'avons rc- trement dit de vivant qu'il était, H
marqué ch. xxv de l'Enfer. Peut- se fit mort.
être cette comparaison, en rapport 32. Tropp* oso : aux yeu\ de
Wl
Et moi : — Si le pêcheur qui pour se repentir Attend l'instant où va sonner sa dernière heure, Ne peut gravir ce mont, mais triste au pied demeure, Aussi longtemps qu'il eut d'ans sur terre à fournir, À moins que, pour l'aider, on ne prie et ne pleure , Gomment d'entrer ici put-il donc obtenir î
Lorsqu'il vivait, dit-il, en sa plus grande gloire , Déposant toute honte, un penser méritoire Le poussa librement, dans Sienne, à s'en venir Sur la place et, tremblant, l'air humble à s'y tenir. Le malheur d'un ami, prisonnier du roi Charte , Pour le sauver de mal, ainsi le flt agir. J'ai tout dit. Je sais bien qu'obscurément je parle , Mais tes concitoyens, avant qu'il soit longtemps, T'aideront de mon texte à commenter le sens. Pour avoir accompli cette œuvre expiatoire, S'abrégea son exil au seuil du Purgatoire ".
Dante, déserter son parti était de l'audace, de l'effronterie, l'apostasie ne fût-elle qu'apparente, comme dans l'espèce , ce qui va nous être expliqué.
33. Dante et ses personnages ne s'expliquent avec obscurité que lorsqu'il y a danger à s'expliquer clairement Si Provenzano. avait eu a cœur de se procurer la rançon d'un nommé Vigna , son ami, comme le disent les commentateurs , il aurait trouvé d'autres moyens que de se poster en mendiant sur la place publique. 11 y avait assez de négociants et de propriétaires opulents dans Sienne pour venir en aide au premier magistrat de la république. A ce Vigna Substituez Provenzano luimême, honteux d'avoir subi l'influence guelfe, et tout vous deviendra clair. Vous comprendrez que
Provenzano, qui, pour garder le pouvoir, s'était rallié ostensiblement aux Guelfes, appuyés par les armes victorieuses de Charles d'Anjou, ait éprouvé des remords de sa faiblesse, et désiré se tirer de la peine qu'il endurait à se voir traîner a la remorque de ce prince, comme son captif; qu'il ait alors fait amende honorable de sa défection. Acte de repentir dont le poète lui tient compte, mais qu'il enveloppe prudemment de nuages. Vous comprendrez comment les Florentins devaient fournir à Dante le commentaire des paroles d'Odérise, lorsqu'ils mettraient pour condition à sa rentrée dans sa patrie , qu'il ferait amende honorable de son passé- [Voir sa Réponse à Yamico fiorentino.) Le Slennois avait pu reconnaître honorablement ses torts, parce qu'il agissait librement, . Dante se serait dégradé en reniant
forcément ce dont II se faisait gloire; (Voy.. sur ce personnage Yillani, llv.vii.ch. 31. Koy. surtout l'OM.C, où t! est dit que Provenzano, d'accord a\ec G. Novello et les Gibelins de Toscane, se mit à la tête de 8,400 hommes, pour attaquer, à Colle , Jean Beroald , maréchal de Charles d'Anjou, dans l'intention d'enlever ce dignitaire et de l'échan-
ger contre Vlgna , per scambiarh ; mais qu'il fut tué en combattant.) Que devient alors le conte de la quête en place publique ? Si quête il y eut, ce fut une quête d'hommes d'armes, pour marcher à l'ennemi et pour secouer un joug odieux. Et l'on comprend alors l'obscurité étudiée de celui qui parle.
Comme vont sous le joug des bœufs avec lenteur, Je marchais à côté de cette âme chargée. Le permettait ainsi mon indulgent docteur. Mais sitôt qu'il me dit : — Dans la foule affligée Laisse-le, pour passer outre, car en ces lieux Il faut que de pousser sa barque on se souvienne, En déployant la voile et ramant de son mieux '. — Soudain, comme il convient pour marcher qu'on se tienne, Se redressa mon corps : tous mes pensers pourtant Restèrent humblement abaissés vers la terre *.
Je m'étais mis en marche et je suivais content Mon guide , dont l'allure était non moins légère , Lorsqu'il me dit : — Dirige un peu ta vue en hast Pour charmer le chemin , peut t'ôtre salutaire De regarder le sol que vont foulant tes pas.
Des terrestres tombeaux de même que la pierre , Des morts pour conserver la mémoire aux vivants , Porte représenté ce qu'ils furent naguère ; Pour raviver au cœur des regrets plus poignants, Qui , stimulant les bons , les poussent à bien faire ; De même je vis là , mais d'un art plus parfait ,
t. Par la pensée et par l'action. l'expression de ma pensée, l'humilité catholique. Chinati e frémi, lit- 2. Je me remis activement à l'œu- téraiement : mes pensera restant vre en commuant de feindre, dans abaissés et niais, slupides.
De figures orné, chefs-d'œuvre de peinture , Tout le roç en saillie .où la route passait s.
Là, d'un côté, celui qui fut la créature De toutes la plus noble, en l'immense nature. S'offrait , du Ciel tonnant tombant précipité *. On y reconnaissait l'énorme Briarée Qui , des traits de la foudre atteint, d'autre côté Gisait, fardeau glacé sur la terre éplorée •; Et, tous les trois, le bras armé, Minerve, Mars, Apollon Thymbréen, environnant leur père, Regardaient des géants, couchés dans la poussière. L'insolence abattue et les membres épars '.
On y voyait Nembrod au pied d'un grand ouvrage, Qui , la confusion, l'effroi dans le regard , Morne le dirigeait sur ceux en Sennaar Qui s'unirent à lui, complices de l'outrage 7.
Déplorable Niobé, comme les yeux rougis Tu t'offrais malheureuse et de stupeur frappée, En comptant expirés sept filles et sept fils B !
3. Toute la largeur de la cornl- apparition dans le Purgatoire nous che sur -laquelle ila marchaient of- a été annoncée dana le ch. mi de frait à leurs regards des figures à l'Enfer, mais ce. n'est encore ici fresque ou en mosaïque, comme on • qu'un préliminaire.
en voyait alors sur les tombeaux.- A. La sagesse éclairée ,1e courage
Cette comparaison tirée des mort* guerrier et la raison, au flambeau lu-
sans la moindre nécessité, nous mineux, devant aider le Jupiter im-
avertit que ses coupa vont porter perlai a triompher des fils grossiers
sur des Guelfes. de la terre, ces princes et rois allie*
4. Satan aleppe, qui sera fou- du Saint-Siège, qui ne s'appuyaient droyé pour ion orgueil, al môme il ne que sur la force brutale.
fallait traduire, d'après la construc- 7. Guido de la Torre, le Nembrod tlon du vers : qui sera précipité, milanais , et ses complices ; tous tout en lançant les foudres de l'ex- ceux-là qui semèrent la discorde communication, folgoreggiando, de dans le parti impérial, où ils engonce ciel où il a voulu se faire dieu. tirèrent la confusion des langues,
5. Philippe-le-Bel, qui pesait dé- sous l'influence de Pietra mala, la plorablement sur la terre, où il con- grande ville. Voy. De Vulg. eloq. tribuait à répandre la torpeur gla- VI, et ch. xxx de l'Enfer. Voy aussi cée de la Mort pontificale , grave p. 38C des Révél.
alla terra per lo mortal gieîo. Son 8. Niobé, madonna Pie Ira, c'est-
O Saùl , il semblait que de ta propre épée Tu Tinsses de percer ton sein , en Gelbo* , A qui jamais le Ciel n'a depuis envoyé Ni plaie aux tièdes eaux ni goutte de rosée • ! Et toi, folle Arachné, l'on te voyait encor La douleur sur le front, et métamorphosée Déjà plus qu'à demi , sur la trame brisée Qui devait te valoir un si funeste sort ". Là ta face n'est plus terrible et menaçante , Insensé Roboam ; tu fuis , plein d'épouvante , Emporté par ton char, avant d'être chassé14.
On remarquait aussi , sur le roc retracé, Combien fit payer cher Alcméon à sa mère Le fatal ornement, parure passagère11; Et de Sennachérib, dans le temple, comment Se jetèrent les fils , fer en main sur leur père , Et le laissèrent mort sur le pavé fumant ".
à-dire, l'Église, châtiée dans son orgueil , Terra ses enfants succomber sous les traits du Dieu de lumière, ennemi des ténèbres et de l'ignorance. Voy, la Canzone : Io son renuto al punto délia rnoia, p. 378 des Btrél
9. Comme l'orgueilleux Saùl, la puissance pontificale se terra réduite à tourner contre elle-même le glaive dont elle s'est armée contre le David impérial.
10. Pour avoir osé engager la lutte contre la Minerve gnoetlque, contre la déesse Raison, l'Église romaine, déjà transformée à moitié, subira une métamorphose complète, et les Intrigues qu'elle a tramées laborieusement dans l'ombre seront brisées comme des toiles d'araignée.
11. Gomme Roboam, dont l'orgueil fit révolter dix tribus, et qui dut prendre la fuite pour se sous-
traire à leur fureur, le pape sera ré duit à s'enfuir de Rome a Avignon avant que l'Empereur arrive pour le chasser à jamais. On voudra bien remarquer cet allri, dont bous avons déjà signalé la valeur mystérieuse Voy. Enfer, en. vm, note 29 et ch. îx, note 2.
12 Lo srenturato ornam en îo em ployé Ici pour le collier et le rolle qui payèrent la trahison d'Êryphlle, Tépotisc infidèle envers son époux , font très-probablement allusion a la triple couronne et au papa/tnanfo.
Quant a l'Alcméoti vengeur, il est inutile de le désigner.
13 Comme Sennachérib, le pape, roi idolâtre de Babylone, ayant o9é, dans son orgueil, déclarer la guerre à la Nouvelle-Jérusalem, sera frappé dans le temple par ses propres enfanta. Filii ejus pertusserunt en m cnm giadio. l'arallp. H, 23.
S'y voyaient la ruine et l'immense tuerie Où s'engloutit Cyrus, quand Thomyris dit : « Roi , Qui de sang eus tant soif, de sang abreuve -toi 4* ! » S'y voyaient, s'enfuyant, les guerriers d'Assyrie, Quand fut mort Holopherne, et la perte infinie Que subit sous le fer l'armée en désarroi ". S'y voyait Troie enfin, toute ruine et cendre. Que de haut, Ilion, tu paraissais descendre , Lorsque l'on contemplait ta cbute en ce tableau " !
De quel maître pourrait, le burin , le pinceau , Reproduire les traits , les ombres et les teintes Dont ce pavé poli conserve les empreintes, Et qui feraient crier merveille aux plus savants l7 ! Les morts y semblent morts , vifs aussi les vivants. De ces événements, nul témoin oculaire Ne les vit mieux que moi, tout le temps qu'incliné Vers l'œuvre que j'allais foulant, je cheminai ".
14. Rien de plus logique que de désigner sous le nom de Thomyris, ces femmes viriles, ces dameshommes du Temple , portant à la fois le gant parfumé et le gantelet d'acier; non moins habiles dans l'art delà guerre qu'au langage d'amour, maniant aussi bien Yarco que la spada , la parole que le glaive ; car elles avaient pour mission de faire expier à ceux qui régnaient sur Babylone, aux Cyrus sacerdotaux, abreuvés du sang des Albigeois, des Templiers et de tant d'autres, tout ce qu'il en fut versé à flots dans cette immense tuerie, crudo seempio.
15. Jérusalem l'emportant sur Babylone. C'est la même pensée sous un autre aspect, la femme forte, donna cruda, triomphant du tyran orgueilleux et sanguinaire.
16. Le sort de Troie présage a Rome le sort qui l'attend lorsque
les Ulysse et les Diomède de la secte lui auront enlevé son palladium.
17. Qu'un esprit subtil admirerait, porte le texte, che mirât farieno uno 'ngegno sottiU. C'eM ainsi que Dante appelait l'attention de ses lecteurs sur les passages du genre de celui-ci, et les prévenait que toute la subtilité de leur esprit devait leur venir en aide, pour reconnaître la véritable physionomie de tant de personnages passés en revue, sous les masques bibliques ou mythologique» dont il s'était complu A les affubler.
18. Une pareille insistance au sujet de la vérité de ces représentations, vérité telle, que la mon et la rie s'y reproduisent au naturel, n'est-elle pas significative? N'est-ce pas comme si le poète eut dit a ses frères : ceux dont l'esprit est subtil sauront bien distinguer et reconnaître comme mol ceux que j'appelle
Soyez fiers maintenant, marchez la face altière, , Fils d'Eve ; gardez-vous de vous humilier Et de baisser le front, pour voir votre sentier " !
Déjà nous avions fait sur le mont plus de route, Et le soleil aussi dans la céleste voûte, Que je ne l'estimais en marchant tout pensif", Quand celui qui, devant, s'en allait attentif, Ne s'oubliant jamais , me dit : — Lève la tête ; * Pour rêver en marchant il n'est plus de motif. Vois cet ange , là-bas, qui , seul, vers nous s'apprête A s'avancer. Déjà , du service du jour, Tu peux le remarquer, s'en va, quitte à son tour, Sa sixième suivante 21. Au messager céleste, Montre un maintien soumis , un visage modeste, Pour qu'il daigne là-haut guider notre désir, Songe bien que ce jour ne doit pas revenir".
De l'entendre j'avais l'habitude trop sûre En ménageant le temps me répéter d'agir, Pour que, sur ce sujet, me fût sa phrase obscure ".
De nous l'Ange approchait, sublime créature , Toute de blanc vêtue et le front pur, serein , Telle qu'au ciel scintille une étoile au matin.
les tirants et les morts, découvrir 20. Qui sait s'il ne faudrait pas
la vérité sous la fiction ? entendre : la raison avait fait plus de
10. Enorgueillissez-vous, prêtres progrès dans le monde que ne le
catholiques, qui, fils d'Eve comme supposait l'ignorance des catholi-
uous, êtes comme nous sujets à ques, J'am'mononsctoifo?
l'erreur, et vous obstinez à ne pas 21. C'est-à-dire qu'il était plus de
voir la mauvaise voie où voua vou- midi, la sixième des douze heures
lez que nous vous suivions, vottro qui font cortège au soleil venant de
mat sentiero. Et vous, apostats de terminer sa tâche journalière. Dana
l'église albigeoise de Florence, cette la Franc-maçonnerie, - il est telle
Eve abusée par Satan aleppe, donne heure » indique le degré d'instruc-
fiorentine à la parole indiscrète, au tlon auquel on est arrivé,
sein décolleté , enorgueillises-vous 22. L'Initié ne passe pas deux fois
du mal que vous avez causé et de par les mêmes épreuves,
la vole déplorable où vous vous 23. Elle devait l'être, 4c toute né ■
êtes engagés. cesstté, sur beaucoup d'Autres.
Il étendit aes bras et s'ouvrirent ses ailes :
—Venez, dit-il, tout près d'ici sont les degrés, Et désormais , sans peine, en haut vous gravirez ". Viennent à cet appel trop peu d'aines fidèles Sè. 0 race des humains, qui pour voler en haut Cependant fus créée ! en bas , pourquoi sitôt Choir au plus léger vent, de frayeur travaillée H ? —
Où la roche s'ouvrait, en marches entaillée , Il nous mena ; de l'aile il me battit le front " Et me promit voyage heureux , facile et prompt.
Comme lorsqu'on gravit, vers la droite, le mont Où ce temple est assis, qui domine la ville Sur l'Arno , que régit tant de prudence habile " , S'adoucit la montée, et sa roideur se rompt Au moyen de degrés pratiqués dans un âge Où nul, à son profit, n'enlevait douve ou page " ; De même s'adoucit la pente en cet endroit ,
24. L'ange Initiateur, vêtu de blanc comme le* Templiers, tend affectueusement les bras au néophyte, en lui annonçant qull n'a que quelques pas à faire pour arriver aux grades réservés aux élus.
26. Les fidèles d'Amour ne sont pas aussi nombreux qu'il serait à désirer, pour le triomphe de leur cause.
2*. Pourquoi ceux qui ne sont pas des brebù, des brutes, o alite bettic abominevoli, comme les fauteurs de l'Église (Convito, H, 8), se laissent-Ils si facilement intimider par des bulles, par ce qui n'est en réalité qu'un peu de vent, poco vento?
2? . Pour lui enlever un des P tracés par l'ange portier, et commencer ainsi l'expiation , qui consistait à affranchir le néophyte de l'Influence du pape et de dame Piété,. autre-
ment dit, à le déPaPiser , opération dont vont se eharger les sept anges de l'Apocalypse.
28. L'église de San-Minialo , qui domine Florence. Le Milanais Rubaconle de Mandello, podestat en 1236, ayant fait construire le pont appelé aujourd'hui aile grazic, on lui donna son nom, que Dante emploie Ici pour se dispenser d'écrire celui de l'Arno. Voy. Villani, 111,27.
29. C'est-à-dire, une douve de la mesure publique, comme Durante Chermontesi, ou une page du registre de la commune, comme Nicolas Acclsjoolo, de complicité avec Baido d'Aguglion (dont 11 sera fait mention au ch. xvi du Paradis) et le podestat Monfiorito de Gaseitt.
Voir V Anonyme, qui désigne Durante comme Dogamiere e camerlingo délia cammera dei Sale*
Qui du cercle au-dessus plonge presque tout droil ; Mais là , des deux côtés, se dresse un mur de pierre '•.
Gomme nous entrions dans ce chemin ardu , Nous ouïmes des voix, d'une douce manière Entonner Beati pauperes spiritu M.
Aucuns mots ne rendraient l'accent de leur prière ". Ah ! combien ces chemins paraissent différents De ceux que dans l'enfer suivaient mes pas errants ! Vous accueillent ici des chants pleins d'harmonie, Et là des hurlements d'une angoisse infinie ".
Déjà nous gravissions le long des saints degrés , Et mes pas me semblaient plus légers, assurés Qu'ils ne l'étaient avant sur l'esplanade unie, Ce qui fit que je dis : — Maître , sais-tu quel poids De moi s'est retiré, que je ne m'aperçois Presque plus de fatigue à monter, ni de gâne s* ?
Quand, me répondit-il, seront tous effacés, Comme un d'eux, les sept P que le glaive 'a tracés Sur ton front,, où déjà même ils se voient à peine, De bonne volonté tes pieds seront si forts Qu'ils ne graviront pas seulement sans efforts; Mais loin de leur causer de fatigue pénible ,
30. Sans la haute pierre, Yalta telle façon que le langage ne pourpietra, qui , se dressant comme un rait le dire ; et, en effet, s'expliquer double mur, oblige les sectaires a trop clairement sur ce texte aurait . n'avancer que pas à pas et à force été plus qu'imprudent.
de détours , leurs' progrès seraient 33 ArrachPE.V0U8 donc à ,a do
bien autrement rapides. mination romaine, qui fait pousser
31. A l'adressedes Horenins aux- . geg vasgaux deg hurIemCnts douquHs le poète vient de faire allu- loureu- pour V0U8 jeter dans les sion par deux fois , avec 1 intention de réï,,|ge ^^^ ou VOus ne
. de les représenter comme des pau- trouvereï que paix ct douce har-
vres d'esprit, se laissant stupide- mon|ef m, deg gen8 lraltimt
ment dominer par l'Eglise et gou- d'irabécllles ceux qui suivent la loi
verner par des fonctionnaires sans dc Rome honneur ni probité.
32. Littéralement : Des roix chan- 34 . Nous allons voir que cela tient tèrent^ Beoft pauperes spiritu, de à bien peu de chose.
Leur sera la montée un plaisir indicible ".
Je fis en ce moment comme ceux qui s'en vont Sur leur tête portant quelque chose inconnue, Dont le soupçon leur vient aux signes qui se font ; Et comme alors la main, suppléant à la vue, Cherche et trouve bientôt, sur le front étendue, Ce dont le témoignage aux yeux est interdit, Sous mes doigts je sentis seulement les empreintes De six lettres, sur sept, au front que m'inscrivit Le glaive de celui qui garde les clefs saintes : Ma surprise fut grande et mon guide sourit ".
35. Une fois les stygmates de la domination papale effacés; on se sent comme affranchi d'un poids énorme; car on a rompu définitivement avec l'orgueil , l'envie, l'avarice , la luxure» etc. , et l'on s'élève alors, avec un tanneur inexprimable, aux plus sublimes hauteurs
de la philosophie naturelle.
36. La philosuphie naturelle Incarnée dans le représentant de l'ancien langage des initiations, ne pouvait voir qu'avec plaisir les traces de l'enseignement catholique s'eflucer de l'esprit de son disciple.
Nous étions parvenus en haut de la montée , Où sur lui-même rentre, à son second contour, Le pic où va de plus en plus désinfectée L'âme qui le gravit1. Là, régnant à l'entour, S'étend une corniche et, comme la première, S'y déploie, en formant un. arc moins allongé. On n'y voit point le roc de figures chargé. Là, ni relief ni traits, en aucune manière, Ut roche est toute nue, aussi nu le chemin, N'offrant que la couleur de la livide pierre *.
S'il nous faut, murmura le poôte incertain , Attendre ici quelqu'un pour nous montrer la route, Nous pourrons , je le crains, rester longtemps m doute.
Alors il regarda le soleil fixement :
En faisant du flanc droit point centre au mouvement, Vers la gauche il s'était tourné : — Douce lumière, S'écria-t-il, en qui, dans ce sentier nouveau Pour m'eogager, je mets ma confiance entière, Puisses-tu nous guider, ô céleste flambeau ,
l. Plus l'initié s'élève en montant est inutile pour ceux que frappe
l'échelle des grades, plus il se purl- d'aveuglement l'influeUce catholi-
lie de» souillures contractées sous que, et qui ue sauraient voir la cou -
l'influence de Satan aleppe, rep ré- leur livide de cet amas de pierres
sentant du mai sur la terre ; plus si brutes, petraia, qui constitue Yt-
dismala. gli*e.