Abiiti* monte mm fettitutrimte. Saint Luc
18. L'éjçlUcstctalTc, représentée par Marie, ne «toit pas déployer inotna d'activilé que le fondateur de l'Empire, qui ne laissait pas n l'ennemi le tempe de se reconnaître ; il inl faut courir eu hâte à la montasenc pour y rééttifier le Temple, au milieu de la nouvelle Jérusalem, et alors chacun y reconnaîtra la principale tour.
19. Le lèlc pour )o lien, qui devait mettre fin sur la terre au règno du mal.
50. Giuslizia est assez étrangement employé ici en place de cortesia, qui, au propre comme au figuré, est l'opposé de tillania. Il est clair que cette ardeur de progrès chei de* Ames qui ne pouvaient s'élever fou»
l'influence de la nuit, était un reproche indirect au parti gibelin, qui»
découragé par * s revro, désertait Cortcsia pour YWania.
Abbé de Saint-Zénon, j'existais à Vérone Sous le grand Barberoussc, excellent empereur, Dont on parle à Milan encore avec douleur ". Tel , déjà chargé d'ans , vers la tombe s'avance, Qui , pour ce monastère, aura sujet de pleur, Pour avoir, dans ses murs usurpant la puissance, Transmis la dignité due au seul vrai pasteur, A son fils, contrefait de corps, pire de cœur, Et dont la bâtardise entachait la naissance ".
Je ne sais s'il en dit davantage ou se tut , Tant il était déjà devant nous à distance ; Mais j'entendis ceci clairement, et me plut D'en garder à part moi fidèle souvenance îl.
Celui dont , au besoin , je trouvais l'assistance v Me dit : — Tourne les yeux , regarde ces deux-ci Venir, à la paresse insultant sans merci.
Et derrière la foule ils disaient : « Cette race Pour qui s'ouvrit la mer, succomba par milliers Avant que le Jourdain eût vu ses héritiers " ; Celle jusqu'à la fin qui, d'un zèle tenace,
21. L'abbé oe pouvait mieux se monastère, et s'était tu promu en révéler comme Gibelin qu'en se suite à l'évéché de Vérone. 14 n'y a rendant l'organe des regrets de la donc point à s'étonner que Dante capitale de la Lombardle pour Fré- justifie par avance son protecteur, déric Barberoasse, qui soutint une en rudoyant l'aïeul et le père du m longue lutte contre les papes prélat , à savoir : Albert de la Scaia Adrien IV et Alexandre 111. Cet ex- et l'abbé Joseph , son fils naturel , cellent empereur avait mis la Lom- inquinatus pice diaboli, dit Benvebardie à feu et à sang, et ordonné la nuto d'imola , et implens tperelrtdestruction de Milan , mais il n'en cibus locum illum.
était pas moins un Éaque aux yeux 23. Persuadé qu'on ne pourrait du grand Gibelin, pour avoir tenu que lui en savoir bon gré à la cour tête à In peste , et pour avoir res- de Vérone, taure son peuple par sa justice , sa 24. Des milliers d'Hébreux périlibéralité et son affabilité. Conv. IV. rent dans le désert en châtiment de
22. Can de la Scnla, le héros de leur peu de sè!e a obéir aux coin- Danle, son Veltro, fit mettre à mort mandements de Dieu, avant que le lt* flis de cet abbé, qui avait hérité peuple d'Israël put s'établir dans ia de la dignité paternelle dans le même terre promise. Sombres, XIV .
CHANT Wlll. * 453
Avec le fils d'Anchise eut crainte de souffrir, Sans gloire se voua d'elle-même à périr î5. »
Quand ces deux ombres loin furent déjà passées, Tellement que, de là, nous ne pouvions les voir, M'envahirent soudain de nouvelles~pensées. En foule elles venaient diverses m'émouvoir; L'une à l'autre longtemps elles se succédèrent, Et, tant ma rêverie ainsi se prolongea Que mes yeux obscurcis au hasard regardèrent : Une vague torpeur d'un voile les chargea Et la réflexion en sommeil se changea ".
25. Les Troyens qui, nil magnœ d'une activité opiniâtre, la secte delaudit egentes, demeurèrent en Si- vait s'attendre à finir honteusement ci le avec Aceste et ne prirent point sans avoir terminé sa tâche, part à la glorieuse conquête du la- 26. Ce qui nous annonce on noufium;dece Latium, Yager romain, veau songe dans lequel le poète, la terre promise pour le parti gibe- conformément a son habitude , exlin, qui aspirait à l'enlever à la do- primera flgurémentdes pensées trop minatlon des pontifes. De ceseiem- audacieuses pour être exposées sans pics H résulte que, faute de zèle et voile.
A cette heure où le froid, de la luue exhaft,
Ne peut être attiédi par la chaleur diurne,
Que la terre repousse, ou quelquefois Saturne;
Quand les Géomanciens voient au Ciel constellé
Surgir, vers l'Orient, leur suprême fortune ;
Avant que naisse l'aube, et quand déjà la brune
Devant elle va ftiir1, en songe m'apparut
Une femme aux pieds tors, bègue, à l'œil louche, avide,
Des deux mains mutilée, au teint pâle et livide.
Surpris à son aspect, mon œil la parcourut;
Puis, comme le soleil ranime et vivifie
Les membres dont la nuit engourdit l'énergie ,
De même mon regard rendait l'agilité
A sa langue, à son corps une juste harmonie,
Les couleurs de l'Amour à son teint dévasté *.
1. Au moment où l'influence gla- le citant vu de l'Enfer, le poêle, qui
claie de cette puissance che conforta se flatte comme tous les proscrits,
il gelo, Canzon., puissance que le réveau contraire l'abaissement cl la
poète a personnifiée dans la triple ruine de la prostituée qui corrompt
Hécate , l'emporte sur l'influence et asservit le monde, bienfaisante de la raison, repousséc 2. Ceci est un avis au lecteur. A
par la terre aveugle ou par le temps lui de reconnaître celle qui paraîtra
peu propice. Quand les magiciens bientôt à ses yeux parée comme le
qui ont ensorcelé le monde catholi- veut l'amour sectaire, corne amor
que, considèrent comme prochain le xuol, pour produire l'illusion rc-
triomphe définitif de cette autorité quisc dans le rôle qu'elle aura bien-
supréme , que nous avons vue si- tôt à jouer. Il devra se rappeler
gnalée sous le nom de Fortune dans alors que le poëtc a le pouvoir de
A chanter, quand sa voix fui libre de sa chaîne, Je l'entendis se inetlre \ et si bien qu'avec peine L'oreille à s'en distraire aurait pu parvenir. Elle disait : « Je suis une douce syrène Qui, charmant les marins, sous Tonde les entralue, Tant leur cœur, à mon chant, s'enivre de plaisir. Pour moi de son chemin on vit jadis Ulysse Se laisser détourner, captivé pur ma voix * ; Me quitte rarement qui me hante une fois, Tant je sais le combler de joie et de délice \ »
Ses accents résonnaient encor, quand près de moi Une dame s'offrit, belle et sainte, qui prompte Venait pour la confondre et la couvrir de honte"1.
« 0 Virgile , quelle est celle qu'ici je voi ? » Dit-elle fièrement. Vers cette dame sainte, Sur elle l'œil fixé , le sage vint sans crainte \ Kllc étendit sa main sur l'autre avec vigueur,
transformer d'un regard, ausêi bien que d'un trait de plume, le même objet ou la même personne, en la faisant apparaître sous des aspects diamétralement opposés. 11 y a de plut ici une confession de Dante, s'accusant d'avoir pu se faire un instant illusion au point de voir chez celle qui n'était en réalité qu'un monstre de laideur et de corruption , toutes les perfections réunies et uns double puissance dans ses deux maies mutilées.
3. La dame, embellie des couleurs de l'amour, ne manquera pas autel de chanter comme une femme amoureuse, lorsqu'elle paraîtra en scène, conta ndo corne donna inamorata.
4. Dante-Ulysse , ce compagnon de Diomèdc-Henrl (tnf., ch. xxvi), se laissa séduire par la syrène et se détourna du chemin de l'Amour
pour suivre la bannière guelfe.
6. On est tellement toeiné par les yeux et par l'oreille, qu'il est rare, une fois sous l'influence du prestige et l'habitude prise, aufanjia, de trouver en soi asses de courage viril pour s'y soustraira s d'autant plus qu'on obtient toute satisfaction pour les appétits temporels, tuito l'appago.
0. Béatrice a été crête, en eflet, pour la confusion de eette trompeuse syrène. tes deux rivales, mises en présence sous le voile transparent d'un songe, sont asses faciles à reconnaître.
7. Virgile, ou la raison philosophique, s'avance sans rien dira vers cette dame honnête, guetta onesta, en tout opposée & la prostituée; ses yeux sont fixés sur elle, cou fti oeehi fitti pure, parce qu'elle est
.son but unique.
Déchira par-devant ses habits magnifiques \
Et me montra son ventre et ses flancs impudiques.
Tant ii s'en exhala d'infecte puanteur,
Que je me réveillai •. Me dit alors Virgile :
—Je t'appelai trois fois au moins. Sans différer
Lève-toi maintenant et viens d'un pas agile ,
Que nous trouvions l'accès par où tu dois entrer. —
Me levant donc, je vis la lumière éclairer Le mont et rayonner sur ses divers étages : Derrière nous brillait le soleil sans nuages ; Me précédait le maître, et je portais mon front Tel qu'un homme qui va , quand son penser s'amasse, Courbé , comme à moitié s'offre l'arche d'un pont ".
Tout à coup j'entendis : « Venez , ici l'on passe, » Prononcé d'un accent suave et plein d'amour, Tel qu'on n'en peut ouïr en ce mortel séjour11.
Celui qui nous parlait de cette voix bénigne Entre les deux parois du roc nous accueillit, Et, dans l'air pur ouvrant ses deux ailes de cygne , Qui vinrent d'un vent frais nous effleurer, il dit : « Beati qui lugent, leurs âmes accablées
8. Une habileté perfide se révèle été aussi saisissante et le trait n'au-
Jusque dans les moindres détails. rait pas Trappe si juste. Ainsi, pour dire que la dame bon- 9. Et voilà comment Béatrice
néte déchire les vêtements de la était prédestinée à manifester à
prostituée, notez qu'il s'agit d'une Dante, et à bien d'autres, ce quere-
syrène dont la toilette devait être celait de poisons infects le fond, il
des plus légères, Dante dit : Fen- ventre, do. la doctrine, qu'elle avait
dêndo i drappt. Que signifie drappt ? mission d'anéantir pour réhabiliter
Ouvrez le dictionnaire d'Albert! , la raison et la liberté, voua y lirez i « Drap ou étoffe de 10. lin songe aussi significatif ne
601c, » puis « employé pour palio, » pouvait manquer de lui donner à
i à ce mot, et vous trouverez : réfléchir; mais il n'a garde d'en de-
« ùmamento del tommo pont e fie e, mander l'explication i son guide, cl
accordé aussi par lui aux métro po- se contente de nous déclarer qu'il
Ntains, en signe de la plénitude de la était la moitié de son arco sesto,
juridiction ecclésiastique. • Panni l'Ulysse de son Diomède germain.
on vesii n'auraient en rien déparé il. Où régnaient la méchanceté et
le vers, mais l'allusion n'aurait pas la haine.
D'un souverain bonheur se verront consolées ". »
Nous avions dépassé déjà le fils des Cieux, Quand mon guide : — Pourquoi, si pensif, vers la terre Marches-tu, s'enquiMI, ainsi baissant les yeux?
De doutes renaissants ma vision dernière Me poursuit, répondis-je, au point que je ne peux En détourner pour rien mes pensers soucieux.
Tu viens de voir, dit-il, l'antique enchanteresse, Pour qui seule, plus haut, on pleure en sa détresse ■». Tu viens de voir comment on s'en peut détacher14, Qu'il te suffise, et songe en avant à marcher. Élève tes regards vers le sublime leurre, Que le suprême roi, de sa haute demeure , A son gré fait mouvoir avec ces sphères d'or1'..
Ainsi que le faucon qui vers ses pieds, d'abord , Jette l'œil, puis se tourne, au cri connu du maître, Et, désireux du mets dont il doit se repaître,
12. L'Ange qui vient d'effacer le aisé de deviner quelle est l'antique cinquième P inscrit au front du sorcière, strega, dont il est ici ques* poête, en souvenir de son ancien lion , et pour laquelle tant de gens vasselage, lui promet le bonheur ont à pleurer, che sola si friagne, pour prix de ses traverses et de ses parce que rea ou Rhéa, elle a fait il misères, en lui rappelant les paroles mondo re o,en l'asservissant an Jupldu Sauveur (Saint Matthieu, V, 5) : ter qui lance ses foudres au Vatican. Non-seulement les âmes affligées 14. En déchirant les voiles dont seront consolées , mais elles triom- elle se couvre et en mettant à nu sa pheront de l'ennemi; elles seront difformité , qui inspirera le dégoût reines, daines et maîtresses, anime et l'horreur.
donne, car les hauts initiés, nous 15. Les aslres amèneront dans
l'avons dit, étaient hommes femmes. leur cours, auquel Dieu préside, le
(Voy. p. 04 des Hévél) Il faut la foi triomphe de la vérité, ce leurre du
robuste des commentateurs dans sage. On bien : ne périls pas de'vue
l'orthodoxie du poêle gibelin pour ton but sublime, l'Empereur, roi
traduire anime donne par riches de éternel , donnant l'impulsion à ces
consolations. grandes roues que nous appelons
13. Celle qui excite toutes les des cieux et qui sont en réalité les ion voltiges rt cause ainsi les désor- sciences destinées à éclairer le monde dres résultant des vices qui sont ex* et à y détruire le règne des ténèbres, posés aux étapes supérieurs. Or, Telle était l'astrologie de Dante. Le chacun de ces vices devant être faucon dégagé du chaperon , voilà personnifié dans un pontife, il est son ornithologie.
S'enlève aussitôt, prêt à prendre son essor; Ainsi je m'élançai dans la reelic escarpée , Où, pour livrer passage, elle s'ouvre coupée , Et j'allai, gravissant toujours, jusqu'au plateau.
Au cinquième pourtour en arrivant, à terre Je vis des malheureux dans une angoisse amère, (Usant la face en bas, les yeux fondant en eau ,§. Adhœ&it anima mea pavimento, S'écriaient-ils , poussant de tels sanglots qu'à peine Pouvait se faire ouïr leur parole incertaine ".
0 vous, élus de Dieu, pour qui rendent moins durs Vos tourments, l'espérance ensemble et leur justice, Dites -nous où plus haut il faut que Ton gravisse.
En venant en ces lieux puisque vous êtes sûrs De ne point y subir gisants noire supplice , Et que vous aspirez au chemin lo moins long, Allez toujours la droite h l'opposé du mont".
Ainsi s'était enquis auprès d'eux le poêle , Et la réponse ainsi nous avait élé faite, Quelque peu devant nous. Par ce qui se disait Je compris tout d'abord le penser qu'on taisait ". Je tournai donc les yeux vers mon guide et mou maître, D'un signe, en souriant, qui daigna me permettre Ce que, dans mon regard , le désir implorait".
16. Toutes ces pauvres âmes du ho», c'est-à-dire que voire bras Purgatoire pleurent à qui mieux droit soit toujours libre dam son mieux, et c'est l'antique enchante* action en dehors des prescriptions resse qui les fait ainsi pleurer. orthodoxes et en opposition avec
17. Ce sont les paroles du Psaume l'édifice catholique figuré par le fîxviu, v. 25. En y ajoutant tttt/U . mont du Purgatoire.
ca me secundum verbum tuum; en- 19. A savoir que les deux poètes
tendes que la parole de vérité donne n'étaient pas des avares , des soi-
la vie à ceux qui sont asservis par vants de l'homme riche, puisqu'ils
la mort pontificale. avaient hâte d'aller plus loin.
18. Le vostredestre siensimpre 20. Virgile Jui accorde gaiement di furi. Littéralement : que vos cette permission , con lieto cenno, mains droites soient toujours en de- c'est-à-dire a l'aide d'un de ces si*
Dès que je pus agir ainsi qu'il me plairait , Je ne différai pas à m'avancer vers l'ombre Que j'avais remarquée „à sa voix , dans le nombre.
Esprit, dis-je, en pleurant qui fais mûrir en toi La satisfaction à Dieu justement due, Vers lui pour retourner, à ta tâche assidue Daigne quelques instants foire trêve pour moi. Apprends-moi qui tu fus dans le inonde et pourquoi Vous avez tous les reins en haut, la face en terre; Et puissé*je, à mon tour» dans le séjour mortel, D'où je partis vivant, avoir h te complaire.
Et lui : — Tu vas savoir par quel motif le Ciel Veut que nous lui tournions le dos et non la face. Mais scias quod fui successorum Pétri u. Entre les murs de Siestre et ceux de Chiaveri Lue belle rivière, au flot rapide passe ; Son nom fournit leur titre aux comtes de ma race 31. J éprouvai par moi-même, un mois et quelques jours, Combien le grand manteau, près duquel les plus lourds Des terrestres fardeaux semblent plume légère, Pèse à qui ne veut pas que sa blancheur s'altère ". Fut ma conversion tardive, par malheur; Mais de Rome je fus à peine le pasteur, Je reconnus combien la vie est mensongère **.
gnes rituel* en usage parmi le* dê/ic II et suscité contre lui la ligue
adeptes du gai savoir. Puis Virgile lombarde. Voy. ÂunaL gtnuensts,
a tout lieu de te réjouir de la sur- IX. Vitœ pontif. Murât., lit , 006.
prise qu'il ménage à son disciple. L ^ ||ta|
Viîrilc " q blanc, et Adrien IV ne le porta qu'un