‹ La comédie de l'apôtreChapitre 36 sur 71 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

MARTHE, seule.

Ah ! si les sauvages pouvaient envahir le pays, je m'exposerais avec joie à leurs coups. La mort ! voilà ce que j'implore puisqu'Henri m'est enlevé. Je l'ai perdu pour toujours... Pauvre Henri, que fais-tu à cette heure? Penses-tu à moi? Henri! Henri! Je n'ai plus que ce nom dans la tête! Toutes mes pensées volent vers lui, traversent inutilement les mers et s'en reviennent tristes et désolées... La nuit je me réveille avec le nom d'Henr sur les lèvres. Rien de lui n'est perdu : ni le son

de sa voix, ni la tendresse de son regard. (Eiie tire un médaillon de son sein.) Voilà toute ma fortune... Une boucle de ses cheveux qu'il a pu me faire passer avant notre départ... Oh ! que mon père a été cruel de nous séparer! Nous pouvions vivre si heureux à Pont-Saint-Pierre, moi près de lui, lui près de moi... Je mourrai ici, mais je mourrai avec son souvenir et mon dernier mot sera Henri ! Henri !

Page 1