‹ La comédie de l'apôtreChapitre 38 sur 71 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

DIGONEAUX, TRAPADOUX, FLAMME, GROLIG, TOUTE LA COLONIE

DIGONEAUX

Mes frères et mes sœurs, en mémoire de l'arrivée du philosophe Trapadoux, du savant docteur en phrénologie Grolig et de tous les émigrants qui ont fait une heureuse traversée, nous avons décrété que la ville de Concordia serait en fête ce soir... Cette arrivée coïncide à merveille avec la réélection du père. Des danses auront lieu sur la place, dans les rues : les bambinets et les bambinettes,

espoir du pays de Concordia, réjouiront les yeux des hommes graves par leurs danses enfantines.

TOUS

Vive Papôtre !

DIGONEAUX

Quelques-uns de nos frères avaient proposé d'élever un théâtre; mais nos études sur l'art dramatique depuis le commencement du monde nous ont prouvé qu'on ne mettait à la scène que les ridicules, les vices et les crimes des hommes : mauvais exemples à donner... Ici, dans le pays d'Harmonie, capitale Concordia, l'homme a dépouillé l'ancien homme : tous nos frères sont bons, doux et humains... Plus de ces plissements de fronts, de froncements de sourcils, de lèvres pincées de l'ancien monde, plus de ces regards scrutateurs qui cherchent à se mettre en garde contre des yeux trompeurs... Tous nous nous aimons... Après le travail, une accolade est la plus douce des récompenses... Mes frères, en votre nom, je donne l'accolade de bienvenue au philosophe TrapadoUX. (Ils s'embrassent.)

TOUS

Vive l'apôtre !

DIGONEAUX

J'embrasse le phrénologue Grolig.

TOUS

Vive DîgOneaUX ! (Digoneaux donne également l'accolade aux nouveaux émigrants.)

DIGONEAUX

Mes frères, en présence de nos nouveaux adhérents, nous allons lire les principaux règlements qui nous unissent et qui font que jamais la division ne peut régner dans notre sein. Qu'on apporte les

taDleS Ue la IOI. (Deux harmonîens apportent un gros registre.)

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